"Je ne suis que moi, une illustre inconnue. Inconnue de tous, même de mes amis. Il y a cette face que je n’ai jamais montré à personne, cette face cachée que tout le monde à, mais pas sous une proportion aussi importante. Je suis froide, je suis peu bavarde, je suis vide aussi, parfois. Je réfléchis beaucoup, mais ça ne se voit pas. Je ne cherche pas à plaire aux autres, mais juste à moi, mais ça non plus ça ne se voit pas, on pourrait me croire superficielle… J’ai rarement vu quelqu’un d’aussi simple que moi… Pas négligée, loin de là, juste simple. Une hygiène de vie impeccable, je suis maniaque. Peu travailleuse à l’école. Pourtant j’ai mes raisons, que je n’expliquerai cependant pas. L’école est une chose tellement futile… Pourtant je pense que j’aime bien l’école, je n’en suis même pas sûre. Il y a des choses pour lesquelles on ne peut pas vraiment se fixer. Ce genre de situation, d’indécision me rappelle ma « vie passée » si l’on peut l’appeler comme ça. En fait je ne suis pas d’accord, cette vie est encore là, j’essaye juste de la combattre, en vain. Avant j’étais morne, je n’avais aucun goûts, j’aimais tout ou je n’aimais rien, selon l’humeur. Je n’arrivais pas à prendre d’avis, non pas par manque de volonté ou quoi que ce soit, mais parce que j’ai toujours trouvé tout tellement futile, inutile à l’excès. Qu’Est-ce que la vie, sinon une période de souffrance, pendant laquelle on attend la mort? Vivre est inutile puisque la vie peut s’arrêter n’importe quand. Aimer quelque chose est inutile aussi, pour la même raison. L’inutilité, voilà pourquoi je n’avais pas d’avis. Et maintenant c’est pareil. Je pensais qu’au fil des années, je m’étais remplie, au moins un peu. Mais en fait, tout reviens au même, j’ai été, je suis et je serais toujours vide. C’est pour cela que j’ai décidé d’en finir. Je ne suis indispensable à la vie de personne, personne ne pleurera mon absence, personne ne regrettera mon fade visage morne, sans expression. Je suis inutile.
Je suis l’incarnation parfaite de la tristesse. Je ne suis que tristesse. Pauvre âme, perdue dans les ténèbres, flottant parmi La Peine, La mélancolie, La Tristesse…Pauvre esprit qui n’essaye même pas d’atteindre La Lumière. Pauvre âme qui se contente de flotter… Pourquoi as-tu renoncé ? Tout ça pour dire… que c’est bel et bien décidé. J’ai été lâche toute ma vie. Cette fois ci, je le serais pour la dernière fois, je meurs malheureuse. Et c’est mieux comme ça. Pas de regrets.
Adieu, je crois qu‘au fond de moi, je vous aime, sans en être sûre.
Désolée d’être née. Désolée pour tout ces soucis inutiles, comme moi.
A."
