Cette question ça fait un moment que je me la pose...
Pour comprendre ? Je suis curieux.
Pour aider ? Je suis sensible, j'aime aider.
Pour me lier à une personne qui me ressemble ? Je me sens seul c'est vrai.
Je suis amoureux ? Ce n'est pas possible.
Par volonté de justice après avoir entrevu la noirceur d'une âme ? Vraisemblable.
Mais plutôt parce que je suis directement touché par cette noirceur. Pourquoi ?
Parce que j'ai été blessé.
Était-ce injuste ?
Je ne sais pas.
Penses-y.
Je comprends que chacun œuvre en son propre désir. Je m'illusionne depuis tout ce temps ?
Il semblerait, c'est ce que l'on t'a dit.
Mais les actes incohérents, les questions sans réponses, les échanges passionnés, les distractions, la complicité... c'était du vent ? Pourquoi conserver cette emprise et la renflouer, encore et encore ?
Peut-être par sadisme, peut-être parce que c'est toi, peut-être qu'elle te hait profondément.
Mais qu'est-ce que je lui ai fait ? Elle disait afficher une neutralité totale à mon égard.
Et tu l'as cru ? Pauvre de toi, elle de qui tous vous disiez proches à en percevoir les prémisses d'un sentiment.
Le mensonge est propre à sa personne, et ses crocs acérés lui donnent son charme. Mais pourquoi prétendre être humaniste alors ? Et cette sensibilité exprimée, je ne peux pas croire que ce soit mensonge.
Il le faudra bien.
N'est-ce pas facilité que de ne pas comprendre le phénomène avant de le juger ?
N'est-ce pas faiblesse que de ne pas savoir t'y résoudre ?
Ce conflit mental a-t-il sciemment été disséminé ici ?
Le moteur de sa croissance était le désespoir.
Moi, désespéré ? Pas vraiment. C'est une protection minable qu'elle s'est inventée : elle se déconsidère en faisant mine de n'être rien d'autre que le reflet des désirs du sujet, en inhibant qui elle est, mais elle ne sait se contenir assez pour ça.
Si tu prétends être lié pour ça, quel mal y a-t-il à supporter son persona social ?
D'une part, parce que la source de ton interrogation est partie intégrante de moi, d'autre part parce que je n'ai plus la moindre capacité d'interagir avec le vrai elle.
Vraiment ? Moi je vois pourtant des réactions propres à votre complicité à tous les deux.
Tu te trompes.
C'est vrai, cette ardeur égare mes sens. Pourtant nous ne sommes pas unique témoin.
Les autres témoins ne savent rien, des sots apeurés, avides de susciter la moindre parcelle d'émotion (presque aussi désemparés que moi...) ou bien tes piètres adorateurs qui par respect phénoménal iraient en ton sens si bien qu'il leur en coûte leur propre dignité - bien qu'elle n'ait déjà aucune valeur, nous sommes d'accord.
Pourquoi cette noirceur s'agite-t-elle ?
Parce que le trouble émanant d'un conflit créer la souffrance, et répand donc la colère subséquemment.
Des prérogatives illusoires - pourquoi a-t-elle fait tout ça déjà ?
Je n'en sais rien.
Te protéger comme elle l'a déjà fait, non ?
Me protéger de quoi ? Je n'ai aucun ennemi, elle n'est pas là pour moi et la décroissance de sa présence, ainsi que notre complicité en atteste.
Peut-être, mais Merc est toujours en vie, et les attentions sont incontestables.
Contestables : aveuglé partiellement par mon inquiétude et ma frustration, ce ne sont pas des attentions adressées. Je concède qu'elles ne le seront jamais, par timidité probablement. Quoiqu'il en soit, tout cela conserve sa nature destructrice, la théorie du piège est donc acceptée.
Dusse-t-elle en écraser son orgueil ?
Il ne vaut plus rien, s'adresser à moi ne la fait pas se défausser de la moindre parcelle de son masque de toute façon.
Alors, agissements relatifs à toi ou non ?
De deux choses l'une, soit oui et c'est pour me vouloir du mal comme cela a déjà été fait, soit non et c'est fort envisageable, elle l'a bien dit plus d'une fois.
Revenons-en à l'interrogation : pourquoi rester alors ?
Par désespoir d'avoir trouvé une personne qui me manquerait.
Mais tu ne lui manquerais pas un seul instant, alors qu'importe ?
C'est condamnable que de vouloir satisfaire ses envies ? Peut-être. Nous sommes tous contraints à cette hydre de toute façon.
Que vas-tu faire ?
Rien que je ne veuille pas faire. Plus profondément, la théorie introspective selon laquelle cette entité supérieure et subconsciente aspirerait à la destruction de l'hôte s'en voit renforcée, mais qu'y puis-je ? Elle est souveraine.
Toutes tes actions sont pathétiques tant qu'elles sont de nature à te façonner face à elle, ou un autre, tu le sais parfaitement.
C'est certain, et ces mêmes actions me feraient perdre autant d'estime propre que d'estime à ses yeux. Et pourtant...
Pourtant quoi ? Pauvre pantin, combien de fois devras-tu te faire esquinter avant de reprendre ton autonomie ? La liberté est-elle si lourde à soulever ?
La liberté n'est pas aussi douce compagnie qu'elle, faut-il croire...
Alors qu'importe les souffrances, je suis de toute façon de nature à faire souffrir.
Ce sera amen ou adieu.