Voili voilou, un auteur crès peu connu par ici, qui espère vous faire plaisir en postant ses parchemins...
Je n´aurai sûrement pas une cadence olympienne, mais un chapitre par semaine, je pense pouvoir tenir...
Je m´excuse des fautes d´inatention... et je vous souhaite bonne lecture.
Prologue arrive !! !
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- -[ L’Héritage des Dragons ]-*
La lune s’étend dans le ciel ténébreux, le tranchant avec ses lames de lumière, créant une multitude de reflets étranges dans les nuages, éclairant voluptueusement le petit village de Dumwood.
Les habitants dorment profondément, harassés de leurs dures journées d’un labeur monotone ; bercés par leurs rêves insouciants et si apaisants. Le silence s’installe royalement, seulement perturbé par l’enclume vibrant sous les coups de marteau du forgeron et les prières que psalmodie le prêtre envers le dieu qui règne depuis les étoiles : célestes gardiennes des espoirs et des rêves.
Deux yeux mi-clos regardent vers le ciel, cherchant dans la profondeur de la mer céleste une source d’apaisement. Les cauchemars qui le hantent, où il voit un immense brasier consumer toute sa vie, le harcèlent tant qu’il ne peut plus dormir. Ses yeux frôlent la lune, il ressent un étrange sentiment. Derrière ses airs hautains d’astre si éloigné, elle semble inquiète. Il ne saurait s’expliquer pourquoi, il sent en elle une aura blafarde, inquiétante, chaude et répugnante. Un malaise l’emplit, il sort de chez lui et se dirige vers l’orée des bois, où il aime gaspiller son temps à écouter les oiseaux et les chouettes. Le sol est humide sous ses pieds nus, l’herbe le caresse, le chatouille presque. Cependant, il n’a pas envie de rire, cet état de malaise étouffant l’emplit si bien qu’il a envie de crier. Il court, s’écorche le pied sur un caillou escarpé puis s’arrête, à bout de souffle. La forêt est silencieuse…
Un drame se produit sans un bruit. Les rêves berçant, personne n’entend, pas même l’enclume ou le marteau, ni le prêtre ou le dieu qui veille depuis les cieux.
Une flamme s’allume dans la nuit, sinistre feu follet ocre et mortel. Bien vite imitée par ses sœurs, la flammèche devient bien vite un brasier ardent et opaque. Des rêves s’éteignent ; avec eux des cœurs innocents. Quelques cris s’élèvent des flammes, corps immolés jetant un dernier soupir dans ce monde injuste qui est le leur.
L’enclume vibre une dernière fois, le prêtre termine sa prière en hurlant de douleur.
Dumwood n’est plus, consumé, détruit, soufflé, balayé.
Pourquoi ? Plus personne n’est là pour en témoigner. Presque plus personne…
Une ombre se déplace parmi les cendres et les poutres carbonisées. Ses pieds, nus, écorchés et brûlés, laissent des traces fumantes. Ses yeux emplis de larmes, cristaux opalins de la tristesse qui l’emplit, parcourent la scène, le bûcher sanglant, cette symphonie de l’horreur. Des membres gisent, broyés, les flammes crépitent tendrement entre les baraques démolies.
Il cherche éperdument quelque chose, parcourant de ses yeux d’enfant les décombres. Enfin, il le trouve, il pousse un léger soupir, aussi empli d’amertume que de soulagement.
Ses doigts fébriles se crispent sur le médaillon du cadavre, il tire un coup sec tout en pleurant à chaudes larmes et arrache le pendentif en forme de croissant de lune. Sa vue se brouille, son cœur se révulse, il court, tombe à plusieurs reprises. Il court à en perdre haleine vers la forêt, seul lieu de refuge qu’il puisse trouver. Il regarde la lune, ressent une douce chaleur l’envahir et tombe pour de bon.
Quelle triste journée pour cet enfant.
Après tout, il n’avait que quatorze ans…