Un pauvre mec, dans la rue, plutôt jeune. De loin ? Il a pas l’air bien Méchant, tee-shirt, short, longbé, rein de bien terrible. De près ? Ca change. Tète de tueur, ouais, tète de tueur, yeux noirs, bouche fermée, respiration bruyante par le nez, un petit coté taureau dans le regard, dans le souffle. Ouais, tète de tueur quoi…
Il roule. Banal.
Evènement. Un mec, bourré, en train de cogner sur sa gonzesse. Sur le trottoir. Ils gueulent comme des gorets. Le gros con, à l’air en colère parce que sa grognasse voulais conduire. Conduire leur vieille golf minablement grise, les attendant, portes béantes. Eux ? Berk. Sales tronches, petit peuple quoi… Pas terrible du tout, pas intéressant. A par les coups…
Le Premier mec, arrive, s’arrête, regarde, pensif. Se redresse, écarte les épaules, dans un sourd craquement, il s’approche.
« - Et connard, maintenant, c’est soit tu la laisses, soit j’te refais ta sale gueule de rat. »
Temps d’arrêt, Regards croisés. L’autre connard grogne, se gratte son gros nez, la grognasse en profite pour se dégager, et se mettre contre le mur, recroquevillée.
Le gros, souris, comme un con. Il a bu…
Alors le premier mec lui lâche entre les lèvres :
« -Alors ? »
Et le connard répond :
« -Va te faire foutre, sale raclure de merde, occupe toi de ta merde.
-Mauvais choix …»
Les points se ferment. Regards froids, noirs. Le connard s’étonne, ne semble pas y croire. Brouf ! Ce con a même pas eu le temps de se relever qu’une droite phénoménale lui fend sa sale gueule. Il aurait mieux fait d’y croire…
C’était un coup énorme, parti du bout de l’épaule, propulsé par le corps entier. L’autre aurait du voir venir… Choc énorme, craquement articulaire.
Legé saignement de nez. Le connard commence a ce reveiller. Et notre visage de tueur ? Non, non plus maintenant, visage rouge, rouge sang… Pur tète de psychopathe.
Le connard ? Il commence de plus en plus à comprendre. Ca déconne plus. Il se relève, serre les poings un peu plus forts, prépare sa garde, comme s’il en voulait encore… Il va être servi…
Il attaque. Legé gauche, peu convaincant, par-dessous. Il vise les abdos, et prépare un bour-pif avec l’autre bras.
S’élance, et ? Rien…
Et ouais, rien… L’autre : Esquive du premier coup par décalage à droite, coude en avant, dans l’œil gauche du connard. Son bourre pif ? Oublié, pas assez rapide…
Déluge de coups. Puissance moyenne, cibles variées, le connard se fait démonter. Sa vieille gueule s’ensanglantie avec les coups.
Ca saigne. Ca commence même à gicler. Il se retrouve contre le mur.
Temps de pause. Le premier mec souris. Le connard s’effondre. L’autre ris, et commence à se déchaîner, comme si une bride avait sautée…
Coups de pieds dans le sac à vin, dans sa gueule, de partout. Ca craque, ça frotte, ça cogne sourd.
Ca réveille la connasse de sa stupeur. Elle hurle. Se jette sur le premier mec.
« -Arrête connard ! Tu vas m’le tuer, laisse le connard, tu va le finir ! ! Arrête… »
Brouf ! Formidable droit. En pivot. La base des phalanges brise la gueule de la grognasse. Direct out. Dans les pommes.
Il est content. Il se barre. Apaisé.
Alfred Mertisseaux.