Bon alors déjà Ma Bohême est un poème écrit par Arthur Rimbaud, vraisemblablement vers l'été 1870, alors que Rimbaud a 15 ou 16 ans. Le poème fait parti du Cahier de Douai, ou le Recueil Demeny, l'un des premiers recueils de Rimbaud, qu'il voulait probablement publié (mais il a finalement donné ce cahier à son ami, Paul Demeny).
Le poème est un sonnet de forme classique, deux quatrains, deux tercets. Les rimes sont embrassées dans les quatrains, puis dans les tercets suivices (routes - gouttes), embrassées (vigueur - coeur) et suivies encore (fantastiques - élastiques).
Nous pouvons distinguer clairement deux parties, deux axes d'étude sur lesquels Rimbaud s'appuie : le côté trivial du poème, et le côté noble.
Nous nommerons la première partie : Autoportrait, vagabond.
La seconde : Vive la poésie libre.
Pour le côté trivial, nous avons un espèce de vagabond, de grand fugueur qu'était Rimbaud (Rimbaud a probablement écrit ce poème en souvenir d'une fugue, il a sans doute vécu ce qu'il raconte dans ce poème !), il est assez mal habillé ("dans mes poches crevées", vers 1 ; "mon unique culotte avait un large trou", vers 5), il dort à la belle étoile, comme nous le fait remarquer la métaphore "Mon auberge était à la Grande-Ourse", au vers 7. Aussi le mot "frou-frou", qui est intéressant, à la fois trivial, et noble.
(je te fais pas toute l'analyse parce que j'ai la flemme de tout recopier et de tout me souvenir)
Pour le côté noble c'est pas bien compliqué, je te laisse faire ça.
Et tu peux même faire une dernière partie très intelligente, qui consiste à dire qu'en fait, les côtés triviaux et nobles se regroupent, et ne forment qu'un. On remarque ça tout d'abord grâce aux rimes : Rimbaud fait rimer "féal" et "idéal". Idéal, mot noble, la pureté, la perfection etc. avec féal, qui est assez trivial, il représente un espèce de paysan. Il y a aussi "fantastique" avec "élastique", rime assez drôle, étant donné qu'élastique n'est pas du tout un mot noble, vous en conviendrez. D'autant plus que c'est d'autant plus drôle qu'ils comparent ses lacets (les élastiques) à des lyres ! J'ai trouvé la comparaison très drôle.
Et le dernier vers vient en fait parachever cette dernière sous-partie : "De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur." A la fois, l'image est assez forte, un pied près de mon coeur, on voit là la noblesse du langage, néanmoins si l'on retranscrit exactement l'image, on se rend compte que Rimbaud refait simplement ses lacets, et que son pied est à côté de son coeur !
Voilà, je t'ai mâché le travail, à toi de faire le reste, mon bon bougre. 