Bon v´là la suite de mon histoire :
La journée fut tranquille. La caravane avançait lentement. La plaine enneigée s étendait jusqu à l horizon. Il n y avait rien en vue, hormis quelques forêts que les marchands contournaient prudemment. En fin d après-midi, Alexandre aperçut des nuages venant du Sud.
- Le temps va se couvrir, signala-t-il à Tarlaq. Serons-nous à Dümrist avant la neige ?
- C est peu probable, répondit le baron en regardant à l horizon. Cette caravane est trop lente. Il nous faudra deux jours pour arriver à destination, et ces nuages seront sur nous cette nuit.
- Sous la neige, nous n aurons plus aucune visiblité, malgré le terrain découvert, fit remarquer le Prince. Il sera plus facile de nous attaquer.
- Je ne pense pas que nous courions un risque quelconque.
- Je ne suis pas de cet avis, intervint Tarlaq.
- Voilà encore votre paranoïa qui refait surface, Monseigneur, ricana Vladek.
- Détendez-vous, il n y a rien d alarmant à dix kilomètres à la ronde!
- Certes, répliqua le baron, mais sous tes yeux, si!
- Que voulez-vous dire? s inquiéta Alexandre.
Le baron vérifia que personne ne pouvait l entendre hormis ses deux compagnons, puis reprit la parole.
- Ces mercenaires ne me plaisent pas, expliqua-t-il. Il n ont pas la démarche ni l attitude d une bande de gros bras. On dirait plutôt des combattants disciplinés er expérimentés.
- C est peut-être le cas, rétorqua Vladek. Ce sont peut-être simplement d anciens militaires. Pourquoi ne pas le leur demander?
- Parce que je ne veux pas qu ils se doutent que j ai des soupçons.
- Ne vous tourmentez pas tant, Monseigneur, conseilla le capitaine. Vous voyez des complots partout !
- C est vrai, admit Tarlaq. Cela m arrive souvent quand j en suis entouré.
Vladek cherchait une réplique cinglante, quand soudain Alexandre accéléra et rejoignit le chariot de tête. Tarlaq fut tout d abord surpris, puis observa le véhicule et comprit ce qui avait intrigué le Prince : sur le balcon arrière du gigantesque chariot, la vieille Greta contemplait le paysage.
- Que faites-vous ici? lui demanda Alexandre. Vous aviez bien dit que vous vouliez rejoindre votre famille, non?
- C est exact, répondit la vieille femme, et c est toujours ce que je compte faire. Simplement, des affaires urgentes ont appelé ma nièce et son époux à Dümrist.
Aussi j ai demandé à Irno de m y conduire. C est un vieil ami.
Lida parut alors sur le balcon. Elle regarda un instant le Prince, puis prit sa grand-mère par la manche et la mena à l intérieur du véhicule. Tarlaq arriva au niveau d Alexandre.
- Ne me dites pas que vous voyez encore une machination ici... murmura le Prince.
- Et bien, à vrai dire...
- C était un ordre, baron!
Au soir, la caravane fit halte à la lisière d un petit bois. Les marchands disposèrent leurs chariots en cercle, et allumèrent un feu au centre. Les mercenaires mirent en place des tours de garde. Au repas, Alexandre s étonna de ne pas voir Greta et Lida avec les autres. Il interrogea un marchand à ce sujet.
- Les occupants du chariot d Irno Vorgen ne sortent jamais entre deux étapes, expliqua le commerçant. De plus, personne ne peut y accéder. Les gardes ont pour consigne de ne laisser personne s en approcher.
- Un peu excentrique, votre chef, remarqua le Prince
- C est vrai, convint le marchand. Mais c est un excellent homme d affaires!
- Je veux bien le croire, déclara Alexandre en se levant.
Le Prince s éloigna des convives et rejoignit le chariot où il avait déposé ses affaires. Il sortit ses couvertures de leur sac et s enveloppa dedans. Mais il n avait pas l intention de dormir.