Fils du comte Landulphe d'Aquino et de la comtesse Théadora d'Inverno, il naît aux alentours de 1224[1] au château de Roccasecca, dans le Royaume des Deux-Siciles[2]. La famille d'Aquin est une des plus grandes famille d'Italie, très proche du Pape.
Les premiers biographes de Thomas d'Aquin présentent sa naissance comme une grande réjouissance pour sa mère qui en fait son fils favori[3]. De 1230 à 1235, il est oblat à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin, dont son oncle Sunnibald est l'abbé. Il y demeure neuf ans, pendant lesquels il subit l'influence bénédictine et fréquente la bibliothèque du monastère qui devait contenir les classiques du Trivium Quadrivium et d'Augustin d'Hippone.
À partir de 1239, Frédéric II, en lutte contre Grégoire IX[4], expulse les moines de l'abbaye : il étudie alors à l'université de Naples où il découvre sans doute Aristote avec des traductions à partir de l'arabe fournies par Frédéric II[5]. C'est là-bas qu'il rencontre des frères prêcheurs dont le type de vie l'attire grandement, notamment de par leur érudition et leur vitalité apostolique.
Son père meurt le 24 décembre 1243, rendant le jeune Thomas un peu plus libre de son destin. Il décide de rentrer dans l’ordre des dominicains[6] en 1244, à l'âge de vingt ans, contre l’avis de sa famille qui veut en faire l'abbé du Mont-Cassin. Sa mère le fait alors enlever et l’assigne à résidence à Roccasecca ou il demeure un an. Thomas ne changeant cependant pas d’avis, sa famille finit par accepter son choix[7].
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Études à Paris, premiers enseignements (1245-1259) [modifier]
Il est ensuite étudiant à Paris de 1245 à 1248, dans le Paris de Louis IX, où il est surnommé par les autres étudiants « le bœuf muet » en raison de sa stature, de son silence et de son goût pour la contemplation. Puis il suit son maître Albert le Grand (dominicain commentateur d'Aristote) à Cologne jusqu'en 1252. De retour à Paris, il suit le cursus universitaire classique pour les aspirants théologiens : il est bachelier biblique (lectures commentées des Écritures) de 1252 à 1254, puis bachelier sententiaire (i.e. commentateur du Livre des Sentences de Lombard, le commentaire de Thomas est énorme : plus de 6 000 pages in-folio) de 1254 à 1256, tout en suivant certains des cours dispensés dans les facultés parisiennes et au studium dominicain de Saint-Jacques. Il commence ensuite à enseigner la Bible, sous le contrôle de son maître, puis rédige le de Ente et Essentia, reçoit sa maîtrise en théologie, est nommé Maître-Régent, défend et rédige les Questions Disputées : de Veritate, les Quodlibet (7 à 11) ; commente le de Trinitate de Boèce… En 1256, Thomas est magister in sacra pagina, c'est-à-dire "maître en sciences bibliques". Son activité consiste principalement en disputes théologiques (disputatio), en commentaires d'Aristote et de la Bible et en prêches publiques. Après d'âpres luttes avec les séculiers de l'Université, il sera enfin admis - avec saint Bonaventure - dans le Consortium Magistrorum, non sans quelque pression pontificale en leur faveur, et de 1256 à 1259, il est maître en théologie (il est choisi avant l’âge requis), presque totalement libre de ses objets d'étude