Article de l´agende internationnal de presse Reuters : Xbox: Y´aura-t-il du succès à Noël? (Par Bernhard Warner)
LONDRES (Reuters) - Six mois après le lancement européen de sa Xbox, Microsoft espère que les fêtes
de fin d´année lui permettront de convaincre les sceptiques que trois consoles de jeux peuvent trouver
leur place sur un marché mondial estimé à 30 milliards de dollars.
Les analystes ne se privent pas de rappeler que Sega a jeté l´éponge quand il est devenu clair que sa
Dreamcast ne s´imposerait pas face aux consoles de Sony et de Nintendo.
Si les ventes de fin d´années sont mitigées, Microsoft verra ses perspectives de bénéfices repoussées de
plusieurs années, ce qui provoquera d´importants flottements à Redmond, siège du groupe, estiment les
spécialistes.
"Si le Noël de Microsoft est désastreux, surtout sur des marchés importants comme les Etats-Unis et la
Grande-Bretagne, il y aura forcément quelqu´un à Redmond pour dire ´dites-donc les gars, ça sent pas
bon du tout ça´", explique Toby Scott, rédacteur en chef du magazine spécialisé Games Analyst. Une
mauvaise saison ne signerait évidemment pas l´arrêt de mort immédiat de la XBox mais la probabilité que
Microsoft se maintienne à long terme sur le marché se réduirait.
D´autant plus que les fêtes de fin d´année 2002 pourraient bien être les meilleures jamais enregistrées par
le secteur.
En août, le cabinet de recherches ScreenDigest estimait que Sony, Nintendo et Microsoft vendraient un
total de 14,2 millions de consoles en Europe, au Proche-Orient et en Afrique, soit une hausse de 28% par
rapport aux meilleurs chiffres du secteur, enregistrés en 1998.
Selon ScreenDigest, Microsoft devrait vendre 1,5 million de Xbox sur cette période. Les premiers résultats étant largement en
dessous des prévisions, Microsoft a été contraint de baisser à plusieurs reprises ses prix en quatre mois.
On estime aujourd´hui que l´éditeur perd entre 76 et 150 dollars par console, qui sont facturées 199 dollars (202 euros) aux USA et
249 dollars (252 euros) en Europe. Ce qui manque à Microsoft n´est autre qu´un peu bruit autour de sa console, que beaucoup de
joueurs considèrent comme la machine la plus sophistiquée jamais créée.
L´ELDORADO DU JEU EN LIGNE
Des nouvelles pourraient bien venir d´Espagne cette semaine, le directeur général XBox, Jay Allard, devant prendre la parole lors
d´un séminaire de deux jours. Les analystes s´attendent notamment à ce qu´il donne des précisions sur le lancement européen du
service de jeux en ligne pour Xbox, le Xbox Live.
Le marché naissant du jeu sur internet est considéré par les fabricants de consoles et les éditeurs de logiciels de jeu comme la clé
des bénéfices à venir, tous cherchant à tirer de nouveaux revenus des joueurs via les abonnements. Le marché s´attend à un
lancement européen de Xbox Live avant Noël.
Disposant d´une carte Ethernet intégrée et d´un disque dur, la Xbox est la seule des trois consoles à être connectable sur internet dès
l´achat. "Ils vont vouloir en profiter. C´est leur moyen de se différencier sur le marché", souligne un analyste.
Malgré cet avantage, Microsoft aura fort à faire pour être entendu cet automne. Sony a annoncé qu´il consacrerait 100 millions
d´euros pour connecter sa PlayStation 2 à internet et pour sortir de nouveaux titres au cours du deuxième semestre, dans les régions
utilisant la norme de télévision PAL, en Europe, Australie et au Moyen-Orient.
Pour Microsoft, le plus inquiétant reste le faible nombre de titres exclusifs pour sa XBox.
A titre d´exemple, Sony dispose de liens aussi solides qu´anciens avec des éditeurs tels que Eidos et Electronic Arts, ce qui lui
garantit des sorties régulières d´exclusivités. Microsoft n´a présenté qu´un seul titre de sa fabrication, le jeu de stratégie militaire
"Halo". C´est pourquoi l´éditeur cherche à acheter des développeurs indépendants pour renforcer son catalogue.
Les grandes manoeuvres de Microsoft semblent avoir commencé la semaine dernière, avec le rachat de 49% de l´éditeur de jeux
britannique Rare. L´accord avait été retardé pendant plusieurs semaines, pendant que Rare achevait de se détacher de Nintendo, avec
qui il avait auparavant une relation exclusive.
Pour les observateurs, cette volonté de s´assurer des liens exclusifs avec les éditeurs a fait exploser leurs prix. Selon certaines
estimations, Rare a été estimé plus de 400 millions de dollars, soit plusieurs fois les sommes finalement déboursées pour le rachat
d´autres développeurs de cette taille ces dernières années.
"Si la seule façon qu´a Microsoft de s´assurer un succès exclusif dans le domaine des jeux est de racheter l´éditeur, ce n´est pas un
modèle économique viable", prévient Toby Scott, de Games Analyst.