Famille
Jean-Luc Mélenchon est le fils cadet de Georges Mélenchon, receveur des PTT, et de Jeanine Bayona, institutrice, tous deux nés en Algérie française2.
Son grand-père paternel, Antonio Melenchón est un espagnol de la région de Murcie. Au début des années 1900, il s'installe à Oran, en Algérie, et épouse Aimée Canicio, elle aussi d'origine espagnole. Du côté maternel, son grand-père, François Bayonna, est né en 1889 près de Valencia, en Espagne, et est marié à Jeanne Emmanuelle Caserta, une Italienne originaire de Sicile2.
En 1962, à la suite du divorce de ses parents3, il quitte le Maroc pour la France, et s'installe à Yvetot, dans le Pays de Caux, puis dans le Jura, où sa mère est mutée4,5,6. Marié durant son séjour à Besançon (puis divorcé), il a une fille, Maryline, née en 19746, adjointe au maire du 4e arrondissement de Lyon de mars 2008 à février 20097, fonctionnaire au conseil général de l'Essonne et compagne de Gabriel Amard, secrétaire national du Parti de gauche8.
Durant l'élection présidentielle française de 2012, il refuse que les médias s'approchent de sa famille et s’immiscent dans sa vie privée.
Parcours professionnel
Titulaire d'une licence de philosophie5,9, il devient correcteur6 à l'imprimerie Néo-Typo10 de Besançon, parallèlement à ses études6. Il a également travaillé à l'entreprise d'horlogerie Maty et dans une station-service10. En 1976, il retourne à Lons-le-Saunier6, où il est professeur de français11,12 dans un lycée technique13,6, puis devient journaliste à La Dépêche du Jura, collabore ponctuellement en qualité de dessinateur à l'hebdomadaire catholique d'information La Voix Jurassienne et dirige La Tribune du Jura, le mensuel de la fédération socialiste du Jura, qui finit par péricliter, à la fin des années 197014,15. En 1978, à la demande de Claude Germon, maire de Massy qu'il a rencontré lors d'une visite de ce dernier dans le Jura, il s'installe dans l'Essonne où il devient son directeur de cabinet14,9,16 et fonde un bulletin hebdomadaire intitulé À Gauche6. De 1993 à 1995, il est directeur politique de l'hebdomadaire du Parti socialiste Vendredi5,9,6.
Premiers pas en politique
À l'issue des événements de mai-juin 1968 à Besançon, la Ligue communiste et le PSU, majoritaires dans l'AGEC-UNEF, appuient une prise en main du syndicat par les partisans de sa mutation en « mouvement politique de masse ». En s'y opposant, Jean-Luc Mélenchon rejoint l'Organisation communiste internationaliste, courant trotskiste d'obédience lambertiste, qui tente de contrer cette politiqueAA 1.
Élève au lycée Rouget de Lisle de Lons-le-Saunier, il est un des meneurs du mouvement lycéen14,17,18 lors de Mai 68, dans cette ville. Il obtient son baccalauréat en 196919 et rejoint l'UNEF dès son entrée à la faculté des lettres et sciences humaines de Besançon5 en septembre 1969.
Après la scission de l'UNEF en 1970, Jean-Luc Mélenchon participe au combat pour reconstruire une cellule locale du syndicat étudiant6, à la fois contre le courant syndical issu de l'UEC, animant l'UNEF-Renouveau, liant le syndicat aux conseils de gestion de la loi Edgar Faure[réf. nécessaire], qui visent sa transformation en mouvement politique. C'est à ce titre qu'il devient président de l'union locale étudiante, puis intègre le bureau national de l'UNEF-US en 1974. Sa liste aux élections du CROUS en 1975 obtient 60 % des suffrages exprimés14.
De 1972AA 1 à 1976AA 1, il devient le dirigeant de l'OCI à Besançon, où cette organisation est bien implantée14. Pendant ces années, il participe à toutes les luttes étudiantes et ouvrières du Jura — en particulier la grève des Lip6, importante entreprise horlogère bisontine démantelée quelques années plus tard. Cette expérience l'amène progressivement à prendre ses distances avec la conception léniniste du parti (« ma vraie divergence, c'est que je n'ai jamais cru à l'avant-gardisme », a-t-il expliqué plus tard). Cela lui vaut, selon lui, d'être « radié » de l'organisation — Charles Berg, dirigeant lambertiste, affirme de son côté qu'il a « négocié son départ » avec lui14. C'est l'époque où le PS de François Mitterrand reconstitué au congrès d'Épinay en 1971, occupe progressivement à gauche tout l'espace du socialisme démocratique, mettant le PCF en difficultés électorales.
Militant socialiste mitterrandiste
Jean-Luc Mélenchon quitte Besançon pour entrer dans l'activité professionnelle à Lons-le-Saunier et adhère au PS en septembre 1976AA 2. Il y occupe très vite des responsabilités locales (secrétaire de section adjoint de Montaigu) et départementales et développe un journal fédéral qui combat pour l'union PS-PCF ; c'est l'époque où le second rompt les accords d'union de la gauche sur un programme commun de gouvernement. Il est remarqué lors d'une fête jurassienne du Poing et la Rose par Claude Germon, maire de Massy et membre du bureau exécutif du PS responsable du secteur entreprise du parti socialiste. Sans travail stable une fois sa candidature écartée à la Croix du JuraAA 3, il est engagé par Claude Germon pour devenir son directeur de cabinetAA 4.
Il devient un des principaux dirigeants mitterrandistes de la fédération de l'Essonne, ce qui le conduit au poste de premier secrétaire de cette fédération au congrès de Valence en 1981 — il conserve cette fonction jusqu'en 19869. S'opposant à la fois à la Deuxième gauche rocardienne et au CERES de Chevènement, il s'oppose à la rocardienne Marie-Noëlle Lienemann, par associations locales et radios interposées. Ainsi, quand cette dernière crée Radio Massy-Pal, il fonde Radio Nord Essonne14 et offre son premier emploi à Arthur20,21. Il travaille à l'organisation du courant mitterrandiste, en Essonne d'abord puis à travers une publication Données et arguments, qui sera le creuset d'un courant ancré à la gauche du parti.
Hispanophone, il développe à Massy la solidarité avec les milieux communistes de l'Amérique du Sud, organisant un rassemblement de chiliens et d'argentins, etc14.
Motivé par le tournant de la rigueur entrepris par le gouvernement socialiste en 1983, il intègre la loge franc-maçonne Roger Leray du Grand Orient de France (GODF) où il a comme thèmes de prédilection l'idéal républicain et la défense de la laïcitéAA 5. Outre cette filiation politique, il trouve dans la franc-maçonnerie une filiation personnelle, son père et son grand-père étant eux-mêmes maçonsAA 6. En 1984, lors des débats relatifs à la loi Savary, il reproche au GODF de ne pas s'engager pleinement dans la bataille en faveur de l'unification des enseignements public et privé au sein d'un grand service public de l'Éducation nationaleAA 7. Amer, il reste franc-maçon mais de manière peu assidue, sans s'impliquer fortement dans les affaires internes du GODF et refusant de participer aux « fraternelles parlementaires » qu'il dénonce comme étant de son point de vue une « déviance grave, un attentat contre la République »AA 8.
Il est élu sénateur lors des sénatoriales de 198622.