Pol Pot
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Pol Pot
Pol Pot, en 1978.
Pol Pot, en 1978.
Fonctions
48e et 50e Premier ministre du Cambodge
14 avril 1976 – 27 septembre 1976
Président Khieu Samphân
Prédécesseur Khieu Samphân
Successeur Nuon Chea
25 octobre 1976 – 7 janvier 1979
Président Khieu Samphân
Prédécesseur Nuon Chea
Successeur Pen Sovan
Secrétaire du Parti communiste du Kampuchéa
22 février 1963 – 6 décembre 1981
Biographie
Date de naissance 19 mai 1928
Lieu de naissance Prek Sbauv, Province de Kampong Thom, Cambodge, Indochine française
Date de décès 15 avril 1998
Lieu de décès Anlong Veng, Province d'Otdar Mean Cheay, Cambodge
Nationalité cambodgienne
Parti politique Parti communiste du Kampuchéa
Conjoint Khieu Ponnary
Premiers ministres du Cambodge
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Saloth Sârnote 1(19 mai 19281 - 15 avril 1998), plus connu sous le nom de Pol Potnote 2, est le dirigeant politique et militaire des Khmers rouges, partisans d’un communisme radical.
De 1976 à 1979, il fut le Premier ministre d’un Cambodge qui s’appelait alors Kampuchéa démocratique.
Le programme d'étude sur le génocide cambodgien de l'Université Yale évalue le nombre de victimes des politiques de son gouvernement à environ 1,7 million de morts2, soit plus de 20 % de la population de l'époque.
Sommaire
1 Jeunesse
1.1 Enfance et famille
1.2 Vie à Paris et initiation politique
2 Ascension vers le pouvoir
2.1 Activités clandestines à Phnom Penh
2.2 Le maquis
2.3 Le FUNK
3 Pol Pot au pouvoir
4 La chute
5 Bibliographie
6 Notes et références
6.1 Notes
6.2 Références
Jeunesse
Enfance et famille
Saloth Sâr appartient à une famille sino-khmèrenote 3. Son grand-père Phem s'enrichit au milieu du XIXe et participe matériellement à la révolte de 1885-1886, durant laquelle il serait mort dans une embuscade. Son père s'appelle Loth, mais change de nom avec l'établissement de la colonisation française en Phem Saloth. Cheng, la tante de Sâr, sert auprès du roi Norodom Ier, sa fille devenant dans les années 1920 l'une des concubines de Sisowath Monivong3.
Sârnote 4 serait né le 19 mai 19281,note 5 ou en mars 19253. Il a huit frères et sœursnote 6, dont il serait le benjamin s'il est né en 1925, ou l'avant-dernier s'il est né en 1928. Suoung, l'aîné, devient officier de palais à vie en 1930. La première fille, Roeung, devient l'une des concubines de Sisowath Monivong par l'intermédiaire de sa cousine. Nhep, né en 1927, est le plus proche de Sâr3.
La famille Saloth est une famille de notables paysans. Établie à Prek Sbauv (en), dans la province cambodgienne de Kampong Thom, elle possède l'une des plus grosses maisons du village ainsi que 25 hectares de rizières. L'environnement familial semble avoir été serein et les punitions corporelles moins courantes que la norme de l'époque. Si Loth raconte à ses enfants l'engagement de son père (que Sâr n'a pas connu) durant les conflits avec les Vietnamiens et Thaïlandais, il ne fait pas étalage de ses convictions politiques3. La superstition et la croyance en la magie tiennent alors une place très importante dans la société cambodgienne. Un culte entoure le roi du Cambodge, présenté comme intrinsèquement supérieur. C'est dans cet environnement et celui du bouddhisme theravāda que Saloth Sâr grandit4,5.
En 1934, Saloth Sâr est envoyé par son père à Phnom Penhnote 7 pour parfaire son éducation (le village ne possédant ni école ni wat), comme son grand frère Chhay avant lui4. Il intègre le Wat Botum Vaddei (en), un monastère-école à proximité du Palais royal et tenu par le Thammayut Nikaya (en), proche du pouvoir. Véritable village, ce wat accueille chaque année une centaine de novices, âgés de 7 à 12 ans. L'éducation religieuse qui y est apportée est rigoureuse, l'organisation de la vie des apprentis et des moines stricte et l'individualité prohibée. Saloth Sâr y passe un annote 8 et semble avoir apprécié cette période6.
L'été 1935, il emménage chez Suong et sa femme, chez qui habite déjà son autre frère Chhay, bientôt rejoint par Nhep. Il intègre à la rentrée avec Chhay l'école Miche dont les cours sont prodigués en français par des prêtres français et vietnamiens. L'accès à une telle éducation est alors le privilège d'une petite minorité de Cambodgiens7. Saloth Sâr est plutôt un mauvais élève, redoublant deux fois avant son Certificat d'études primaires, qu'il passe en 1943note 9. Il échoue au concours d'entrée au lycée Sisowathnote 10. À la rentrée scolaire 1943, il intègre le collège Preah Sihanouk, situé à Kampong Cham, en tant que pensionnaire. Contrairement à la plupart des élèves cambodgiens à cette époque, Saloth Sâr reçoit un enseignement imprégné de la Révolution nationale8. Il ne se passionne toujours pas pour ses études, mais a plusieurs activités périscolaires (musique, sport, …)9. Il y rencontre Lon Non, qui serait devenu l'un de ses meilleurs amis10.
Saloth Sâr n'est guère touché par la politique, malgré la montée des sentiments anticolonialistes et nationalistes. Il est touché, comme l'ensemble de sa génération, par la haine séculaire qui oppose les Khmers aux Vietnamiens, haine renforcée par le nombre de Vietnamiens dans la fonction publique coloniale11,12. Ce n'est qu'en mars 1945, avec l'intervention des troupes japonaises en Indochine, que l'actualité entre dans la vie du jeune Sâr. À la suite de cet évènement, la troupe de théâtre amateur de l'écolenote 11 quitte Kampong Cham pour partir en tournée dans le reste du Cambodge. Les vacances ayant été avancées en mai, Saloth Sâr travaille alors dans le commerce13.
À la rentrée scolaire de 1945, Saloth Sâr progresse14. Il réussit en 1947 à intégrer comme interne le lycée Sisowath (en) de Phnom Penh, en même temps que Lon Nonnote 12, et loge ainsi chez Suong10. Tandis que ses amis et camarades s'initient peu à peu à la politique, il ne semble pas s'y intéresser. Il échoue au brevet élémentaire en 1948 et doit se rediriger vers une école technique du nord de Phnom Penh, à l'atmosphère « déprimante » et violente. Il suit les cours de menuiserie et fait la rencontre de Nghet Chhopininto[Qui ?]. Ayant réussi son brevet d'études techniques un an plus tard, il fait partie des cinq élèves de l'école à recevoir une bourse pour partir étudier en France métropolitaine. En août, une cérémonie est organisée à cette occasionnote 13 en présence du roi Norodom Sihanouk16. Le lendemain, Saloth Sâr et d'autres boursiers partent pour Saigon. Au bout d'une semaine, le matin du 31 août, ils embarquent au bord du bateau Jamaïque pour un voyage de quatre semaines, s'arrêtant à Singapour et Colombo17.