Allez la suite je m´en vais dimanche alors je poste un maximum de cette histoire :
- Comment vos supérieurs ont-ils pris la mort de Jorund ? demanda soudain le Prince.
- Comme moi, répondit Namâric. Avec résolution. C était un soldat, il a fait son devoir, c est tout. On ne peut que le louer.
- C était votre ami ?
- Oui.
- Et vous ne regrettez pas sa mort ?
- L enseignement des Paladins Noirs est fait pour apprendre à refouler ses sentiments. C est strict, mais efficace. On ne peut pas perdre de temps à pleurer les morts, seuls les vivants comptent.
Alexandre resta silencieux quelques instants. Le camp était proche désormais.
- Dario me manque, avoua-t-il finalement.
- Il a eu une mort honorable, fit remarquer le Paladin. Vous ne pouvez pas laisser son souvenir vous tourmenter. Oubliez-le.
- Vous ne comprenez pas ! s exclama le Prince. Dario était plus que mon garde du corps ! C était mon précepteur ! Mon confident ! Il comptait autant que mon père pour moi ! Peut-être même plus !
- C est lui qui vous a enseigné l art du combat ?
- Oui, pourquoi ?
Sans prévenir, Namâric lança son pied vers le d Alexandre. Par pur réflexe, le Prince para le coup, puis se dégagea d un bond. Il porta la main à son glaive, mais déjà le Paladin se jetait sur lui. Alexandre devina que son adversaire comptait lui envoyer un coup de poing au visage. Plutôt que d esquiver, le Prince saisit le bras de Namâric et amplifia son mouvement. La main du Paladin percuta un arbre de plein fouet, mais sans laisser à Alexandre le temps de pousser son avantage, le guerrier lui décocha une manchette au cou. Le Prince fut projeté en arrière mais parvint à reprendre appui sur ses mains et projeta ses jambes dans le ventre de son adversaire. Namâric chuta dans la neige tandis qu Alexandre se relevait, reprenant son souffle et dégainant ses glaives.
Namâric, d un coup de rein, se remit sur pied, puis se précipita sur le Prince. Le jeune garçon frappa, mais le Paladin évita l attaque au prix d un saut périlleux, rebondit sur un tronc et retomba derrière son adversaire. Alexandre se retourna en abattant ses armes, mais les lames percutèrent un arbre et l une d elle s y ficha profondément. Namâric en profita pour frapper son adversaire aux côtes, et le Prince, sous le choc, lâcha son second glaive. Le Paladin leva le bras pour porter un coup final, mais Alexandre se jeta sur lui et ils roulèrent dans la neige non sans cesser de combattre. L issue du duel fut un instant incertaine, puis le Prince parvint à frapper Namâric à la tempe et se releva en s emparant de l épée du Paladin, qui jusque-là n avait pas quitté son fourreau.
- Très bien, marmonna le guerrier en se massant le visage.
- Pourquoi avez-vous fait ça ? ! hurla Alexandre.
- D après vous, grâce à qui venez-vous de me vaincre ? demanda Namâric en se relevant. Grâce à celui qui vous a appris à vous battre !
- Et alors ? Où voulez-vous en venir ?
- Dario a accompli un travail remarquable. Vous n avez que douze ans, et vous venez de remporter un combat contre un Paladin Noir. C est exceptionnel.
- Oui, et... ?
- Cela signifie, affirma Namâric sur un ton plus solennel, qu une part de Dario vit toujours en vous, dans l art du combat qu il vous a transmis ! Il ne tient qu à vous d être digne de lui.
- Ce genre de discours convient peut-être aux gens simples, aux croyants aveugles voire aux adeptes de la morale orientale et des arts martiaux, mais moi je ne suis guère convaincu.
- Désolé, je n ai rien de mieux à vous proposer.
- Alors je m en contenterai, conclut Alexandre en restituant son arme au Paladin.
Et ils regagnèrent le campement.