Quelque pourais me dire a quel forme poétique appartient ce poeme ( forme reguliere,vers libre, poéme en prose) et le rythme et pour finir les rimes. merci voila le poeme:
Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu´on voit cheminer seules ?
Ils s´en vont travailler quinze heures sous les meules ( 2) ;
Ils vont, de l´aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d´une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l´ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d´airain ( 3), tout est de fer.
Jamais on ne s´arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! La cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
Notre Père, voyez ce que nous font les hommes ! »
Ô servitude infâme imposée à l´enfant !
Rachitisme ( 4) ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu´a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait - c´est là son fruit le plus certain ! -
D´Apollon un bossu, de Voltaire un Crétin !
Travail mauvais qui prend l´âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d´un enfant ainsi que d´un outil !
Progrès dont on se demande « Où va-t-il ? que veut-il ? »
Qui brise la jeunesse en fleur ! Qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l´homme !
Victor Hugo, Les Contemplations, 1856.
( 1) Le poème de Victor Hugo emprunte son titre à une gravure de l´Allemand Dürer représentant un ange triste et pensif.
( 2) Broyeuses.
( 3) Bronze.
( 4) Déformation des os.