Strasbourg n'est pas encore mathématiquement en Ligue 2. Mais il faudrait désormais un véritable exploit pour que les Alsaciens, largement battus à Nancy (0-3), sauvent leur peau parmi l'élite. Samedi, ils ont égalé le record du RC Lens qui avait concédé neuf défaites de rang lors de la saison 1988-89 (le record absolu du Championnat de France date de 1933-34 avec les douze défaites consécutives du CA Paris).
Relégués à quatre longueurs d'un trio composé du Paris-SG, Lens et Toulouse, les protégés de Jean-Marc Furlan n'ont plus que deux rencontres - contre Caen et à Marseille - pour espérer rester dans l'élite. Pour Philippe Ginestet, président du RCS, certains des joueurs alignés en Lorraine n'ont pas joué le jeu. «Je pense que certains pensent déjà à leur avenir personnel, a-t-il regretté. On se retrouve dans une situation compliquée, mais pas impossible. La priorité, c'est d'offrir une victoire au public de la Meineau et sauver ce qui peut encore l'être». S'il ne s'est pas étendu sur l'attitude de ses joueurs, le dirigeant alsacien a également expliqué ce neuvième revers de rang par les nombreuses absences qui pénalisent sa formation. «Encore une fois, il nous manquait des joueurs de talent. Je pense à Gameiro, Renteria, Bellaid, Cohade... Pour un club comme le notre, c'était trop».
A la question de savoir si Jean-Marc Furlan se retrouvait menacé par cette incroyable série de défaites, Ginestet a d'abord mis en avant une responsabilité collective. «Tout le monde est responsable. Pour l'instant, je ne me pose pas ce genre de questions. C'est à l'équipe de montrer qu'elle a le sens de l'honneur la semaine prochaine devant notre public. C'est le temps de l'action. Ensuite viendra celui de la réflexion.» Un peu plus loin dans le vestiaire, dépit et lucidité se disputaient dans la bouche de Jean-Marc Furlan. L'entraîneur alsacien a ainsi estimé que «sur les trois derniers mois, nous ne méritons pas la Ligue 1» avant de regretter le scénario de Marcel-Picot : «Ce soir, alors que c'était une de nos dernières chances, nous offrons deux des trois buts à notre adversaire sur des erreurs individuelles et nous loupons encore trop d'occasions.» Y croit-il toujours ? «Je n'ai pas fait les comptes mais tant que mathématiquement le maintien est jouable, un entraîneur n'a pas le droit de ne pas y croire.» - E. T. (Avec AFP)
