Voilà la suite de la bataille finale, que j´ai toujours autant de plaisir à chorégraphier :
Les autres archers, soucieux de sauver leur peau avant de venir en aide à leurs camarades qui combattaient dans le hall, décochèrent une pluie de flèches aux deux combattants. Namâric utilisa comme bouclier le corps d´une de ses victimes tandis que Dario virevoltait entre les traits sans qu´aucun ne l´atteigne. Draxor voyait que les deux guerriers n´allaient pas tenir très longtemps sous ces tirs croisés, mais Tektus repoussait toujours les mercenaires qui s´engageaient dans l´escalier, les empêchant de gagner l´étage ou d´attaquer Kandrill. Le Paladin au masque d´or ne pouvait pas égaler les prouesses acrobatiques de Dario et Namâric, mais il trouva cependant un moyen de les rejoindre. Bondissant sur un chandelier, il agrippa la rampe du balcon et se hissa sur la plate-forme, devant le plus grand groupe d´archers. Draxor les bouscula d´un puissant coup d´épaule, puis leva son sabre et entreprit d´anéantir ses adversaires avant qu´ils ne puissent réagir.
Pendant ce temps, le combat faisait toujours rage au rez-de-chaussée. Les mercenaires disparaissaient les uns après les autres, succombant sous le nombre. Un garde armé d´une masse brisa en deux la lance d´Hustouk. L´Ork repoussa son adversaire à l´aide de son bouclier, fit passer par-dessus lui un homme qui l´attaquait dans le dos, puis s´empara d´une hache et reprit la lutte. Vorgen combattait avec brio, son cimeterre tournoyant et déchirant les chairs sans jamais ralentir. Sur un signe de Greta, le marchand se fraya un chemin jusqu´à l´escalier, où il trouva Tektus. Le Varak abattit sa hache, mais Vorgen esquiva le coup et riposta aussitôt, entamant la jambe du colosse. Cette diversion suffit au marchand pour contourner son adversaire et faire face à Kandrill. Raxos tenta de s´interposer, mais le Chevalier l´arrêta.
- Laisse-le moi, dit-il en tirant son épée. J´ai besoin d´exercice.
Vorgen attaqua avec furie, son cimeterre décrivant une large parabole. Kandrill para le coup puis bondit par-dessus son assaillant en abattant sa lame. En un éclair, Vorgen plongea en avant pour échapper à l´attaque, rebondit sur une des marches, revint sur son adversaire et lui assena un terrible coup à la poitrine. La cuirasse de Kandrill fut déchirée sur toute sa largeur, révélant une tunique blanche, mais la lame n´entailla pas la chair du Chevalier. Le marchand voulut porter une seconde attaque, mais l´épée de Kandrill fut plus rapide et traversa Vorgen de part en part. Le marchand tomba en poussière.
- Raxos ! ordonna le Chevalier en désignant Namâric. Elimine cet homme !
Le Zahr s´élança vers le balcon, où le Paladin affrontait trois soldats à la fois. Raxos attendit poliment la fin du combat, jaugeant son adversaire. Namâric frappa un garde au ventre, contra une attaque et trancha la gorge du second d´un revers de sa lame. Le troisième se fendit avec son épée, mais le Paladin évita sans peine cet assaut bien trop lent, et abattit sa lame sur le crâne du soldat. Il se retourna et aperçut Raxos. Le Zahr ne portait pas d´armure, mais brandissait une longue barre de métal hérissée de pointes et de lames de toutes tailles. Namâric se demanda comment la créature pouvait manier un tel objet se blesser, mais, n´ayant pas le temps de s´attarder sur la question, attaqua, visant la tête. Plutôt que de parer le coup, Raxos abattit lui aussi son arme. le Paladin, renonçant à son assaut, contra l´attaque et recula de plusieurs pas sous la violence du choc. Il comprit que les bras du Zahr avaient une force immense, et se résolut à esquiver les prochains coups.
Tarlaq n´avait pas eu un instant de répit, et combattait toujours avec son chandelier. Il para une attaque et frappa aux jambes celui qui l´avait portée. Le soldat tomba à plat ventre et poussa un hurlement quand les pointes de métal s´enfoncèrent dans son dos. Un garde armé d´une hallebarde se jeta sur le baron, qui dut lâcher son arme pour éviter l´assaut. Son agresseur enchaîna avec d´autres coups qui forcèrent Tarlaq à reculer. Le baron trébucha soudain contre un cadavre et chuta lourdement. Le garde leva son arme...
Une épée vola et se planta dans le dos du soldat, qui s´effondra. Les yeux de Tarlaq allèrent du garde à l´épée - et le baron reconnut son arme- , puis de l´épée à l´escalier, où se tenait Vladek, le bras tendu. Kandrill se tourna vers le capitaine.
- A quoi jouez-vous ? !
Vladek plongea la main dans la déchirure que la lame de Vorgen avait ouverte dans l´armure du Chevalier, et arracha un collier au bout duquel pendait un morceau d´ivoire.
- J´attendais une occasion, répondit le capitaine en dégainant son épée.
A cet instant, Tektus cessa de combattre les mercenaires et s´attaqua aux soldats. La hache du Varak semblait se réveiller et ses coups étaient soudain devenus plus rapides, plus violents, plus précis.