Ne peut-on pas alors dire que les autres sont les mieux placés pour savoir ce que nous sommes, ce que nous constituons dans le monde en tant qu´objet?
En effet, pour autrui, ne suis pas rien d’autre que cela, un objet, une entité appartenant au monde ?
Or, considérer quelque chose comme un objet est la condition de l’objectivité et donc du savoir.
C´est ce qu´affirme Aristote dans Ethique à Niconaque " ce qui le prouve, ce sont les reproches que nous adressons à d´autres, sans nous rendre compte que nous commettons les mêmes erreurs, aveuglés que nous sommes, pour beaucoup d´entre nous, par l´indulgence et la passion qui nous empêchent de juger correctement "
En effet, l’objectivité se doit être un avis d’un point de vue neutre, qui ne décrit que ce qu´il peut être tiré de l’objet lui-même, et non de ce qui est propre à ce même sujet.
Pour savoir qui nous sommes, il faut donc pouvoir être objectif, c´est-à-dire éliminer tout point de vue sur l’objet que nous considérons.
C´est ainsi que nous pouvons reciter Aristote " Par conséquent, à la façon dont nous regardons dans un miroir quand nous voulons voir notre visage, quand nous voulons apprendre à nous connaître, c´est en tournant nos regards vers notre ami que nous pourrions nous découvrir, puisqu´un ami est un autre soi-même. "
Pour me voir, je dois utiliser cet outil qu’est le miroir qui me permet d’adopter le point de vue d’autrui. Il en va de même pour la connaissance de soi.
C’est par les autres que nous apprenons le fait d´être objet et de pouvoir être considérer comme un objet. C’est donc le point de vue des autres que nous adoptons lorsque nous élaborons un connaissance de soi.
