La première nuit avait été la cause d'une véritable hécatombe. 14 des Citoyens avaient trouvé la mort.
D'abord, tout le monde a accusé le choc. Au matin blême, ce qu'il restait du village n'était pas beau à voir. L'effondrement se lisant sur tous les visages. Mais il faut parfois un tel traumatisme pour réveiller l'instinct de survie qui sommeille en chacun de nous. Dans l'après-midi, une véritable frénésie s'est emparé des survivants. Une fosse a été creusé, des barbelées piégés ont été posés, et la porte renforcée tant bien mal.
A la nuit tombée, et malgré les doutes de certains, la confiance semblait être revenue. Les Citoyens essayayent juste de ne pas trop penser à leur quatre compagnons qui n'étaient pas revenus de leurs fouilles. Et se réjouissait même secrètement de la disparition de l'un d'entre eux, le Judas qui leur avait volé les planches au premier jour.
La lourde tâche de fermer les portes incombait à Reguen. C'est alors qu'il s'apprêtait à l'accomplir qu'une silhouette titubante apparue au loin. Les 22 survivants cru d'abord à un premier zombie un peu trop ponctuel. Mais bientôt, il fallu se rendre à l'évidence : c'était un Citoyen, bel et bien vivant!
La joie fut de courte durée. A quelques centaines de mètres des portes, celui qu'on appelait "le Fou" s'écroula. Immédiatement, un plan fut décidé : le plus en forme de nous devait courir jusqu'à lui, tenter de le réanimer à l'aide d'un défibrillateur de fortune, et revenir avec lui. Sauf qu'il n'y avait plus le temps. Les Citoyens étaient tous fourbu, malades, blessés. Aucun n'urait la force de courir et de revenir. Et déjà, au loin, on devinait les premiers zombies. Ces silhouettes familières, avec qui nous partagions notre eau hier, mais qui voulaient désormais notre sang.
C'est au moment où la difficile décision de fermer la porte fut prise qu'un cri retentit depuis la vigie. "Il se relève!" Rapide coup d'oeil. Plus le temps. Les lourds rouages de la porte avaient été mis en branle. Les arrêter signifiait notre arrêt de mort, à tous. Les zombies approchaient. Certains n'étaient déjà plus qu'à quelques pas. Le Fou, le regard enfiévré, approchait pourtant. Semblait animé d'une force quasi-surnaturelle. L'énergie du désespoir.
Las. Les lourds battants de la porte se scellèrent dans un bruit sourd. Les cris rauques des zombies résonnaient de toute part. Et, au milieu du vacarme, un homme hurlait. Et tambourinait, en vain, contre la porte. Les coups se firent plus espacés. Et se turent.
Tain... Je kiff ma communauté, y a pas à dire 