Raymond Domenech, après une nuit de repos, quel bilan dressez-vous de cet Euro?
Une nuit de repos ? Une nuit d'échanges, de partage et de réflexion, plutôt. Je maintiens que j'aurais dû garder le cap, maintenir ce que je pensais faire avec cette génération charnière, avec des anciens et des très jeunes qui arrivaient, à savoir vraiment préparer 2010. En voulant occulter mon premier message, car l'Euro est une compétition importante qu'on ne peut pas négliger, je n'ai pas bien fixé l'objectif. L'Euro était un champ d'expérience pour toute une génération. Ne pas maintenir ce message a été une erreur de communication.
Mais ce discours est en totale contradiction avec vos choix d'équipe: Thuram, Sagnol, Makelele titulaires, Vieira blessé dans les vingt-trois...
Non, pas du tout. L'idée était de dire : il y a un renouvellement qui est en train de se faire, les cadres doivent transmettre l'idée de l'équipe de France. C'est un relais, un passage de témoin. Ils devaient transmettre leur vécu, leur passé, l'idée de la continuité de l'équipe de France. Je ne regrette rien. On ne débarque pas comme ça en équipe de France. On prend des gifles. Je regrette juste que ça n'ait pas duré plus longtemps, avec un quart, une demie, ou une finale. Je regrette aussi que vous oubliez de me parler du match d'hier. C'était un vrai huitième de finale. Et quand on voit les péripéties de ce match (0-2 contre l'Italie), il me paraît difficile de tout réexpliquer après, en disant que tout ce qui était fait auparavant n'était pas bon. C'était un match particulier. Le penalty, à la rigueur, mais l'expulsion d'Abidal est bizarre. Quand au bout d'une demi-heure d'un match capital, on a un but de retard et un joueur en moins, on doit en tenir compte. Ça, ce sont des faits, pas des interprétations
Ok d'accord le discours en bois 