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TEST DE METROID SUR GAMEKULT 9/10

nintendoboss
nintendoboss
Niveau 9
05 décembre 2002 à 07:34:07

un des jeux les plus marquants de ces dernieres annees.
La guerre des cerveau

Le nombre d´effets graphiques bien classes est lui aussi hallucinant. A commencer par le nombre de viseurs à disposition de Samus, en plus de la visière classique. Entre le "Scan Visor" qui permet de légèrement zoomer pour obtenir nombre d´informations sur les ennemis et d´enclencher des interrupteurs, le "Thermo Visor" qui sert à voir les ennemis invisibles et déceler des sources de chaleur cachées, ou enfin le X-Ray Visor pour découvrir des passages cachés ou des plates-formes invisibles, on a droit à toute une gamme d´effets particulièrement impressionnants, avec des transitions d´une vue à l´autre qui s´effectuent à la vitesse de l´éclair, sans le moindre temps de chargement apparent, comme dans l´ensemble du jeu, d´ailleurs. De la même manière, le joueur se laissera griser par ces petits effets inattendus qui confèrent une classe supplémentaire au titre de Retro Studios. Le moindre prétexte sert à épater la galerie, qu´il s´agisse de se refaire une santé dans une borne de sauvegarde ou de se recharger en missiles. On aura droit alors à des petites séquences qui n´ont l´air de rien, mais qui respirent la maniaquerie et le travail bien fait. Ce sera d´ailleurs l´une des rares occasions d´admirer Samus en armure avec vue à la troisième personne, en ajoutant les quelques cut-scenes d´avant-boss et d´après-boss. Citons entre autres effets classes les gouttes sur la visière lorsque la pluie s´abat sur Tallon, ces effets de sable dans les étendues désertiques à l´entrée des ruines Chozo, ou encore ces larmes d´eau ou de lave qui coulent lentement sur le casque quand Samus sort de l´eau ou du magma... stupéfiant. On peut même voir les yeux de Samus se refléter dans sa visière lorsqu´un éclair ou une explosion trop vive a lieu dans une zone sombre ou immergée. Une chose est sûre : un grand développeur est né avec Metroid Prime. Et dire que Nintendo a racheté le studio en mai dernier pour une bouchée de pain...

Minos est dans le coup

Mais cataloguer Metroid Prime comme une simple démonstration technique serait supra réducteur. Ce qui fait l´essence de Metroid, et ce qu´a su capter Retro Studios, c´est cette formule de gameplay simple mais qui fait mouche à tous les coups. Pour résumer un peu, il s´agit de placer la seule Samus dans un immense labyrinthe ambiance Alien, où tous les mondes sont connectés entre eux à différents endroits, une étendue si vaste que le sentiment de liberté qu´elle procure déstabilise les premières heures de jeu. Bien sûr, toutes les zones des niveaux ne sont pas accessibles dès le début, et il faudra revenir sur ses pas une fois un nouvel item ou une nouvelle capacité acquis pour pouvoir se "débloquer", c´est-à-dire franchir un passage trop étroit, ouvrir tel type de porte avec telle sorte de projectile ou atteindre une plate-forme qui paraissait bien trop lointaine deux heures auparavant. Le joueur éprouvera alors le bonheur fugace, mais réel, du puzzle résolu. Voilà le B.A-BA de Metroid tel qu´on le connaît depuis la NES, une formule reprise avec tout autant d´efficacité pour les derniers Castlevania, mais qu´on attendait de voir transposée en 3D. Histoire de savoir si la gourmandise qu´exige un univers 3D, a fortiori celui d´un FPS, n´allait pas rendre le jeu trop court, trop linéaire et moins maniable, en somme moins "Metroid" dans l´esprit ?

Même si on peut rapidement s´agacer devant le côté marketing de l´affaire, force est de constater que la désignation "First Person Adventure" imaginée par Nintendo convient parfaitement à Metroid Prime. Car ce jeu n´a rien d´un FPS classique. Les habitués du genre sur consoles sentiront tout de suite une grande différence avec leurs titres fétiches, au sens où le second stick analogique ne sert pas à orienter le regard de Samus, comme on pourrait le faire sur un Halo, par exemple. D´ailleurs, on s´étonne les premières minutes devant l´inutilité apparente du stick C (il servira à switcher entre les différentes armes plus tard). Nintendo oblige, la jouabilité se veut avant tout souple et accessible à tous. Au risque de tempérer l´enthousiasme des fans du genre, le verrourrailage automatique (Auto-Lock, L) est ici de rigueur, et il n´y a par conséquent aucune possibilité d´orienter le regard (R) quand Samus est en mouvement. Pour atteindre les cibles haut perchées, il faudra penser soit à se reculer pour avoir un angle suffisant, soit à rester sur place, regarder en l´air (Samus pose alors son bras gauche sur son arme) et verrouiller. De même, il n´est possible de strafer qu´à condition de n´avoir aucune cible en joue. Dans le cas contraire, la chasseuse de primes tournera autour de sa proie. Il faut donc se faire quelques minutes à cette jouabilité particulière, mais, au final, tellement agréable et adaptée au style du jeu.

Claustrophobes s´abstenir

Car ce qui différencie Metroid Prime des autres FPS actuels, c´est bien sûr cette partie plates-formes / exploration inhérente à la série. Qu´on ne s´y trompe pas, le jeu respecte l´intensité des vrais FPS, avec des passages de tuerie bien cadencés qui ont vraiment la pêche. Il faudra même apprendre rapidement à maîtriser le saut de côté (deux fois B la cible en joue) pour passer sans trop souffrir quelques passages chauds, car les ennemis, malgré l´auto lock, restent assez vifs. Mais Metroid Prime ne se contente pas seulement de faire grimper le taux d´adrénaline. Et, premier motif de satisfaction, les craintes qu´on pouvait avoir sur la gestion des sauts et la jouabilité en général se sont rapidement envolées. La patte Nintendo est plus présente que jamais, et la précision des sauts, double sauts et autres changements en Morph Ball (touche X) sont d´une rare précision. Tout s´enchaîne avec facilité, sans aucun problème, intuitivement. L´exercice périlleux qui consistait à transposer un gameplay 2D quasiment sacralisé dans un univers 3D a été effectué avec succès. Mieux, la vue à la première personne contribue à un sentiment d´immersion total dans l´univers Metroid. Quel pied de pénétrer dans une vaste salle en regardant de tous les côtés pour voir d´où peut surgir le danger, soutenu par une musique angoissante, sans savoir quelle porte choisir parmi les quatre qui se présentent. Une gifle qui sidérera joueurs comme développeurs.

Les transformations en Morph Ball sont par exemple un modèle d´ingéniosité. La caméra ne se plante quasiment jamais et suit votre progression en petite boule sans le moindre accroc. Les petits puzzles en Morph Ball, vus de profils, sont un véritable régal, pour ne pas dire festin, et on prend son pied à progresser en faisant exploser les blocs avec des mini bombes, ou, must du must, tenter des double jumps en minutant les déflagrations pour atteindre des endroits inaccessibles. L´aspect exploration est lui aussi vraiment réussi, même si, à mieux y réfléchir, les différents passages secrets restent assez simples à découvrir. Sans être linéaire, la progression reste assez guidée, puisque le jeu n´hésite pas à indiquer la salle où aller sur la map 3D (Z) dans le cas où vous lambineriez trop. Reste encore à repérer le chemin pour y parvenir. Quoiqu´il en soit, faire retrouver à Samus ses pouvoirs salles après salles, boss après boss, pour explorer des territoires encore vierges, conserve toujours cette force hypnotique et grisante. Revenir dans un ancien niveau laissé en suspens avec la Spider Ball, qui permet de s´accrocher à des rails en Morph Ball, ou le grappin, qui permet de survoler des zones tranquillou, pour y découvrir de nouvelles réserves de vie et de missiles reste un plaisir précieux. Et retourner exploser les ennemis qui semblaient si résistants grâce aux nouvelles armes et à leurs upgrade (Wave Beam, Ice Beam et Plasma Beam) justifie bien quelques heures de recherche, ne serait-ce que pour ressentir cette jouissance qui consiste à geler un Metroid avant de le faire voler en éclat avec un dernier missile. Le plaisir de la découverte et de la redécouverte est permanent, et c´est dans le fond ce qui fait toute la différence entre Metroid Prime et un titre classique.

Long et dur

Comme tout Metroid qui se respecte, Metroid Prime réserve plusieurs passages ardus et quelques boss corsés pour venir vous corriger gentiment. Si le jeu reste assez facile les premières heures de jeu, quelques moments assez tendus surviennent passées dix heures de jeu, une fois que Samus commence à régler quelques contentieux avec les pirates, en fait. Avertis de votre présence, conscients de votre force (il faut "scanner" les messages assez tordants où les pirates annoncent presque terrorisés votre venue), les Space Pirates vous laisseront assez peu de répit. Les bornes de sauvegardes étant par endroits plutôt espacées, notamment dans les Mines où, fait du hasard, se trouvent les ennemis les plus balaises, il faut parfois plusieurs essais pour franchir quelques passages musclés. On en chie, pour parler français. Fort heureusement, la difficulté est vraiment bien dosée, et avec une meilleure connaissance des obstacles et une meilleure préparation, il sera possible de s´en tirer avec brio les fois suivantes. Les boss, monstrueux et résistants comme des armoires normandes, pourront également poser problème lors des premiers face à face. On pense notamment à un certain Omega Pirate, qui ferait fuir le plus endurci des légionnaires, ou bien le dernier boss anthologique, malgré son relatif mauvais goût côté design. Heureusement, une fois leur point faible trouvé - il est possible de scanner le monstre pour le découvrir - et leurs patterns d´attaques compris, ces créatures serviront tout juste de sparring partners, fidèles à la tradition des boss Nintendo. Cela dit, il faudra parfois remonter plusieurs fois sur le ring avant d´avoir tous les schémas d´attaques en tête et de maîtriser les timings des ripostes.

En comptant les quelques fois où l´on meurt et le temps à chercher les 12 artefacts nécessaires pour débloquer la dernière aire de jeu, la durée de vie de Metroid Prime atteint facilement les 20 heures, ce qui pour un Metroid est relativement costaud. A titre d´exemple, un joueur moyen finira Metroid Fusion en cinq heures, sans trouver tous les objets, certes. Attention, ces 20 heures sont celles d´une partie incomplète, et il faudra bien compter le double pour finir le jeu à fond avec toutes les upgrades, ou, encore plus fou, scanner les objets du jeu à 100% pour ouvrir une ultime galerie. Un mode Hard est même au programme une fois le jeu terminé, sans compter la version NES de Metroid que l´on débloque en connectant GameCube et GBA après avoir fini Metroid Fusion. Il y a même trois fins différentes suivant votre pourcentage à la fin du jeu (une pour moins de 75%, une pour plus de 75% et enfin une dernière pour les 100%). Les fans de Samus ne sont pas couchés. Bien sûr, on pourra toujours entendre dire au Café de l´Eglise que la durée de vie est gonflée par les nombreux aller-retours d´une zone à l´autre, d´autant plus longs qu´il n´y a pas de téléporteurs au sein d´une même zone. Mais c´est un élément qui a toujours fait partie de Metroid, et, en outre, les nouvelles capacités acquises par Samus tout au long de sa croisade permet de réduire de façon drastique les temps de transit.

Réalisation d´orfèvre, ambiance de malade, gameplay sans accroc et durée de vie à la hauteur, Metroid Prime n´aurait-il donc aucun défaut ? On serait bien tentés de dire oui, mais comme il faut parfois jouer les intransigeants blasés, il faut reconnaître que la musique d´ambiance en provenance de Nintendo Japon n´est pas toujours au niveau du reste. Rien de grave, puisqu´on retrouve quand même les quelques thèmes connus de la série. L´autre petit défaut pourrait être ce scénario sans doute pas assez mis en valeur, à l´inverse de Metroid Fusion par exemple. C´est sans doute pour laisser la part belle à l´action et éviter d´être interrompu toutes les cinq minutes. Et puis on voit mal Samus seule jouer la schizo en se parlant à elle même. Mais bon, ajouter une petite poignée de cut-scenes n´aurait pas été superflu pour faire avancer le scénario, plutôt que d´avoir d´avoir à déchiffrer de simples phrases en orange peu lisibles qui apparaissent après un scan. En somme, deux petits défauts qui auraient autant d´importance qu´une molécule H2O dans le Pacifique. L´image est suffisamment claire ?

9

Big-Hit!

Metroid Prime est une insolente réussite. Doté d´une réalisation à tomber par terre, d´un gameplay tutoyant la perfection et d´une durée de vie conséquente, ce titre n´a quasiment aucun défaut. Mieux, les artistes de Retro Studios ont réussi à relever un double pari insensé : sublimer le gameplay originel de Metroïd et faire évoluer le genre FPS sur console en y ajoutant des phases de plates-formes et d´exploration d´une rare finesse. Le résultat donne un jeu vraiment à part, où rien ne trahit la souplesse et la profondeur Nintendo. Un titre à acheter les yeux fermés... quand il sortira en mars prochain. Triste sort.

Testé à partir d´une version commerciale import.

Les plus...

La réalisation phénoménale
Une immersion totale
Le gameplay Metroid sublimé
Une difficulté bien dosée
Des commandes d´une rare souplesse
Une durée de vie à la hauteur
Un bestiaire fourni
Des boss dignes de ce nom
Un sentiment d´immensité bien rendu

Les moins...

Une trame scénaristique pas assez mise en valeur
Des musiques un ton en-dessous

NOTE FINAL 9/10

Prince_Marth_
Prince_Marth_
Niveau 6
05 décembre 2002 à 10:00:52

Il le merite largement ! !! : ) Mais je croi quil a ete repousé en mars ? !?!!!

Zorro666
Zorro666
Niveau 7
05 décembre 2002 à 11:01:33

tu lis les topics des autres avant de poster des trucs comme un gros deb toi ?

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