Elément d´universalité, le christianisme au Moyen-Age unissait les hommes que le nationalisme ne déchirait pas encore. Il était l´élément structurant la société. De son côté, l´Eglise, très puissante, était fondamentalement liée à l´Empire dont elle confortait la légitimité. Cependant, l´idée que l´Empire devait être le seul organisme temporel dans lequel, grâce à l´Eglise et au christianisme, les ethnies et les cultures s´harmoniseraient en toute quiétude, se heurtait à des forces de désintégration agissant de plus en plus fortement sans beaucoup de possibilités de les contenir. A Verdun comme ailleurs, l´Eglise ne pouvait éviter la contagion du virus féodal. Toute l´histoire de cette période est marquée par l´intégration de l´Eglise dans la féodalité. La fonction épiscopale se sécularise dans le cadre féodal.
En une époque d´usurpations généralisées, l´Empereur avait intérêt à placer à la tête des comtés des vassaux fidèles, n´ayant pas les moyens de reconstituer une quelconque Lotharingie. Par leur autorité morale, leur capacité à promouvoir la vie religieuse, mais aussi par le caractère « en principe pacifique » et surtout viager de leurs fonctions, les évêques présentaient toutes les garanties de fidélité, en un temps où les charges administratives évoluaient vers l´hérédité. Or, ces choix des Empereurs se sont révélés tout à fait remarquables. Avec sa brillante série d´évêques saxons, souabes, bavarois - tels que Bérenger, Wigfrid, Haimon, Rambert, Thierry -, cette Eglise impériale connut une flamboyante vitalité spirituelle, un foisonnement d´initiatives religieuses et de réformes, un exceptionnel rayonnement culturel et architectural, sur fond de prospérité économique.