Sa fille s’exécuta en courant. Son cœur battait la chamade. Qui était cet homme pour mettre son père dans un état pareil ? Elle entra dans la salle du bar en soufflant un bon coup. L’étranger était accoudé au comptoir, sous l’œil légèrement apeuré de Sésilia. Fira s’approcha de lui.
« Mon père accepte de vous recevoir, monsieur. Suivez-moi, je vous pris. »
L’homme se leva et tout deux se dirigèrent vers le bureau du propriétaire de l’auberge sans échanger un mot. Elle frappa pour la seconde fois à la porte.
« Entrez. »
L’homme ouvrit la porte et elle retourna avec Sésilia. Celle-ci lui demanda simplement :
« Alors ?
-Je n’en sais rien. Je n’avais jamais vu mon père dans un état pareil. »
Elle haussa les épaules et repensa à la réaction de son père.
« Pourtant, mon père avait l’air de s’y attendre. Il avait l’air désespéré, mais pas surpris. »
Les deux filles se regardèrent en silence. Quelques minutes plus tard, l’étranger revint dans la salle commune et s’approcha d’elles :
« Mademoiselle Fira, votre père désire vous voir. »
S’efforçant de paraître détendue, elle suivit l’homme jusque dans le bureau de son père. Elle remarqua nerveusement que l’étranger était resté dans la pièce. Elle regarda son père, qui avait l’air toujours aussi désorienté. Il sourit cependant à sa fille quand elle entra.
« Assied-toi, ma chérie, assied-toi »dit-il d’une voix un peu tremblante en poussant un fauteuil vers elle.
Elle obéit lentement. Elle prit une longue inspiration :
« Pourquoi désire-tu me voir, père ? »
Il ne lui répondit pas, ne sachant manifestement pas par où commencer. Ce fut cependant d’un ton calme qu’il parvint à parler :
« Avant de te dire quoi que ce soit, ma fille, je veux que tu sache que depuis 16 ans j’ai redouté ce jour, et j’aurais souhaité qu’il n’arrive jamais. »
Il déglutit à grand peine. Fira restait droite comme un i, s’efforçant d’afficher une expression impassible.
« Cet… homme, est venu pour toi. »
Fira ne pu retenir un petit cri.
« Père, qu’ai-je donc fait de mal ?
-Ne vous inquiétez pas, mademoiselle, dit l’étranger avec un petit rire, vous n’avez rien à vous reprocher.
-Alors, pourquoi…
-Fira, s’il te plaît, écoute ce que cet homme a à te dire. »
Il avait parlé d’un sec qui surprit sa fille. L’homme en question, qui était resté debout jusque là, prit une chaise et s’assit en face de Fira.
ya qqun?