" Mais le soir , je mange assez léger.je me contente de choses froides,telles que des rillettes,du gras figé,du lard cru,,l´huile d´une boîte de sardines_les sardines , je n´aime pas tellement,mais elles parfument l´huile :
je jette les sardines,je garde le jus,je le bois nature.Juste ciel qu´avez vous?
-rien . continuez , je vous en prie(ndkuroro:le journaliste se sent de + en + mal)
-Vous avez mauvaise mine,je vous assure . Avec ça , je bois un bouillon très gras que je prépare à l´avance: je fais bouillir pendant des heures des couennes,des pieds de porc,des croupions de poulet,des os à moelle avec une carotte.J´ajoute une louche de saindoux,j´enlève la carotte et je laisse refroidir durant 24 h.En effet,j´aime boir ce bouillon quand il est froid,quand la graisse s´est durcie et forme un couvercle qui rend les lèvres luisantes.Mais ne vous en faites pas , je ne gaspille rien,n´allez âs croire ke je jette les délicates viandes.Après cette longue ébullition,elles ont gagné en onctuosité ce qu´elles ont perdu en suc: c´est un régal que ces croupions de poulet dont le gras jaune a acquis une consistance spongieuse...Qu´avez vous donc?
-Je...je ne sais pas . De la clautrophobie , peut être.Ne pourrait on pas ouvrir une fenêtre?
-Ouvrir une fenêtre , un 15 janvier?Vous n´y pensez pas.Cet oxygène vous tuerait.Non,je sais ce qu´il faut dans votre cas.
-permettez que je sorte un instant.
-Pas question,restez au chaud.Je vais vous préparer un alexandra(ndkuro: boisson alcoolisé)
à ma façon,avec du beurre fondu.
à ces mots , le teint livide du jornaliste vira a vert: il décampa en courant,plié en deux,la main sur la bouche.
Tach roula plein gaz jusqu´à la fenêtre qui donnait sur la rue et eut la satisfaction intense de contempler le malheureux vomir à genoux , terrassé.
l´obèse murmura dans ses quatres mentons, en jubilant:
-Quand on est une petite nature on ne vient pas se mesurer à pretextat tach.
Oculté derrière le rideau de voile,il pouvait se livrer au délice de voir sans être vu,et il vit deux hommes jaillir du café d´en face et se précipiter vers leur collègue qui, les entrailles vidées,gisait à même le trottoir à côté de son magnétophone qu´il n´avait pas éteint: il avit donc enregistré le bruit du vomissement"
" Hygiène de l´assassin´" , Amélie Nothomb.