Lance Armstrong s´est irrémédiablement échappé. L´Américain est entré dans une nouvelle dimension en remportant son sixième Tour de France. Il relègue Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain à une longueur. La vingtième et dernière étape du Tour 2004 qui amenait le peloton aux Champs Elysées, a été bien sûr une formalité pour le Texan même si le courageux Filippo Simeoni s´est rappelé à son bon souvenir. L´étape a été enlevée au sprint par Tom Boonen, déjà vainqueur à Angers.
Le triomphe d´Armstrong.
Et Filippo Simeoni s´est échappé! Au kilomètre zéro. Sitôt le drapeau baissé par Jean-Marie Leblanc. Humilié sur la route de Lons-le-Saunier par Lance Armstrong qui était allé le chercher lui-même, l´empêchant pour des raisons personnelles d´exercer son métier, l´Italien a voulu montrer qu´il existait au moment où l´Américain posait pour les photos, une coupe de champagne à la main. Pour gâcher la fête? Non, simplement pour adresser un bras d´honneur à celui qui veut le faire taire, lui qui a reconnu s´être dopé sur les conseils du Dr Ferrari. Il y a des propos que le sextuple vainqueur du Tour de France ne souhaite visiblement pas entendre...
Voilà donc Lance Armstrong seul au monde. Seul dans la légende avec six Tours de France à son palmarès. Plus fort que les plus forts. Plus grand que les plus grands. Historique. La messe était dite depuis belle lurette mais il restait encore 163 kilomètres à parcourir pour rejoindre Paris et le traditionnel final des Champs Elysées. Une fois n´est pas coutume, la première partie de l´étape était donc animée par l´épisode Simeoni, lequel rentrait dans le rang après quelques kilomètres avant de retenter sa chance aux abords de Paris.
Le panache de Voeckler
Une fois arrivé rue de Rivoli, le rythme s´accélérait sensiblement mais Thomas Voeckler, qui avait retrouvé depuis la veille son maillot bleu-blanc-rouge de champion de France n´hésitait pas néanmoins à lancer la première attaque. Neuf hommes se rallaient au panache de celui qui a porté le maillot jaune pendant dix jours, Bettini, Flecha, Sunderland, Merckx, Gutierrez, Astarloza, Jalabert, Pereiro et Kroon. Un groupe de dix qui parvenait à tenir tête au peloton pendant sept tours avec une avance maximale de 35 secondes. Mais une fois ces dix courageux avalés, il n´allait plus être possible de sortir. Le peloton était cadenassé par les équipes de sprinteurs et en particulier par les Quick Step qui misaient sur Tom Boonen.
Boonen était le plus puissant.
Libéré depuis sa victoire à Angers, le jeune Belge, héritier désigné de Johan Museeuw, n´avait plus que les Champs Elysées en tête. Néophyte dans le Tour mais devenu une terreur dans le peloton depuis longtemps, le coureur de l´équipe Quick Step n´a pas manqué son rendez-vous pour enquiller son seizième succès cette saison. Sa puissance a eu raison de Jean-Patrick Nazon " tenant du titre", de Danilo Hondo et de Robbie McEwen.
Robbie McEwen qui ne prend que la quatrième place mais qui remporte, pour la deuxième fois, le maillot vert que pouvait encore lui disputer Thor Hushovd et quelques autres. Au passage, Tom Boonen, qui enlève sa deuxième étape, offre à son équipe un quatrième succès sur le Tour. La formation Quick Step qui a également en son sein l´autre recordman de ce 91e Tour de France, Richard Virenque. Le Varois entre lui aussi dans l´histoire avec un septième maillot à pois qui pourrait bien être son dernier. Encore hésitant, Virenque semble de plus en plus tenté par une nouvelle vie. Et il semble bien qu´on ait plus de chances de revoir au départ du Tour 2005 un Lance Armstrong à la conquête d´un septième maillot jaune...