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Liste des sujets

A dans 1 an.

Universary
Universary
Niveau 8
14 mars 2020 à 22:47:32

l'auteur on t'attend j'espère t'es pas mort du coronavirus

Printanier
Printanier
Niveau 43
14 mars 2020 à 23:19:56

Je posterai demain je m’en fous d’être a un jour près

Printanier
Printanier
Niveau 43
16 mars 2020 à 01:41:28

Bon je posterai. Très bientôt.
Mais je t’expliquerai c’est juste un peu le bordel en ce moment, et pas que pour moi :hap:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 27 mars 2020 à 21:40:37

:-(

JeanEudes92
JeanEudes92
Niveau 10
07 avril 2020 à 02:09:24

T'as choppé le covid ou pas ? :hap:

Tusvenju1897
Tusvenju1897
Niveau 27
07 avril 2020 à 11:28:02

6 années de légende perdues....

Te fait plus chier à envoyer à faire tes pavés L'OP.

Lazuli
Lazuli
Niveau 6
07 avril 2020 à 11:39:53

Le 16 mars 2020 à 01:41:28 Printanier a écrit :
Bon je posterai. Très bientôt.
Mais je t’expliquerai c’est juste un peu le bordel en ce moment, et pas que pour moi :hap:

Printanier
Printanier
Niveau 43
08 avril 2020 à 17:46:30

Bon,

Avant tout, désolé des quinze jours d’attente. :(
J’ai un peu gâché le coup du 14 mars, c’est dommage.

D’autant plus que ça allait faire 7 ans maintenant. Or 7 ans, c’était un objectif depuis bien longtemps : il y avait un topic légendaire du même style que le mien, un type qui n’avait jamais laissé un message et était réapparu 7 ans après jour pour jour, en s’adressant un petit bonjour à travers le temps. Je me disais depuis plusieurs années maintenant que le mien allait avoir, un jour, autant d’ancienneté et de résonnance que celui-là… C’est le cas mais avec 20 jours de retard. Dommage. Bref, on s’en fout honnêtement, peu importe cette histoire de dates malgré les messages de certains :oui:

En vrai, j’ai une excuse qui est assez improbable et je ne pouvais absolument pas m’attendre à cet enchaînements d’évènements. J’aurais dû être quelque part perdu sur les routes d’Europe, en stop avec Mathieu. Je me retrouve dans le jardin d’une maison du Verdon, assis à une table avec vue sur le Duc… Je suis sur l’ordi d’Alex, alors qu’il s’essaye tant bien que mal à la guitare à mes côtés, assis dans l’herbe. Retournement de situation parfaitement improbable. On en reparle plus tard.

Comme d’habitude, je ne sais pas par où commencer, donc autant se cantonner au même schéma, avec un petit message à mon moi du passé et puis un autre au moi du futur :hap:

Message au moi du passé

Bon, je vais te raconter ton année chronologiquement, à la limite ce sera le plus simple et ça répondra à tes questions. Je vais reprendre là où tu en étais, en fin de master 1 l’an dernier.

Tu as trouvé un stage ? Je suis tellement en retard dans la recherche de stage, c'est fou... En Italie finalement ? Et ton second semestre ?

Pendant les deux mois qui ont suivi ton message, c’était un peu un bordel…
Rien ne t’intéressais en cours, comme d’habitude, peut-être pire que jamais. En retard pour plus ou moins tous les dossiers que tu avais à faire, pas d’avancement pour ton mémoire, aucune motivation. Tu ne sors plus, tu t’isoles un peu, Till ne te voyait plus. Pas de grimpe, pas de sport, retour aux années lycées, à ne rien faire à la maison. Tu grossis un peu. C’était pas la joie, franchement :(

Il y a eu une tentative de voyage à vélo, dans les Cévennes. Trois jours à peine où la douleur revient au genou, aux fesses avec la selle. Le porte-vélo qui casse, le T-shirt qui se perd, la tente qui tombe, la pluie aussi… Bref, c’était un petit échec, malgré les deux hébergements chez l’habitant assez sympas : tu fais 100 bornes et demi-tour à te morfondre à la maison, sous la pluie.

Puis tout s’est enchaîné très vite.
Ça a commencé par la fin des périodes de partiels, ça allait mieux. Tu apprends qu’il est possible de repousser ton mémoire à l’année d’après, tu saisis l’occasion très rapidement (d’ailleurs, c’est chaud pour moi maintenant, on verra ce qu’en dit mon moi du futur… :hap: ) et tu vois enfin le bout du tunnel. Les partiels se passent plus ou moins bien (finalement, 11 de moyenne, loin de ce que tu pourrais faire mais quel intérêt ?? )
Bref, tout s’éclaircit un peu et les vacances sont proches, malgré l’absence de stage… :oui:

Tu fais même une revanche dans les Cévennes, avec Xavier, en stop cette fois. Deux beaux bivouacs et de belles journées de stop à faire le tour du massif. Une petite via ferrata en solo au rocher de Beaufort aussi, superbe coucher de soleil. Ce sera vraiment un joli week-end. :oui:

Sauf que tu passes à deux doigts de rater ton année et donc tes études… Ca s’est joué à un détail, du hasard et surtout la bienveillance de deux profs qui change tout…

Faire du parapente
Mec oui !
Et c'est vraiment pourquoi je vais encore poster ici, parce que ça fait deux fois que ce topic me motive à faire quelque chose, pour ne pas décevoir mon moi du passé (voyage à Yosemite l'an d'avant).
Tu ne t'inscriras pas en septembre, par flemme et tout.
Et finalement, tu réussiras à t'inscrire randomly en janvier et ça fait deux mois que je fais du gonflage.
Pas encore de grands vols mais ça va venir très prochainement ! D'ici quelques semaines pour moi
Merci de m'avoir motivé gros !

Je remets cet extrait ici, il a son importance. Merci de m’avoir motivé, toi d’il y a deux ans… Merci mille fois. Sans tes messages rien de tout ça ne se serait passé, je n’aurais jamais fait de parapente. Mais bon, là ça a failli me faire rater mon année :hap:

J’ai fait les vols dont tu parlais, quelques jours après le 14 mars je crois. Un biplace, pas incroyable, j’en étais presque déçu. Trop tranquille. Puis un et deux ploufs, supers mais pas l’extase non plus. Je ne pensais pas faire le stage, 300 euros tout de même…
Et puis j’ai fait un vol où j’ai réussi à faire du soaring (tu comprendras) pendant 20mn. Et là c’était juste fou. J’en ai eu des frissons. Voler, se sentir monter, soulevé par cette petite brise du soir, rester en l’air, dans le ciel, parmi les nuages, avec le coucher de soleil sur le relief du Verdon, loin à l’horizon… Être seul à contrôler sa voile et voler. Aucune adrénaline, rien à voir avec ces sauts et autres saltos dans les Calanques. Non, juste voler, tout doucement, paisiblement, mais quelle extase…Voler. Il me semble que le verbe suffit. :oui:

Ces 20mn t’ont persuadé de faire le stage, cadeau d’anniversaire.
Or, il tombait juste sur la date de rendu des trois derniers dossiers... Tu ne t’y es pas pris à l’avance. Tu pensais pouvoir finir pendant cette semaine, après les séances de vols. Grave erreur :hap:
Tu réussis à en finir un à l’heure mais les deux autres, très coefficientés, passent à la trappe.

Les jours suivent, toujours rien, aucune nouvelle de ta part. Le mail de la prof arrive : le vendredi signe la fermeture de la scolarité et l’arrêt des notes. Elle t’annonce ton zéro. L’autre n’a toujours rien envoyé mais la même sentence s’applique logiquement. Deux zéros, semestre raté. Après une dernière nuit de stage parfaite, à rire jusqu’au petit matin, tu rentres chez toi et le réveil est brutal. Ce matin-là, dans ton esprit, tu as raté mon master. Aucun rattrapage possible, c’est fini.
Tu restes sur ton lit, l’air un peu con, proscrit devant la glace en te disant : merde, j’arrête les études. Comment annoncer ça à Maman ? Avenir incertain. Un job, des voyages ? Aucune idée (comme maintenant en fait). Une partie de toi avait peur, une autre s’est dit : enfin… C’est con d’avoir raté à un an, mais ça fait toujours un an de moins à supporter, enfin…

Mais dans l’espoir du désespoir, tu te dis, vas-y, autant les faire ces dossiers, on verra bien. Après 40mn de taff seulement (oui, tu es con), le premier est envoyé. Elle te répond qu’elle a réussi à modifier ton 0.
Tu fais le deuxième devoir en 4h, et lui envoie aussi, bien après la fermeture de la scolarité pour les notes… Elle accepte également, par miracle, elle réussit à faire passer la note via la commission d’harmonisation… Je te mets le message d’excuse que tu lui enverras, qui est peut-être le truc le plus scandaleux de ces études…

Bonsoir,

Je vous envoie mon dossier que j'ai réalisé sur les sports extrêmes.
Je tiens véritablement à m'excuser pour le retard, j'aurais aimé le rendre à l'heure et je ne suis pas fier de moi sur ce coup-là. J'ai véritablement apprécié votre cours et votre façon d'enseigner, assez loin des standards de Sciences Po. Je sais que vous aviez déjà décalé la date au maximum... Et j'aurais aimé vous rendre le dossier à l'heure et respecter votre gentillesse sans en abuser, comme j'ai l'impression de le faire maintenant.

J'avais commencé un dossier sur la thématique de la nature avant la semaine dernière mais je m'étais perdu dans un travail trop large avec trop de choix de supports possibles. Je n'arrivais pas à avancer et j'ai décidé de changer de thème dimanche dernier. Le problème étant que j'avais un autre dossier à rendre mais surtout, un stage de parapente qui commençait lundi.

Je savais qu'il serait difficile de travailler durant ces 5 jours de pause arrachés à la monotonie du quotidien. Et ça s'est révélé impossible.

Il faisait un temps magnifique, il y avait des coquelicots dans les champs de blé, on ne mettait pas nos ceintures dans les voitures, on jouait toute la journée et c'est en liberté que l'on volait dans les cieux. Ce sport est sublime, c'est une joie immense de se sentir soulevé par les vents et flotter indéfiniment parmi les nuages...

Et puis surtout, nous étions 12 inconnus le lundi matin.

Et en à peine quelques jours, à force de parapente, de pétanque, de piscine, de balades, d'apéros à rallonge et d'un coucher de soleil dans le silence d'un village abandonné, nous nous sommes tous liés d'amitié, sans même nous en rendre compte. C'est l'insouciance de nos vingt ans qui a parlé et le courant est passé entre filles aux yeux rieurs et garçons aux cheveux longs. Hier, nous avons veillé jusqu'à 5h du matin (réveil à 7h15...) pour gagner du temps sur les adieux douloureux du lendemain.
J'ai accumulé une dette de sommeil incroyable mais j'ai de nouveaux amis, cela valait le coup. Peut-être ne garderons nous pas contact très longtemps, le parapente c'est fini, mais quoiqu'il en soit, leurs éclats de rires résonnent dans mes souvenirs.

Dans la dernière ligne droite de cette année interminable, après deux mois mortellement ennuyeux, entre dates de rendu et cours qui n'en finissent jamais, cette semaine de bonheur était essentielle. Quelques instants hors du temps. C'était beau, tout simplement.

Je suis désolé pour le retard, mais j'aurais pu avoir mon mémoire à rendre à la fin de la semaine que je n'aurais pas écrit une seule ligne. Si j'avais pu choisir de faire ce stage la semaine d'après, je l'aurais fait volontiers mais je ne pouvais pas... C'est comme ça.

Je tiens tout de même à vous rendre ce dossier, commencé dimanche et fini aujourd'hui. Je ne suis pas vraiment sûr d'avoir respecté la consigne jusqu'au bout et j'ai l'impression de m'être perdu dans mon travail une nouvelle fois... C'est dommage, j'aurais aimé faire un dossier qui tienne la route jusqu'au bout.

J'espère aussi que vous ne prendrez pas ça comme de la provocation ou quelque chose du genre. Au contraire, c'est par respect envers vous que je prends le risque d'envoyer ce message. Je n'avais vraiment pas envie d'inventer une fausse excuse, comme j'ai déjà pu le faire et je tenais à vous dire la vérité en assumant pleinement ma faute...

Bien à vous,

Et sa réponse

Joli devoir. Vous écrivez bien xxx. Bonne continuation dans les airs et les coquelicots

J’ai eu 14…

Noté aux deux dossiers, tu valides l’année. Et voilà, la fin de ton M1 qui s’est joué à rien. Un détail, une journée de travail en plus, en retard certes, mais qui te sauve et change finalement la donne…
Vive le parapente :hap:

Printanier
Printanier
Niveau 43
08 avril 2020 à 17:56:01

Tu as trouvé un stage ? Je suis tellement en retard dans la recherche de stage, c'est fou... En Italie finalement ? Et ton second semestre ?

Et oui, et alors, ce stage ? Toujours rien, malgré cette année validée à l’arrache et tout ce temps perdu à ne pas chercher. Tu n’avais rien fait pendant ces mois de déprime. Aucune envie.
Mais là encore, ça s’enchaîne vite, je ne sais pas comment tu as fait pour avoir autant de chance, c’est phénoménal. Quand je racontais aux potes c’étaient des yeux qui roulaient au ciel : la chance de celui qui ne fait rien pour mais qui a tout. Et je dois avouer que c’était fou.

De nouveau la luxure au Verdon, 2 jours.
Toujours lui mais avec sa copine et L.
Magique. La même voie lactée, les mêmes hamacs, les mêmes randos et baignades à poil, les mêmes bouteilles de vin et les mêmes fous rires...
Cet endroit est la définition du bonheur.

Évidemment, pourquoi ne pas envoyer là-bas, au Parc ? Pourquoi ne pas rêver ? Ne pas faire rêver les mois du passé qui parlaient de cet endroit comme la définition du bonheur ?

Ils me répondent non. Bon, dommage. :(

Tu envoies des mails mais rien, toujours des réponses négatives… L’idée de reporter, comme le mémoire, l’emporte. On abandonne le stage, on verra l’an prochain.
Dans un dernier élan avant les vacances, t’essayes de renvoyer quelques lettres. Dont trois lignes au Parc, du genre, je serais vraiment intéressé, vous n’auriez pas quelque chose ? Réponse positive. Rdv deux jours après, pour commencer la semaine suivante…. C’était fou. :hap:

Ce sera génial. Au sein du Parc régional, chargé d’organiser des cafés-citoyens dans les villages, pour débattre de l’avenir du Parc et des perceptions qu’en avaient les habitants… Sérieusement quoi, la chance…
Des gens simples, venus de partout, de tous métiers, de l’agriculteur du coin au berger en passant par les cadres qui revenaient à la campagne ou les retraités qui s’installaient ici. Ce sera vraiment sympa comme projet, super enrichissant et intéressant. Tu apprendras beaucoup en un mois. :oui:
Et puis l’équipe sera encore plus sympa que Médecins du Monde… A table ou dans les bureaux, tu riras beaucoup, avec des gens ouverts d’esprit et bienveillants. Beaucoup d’après-midis passés à déconner et à se marrer…

Et puis ta tutrice sera géniale, une fille incroyable, gentille, et toujours souriante. Elle avait tout fait. Rarement entendu des aventures comme les siennes. Que des amis voyageurs, circassiens, bergers, sportifs, des expériences géniales de partout, de l’escalade, du ski, des voyages, de la montagne etc. Du stop à 19 ans, seule, entre le Mali et le Burkina Faso : petite blanche prise en voiture par des Peuls… Géniale. Si elle n’avait pas eu 33 ans et un mec, tu serais tombé amoureux… Enfin, ça c’était fait, mais tu aurais au moins tenté ta chance… :hap:
J’ai des images de trajets en voiture avec elle, où on parlait tout du long, un peu de musique en fond et la beauté du Verdon qui défile par la fenêtre. Et parfois, oubliant la conversation, cette question qui vient : mais comment peut-on avoir autant de chance ? Quel immense pied de nez à Sciences-Po… :hap:

Une autre image. Seul dans la voiture. Une musique superbe. Un coucher de soleil. Les fenêtres grandes ouvertes et la route qui défile, vite, trop vite. Des routes magnifiques, toutes droites, entre les lavandes, face aux montagnes rosies par la lumière du soleil couchant. D’autres trop étroites, qui zigzaguent dans la forêt, à flanc de falaise, pleines de virages que je connais désormais par cœur…. Ces routes du Verdon sublimes qui nous émerveillaient à chaque fois qu’on y venait et qui sont devenues les routes que tu emprunteras tous les jours, pour aller au travail… :oui:

Et puis surtout, surtout, tu étais logé à la Palud sur Verdon. C’est le village de grimpeurs de la région, avec les plus belles falaises de France à 10mn..
C’était un bonheur à chaque fois qu’on y allait, on y a passé des moments merveilleux les années précédentes et je me disais que c’était un paradis sur terre… Vraiment. Je me rappelle cette pensée consciente, il y a deux ans de ça : quel bonheur ce serait de vivre ici… :oui:

Et tu y seras logé un mois et demi, gratuitement, dans une petite bergerie rénovée il y 20 ans. Hein ? Comment ça, c’est chez qui ça ? Bah c’est chez Jeff mon gars… Logé chez lui, accueilli par gentillesse.

Ce Jeff qui t’as fait découvrir la grimper finalement, et fait rencontré la plupart de tes amis. Ce Jeff qui t’intimidait, le toi d’il y a quatre ans. Je me rappelle que tu en avais un peu peur, trop bourru, trop franc, t’osais pas trop lui parler. Je me rappelle de cette pensée : putain, mais comment ils font ces élèves qui lui claquent la bise, il a l’air cool mais comment faire pour gagner sa confiance… Bah il te connaît bien maintenant, déjà l’an dernier bien sûr mais là, tu l’as appelé un de ces quatre matins en lui demandant sa bergerie et il a accepté. Tu as vécu chez lui. Maintenant, tu lui claques la bise en rentrant dans la salle… :hap:
Ah d’ailleurs, limite maintenant tu l’appelles Poil, mais je vais t’expliquer encore une fois. Que de surprises !

Bref, t’étais seul dans cette petite maison, sans électricité ni même toilettes, mais avec la voie lactée au-dessus de la tête. La nuit tombée, repas tranquille puis lecture seul à la lueur d’une bougie, sur le canapé, dans le silence merveilleux des soirs d’été. Silence brisé tous les week-ends par les amis qui venaient, pour grimper et marcher et camper et se baigner et rire et boire des bières toute la soirée… Tous les week-ends. :oui:
La dernière semaine sera fantastique. Le stage se finit, on a des plans pour partir et voyager je ne sais où mais ce sera pas pratique. Tu seras tellement bien dans le Verdon que Till et Alex, venus deux jours, y restent 10… D’autres sont venus puis repartis, on passe de 2 à 10 puis 3 puis 5… Des grandes voies, chaque jour, en pleine chaleur, au coucher du soleil ou à la nuit, à la frontale 200m au-dessus du sol… Une grande voie sur coinceurs aussi, tu me posais la question :oui:

Ce sont des images gravées en tête à jamais. Des instants de pur bonheur, réel et palpable, ressenti jusqu’au fond des tripes. :coeur:

Cette image que j’ai de toi, qui lit en plein cagnard pendant la montée du Chiran, entre crêtes abandonnées et chamois apeurés. Randonnée de 45km dans la journée, en plein été, seul, à traverser une grosse partie du Parc sur les crêtes des Mourres. Un paysage lunaire, des prairies de hautes herbes, esseulées sur les hauteurs, une vue dégagée sur l’été. Ces pauses à manger un saucisson, dans le silence du soleil qui tape. Cette heure partagée avec un chien de berger, qui passe de l’aboiement craintif aux caresses affectueuses. Puis des gorges dans lesquelles tu te perds, pendant plus de 3h, jusqu’à descendre la rivière les pieds dans l’eau… Puis 6km la nuit, sur la route, entre des villages perdus dans le fin fond du Verdon. Pour finir crevé à dormir dans un jardin d’enfants parce qu’il est 1h du matin et plus personne ne te prend en stop….
Une journée de marche qui vaut une semaine…

Une autre image.
Une voie tentée avec Till, sur le Duc, que j’ai en face de moi actuellement.
Quelque chose que je n’aurais pas imaginé quelques mois avant, que des voies dures à ma limite. Mais tu progresses en escalade pour la première fois depuis deux ans et ça fait un bien fou. Cette voie est passée, sans problème.
La dernière longueur, au bout de 180m était l’un des moments les plus forts de l’année. 6c+. Malheureusement tu ne l’enchaînes pas à vue à cause d’une grosse prise ratée, mais presque.
Malgré ce détail, ce sera superbe. 40m de grimpe, technique, prises fines, que je passe sereinement et surtout joliment, malgré l’engagement entre les points. 25mn d’effort et de concentration pendant lesquelles tout disparaît, plus rien ne compte. Tu grimpes, tu bouges et les mouvements s’enchaînent, tu ne réfléchis à rien d’autre qu’aux deux prochains mètres. Quel bonheur.
Et ça passe, tu réussis. Et tu regardes autour de toi. Le bleu du Verdon qui s’enfonce entre ces gorges vertigineuses. On s’est baigné ici, là, et là-bas. T’as grimpé cette voie, celle-là et celle là-bas. A ma droite, le Roubion, que t’as monté seul, à travers la broussaille, après le boulot. Encore une autre rando à coucher de soleil sublime qui finit à 00h30, par du stop avec un mec bourré.
Bref, une vue magique en haut d’une des dernières et plus belles voies qu’on ait faites. Une vue superbe sur tout le Verdon, sur tout ce que tu as vécu pendant un mois ici. T’en pleures de joie. T’assures Till en tremblant de bonheur et d’excitation… Ce sera magique. :oui:

A chaque fois que je suis venu au Verdon, c’étaient des instants de bonheur.
Et tu y as trouvé un stage miracle, une chance incroyable, absolument improbable mais Dieu que c’était bon !!

Ah oui, et sache que tu as été payé pour vivre ça…900 euros pour un mois et demi de stage.
900 euros qui ont servi à… acheter une voile de parapente.
Et ouais mon pote, en octobre, tu t’achèteras ta voile !!! C’est quand même foutrement stylé pour les mois du passé qui rêvaient de commencer depuis tant d’années. Mais bon, j’avoue, j’en ai pas refait encore :rire:
Seuls deux vols nuls, parce que je n’ai toujours pas acheté de parachute de secours et je n’ai pas trop eu le temps. Le moi du futur me dira ce qu’il en est :oui:
Mais voilà, oui, tu as continué le parapente, tu as même ta propre voile :oui:

Une fois ce stage de rêve fini, tu continues avec des grandes voies dans le Sud, à la maison. Tu rentres dire au-revoir à Maman, partie au Guatemala. On a passé quelques instants ensemble et avec ma sœur. Ce sera bizarre de la voir partir, le grand départ arrivait après des mois de stress et de préparation. On mange en famille, puis quelques instants aux Calanques. Tu l’accompagnes à l’aéroport et voilà, elle est partie… Un peu triste tout de même, étrange de se retrouver seul dans la maison. :(

Mais bon, on repartait en voyage juste après, à peine eu le temps d’y réfléchir que tout bougeait.

Cet été mon gars, Dolomites ou Pyrénées ?

Pyrénées, bon, pas comme tu voulais mais voilà…

Nils, vu dans le Verdon pour un obscur projet de film sur lequel j’aide un peu, nous propose d’aller surfer dans le bassin d’Arcachon. Au lieu d’organiser un trip solo comme tu pensais le faire, Alex me propose d’accepter la proposition de Nils et une fois surfé sur l’Atlantique, rentrer en rock-trip en stop. Trois jours après on prend la caisse et tu surfes deux jours malgré les condis pourries. :oui:

Puis 1400km de stop avec Alex, du bassin d’Arcachon à Aix en passant par tous les Pyrénées. Pendant 10 jours. Grimper un peu partout, d’endroits pourris et humides en fond de vallée pyrénéennes jusqu’à des sites paradisiaques dans les gorges du Tarn. Dormir à l’arrache tous les soirs, dans la nature, dans des jardins de résidence, sur un toit, sur le green d’un golf, et hébergé par un musicien de notre âge, après un petit concert dans un bar local.... Rencontrer des gens, tout le temps, partout, pour 2km ou 300 d’un coup… 49 personnes toutes différentes, de partout, avec chacune son histoire à raconter et des leçons à tirer…
Puis une folle à lier, censément bergère mais surtout mythomane et nymphomane qui nous a emmené dans des sources chaudes perdues dans la forêt… Le jour de tes 23 ans… Une histoire qui nous a fait légèrement fait flipper sur le coup mais pleurer de rire par la suite, et qui est si drôle à raconter… Cette image d’elle qui tape sur la fenêtre de la voiture suivante qui nous prend en stop et qui essaye d’ouvrir la porte en réclamant un bisou… :rire:

Absolument génial, encore une fois. L’insouciance à l’état pur, le voyage comme il me fait rêver : imprévu, spontané, sincère et plein de rencontres… On ne savait jamais où on allait atterrir, quand et avec qui… Puis c’est génial de bien s’entendre avec un ami pendant tout ce temps, partager tout aussi bien les heures de galère sur des échangeurs autoroutiers lugubres que le silence merveilleux de couchers de soleil et de nuits étoilées…

Ce sera 10 jours vraiment drôles, tu riras beaucoup. Et puis en un an, avec cet Alex, entre ta Sardaigne et la France, on en aura fait des trucs :hap:

Printanier
Printanier
Niveau 43
08 avril 2020 à 17:57:55

Ski et alpi, on sait jamais ?

Une fois rentrés, on grimpe dans le coin puis on est allé chez lui, dans la région de Gap.
On a grimpe avec des amis, tu constates tes progrès en faisant des voies d’un niveau que tu n’aurais pas imaginé atteindre il y a quelques mois… 6c, une 7a à Ailefroide et une 7a+ à Céüse (presque à vue, tu rates le premier mouv dur une fois, à trois mètres du sol, pour réessayer et enchaîner jusqu'à la fin, 40m de voie…). Test du dry tooling, un sport un peu con mais foutrement marrant…On s’est amusé bien tranquille, en faisant beaucoup de sport mais aussi un peu de jeux-vidéos. :hap:
Puis on enchaîne autre petit week-end avec d’autres amis, à Ailefroide dans les Ecrins, faire un feu de camp sous les étoiles, chiller un max au soleil, faire une bataille d’eau et rigoler entre copains. Grimper un peu, se reposer, beaucoup. Une autre soirée dans un refuge, seuls, à rien faire de la journée, des massages et de la slackline… :hap:

Petite frustration : pas d’alpinisme, c’était prévu, à Gap et à Ailefroide mais on n’a pas pu. Sachant que tu reprends les cours et que la saison est terminée, tu te vois reléguer ça à l’année prochaine : la rentrée arrive… ::(

Et pourtant… Avec des amis comme ça, les vacances ne sont pas finies.

Alex t’appelle le mercredi, alors que tu t’es résigné à la salle de classe. Il te propose de retourner à Ailefroide dès vendredi.
Et la frustration disparaît bien vite puisque t’y fais effectivement ta première course d’alpinisme. :bave:

L’arête des Cinéastes dans les Ecrins. Rien de bien fou mais là encore, un moment de joie pure… :oui:
Une arête effilée, 200m de vide de chaque côté. Tout se passe bien on enchaîne vite et on a le soleil avec nous tout le long. C’était une course facile, mais c’était si beau. A quatre, là-haut, avec le glacier Blanc à droite, le Pelvoux en face et partout autour de nous, ces pointes de granit qui s’élancent dans le ciel et qu’on est en train de grimper…
Avec Alex, on s’entend bien et on grimpe bien ensemble, on se retrouve avec un peu d’avance au sommet. T’as le temps de finir ton roman en les attendant.Tendre Jeudi de Steinbeck. Un petit Steinbeck, 200 pages sans prétention, aucune histoire grandiose comme à l’Est d’Eden. Des personnages simples, une intrigue à la limite de l’absurde mais c’est gai, c’est léger, tranquille, joli et facile à lire. :coeur:
Tu l’avais commencé pendant le voyage et sur la page de garde, comme d’hab, tu y écris les caractéristiques des 49 personnes qui nous ont pris en stop. Quelques mots sur chacune, inscrits à chaque fois d’une couleur différente, en fonction du stylo disponible. Tu y mets la date, le trajet et le nombre de kilomètres parcourus.
Et te voilà qui le finis sur la 6e pointe des cinéastes, avec une vue superbe sur les Ecrins, au soleil, dans le silence du sommet. Les potes arrivent, Alex commence à les accueillir au sommet, leur laisser une place pour le pique-nique. Alors tu te presses à finir les dernières pages, et sans divulgâcher la fin du roman, tout se finit bien, dans un immense bordel, complètement absurde mais terriblement joyeux. Et l’un des personnages principaux crie à plein poumons « Joie », et tout le monde reprend en cœur : « Joie, joie !! »

Tu soulignes le mot trois fois avant de refermer le roman. Puis tu fermes les yeux pour cacher les larmes de joie qui reviennent encore une fois. Les essuyer, vite, pour aller les rejoindre et manger le saucisson et le fromage, petit genep’ en prime.
Quel bonheur… Je crois qu’on gardera ce livre longtemps… :oui:

Ok ok, on dirait peut-être que tu pleures un peu trop de joie.
Mais sérieux, quel été putain… Quel été… C’était fou…

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Niveau 43
08 avril 2020 à 18:02:36

Ensuite, la même désillusion. L’éternelle rentrée qui recommence, les cours et tous ces profs qui t’ennuient à mourir, tous ces gens qui ne t’intéressent pas. :(
Tu fais un déni de rentrée. Peu de cours, beaucoup de sorties : Calanques, Sainte-Victoire, petite escalade tranquille. Tu passes de jolis moments avec Juliette. Elle partait en Nouvelle-Zélande pour un an.

(D’ailleurs, pour l’instant, tout se passait bien pour eux, mais avec cette histoire de confinement (you’ll see) comment est-ce que ça s’est fini ?)

C’était l’occasion de lui dire au-revoir et de passer quelques derniers moments au soleil. L’eau était très bonne, on s’est beaucoup baigné. Tu te rapproches un peu trop d’elle. Trop dans le sens où elle part en Nouvelle-Zélande avec son copain et qu’elle en plus de ça déjà une affaire avec Alex… Je crois qu’elle était un peu perdue sentimentalement. Mais c’est dommage parce que c’est une fille super. Il ne s’est rien vraiment passé et heureusement je pense, mais ça m’a fait de la peine de la voir partir comme ça. :(

Une fois Juliette partie, en octobre, ce sera tout de suite moins bien.
T’as cours, et pas mal de travail. Figure-toi qu’il y a présence obligatoire et appel, tu avais oublié ce que c’était de passer autant de temps dans une salle de classe… Tu t’ennuies et traînes vite une réputation de branleur auprès des profs, des trucs passent plus ou moins bien, tu te retrouves un peu dans la merde (sérieux, arriver en retard de 15mn, en tongues, short, débardeur, sans aucune affaire et un livre à la main. Fais un effort merde :rire: )

Puis il fait vite moins beau, les jours sont plus courts et on va moins grimper. La maison sans Maman est définitivement trop vide et tu t’y sens un peu seul (ah oui parce qu’elle ne ‘est pas vendue, donc tu y resteras toute l’année !)Bref, petit coup de mou. :(

Ce GR 20, réalisé ou pas ?

Dernier sursaut de motivation pour 2019, dernier défi, le GR, qui te restes sur les bras depuis pas mal de temps aussi !! T’en auras mis du temps à t’y lancer.

Tu te prépares comme on peut se préparer avec un genou en vrac… Léger, bâtons de rando, toute la bouffe pour l’autonomie. Tu vises les 6 jours, pour le faire entre deux cours d’anglais :hap:

Mais bon, dès le départ pour le ferry, tu te prends l’orage de l’année à Marseille, chaussures trempées avant même de fouler le pied en Corse.
Une fois arrivé là-bas, impossible de les faire sécher : il pleut à verse… :(

Je ne te raconte pas l’enfer, à chercher de nuit, après 30 bornes de marche, un abri ou passer la nuit (pas de tente), trempé jusqu’à l’os… Tu passes la nuit sous un rocher, une espèce de cachette où tu tiens pas assis mais où tu peux dormir allongé, au sec. Sauf que le lendemain, il pleut encore : il faut sortir de ton trou à 6h du matin, dans la nuit et le froid, remettre des affaires trempées pour repartir sous la pluie. Ce sera dur.

Deuxième jour, 27 bornes, plus ou moins sous la pluie. Les aiguilles de Bavella ? Connais pas, j’ai vu du brouillard et un chemin qui semblait se cacher à 1m de visibilité plus loin. Le soir, brouillard au maximum sur une espèce de crête en variante alpine. Rien de bien fou, mais tu mettras plus de deux heures à faire 1km, perdu dans la brume avec la nuit qui tombe, à chercher le balisage parmi les rochers, une fois sur deux à rebrousser chemin pour cause de précipice…
T’en auras tellement marre que tu vas même sortir le portable pour regarder des vidéos sur Youtube, assez improbable… Nuit dans un refuge trouvé tant bien que mal, tout confort et seul mais un peu froid.

Puis troisième jour, il fait un peu beau. Tu te mets à marcher vite pour rattraper le retard, petites douleurs qui arrivent mais rien de grave. 32 bornes avec un peu de déniv tout de même. Mais moral à fond. Le soleil revient enfin dans l’après-midi, couleurs des feuilles qui tombent, magnifique et tu marches avec des chaussures sèches pour la première fois depuis 3 jours. Tu te sens revivre après une douche à poil, avec l’eau de source d’une bergerie perdue au milieu de l’automne… Vizzavone en 3 jours, GR Sud fini, t’es à peu près dans les temps. :oui:

Le soir tu commences la montée pour la montagne du GR Nord. Mal à la cheville, bon. Autant se reposer et ne pas faire la grosse montée qui t’attend. Petit coin sympa pour bivouaquer, sous un arbre, étoiles dans le ciel mais moral en baisse : la douleur ne s’en va pas. :(
Le lendemain, impossible de poser le pied à terre correctement. Donc pour répondre à ta question, non, GR 20 pas réalisé :(

C’était dur. Vraiment dur pour le moral. Tu vas pleurer, tout seul dans la forêt, à contempler ce ciel bleu qui se fout bien de ton échec. Youtube et bouffe, le reste des réserves pour les trois jours y passe. Puis tu passes deux heures à te prélasser à la Cascade des Anglais. Une douche dans l’eau froide puis un bain de soleil te sortent de ta torpeur et sèchent tes pleurs. Allez, c’est pas si grave. C’était tout de même bien sympa ces trois jours.

Bon, la leçon est retenue. Tu pars peut-être un peu trop lourd, mais pas tant que ça… Tu pars trop tard, fin octobre, les journées sont trop courtes, la nuit tombe tôt et la pluie est présente… Tu pars surtout beaucoup trop fort et avec un objectif de rapidité impossible avec ce genou en vrac. T’as compensé tout du long, à appuyer davantage sur la jambe gauche. Au bout de 90km en trois jours (avec pas mal de deniv quand même…), ça lâche, c’était évident. C’était idiot.
Mais la revanche est à prendre, la promesse est faite, et pas que en pensée mais bien écrite, quelque part enfouie sur le chemin, sous une pierre :-)))
Ne l’oublie pas, peut-être que le moi du futur l’aura déjà prise :oui:

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Niveau 43
08 avril 2020 à 18:02:48

Bon, après ça, j’avoue que le moral est tombé bas.
Cours insupportables et obligatoires (en vrai, faut avouer, il y avait des trucs pas si mal, notamment l’interview d’un berger dans le Verdon :oui: ).
Quelques sorties mais bien trop rares. Deux faits marquants pour deux mois : Rêve de Pierre, grande voie, 1er 7a enchaîné sans discussion possible, au-dessus de 100m de vide, avec Till.
Quelques escalades urbaines assez sympas, notamment une grue que tu descends en rappel de 40m tout pile. Très marrant. :oui:

Mais surtout, pluie : 20 jours en Novembre, dans le Sud… Jamais vu ça. La maison. Tourner en rond. Devoirs pas faits. Absences. Pyjama. Ennui. :(
J’ai continué à voyager mais en explorant d’autres terrains, qui font moins rêver.

Figure-toi que tu vas acheter une Xbox de retour en Corse. Et une télé, une manette. Et RDR 2. :hap:
Alors ok, cette semaine sera un peu abusée. Disons que finir le jeu en 8 jours, avec 97h de jeu en tout, c’est trop. Disons qu’une session de 22h de jeu, de 6h à 4h du matin, sans pause, c’est beaucoup trop… :hap:

Mais avec le recul, malgré ces heures de solitude à rester devant la télé, mal installé et en ayant froid, malgré les yeux qui piquent, c’était vraiment une semaine relativement sympa. Bordel quel jeu… En 2019, tu seras un cowboy pendant une semaine, à vivre dans le Grand Ouest et à te perdre dans le vide grandiose de ces horizons virtuels. Vivre avec passion cette histoire de brigands et essayer de suivre la voie de la rédemption. Puis mourir là, sur cette colline, mourir en honnête homme, seul dans la lumière de l’aube naissante. Et enfin retrouver John, laissé à l’abandon dans tes souvenirs du moi de 2013 ou 2014 (et sur une sauvegarde de carte mémoire de Xbox 360) il y a bien longtemps de ça. T’en pleureras pas mal tiens :hap:

Bref, immergé dedans, à penser à rien d’autre et même à rêver de tout ça. Une expérience de jeu-vidéo comme je n’en avais jamais vécue et qui se renouvellera pas de sitôt je pense.
Ce sera relativement pathétique mais très bien comme ça. Coup de mou donc, à nouveau...

Si Maman ne partira pas au Caire en 2018, toi, moi du futur, tu la verras partir, en Amérique centrale !! Elle a eu le poste de direction là-bas et c'est génial !
Mais j'espère que ça se passe bien, pour elle là-bas et pour toi en France !

Bon, Maman au Guatemala donc.
C’est dur pour elle. Beaucoup beaucoup de travail. Une ville immense et chaotique, pas moyen de sortir se promener, peu d’endroit où respirer. L’ennui et la solitude.
Malgré le salaire, elle n’avait pas trop le moral. :(

Tu vas lui rendre visite à la fin de l’année. Après deux mois de gris, partir au soleil fait réellement plaisir. A elle aussi. Vous ferez un voyage au Bélize et dans le Nord du Guatemala. Tout n’était pas parfait, entre les prix ou une île un peu trop touristique. Je pense qu’elle a cru que tu étais déçu et que ce n’était pas aussi paradisiaque que dans son esprit.

Mais en réalité ce sera vraiment agréable et vous verrez de très belles choses. :oui: 7 jours à la barrière de corail du Bélize, à se baigner parmi les poissons, les raies, les requins et puis l'image de cette murène qui joue avec toi, entre tes palmes… :ouch:
On était bien paisible, à lire et rester tranquille, passer du temps avec elle et profiter du soleil… Ensuite on est allé au Péten, visiter les cités mayas…
Ambiance de fin du monde, arbres magnifiques, singes, oiseaux, crocodile. Puis ces vestiges abandonnés perdus dans les bruits de jungle. Tu pensais ne pas aimer, visiter un truc archéologique, bof, bah finalement tu aimeras presque autant que le Bélize, c’était vraiment superbe. :oui:
Ce sera un joli voyage avec Maman :oui:

Ensuite en revanche c’était plus dur… J’ai des regrets un peu, à y repenser. Mais ta sœur est venue pour un stage là-bas et Maman a repris le travail.
Du coup tu restais à la maison. La ville étant ce qu’elle est, il n’y avait que très peu de choses à faire. Une ascension de volcan très jolie (une occasion ratée avec une belge :hap: ) mais c’est à peu près tout. Tu ne réussis pas à te motiver pour ton mémoire, bien sûr. Donc ce sera Netflix et lecture, mais surtout, ennui et beaucoup de temps passer à faire la gueule… Tu en arrives même à faire déplacer le billet pour arriver une semaine plus tôt, la honte… C’était vraiment pas sympa de ma part en fait :(

J’avoue que c’était particulièrement angoissant de rester là-bas à tourner en rond, Gaël qui n’était pas facile du tout et l’absence de motivation à faire le mémoire… Mais ça justifiait pas trop de faire la gueule alors qu’elle travaillait et essayait juste de passer du temps avec toi. Bon…

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Niveau 43
08 avril 2020 à 18:13:20

Et ton second semestre ? Et ton M2 ? Pas abandonné ? Toujours là ?
Tu as un stage de second semestre aussi ! Chaud, j'ai aucune idée dans quoi tu vas le chercher, >alors le trouver ?! Et où ??

Bon, mec, t’es pas prêt, vraiment :rire:
Alors ok, ça s’est pas passé comme prévu, mais tout de même.

Nils, cet été. Croisé pour un obscur projet de film comme je t'ai dit. Film sur l’escalade, sur un grimpeur légendaire connu de tous (on garde l’exclusivité tavu). Tu l’aides à filmer deux scènes avec Jeff (surnommé Poil à l’époque donc, et vu que tout le monde le surnomme comme ça, bah je commence à m'y habituer), c’était bien sympa, puis t’oublies tout ça. Une phrase en revanche, que tu n’oublies pas : tu sais que tu pourrais faire ton stage avec moi, je suis réalisateur, j’ai ma boîte. Ca reste dans un coin de ma tête :hap:

Quelques mois plus tard, octobre.
La déprime des cours, la recherche de stage. Aucune envie, comme je t'ai dit.

Mathieu qui fait de la merde, qui ne va plus en cours et laisse son année partir en fumée, littéralement… Toi qui te dis, attends, j’ai fait un stage à Majorque, c’était parfait. Un stage au Verdon, c’était phénoménal. Il n’y a aucun autre lieu qui serait plus beau que le Verdon, le seul moyen de surpasser ça, ce serait de faire un stage en voyage. :oui:

L’idée se fait donc, avec Mathieu, de monter un projet de film, un documentaire sur le stop, en voyage, de Paris à Istanbul. Filmer votre trip mais surtout filmer le bonheur des rencontres, celui qui fait tout le sel du voyage. Filmer cette joie du stop qui fait croiser, au hasard de la route, des gens si différents et venus de partout, mais toujours bienveillants : ils vous ont pris. Et essayer de dénicher et filmer leur bonheur à eux, s’ils l’acceptent. Très flou, naïf peut-être, mais on se promet d’essayer et de faire passer ça pour un stage. :hap:

T’appelles Nils, seul, une après-midi pluvieuse dans le jardin de Sciences Po.
Ce Nils qui t’intimidait au début. Ce mec grand, plus âgé que toi, ton ami ok, mais plutôt l’ami du groupe, parce qu’il est trop sûr de lui, trop grande gueule, trop expressif et tellement plus cool que toi. Rappelez-vous les moi du passé, c’est un peu grâce à lui qu’on a commencé à faire du stop. Par mimétisme, pour essayer de voir si ça marchait vraiment et si on en était vraiment capable.

Bref, tu l’appelles. Il est chaud direct, il a pas oublié la phrase et ça le dérange pas. Il te signe la convention sans problème, t’as trouvé le stage du siècle et tu souris de joie tout seul dans la cour… :oui:

Premier mois : il vient dans le Sud, tu l’aides pour son film. En échange, deuxième et troisième mois : vous partez en voyage avec Mathieu, champ libre, aucun contrôle et stop à travers l’Europe.

Le premier mois, en février, se passe comme prévu, encore mieux que prévu.

Ce sera tellement cool, t’imagines même pas. Vraiment le pied de nez à Sciences Po n’aurait pas pu être plus grand. :oui:

Tu vis avec un pote chez toi, h24 ensemble, et tu l’aides pour ces films, en caleçon dans le salon. Vous mangez ensemble, vous riez tout le temps, faites que de parler, travaillez pas mal en vrai, mais toujours dans la bonne humeur et l’amitié. Vous avez fait deux grandes voies superbes, avec Till et Chloé, au cap Canaille et au Verdon.

Puis surtout, quel film bordel… Vous vous retrouvez à faire les repérages pour son gros documentaire sur PE. Donc vous allez voir ces proches, son ex-femme, ses potes, des grimpeurs de l’époque, des pionniers. T’aurais pas pu être plus intéressé par le sujet du film. :oui:

Bordel, je me rappelle être passé devant une librairie et avoir vu le livre des Fous du …, m’être dit ah ce serait cool si je l’achetais, puis m’être dit, boah c’est trop cher. :(

Bah là tu rencontres son auteur, qui vous accueille chez lui et avec qui vous parlez 5 heures de grimpe, de PE, de voyages et des Calanques et du Verdon, autour de souvenirs et de lieux que vous avez tous connus, à se raconter des histoires comme si c’étaient des amis. :bave:
Tu te retrouves chez un autre grimpeur personnage du livre, un vieux de la veille, hippie dans sa jeunesse, vagabond grimpeur qui est toujours en forme et grimpe du 8 à 70 ans...Et qui te prête 4 livres, éditions limitées, par gentillesse, dont les Fous du …
Vous faites aussi un voyage en stop jusqu’à Pelvoux pour aller interviewer un photographe. Sérieux quoi, faire du stop avec son tuteur de stage et ami, quelle situation improbable

9 personnes et à chaque fois la même joie, tous pareils, que des gens cools, bienveillants, qui vous accueillent à bras ouverts et qui sont heureux de voir des jeunes grimpeurs s’intéresser à leur histoire. Et quelles histoires, que des grimpeurs, alpinistes aux anecdotes incroyables. Contents de partager avec vous des souvenirs, parler de leur époque, de la grimpe et de leur bonheur dans la prairie, sous les étoiles… :coeur:
Je pense que ce ne sera pas aussi facile tout du long, avec les caractères de Marseillais de quelques-uns, mais les premiers repérages étaient particulièrement encourageants et on a eu l’impression de se faire accepter facilement :oui:
On a eu les réponses positives de certains grands noms. Un stage qui t’as permis de rencontrer des personnes que tu connaissais, dont tu avais entendu parler dans le monde de la grimpe, des proches de PE… Un stage qui te permettra sûrement de rencontrer Lynn Hill, Destivelle ou Sharma, t’y crois mec ??

Parce que ouais, le projet ne s’arrête pas là. Nils parti, toi prêt pour le voyage (Mathieu un peu moins), stage de un mois fini. Ok.
Mais Nils continue, trouve des producteurs, se débrouille comme il sait si bien le faire. Et sûrement, trouve, peut-être National Geographic, on en parle maintenant !! Et puis bien sûr, Nils : si tu veux, par la suite, t’es sur le projet sans problème… Affaire à suivre donc. :oui:

J’aurais dû être quelque part perdu sur les routes d’Europe, en stop avec Mathieu. Je me retrouve dans le jardin d’une maison du Verdon, assis à une table avec vue sur le Duc… Je suis sur l’ordi d’Alex, alors qu’il s’essaye tant bien que mal à la guitare à mes côtés, assis dans l’herbe. Retournement de situation parfaitement improbable. On en reparle plus tard.

Je te disais ça donc. Ouais, on en arrive à mars. Tu te fais opérer du genou en février, parce que ça traîne et que ça t’empoisonne la vie. Tu temporises un peu pour te laisser le temps de guérir après l’opération et fixes la date du départ au 14 mars, symboliquement pour ce topic, te faire un au-revoir avant de partir en « stage ».

Début mars, tu vas rendre visite à tes grands-parents (en stop, toute la France en deux jours, beau trajet ça aussi !!) pour leur dire au-revoir, joue aux scrabble et aux échecs quelques jours avant de passer à Paris dire bonjour aux potes. Prêt une fois rentré à la maison à faire ton sac et bouger.

Sauf que ça ne se passe pas comme prévu.
Au lieu d’être sur les routes d’Europe, t’es actuellement dans une maison du Verdon, vue sur le Duc. Coucher de soleil, silence léger des oiseaux qui chantent, cerisiers en fleurs. Wtf hein ? :hap:

Ecoute, le monde va mal, il y a une espèce de pandémie d’un virus qui a bloqué la planète entière :hap:
Et je ne déconne même pas. Beaucoup de gens meurent un peu partout, c’est pas la peste mais c’est assez contagieux et ça va vite, donc il se trouve que tous les pays du monde ou presque sont en confinement. Plus personne ne sort, pas le droit de voyager, pas même le droit de se balader à plus d’un kilomètre de chez soi, besoin d’une attestation pour aller faire les courses… :(
Assez improbable d’imaginer ça, le monde bloqué dans la peur et l’angoisse...

Ça a commencé en janvier, on s’en foutait, regardait ça d’un œil distrait, mais tout s’est accéléré vite. Une fois rentré de chez tes grands-parents, des frontières se ferment en Europe, on s’inquiète un peu. Deux jours avant le départ, on se demande avec Mathieu, comment est-ce qu’on va passer dans certains pays... La veille, on se demande est-ce qu’on le fait vraiment ? Le jour du départ, on reporte, on se dit qu’on devrait changer de plan, trouver un truc à faire en France. :(

Je veux t’envoyer un message mais c’est la précipitation, j’ai pas le temps d’écrire un pavé immense et ne le fais pas. A la place, je me rends en stop à Cannes pour la soirée, discuter et voir Mathieu. Pendant le trajet, le Premier ministre annonce la fermeture des bars. Retour le lendemain, rumeurs de confinement total, blocage à la maison pendant 5 semaines.

Mathieu décide de rester chez lui. Étant seul, la question ne se pose pas, faut que je bouge, vite. On est le 16 mars et alors qu'on prévoyait il y a deux jours de partir un mois, il faut trouver dès demain un endroit tranquille pour y rester un mois... /5

J’appelle Alex, on appelle Lila, la pote qui vit dans le Verdon. Tu te rappelles, tu l’avais vue une semaine avant le 14 mars, à grimper un peu. Bon bah tu la revois pas mal cet été, très cool, grimpe, locale et connaît tout le monde ici. Quelqu’un d’absolument adorable :oui:

Bah vous vous retrouvez en confinement chez elle. :hap:

Ses parents et son frère débarquent aussi.
Nous voilà 6, à vivre ensemble et passer de jolis moments, à manger le soir autour de la table ou pendant la journée, dans le jardin de cette maison de campagne, vue sur le Duc... Sous le froid au début (et même la neige !) puis sous le soleil printanier maintenant. Mon ordi, en réparation (je ne vais pas le revoir avant la fin du confinement) et l’absence de réseau (seulement dans le jardin, donc le froid) me font reporter mon message. Je peux sur l’ordi d’Alex mais c’est peu pratique donc :(

Puis bon, nous, on va grimper, on va se balader, on se baigne, la vie est plutôt sympa en réalité.
Je lis beaucoup, j'en suis à mon 12ème livre je crois (dont 6 des éditions Guérin d'affilée :hap: )
Je prends des photos avec l’appareil prévu pour le voyage, un Canon 7d Mark II acheté d’occaz à moitié prix (ah oui, j’ai oublié de te dire, mais ton appareil, bah tu le fais tomber et tu le casses cet été, mais bon, l’assurance te l’a remboursé par chance en janvier).

Et puis je passe à nouveau du temps dans ce Verdon qui ne cesse de m’émerveiller. Tu voulais y passer plus de temps, bah voilà, c’est fait, tu connais les locaux maintenant, après plus de trois mois à vivre ici au cours de l’année :hap:

Dommage pour le voyage, ça me fait chier en réalité, c’est un nouveau projet qui tombe à l’eau mais là, pour le coup, c’est pas de notre faute… Et la vie est pas si mal ici :oui:

Voilà, je crois que c’est tout, un nouveau pavé immense pour raconter mon année. J’espère faire plus court l’an prochain, ou pas du coup, ce serait peut-être mauvais signe.
On va passer au moi du futur maintenant. :oui:

SerialTourist
SerialTourist
Niveau 10
08 avril 2020 à 18:15:52

Grand gg

BanniCarDZ
BanniCarDZ
Niveau 5
08 avril 2020 à 18:18:30

putain c'est émouvant :snif:

Printanier
Printanier
Niveau 43
08 avril 2020 à 18:23:44

Message au moi du futur

Et surtout, tu es en mars, tu es à quelques semaines d'avoir fini tes études.
Tu sais quoi faire ? Où partir ? Comment ? Tu as de l'argent de côté ? Des projets ? Ou la peur >? Ou l'incertitude ?
Ne me déçois pas quant à ça, vraiment. Ne me déçois pas moi mais surtout, tous ces mois du >passé. Ce moi du passé de la Rochelle, qui avait les larmes qui lui coulaient sur les joues, devant puis tout seul... Des larmes de joie, signes définitifs d'une "certitude ABSOLUE" quant aux belles années à venir. Ne les déçois pas, ne les gâche pas...

Bon, je suis véhément et tu seras peut-être dans l'expectative aussi, tu ne seras qu'en mars, mais tout de même. Fais gaffe mon gars, fais gaffe je t'ai à l'oeil.

Bah finalement, je ne peux rien dire de nouveau par rapport à ça. Au contraire. :(

Je ne peux que réitérer les questions. Trop absorbé par cette année pour bosser à côté, pas le temps de prévoir un truc, le genou en vrac, pas d’argent.
Des excuses et toujours des excuses pour justifier les projets qui tombent à l’eau. Ces messages à travers le temps mettent en lumière tous les bons points mais me confrontent aussi à tout ce que je n’ai pas fait, tous ces regrets. :(

Tant de projets lancés en l’air et dont tu n’as jamais entendu parler par la suite. Entre des voyages avortés, des voies d’escalade et d’alpinisme jamais réalisées (le Mont Aiguille, trois ans que tu m’en parles, pareil pour le 7b, toujours pas réalisé) des entraînements de sport abandonnés (0 abdos), des sauts pas faits (plus la confiance)… Après cette vidéo de saut, ce projet de docu : tu ne le connaissais même pas qu'il est déjà abandonné. Pas ma faute certes, mais bordel... :(

Nos mois du passé ne nous ont pas habitué à la régularité et à la persévérance. Bien sûr, ils ont fait des choses formidables, des souvenirs magnifiques et me remplissent de joie quand je repense à eux. Et pour ce qui a échoué, bien sûr, ils avaient des excuses, mais voilà, malgré le positif, j’ai peur. :(

Dieu que j’ai peur de ton message l’an prochain… Une angoisse terrible, je t’assure.
L’incertitude absolue. La peur du vide, celui de la page blanche de mon avenir, celles des choix à faire, des doutes à surmonter et des rêves à réaliser.

J’ai cette angoisse constante, à laquelle je n’arrive pas à échapper, celle de mon âge… Tu te rends compte à quel point c’est ridicule ? J’ai 23 ans et la vie devant moi. :(
Mais malgré ces moments de bonheur, malgré cette chance incroyable (bordel mec, regarde les stages que tu as faits…), malgré cette jeunesse qui me reste à vivre, j’ai tous ces projets restés en l’air qui me restent en tête, ce goût amer de l’inachevé et cette inquiétude des années qui passent.
Je ne peux pas lire un livre d’aventure, regarder un film de grimpe ou autre et me demander : et lui, il avait quel âge à l’époque. Inquiété à chaque fois qu’il était plus jeune, qu’il avait fait plus beau, plus grand, plus impressionnant que moi, avant moi. :(

C’est ridicule, il faut que j’arrête ce genre de pensée, je le sais : il faut construire ces projets à soi de son côté, oublier le reste et faire en sorte que ça marche. Si ça ne marche pas, on n’oublie pas. On a eu l’idée, la ligne est lancée, peut-être qu’elle mordra plus tard. Et arrêter de se comparer sans arrêt, tracer son chemin à soi et c’est tout… D'autant plus que voilà, j'ai plein de bonnes nouvelles et ça paraît ridicule. Mais c’est plus fort que moi.

J’ai cette peur de pas réussir à faire ce que je veux, de continuer à accumuler les abandons et de ne pas en faire assez. Et peur pour toi… Qu’est-ce que tu vas me raconter ?? Je ne sais pas. Aucune idée. :(

Alors je repose ces questions et j’espère que t’y répondras en me racontant des bonnes nouvelles. Je te dis comment je le vois, là, dans l’idéal. Je sais pertinemment que beaucoup de choses ne se passeront pas comme prévues mais on verra ce que tu m’en dis. :oui:

Comment est-ce que tu les as finies ces études ? Le mémoire ? :hap:
Je suis actuellement en hésitation dans la rédaction du mail à mon directeur. Bientôt un an qu’il n’a eu aucune nouvelle de moi, j’ai peur de revenir, il doit penser que j’ai arrêté ou a oublié que je réalisais un mémoire… :hap:
As-tu réussi à le rédiger ?

Et ce second semestre ? Ce confinement ? Tu t’es reposé, grimpé un peu, guéri un peu ? Avec Alex et Lila ça se passe toujours bien, comment ça s’est fini ?

La reprise des cours ? Marseille avec Till ? Ce fameux web-documentaire sur l’escalade ? Un 0 bien mérité je suppose ? :hap:
Mais du coup, t’as réussi à compenser pour atteindre la note seuil ?
Réussite des deux diplômes à l’arrache ?

Je suis incertain sur mes deux diplômes. Peur de ne pas réussir et d’avoir fait tout ça pour rien. Malgré l’envie présente, je le reconnais, de tout rater, de tout envoyer valser au tout dernier moment, par bravade revancharde. Je sais pas mec. :(

Maman ? Rapatriée ? Tout va bien ? :peur:
Bergerie ? Dans le Verdon ?

Ensuite, cet été, logiquement, tu as été pris dans le Verdon ? Encore et toujours, bien sûr, ce Verdon. Tu as postulé pour un job saisonnier : Alex te l'a proposé, histoire de se retrouver dans le Verdon tous ensemble et gagner de l'argent en même temps. Comme l'an passé. Ecogarde ou hydroguide, être payé pour se balader ?
Grimpe à mort ? Alpi ?

Le mariage de Till ? Cette baignoire ? Celui de Nils ?

Après l’été, tu y penses tous les soirs, tu as le projet de faire la traversée des Pyrénées. Tout dépend de tes genoux, il faut les guérir dans les 5 mois qui viennent.

J’espère pouvoir guérir de ce putain de genou d’ici les prochains mois. Dis-moi, je t’en supplie, que cette opération n’a pas été inutile et que ton cartilage va mieux. Je suis en convalescence encore, j’ai peur que ça traîne, que je ne puisse pas trop faire ces projets de marche qui me tiennent à cœur. Peur de ne pas guérir… :( Mais je continue à faire mes exercices, tous les soirs, depuis un mois sans aucune exception. :oui:
Je veux que tu me dises que tu n’as jamais abandonné et que ça soit revenu à la normale. :oui:
Est-ce que t’as réussi à partir en septembre, comme prévu ? As-tu réussi ?

Il y a aussi ce film de Nils, qui devrait revenir dans ma vie. Ça en est où ? Confirmation de National Geographic ? :bave:

Et ensuite, bah c’est à toi de me dire.
Je le vois comme ça : toi qui prends un boulot de merde, genre livreur, histoire de pouvoir avoir de l’argent et arrêter de dépendre de Maman aussi, complètement ? :(

Et ensuite, grimper, voler au maximum en ayant ce taff et en attendant d’avoir assez d’argent pour partir.
Tu sais très bien de quel projet je parle. Tu l’avais déjà en tête, je l’ai toujours. J’aurais dû donner des nouvelles au mois du passé, j’en ai pas. En-as-tu pour moi ? :oui:

Conclusion au message de 2020

« Connaissez-vous le seul moyen de faire rire le bon Dieu ? Racontez-lui vos projets… »

Ce doit être ça. Aucune idée de ce que tu vas me raconter. Mais j’espère que tout s’est bien passé et que tu as vécu de belles choses. Rassure-moi quant à moi-même, j’ose avoir confiance, j’espère ne pas me tromper…

Alpi, escalade, sauts, parapente, voyage, projets de vie ? Aucun objectif, tu les as en tête, les lignes sont lancées, tu me diras lesquelles ont mordu :oui:
Ah oui, amour tiens, j’ai complètement oublié d’en parler pour la simple et bonne raison qu’il n’y en a pas eu du tout…Mais toi ?
Raconte-moi-tout.

J’ai toujours raconté de belles choses à mes mois du passé, les pavés sont de plus en plus longs et le bonheur toujours présent, malgré les faux pas, les temps morts, les doutes et les désillusions...

Donc j’attends le tien, avec peur mais aussi espoir.
En sachant pertinemment qu’il y a des hauts et des bas. C’est simple (voire simplet à dire) mais c’est vrai, et ça passe rapidement de l'un à l'autre. On trace son chemin en plein dedans, oscillant constamment entre ces périodes mais en progressant à chaque fois. J’ose croire que c’est comme ça qu’on finit un jour ou l’autre par réaliser ses rêves, à force de ne pas les perdre de vue.

"Il faut passer aussi par là pour apprécier la substance des beaux jours", n'est-ce pas ? :oui:

Je n’oublie pas la chanson de l’année.
Ce sera « Dur d’y croire », de Salif. Parce que c'est dur d'y croire parfois. Ce texte bordel…

Bon, cette fois, en plus du retard, il ya eu relecture... Ces journées de mars étaient exceptionnelles pour tout le monde. :(

Mais je t’attends bien en forme pour le 14 mars, pour un retour à la normale. :oui:

A la prochaine :oui:

Message édité le 08 avril 2020 à 18:24:11 par Printanier
Lazuli
Lazuli
Niveau 6
08 avril 2020 à 18:25:49

le madlad est de retour

L0uislegland
L0uislegland
Niveau 7
08 avril 2020 à 21:20:21

Je laisse ma petite trace sur ce topic légendaire. :content:

FiliusAdam
FiliusAdam
Niveau 5
08 avril 2020 à 21:51:35

Je up pour qu'on continue à upper

Undercoverkhey
Undercoverkhey
Niveau 22
08 avril 2020 à 22:27:53

À l'an prochain clé, j'espère que tu n'auras que du positif à dire à tes toi du passé :ok:

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