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Alors même que Charlie Hebdo s'est temporairement rebaptisé Charia Hebdo, et publie ce mercredi un numéro spécial après les élections en Tunisie avec Mahomet comme "rédacteur en chef" pour "fêter la victoire" du parti islamiste Ennahda, le journal satirique a subi une attaque dans la nuit de mardi à mercredi. La rédaction a été ravagée par un incendie criminel.
Le feu, qui s'est déclenché dans la nuit de mardi à mercredi au 62 boulevard Davout, dans le XXe arrondissement de Paris n'a pas fait de blessé. Son origine exacte n'était pas encore déterminée. Des sources policières évoquent un jet de "cocktail Molotov", ce que, toutefois, "l'enquête devra confirmer". Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur, en visite sur place, a, lui, utilisé le mot "attentat" et souligné que "toutes les pistes sont examinées", y compris celle des "musulmans intégristes".
Selon le médecin urgentiste et chroniqueur Patrick Pelloux, le cocktail molotov aurait été lancé "sur la devanture et aurait mis le feu au système informatique". Selon lui, les dégâts sont importants : "Tout est détruit", a-t-il témoigné. Un coup dur pour le journal satirique, les locaux de Charlie Hebdo du boulevard Davout abritant notamment la rédaction et le service de fabrication des maquettes, outre des bureaux et des stocks merchandising.
Pour le dessinateur Charb, directeur de la publication, l'incendie est directement "lié" à la publication de ce mercredi. "Sur Twitter, sur Facebook, on a reçu pas mal de lettres de protestation, de menaces, d'insultes, que la direction du journal s'apprêtait à transmettre à la police", a-t-il expliqué. Le journal avait déjà reçu des menaces lors de la publication des caricatures de Mahomet en 2006. A ce moment-là, a rappelé Charb, "la préfecture les avait jugées sérieuses : un car de policiers avait été posté aux abords du journal et des gardes du corps détachés auprès des principaux dessinateurs". Mais ces menaces n'avaient "jamais abouti à rien". Contrairement, juge-t-il, à cette fois-ci. Pourtant, le numéro de ce mercredi "n'a pas la même portée, c'est plus déconnant qu'autre chose", et seule la couverture avait été diffusée au moment de l'incendie, "pas le contenu" du journal, a-t-il souligné. Tout en confirmant que malgré l'incendie, l'édition de ce mercredi serait bien dans les kiosques.