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Civelle ou pibale sont les noms vernaculaires désignant l'alevin (ou leptocéphale) de l'anguille européenne.
Le nom vernaculaire utilisé pour désigner ces alevins dépend de la région. Le mot civelle désigne donc, par extension, les alevins d'anguilles.
Avec un maximum de 2 900 alevins par kilogramme, la larve de l'anguille mesure 7 mm au moment de s'engager sur le retour depuis les Sargasses vers les eaux continentales où elle deviendra adulte en douze mois.
Sommaire [masquer]
1 Migration
2 Détermination du sexe
3 La civelle de l'anguille d'Europe
4 Réglementations
5 Civelle invasive
6 Usages culinaires
6.1 Succédané de la civelle
7 Festivités
8 Galerie
9 Voir aussi
10 Notes
11 Blibliographie
12 Liens externes
Migration[modifier]
L'anguille européenne effectue dans sa vie deux très longues migrations (plus longues que celles de ses cousines américaines et japonaises) ;
Cartographie de la répartition, à partir de la mer des Sargasses des larves d'Anguille européenne, par taille/stade de croissance, lors de leur plusieurs mois de migration vers l'Europe et l'Afrique du Nord
Cartographie de la répartition des larves de l'anguille américaine (Anguilla rostrata)(par taille) lors de leur migration vers l'Amérique
Les différents stades du développement du léptocéphale à la civelle.
La migration « aller » durant laquelle la toute jeune larve planctonique (leptocephale) subira ses premières métamorphoses et deviendra peu à peu civelle. La larve se laisse d'abord porter par les courants du Gulf Stream. Durant ce long voyage, la larve ne semble pas ou très peu s'alimenter. Après 6000 kilomètres et près d'un an passé en mer, le courant l'a conduite devant les côtes du vieux continent (France et Espagne pour la plupart des civelles).
Désormais, son but est de s'engager dans un estuaire et de remonter une rivière afin de rejoindre l’eau douce et remonter les cours d'eau pour y vivre, ou rejoindre et les mares, étangs et fossés où elle grandira... poussées par leur instinct, les civelles sont capables d'escalader des parois verticales (murs, barrages..) sur quelques mètres. Les anguilles adultes pourront quant à elles serpenter sur plusieurs kilomètres sur le sol humide, en respirant à travers par la peau, les branchies et une ébauche de poumons, pour gagner des mares et étangs isolés. Elle y grandit pour atteindre le stade adulte (anguille jaune) et achever sa quatrième et dernière métamorphose qui l’amène à se transformer en anguille argentée. Elle a alors une dizaine d’années est presque prête à se reproduire.
La seconde migration se fait en sens inverse, au stade adulte, quand la maturité sexuelle approche (elle nécessite le passage en mer et à grande profondeur). L'anguille descend le cours d’eau qu’elle avait si laborieusement remonté (c'est la dévalaison). Elle effectue ensuite son long retour à la mer des Sargasses, en profondeur, vers les lieux de fraie, dans les profondeurs de la zone des Caraïbes, là où cette espèce se reproduit depuis 140 millions d'années. Elle meurt après s'être reproduite. Le cycle est alors achevé et peut recommencer.
Une grande partie des civelles franchissaient autrefois les milliers de vannages et petits barrages des moulins à eau, dont certains existent depuis le Moyen Âge, mais la construction des grands barrages moderne a bloqué certains axes de migration, et a aussi localement transformé les méthodes de pêche. Les civelles bloquées devant l’ouvrage, sont plus accessibles aux pêcheurs ou braconniers qui viennent les traquer.
Détermination du sexe[modifier]
Dans les premières étapes de leur naissance, toutes les larves sont des femelles, et avec le temps certaines changent de sexe. Elles sont incolores (transparentes) et possèdent une taille de 5 à 6 cm. Les civelles qui survivent dans les rivières deviennent des anguilles qui changeront de couleur : l'anguille jaune a le dos couleur café, passe au vert puis devient finalement argentée.
Une civelle
Natation de la civelle, filmée in situ
La civelle de l'anguille d'Europe[modifier]
Lors de son périlleux voyage, la civelle de l'anguille d'Europe rencontre de nombreux dangers. Elle est la proie des poissons prédateurs, de tortues, d'oiseaux marins puis des habitants de l’estuaire et elle doit affronter le parcours parfois très artificialisé des fleuves et rivières où elle devra encore pour survivre échapper à son principal adversaire, le pêcheur.
Jusque dans les années 1970, la pêche des civelles était surtout une activité secondaire destinée à compléter l’alimentation des habitants, agriculteurs ou riverains des cours d'eau pour la plupart. Le « plat du pauvre » était fréquemment au menu, jusque dans les cantines scolaires où les civelles étaient servies froides, sous forme de pain. Lorsqu’elles étaient trop abondantes, les poules s’en régalaient volontiers… À cette époque, l’anguille étant considérée comme un nuisible, la pêche de ces alevins n’avaient guère de limites. Peu à peu, un marché s'est organisé et l’activité s’est professionnalisée, augmentant ainsi fortement les quantités pêchées. La demande étant croissante, les quantités pêchées l'ont aussi été, atteignant 200 t/an (estimation) dans les années 1978-1979.
Les acheteurs de cette denrée, autrefois locale, sont désormais des pays étrangers tels que l’Espagne, le Mexique, la Russie. Récemment, un nouveau marché s’est ouvert avec les pays asiatiques qui demandent des civelles vivantes pour l’élevage. En effet, il a jusqu’alors été impossible de faire se reproduire des anguilles en captivité et la seule solution connue est de prélever des alevins. Les civelles sont élevées en Chine et revendues adultes au Japon, en Corée du Sud et à Taïwan où leur chair est très appréciée.
Les prix de vente oscillent entre 150 et 200 euros le kilogramme ; on relève même le prix record de 1000 euros. Sachant qu’il faut environ 2900 alevins pour obtenir un kilo, les pêcheurs prélèvent un nombre important de civelles qui n’atteindront jamais l’âge adulte et n’iront donc pas se reproduire dans la mer des Sargass