La compagnie Nintendo existe depuis 1889. Bien qu´elle se spécialise dans les jeux vidéo depuis plus d´une vingtaine d´années, cette compagnie n´a pas toujours oeuvré dans ce domaine. Au début de son existence, Nintendo fabriquait des cartes de jeu que l´on appelait cartes Hanafuda et que l´on surnommait aussi Daitoryo ou President. C´est Fusajiro Yamauchi, l´arrière grand-père de l´actuel président de Nintendo, Hiroshi Yamauchi, qui a fondé la compagnie. Celle ci se nommait alors Nintendo Koppai.
Le jeu de cartes Hanafuda était un jeu très populaire à l´époque. Il contenait 48 cartes, divisées en 12 petites séries de quatre cartes chacune. Chaque série correspondait aux mois de l´année et chacune d´entre elles était associée à un symbole, comme le vent, un daim ou un chrysanthème. Le but du jeu était d´avoir plus de points que son adversaire et pour y parvenir, il fallait faire des combinaisons de symbole. Ce jeu était très complexe et il était joué très sérieusement par les gens du Japon. Il devint si populaire que Nintendo qui, au départ, ne vendait le jeu que dans des boutiques Nintendo à Kyoto et Osaka, due ouvrir plusieurs autres magasins dans d´autres régions du Japon. Dépendamment des régions, les symboles qui figuraient sur les cartes variaient. L´une des raisons qui a permis à Nintendo de vendre ses petites cartes à des milliers d´exemplaires, c´est que chaque partie dans les cercles de jeu clandestins ( sorte de casino illégal) se jouaient avec un jeu neuf, de sorte qu´il n´y ait pas de tricherie. Il y a tellement eu de ventes de cartes Hanafuda que Nintendo eut de la difficulté à satisfaire la demande.
À partir de 1907, Fusajiro commence à étendre ses réseaux de distribution de ses cartes en s´associant avec la Japan Tobacco & Salt Public. 22 ans plus tard, soit en 1929, Fusajiro prend sa retraite et laisse à son gendre, Seriryo Kaneda, le contrôle de sa compagnie. Par le fait même, il devenait le personnage numéro un de la carte à jouer. En 1933, Seriryo Kaneda établit un partenariat avec d´autres entreprises et la compagnie devient alors Yamauchi Nintendo & Co. 14 ans plus tard, en 1947, Kaneda change une fois de plus le nom de la compagnie pour Marufuku Co.
En 1949, le président actuel de Nintendo, Hiroshi Yamauchi, entre en poste, à la suite de la disparition de son père, Shikanojo. Dès lors, il met à la porte les têtes dirigeantes de la compagnie, en voulant la restructurer avec des personnes croyant à son leadership. Deux ans plus tard, soit en 1951, il change le nom de la compagnie pour Nintendo Playing Cards Co. Ltd. Par la suite, en 1953, les cartes de la compagnie deviendront plastifiées, et ce, après un changement de siège, en 1950. En 1959, Hiroshi réussit l´un de ses grands coups de chapeau en signant des accords avec Disney, dans le but de fabriquer des cartes à jouer à l´effigie des personnages déjà célèbres de la compagnie. Avec les campagnes publicitaires, les cartes se vendront à plus de 600 000 exemplaires dans cette seule année. En 1962, Nintendo devient coté dans les bourses d´Osaka et de Kyoto. En 1963, la compagnie change de nom et de statut pour devenir ce qu´elle est aujourd´hui, c´est-à-dire Nintendo Co Ltd. Dès lors, elle cesse la vente des cartes et se lance dans les produits très diversifiés et sans avenir, tels que le riz à cuisson rapide et les Love Hotels. Après cela, il y aura un autre projet qui tombera à l´eau, celui d´une compagnie de taxi. Celui-ci cessera ses activités en raison de conflits avec les syndicats des chauffeurs.
En 1970, Nintendo commence à vendre une série de jouets, les Beam Guns Games. Gunpei Yokoi, un nouvel employé, ( qui par la suite jouera un rôle important dans l´histoire de la compagnie,) en est le concepteur. La technologie électronique pénètrera dans le marché du jouet au Japon lorsque Hiroshi lui demandera d´inventer quelque chose de nouveau pour le temps des Fêtes. Il s´agira de l´Ultrahand, une main électronique. Cette dernière se vendra à plus de 1.2 millions d´exemplaires. De 1971 à 1974, Yokoi, après le succès de l´Ultrahand, se distinguera une fois de plus avec une machine pour jouer au base-ball à la maison. Celle-ci se nommera l´Ultra Machine et il s´agira d´un lanceur mécanique qui utilise des balles en caoutchouc. Sa prochaine invention sera le Love Tester, une machine qui était destinée à mesurer les affinités amoureuses entre deux personnes. L´invention réagissait alors à l´électricité statique lorsque les deux amoureux posaient leurs mains dessus. Toutes ces inventions rapportèrent d´énormes profits à Nintendo. Par la suite, Yokoi, lors d´un concours avec un ancien employé de Sharp, Massayuki Uemura, construira une nouvelle version de Beam Guns Games. Les deux hommes utilisaient des cellules photoélectriques pour concevoir un pistolet optique. Cet appareil, le Light Gun, fut vendu à plus d´un million d´exemplaires.
C´est en 1975 que la compagnie Nintendo eut l´idée de produire des jeux vidéo lorsque Yamauchi discuta avec un ami d´enfance. Ce dernier était devenu exécutif pour l´une des plus grosses compagnies japonaises d´électronique. Le sujet de leur conversation était les derniers progrès en matière de technologie informatique, avec notamment l´arrivée des premiers microprocesseurs ( fabriqués par Intel). C´est sur cette discussion que Yamauchi commença à s´intéresser à la combinaison possible entre l´informatique et le divertissement, d´où l´idée des jeux vidéo.
En 1977, Nintendo entre dans l´industrie du jeu vidéo avec le Color TV Game 6. Le nom de cet engin vient du fait qu´il est possible d´y jouer avec six variantes d´un jeu de tennis similaire à celui de Pong. Le système, conçu par Hiroshi, se vend à des millions d´exemplaires ; c´est un succès éclatant au Japon. Durant la même année, Shigeru Miyamoto fait son entrée chez Nintendo. En 1978, une nouvelle version plus évoluée du Color TV Game 6 voit le jour: le Color TV Game 15. Ce dernier se vend aux environs d´un million d´exemplaires. Durant la même année, les ingénieurs de Nintendo créent d´autres jeux vidéo, mais seulement sur des consoles simplifiées qui ne jouent qu´à un seul jeu. Ces systèmes rapporteront peu de profits, puisqu´à cette même époque, les calculatrices et les montres à quartz sont de moins en moins chères, de moins en moins encombrantes, donc de plus en plus populaires. Comme les calculatrices et les montres à quartz deviennent l´objet que tout le monde se doit de posséder, Gumpei Yokoi imagine qu´un système situé entre le jeu vidéo et ces deux produits pourrait avoir du succès. C´est alors qu´il prend chez Sharp les composantes électroniques nécessaires à l´élaboration de son prototype pour créer un petit jeu portable de la taille d´une calculatrice, utilisant un écran LCD ( cristaux liquides) qu´il nommera Game&. Ce fut un véritable succès, car en plus d´être un jeu vidéo, le système avait les fonctions d´une montre.
Lorsque Miyamoto et Gumpei Yokoi ont conçu Donkey Kong, en 1977, plusieurs employés de Nintendo ( de l´époque) croyaient peu en l´avenir de ce jeu, dans lequel le joueur incarnait un simple charpentier moustachu qui avait comme seul but d´aller sauver une princesse des mains d´un gorille. Comme vous le savez probablement, Donkey Kong a connu un énorme succès lors de son lancement en 1980, avec plus de 65 000 unités vendues rien qu´aux États-Unis. En plus de rapporter de l´argent dans sa version arcade, la licence de Donkey Kong rapportait beaucoup d´argent sous sa forme Game& et aussi par les licences d´exploitation sur console que Nintendo faisait payer très cher à ceux qui la désiraient, comme les compagnies Atari et Coleco. En plus du personnage Donkey Kong qui voyait le jour dans ce jeu, il y avait aussi l´apparition du célèbre plombier ( il avait laissé tomber son métier de charpentier pour devenir plombier) et aujourd´hui mascotte de Nintendo, Mario.
En 1981, Nintendo commença à songer sortir une console de jeux beaucoup plus évoluée et qui utiliserait des cartouches dans lesquelles seraient stockées différents jeux. Leur première console de ce type sera le Famicom, plus connu sous le nom de Nintendo Entertainment System en Amérique. Elle sortira en 1983 au Japon ( 1985 pour l´Amérique) et obtiendra par le fait même le monopole des consoles durant quelques années. Toujours en 1983, Nintendo sort un jeu d´arcade à deux joueurs, Mario Bros. Ce jeu connaîtra un énorme succès et fera de Mario la mascotte de Nintendo. Pour en revenir au succès du NES, Nintendo vendra, à New York seulement, plus de 90 000 exemplaires de sa console dans un test de marketing au mois de décembre. Le test sera des plus convaincants et la console sera vendue dans le reste de l´Amérique au début de l´année 1986. En 1987, The Legend of Zelda premier du nom ( un jeu pour NES) devient le premier jeu vidéo qui n´est pas fourni avec une console à être vendu à plus d´un million d´exemplaires en l´espace de moins de trois ans. Finalement, le NES sera un si gros succès qu´en 1988, une famille sur trois aux États-Unis et au Japon possédait un NES, soit deux fois plus que les magnétoscopes.
Par la suite, Nintendo sortira plusieurs autres consoles, tant pour la maison que pour la route. Il y a eu notamment le Game Boy original, qui sortit en 1987. À l´époque, Gunpei Yokoi avait prédit que la nouvelle console portable se vendrait à 25 millions d´exemplaires en 3 ans. L´avenir lui donnera tort, car ce chiffre sera dépassé ! À la suite de l´énorme succès de sa console portable en noir et blanc, Nintendo fera une console portable, presqu´identique, mais cette fois de plus petite taille, le Game Boy Pocket. Par la suite, Nintendo y incorporera de la couleur. De plus, le Game Boy Color ( nom du nouveau Game Boy) nécessitera deux fois moins de batteries ( deux au lieu de quatre) et la durée de celles-ci sera beaucoup plus élevée. Toutes ces innovations feront de ce nouveau Game Boy un autre méga-succès.
En 1989, Nintendo annonça le successeur du Famicom, le Super Famicom ( Super Nintendo Entertainment System). L´un des jeux les plus populaires du NES aura gagné sa célébrité avant même sa sortie, une première dans ce domaine. Aux États-Unis, dans le film The Wizard, la scène finale montre un concours Nintendo dans lequel les concurrents s´affrontent dans une nouvelle version de Super Mario Bros., soit Super Mario Bros 3. Ce seul jeu se vendra à plus de 18 millions d´exemplaires, rapportant plus de 500 millions de dollars US. En 1990, Nintendo détient près de 85% des parts du marché des consoles, et ce, malgré la mise en marché du Genesis de Sega. D´après un article dans la presse économique de l´époque, 70% des foyers américains ayant des enfants entre 8 et 15 ans possédent alors soit un NES, soit un SNES ou même les deux. Ce même article démontrait aussi que 16% de l´argent dépensée en jouets était en produits Nintendo. Ce n´est qu´en 1992 que le SNES sortit en Europe.
Faisons un petit retour en arrière pour laisser place à la plus grande erreur de la part de Nintendo selon plusieurs, le triangle Nintendo-Sony-Phillips. Bien qu´aujourd´hui Sony est actuellement la compagnie la plus populaire dans le monde des jeux vidéo, la saga entre Nintendo et Sony a débuté il y a plus de dix ans. Dans les prochains paragraphes, vous en aurez un résumé assez complet.
Tout a commencé en 1980, Sony et Phillips ( qui étaient alors des partenaires) sortirent leur premier support de CD-Rom, permettant la lecture de CDs audios. Étant donné qu´à l´époque les micro-ordinateurs les plus populaires sur le marché ne dépassaient quasiment jamais les 64 Ko de mémoire vive et que les gens utilisaient des disquettes comme moyen de sauvegarde, le haut potentiel ( 650 Mo de contenance et 128 Ko par seconde de vitesse de transfert) du CD-Rom était énorme, assez dispendieux et, par conséquent, presque non-utilisé.
En 1985, l´empire Nintendo reposait sur leur toute nouvelle console, le NES. Sony croyait que le Super NES, la console qui devait succéder au NES, était la plate-forme de lancement idéale pour leur Super-Disc, un concept qu´ils avaient conçu peu après avoir brisé leur association avec Phillips.
Chez Nintendo, on commençait à penser à l´abandon du support cartouche pour un support CD-Rom, principalement pour des raisons financières. Peu de temps auparavant, les plus grands rivaux de l´époque du Grand N, Sega et NEC, venaient de lancer des add-ons à leur console respective, roulant tous deux avec des CD-Roms. Sony avait alors proposé à Nintendo une offre alléchante : la conception et la fabrication d´une extension pour le Super NES équipée d´un lecteur de CD-Rom Sony. Ce dernier aurait été utilisé sous le format Super CD pour les jeux, mais il aurait aussi été compatible avec les CDs audios. Le nom de ce concept : Play Station. Bien entendu, Sony ne proposait pas cette offre dans le but de faire un cadeau à Nintendo mais bien pour s´allier avec cette même compagnie. En effet, l´association entre Sony et Nintendo aurait permise à Sony d´être la seule compagnie autorisée à manufacturer les jeux sur Super CD, ce qui leur aurait fait faire beaucoup d´argent en utilisant une console qui ne leur appartenait pas.
Chez Nintendo, on se montrait très intéressé par le projet, mais les dirigeants de la compagnie n´étaient pas très satisfaits d´une certaine perte de contrôle dans la production de leurs jeux. Voyant la demande de Sony à Nintendo prendre de plus en plus d´importance, Phillips vint lui aussi proposer une offre à Nintendo avec leur CD-I. En différence avec Sony, Phillips voulait tout simplement équiper la console de Nintendo dans le but de faire connaître son CD-I, qui était jusque là très peu populaire. Au CES 1991, l´ancien nom du E3, le plus grand salon de jeux vidéo au monde, plusieurs rumeurs racontaient une alliance entre Nintendo et Sony, mais à l´encontre de tous, ce fut une alliance Nintendo-Phillips qui fut annoncée. À cette nouvelle, les dirigeants de Sony furent très choqués et c´est là que le combat entre Nintendo et Sony commença. Sony décida de construire elle-même, avec des programmeurs inconnus, mais très talentueux, une console, le Play Station ( qui devint le PlayStation à son lancement). Par la suite, le projet entre Phillips et Nintendo tomba à l´eau et, depuis cet « échec » ( étant donné la popularité que le PlayStation a eu), Nintendo n´est plus une compagnie aussi dominante dans cet univers qu´est celui des jeux vidéo.
Par la suite, en 1994, Nintendo sort la première de ses deux consoles qui s´avéreront être de véritables flops, soit le Virtual Boy. Cette nouvelle console de « réalité virtuelle » était signée Gunpei Yokoi. Lors de sa présentation au salon Shoshinkai, un salon annuel de démonstration dans lequel Nintendo montrait ses nouveaux produits, la console était très critiquée. La presse ne lui donnait que des critiques négatives et voyait, de la part de Nintendo, une tentative d´attirer l´attention alors que le PlayStation était rendu très populaire. Les jeux du Virtual Boy étaient jugés sans intérêt et le projet fut sabotté avant même de sortir.
Le Nintendo 64 sortit en 1996 en Amérique. Cette console était supposée détrôner le fameux PlayStation de Sony. Le projet ne réussit point, dû au fait que les deux consoles n´étaient pas sur le même pied d´égalité. La console PlayStation fonctionnait sur des CD-Roms contenant plus de 600 Mo chacun tandis que le Nintendo 64 fonctionnait sur des cartouches. Malgré une course perdue à l´avance, dû au fait qu´un jeu sur Nintendo 64 prenait beaucoup plus de temps à fabriquer qu´un jeu de PlayStation, Nintendo conçue plusieurs chef-d´oeuvres sur sa console, malgré un nombre peu élevé de jeux, ce qui était tout le contraire pour le PlayStation ( plus de jeux, mais plus de jeux médiocres aussi). Parmi les jeux qui ont triomphé au Nintendo 64, on retrouve Mario Kart 64, Donkey Kong 64, The legend of Zelda, GoldenEyes, Banjo-Kazooie, Conker´s Bad Fur Day et plusieurs autres. Malgré tout, le Nintendo64 eu sa « part » d´échec avec le véritable flop ( le deuxième de Nintendo) que fut le 64DD, une supposée extension du N64 qui n´est sortie qu´au Japon.
Au début de l´été 2001, Nintendo a sortit sa toute nouvelle console portable, le Game Boy Advance. Les boutons sont très bien disposés et contrairement aux autres Game Boy, le Game Boy Advance a des cartouches de grosseur différente. Malgré tout, les cartouches des premiers Game Boy sont compatibes avec le GBA, mais pas l´inverse. De plus, les graphiques de la console sont comparables à ceux du SNES et encore une fois, Nintendo a pensé à nous en mettant au point un système dans lequel les batteries s´usent moins rapidement. Un autre point nouveau sur cette console est sa structure générale. Par exemple, les premiers Game Boy avaient un écran carré tandis que le GBA a un écran rectangulaire ( de plus grande taille) et la luminosité de ce dernier est meilleure.
Au mois de Novembre 2001, plus précisément le 18, Nintendo sortit en sol américain sa toute nouvelle console, le GameCube. Cette dernière coûte beaucoup moins cher que les autres consoles de nouvelle génération. La raison à cela c´est que la console ne contient pas de lecteur DVD ni de lecteur CD audio. Le GameCube est révolutionnaire dans le monde de Nintendo, mais aussi dans celui des consoles de nouvelle génération. Elle utilise des mini disques optiques. On les qualifie de « mini » pour la raison qu´ils sont plus petits que les CD-Roms et les DVD actuels. Malgré leur petite taille, ils contiennent 1.5 Go de données. Finalement, la nouvelle console de Nintendo promet beaucoup, bien que critiquée par plusieurs comme étant une autre console destinée aux « enfants »...
super le copier-coller
mé tres interressant...