Non, je me posais la question "Mais qu´est-ce que... ?" tout court, y´avait pas de suite, j´étais seulement interloqué par cet OVNI (Objet Vidéoludique Non Identifié).
Ça y est, je l´ai fini.
Ce n´est pas le meilleur des RPGs parodiques, c´est un fait.
Il souffre surtout de combats bien ennuyeux (prenez le système RPG Maker de base, mettez-lui des ennemis sans véritables forces ni faiblesses, décidez qu´il s´agira de rencontres aléatoires et vous avez la recette éternelle des bastons les plus chiantes), à tel point que j´ai vite recouru aux bons offices de Rémy "Q-po" pour me dégager le chemin à grands coups de niveaux 99 en pagaille.
Mais ce n´est pas tout, c´est aussi un jeu bien court, sans véritable structure, sans l´ombre d´un univers propre.
"Traîtrise", c´est aussi de l´humour bien obscur, parfois, ouvertement déclaré comme privé, référentiel. Un jeu avant tout destiné à un public de proches. Et enfin, le créateur rate des occasions de blagues, tout bonnement, les monstres sont bien sérieux, les objets, dans leur immense majorité, manquent de jeux de mots (même si on en trouve quelques-uns, et pour le moins rigolos), et les répliques de certains passants sont déprimantes de banalité.
Et pourtant...
Là où "Parkko RPG 2", en 2003 (cinq ans déjà !) , se terminait sur une série de remerciements hors de propos et l´exclamation "VIVA CAITH SITH !" qui devait faire date, entérinant le statut de jeu nanar culte de l´aventure, "Parkko RPG : Traîtrise", une demi-décennie plus tard, se conclura d´une réplique elle aussi prononcée par "un certain personnage" (sur lequel je reviendrai), mais bien plus intelligente. Une blague simple et directe qui pose un point final à une histoire toute en détente, et peut s´interpréter comme un refus de briser le quatrième mur.
Si "Traîtrise" est placé sous le signe des gags dénotatifs, des calembours à deux sous et des plaisanteries faciles relatives à RPG Maker, aux RPGs en général ainsi qu´à "Final Fantasy VII", il en reste cela dit remarquablement accessible. Pourquoi ? Parce que de bout en bout, Thomas sait ce qu´il fait. Notre passionné de la création de RPG a gagné assez de bouteille pour savoir exactement où il se dirige, pour détailler où il faut, pour faire des raccourcis quand il en est besoin (l´idée des manuels de triche, par exemple, est proprement fulgurante, et ne parlons pas de celle du village de pub !) . Il y a quelques fausses notes, énumérées plus haut, cependant l´ensemble est joué avec art, selon la partition d´un "fiasco" délibéré et amusant. L´histoire est claire, compréhensible, et, dans son délire, elle garde une logique qui lui est propre.
Pour couronner le tout, un certain personnage, d´une imbécillité sans nom (là où son équivalent de "Parkko RPG 2" se montrait, forcément, brillant en tout, héroïque, infaillible, bref, un vrai Red Falcon), met tous les rires de son côté et, comme beaucoup de choses dans "Traîtrise", s´amuse des attentes du joueur.
Je me doute que je suis loin d´avoir profité du jeu autant que les participants à l´IRL, mais personnellement, j´y ai trouvé plaisir. J´ai profité de l´expérience. D´accord, "Déréliction" est d´un autre calibre, mais "Traîtrise" est une sacrée bouffée d´air frais. Merci à toi, Thomas, pour cette aventure légère qui se dévore sans faim, et à tous les autres pour les délires qui l´ont nourrie.