La dinde :
En Mésoamérique, elle fut le seul volatile domestiqué et élevé entre 300 avant J.-C. et 100 après J.-C. par la civilisation maya de l'époque préclassique1. Au Mexique, où elle était et est toujours connue sous le nom de guajolote, du nahuatl huexōlōtl (avec une symbolique de virilité à cause de ses appendices charnus, et de fécondité), elle tient encore une place importante dans la gastronomie mexicaine2. Les Européens la connaissent par les premiers colons espagnols qui l'appelaient « poule d'Inde »3 et les missionnaires jésuites qui la ramenèrent vers 1500 en Europe où elle se diffusa rapidement (contrairement à la néophobie envers les aliments du Nouveau Monde tels que le maïs, la tomate, le chocolat ou la pomme de terre) car cet oiseau était assimilé aux volailles de basse-cour (poulet, pintade)4. Les termes coq d'Inde et poule d'Inde sont abrégés en dinde, l'emploi de ce mot étant attesté en 1600 dans le traité Théâtre d’Agriculture et mesnage des champs de l'agronome Olivier de Serres, qui parle de « l'importun piaulement des dindes », le nom étant à cette époque aussi bien masculin que féminin, usage qui perdure dans bon nombre de parlers populaires5.
La dinde arrive d'Espagne en France probablement via la Navarre : un contrat nous apprend que Marguerite d'Angoulême en faisait élever en 1534 dans son château d'Alençon par un fermier navarrais 6. Les premières dindes mangées en France sont attestées en 1549 lors d'un banquet donné à Paris en l'honneur de Catherine de Médicis7 et en 1570 aux noces du roi Charles IX8.