Voilà la suite de mon histoire :
Lorsque le Prince ressortit de la ruelle, il faisait nuit noire. Il allait se diriger vers la place centrale de Fodam, lorsqu un appel retentit derrière lui.
- Votre Altesse ! s exclama une voix qu Alexandre connaissait bien. Où étiez-vous passé ? Voilà une heure que vous avez disparu !
Le Prince se retourna et découvrit un Vladek grandement soulagé. Après un instant d hésitation, il décida de ne pas mettre le capitaine au courant des derniers événements.
- Désolé, s excusa-t-il. Il y avait dans la ruelle une boutique d oeuvres d art particulièrement bien fournie. J ai longtemps discuté avec le marchand.
- Vous auriez pu me prévenir !
- Je sais. Je vous ai dit que j étais désolé. Regagnons l auberge maintenant. J ai faim, pas vous ?
- A cette heure, ils doivent encore servir, admit Vladek.
Et ils se mirent en route.
Quelques instants plus tard, Alexandre et Vladek s attablaient autour d un copieux repas en compagnie de Tarlaq et Namâric.
- J ai parlé au commandant, déclara le baron entre deux bouchées de viande grillée. Ses effectifs sont déjà réduits à cause de la guerre, et il ne pourra donc pas nous confier une escorte. Par contre, vous avez sûrement remarqué qu une caravane de marchands fait halte ici. Elle repart demain pour Dümrist, et nous allons l accompagner.
- Est-ce bien sûr ? demanda Vladek en entamant sa seconde assiette de pommes de terre.
- Certain, assura Tarlaq. Ce sont les marchands eux-même qui m ont confirmé que notre présence ne poserait aucun problème
- Je voulais parler de la sécurité...
- Le convoi est protégé par une solide bande de mercenaires, intervint Namâric tout en se resservant un bol de salade. Nous ne risquerons rien.
- Pourtant, objecta Alexandre en se coupant une large tranche de pain, si les Wolks ont été engagés par quelqu un, comme nous le pensons, ce « quelqu un » dispose de moyens très importants. S il lance une nouvelle attaque, ce ne sont pas quelques guerriers qui lui feront obstacle.
- Je ne pense pas qu on nous attaquerait en terrain découvert, répondit le baron. Et pas si près de la capitale.
- Et de la part des marchands ? interrogea Vladek. N y a-t-il pas un risque ?
- Ils sont honnêtes, assura Tarlaq. De toute façon, nous ne transportons aucun objet de valeur.
A ces mots, Alexandre sourit. Si le baron avait su ! Il remarqua alors le regard insistant que Namâric posait sur lui.
- Qu y a-t-il, Paladin ? lui demanda le Prince sur un ton méfiant.
La porte s ouvrit d un coup et Hustouk fit irruption dans la pièce, épargnant au guerrier de fournir une réponse.
- J ai cherché dans toute la ville, grommela l Ork, et aucune trace de Tektus ! Il faut croire qu il a prit une autre route.
- Ou qu il s est noyé, compléta Namâric.
- Tektus est increvable ! gronda Hustouk. Quoi qu il lui soit arrivé, il s en est sorti ! Compris ? !
Tarlaq, soucieux de ne pas créer de troubles, expédia au Paladin un coup de coude discret mais appuyé, l empêchant de répliquer. Mais il savait très bien qu il n y avait que peu d espoir concernant le sort du Varak.
- Bon, puisque tout le monde est rassasié, si nous allions dormir ? proposa ensuite le baron.
Tous l approuvèrent et se levèrent. Juste avant de quitter la pièce, Vladek se retourna vers l aubergiste.
- Vous féliciterez le cuisinier de ma part, dit-il. Cette viande était succulente. Qu est-ce que c était, au fait ? Certainement pas du boeuf ni du porc ?
- Du cheval, répondit l aubergiste. La moitié de vos bêtes sont mortes d épuisement peu après votre arrivée. Il aurait été dommage de gâcher de la nourriture.
Le capitaine afficha un air dégoûté, mais ne fit pas de commentaires.