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Yggdrasil, le vain espoir

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
30 septembre 2009 à 21:10:54

Mais non, mais non, ca se lit très bien et très vite :ange:

Parkko
Parkko
Niveau 38
04 octobre 2009 à 11:00:23

J'ai lu le chapitre.

Je ne sais pas qui a crée le personnage Le Chat, mais il devient de plus en plus antipathique (le personnage, pas son créateur !) .
Il se révèle intéressant, manipulateur et bon stratège je trouve.

Pour parler du chapitre en lui même, il pose l'action qui devrait arriver.
Pourquoi Renaud est-il parti chez les LG d'ailleurs ?

Sinon, le chapitre était vraiment très compact (surtout le passage vers la fin), y a pas eu un seul dialogue (sauf la fin).

Je pense que ce chapitre sert un peu de préambule à ce qui va suivre.

Parkko
Parkko
Niveau 38
23 janvier 2010 à 16:02:36

Up :hap:

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
25 février 2010 à 23:18:25

Tada!

En fait, pas maintenant, mais bientôt :dehors:

Parkko
Parkko
Niveau 38
26 février 2010 à 18:43:51

L'indien n'est même pas venu commenter le chapitre :snif:

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
04 mars 2010 à 22:56:16

Argh, aucun tiret n'est passé o_O Parkko, efface donc ces trois messages que je remettes ca proprement...

Parkko
Parkko
Niveau 38
04 mars 2010 à 23:52:22

C'est bon.

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
04 mars 2010 à 23:56:40

Merci votre Seigneurie!

Chapitre LI: Dystopie.
Le petit chasseur allait se poser tranquillement sur le coin d'herbe qui semblait perdu au
milieu de l'immense ville tentaculaire que constituait Midgar. Après huit mois de périples, il
semblait pourtant relativement en bon état. Quelques impacts de ci de là, mais rien de bien sérieux.
L'ensemble dégageait toutefois une impression vieillote, quelque chose de suranné et de dépassé.
Comme si le matériel jurait terriblement avec les structures survolées. L'homme qui pilotait l'engin
sortit du cockpit une fois ses manoeuvres achevées et commença par allumer une cigarette. Il souffla
quelques ronds de fumées, se frotta la barbe mal taillée qui ornait ses joues et souriait comme s'il se
félicitait d'on ne savait quelle réussite, avant de se tourner et de se trouver face à une dizaines de
soldats lourdement armés, entourant un jeune homme qui affichait un immense sourire. Ce dernier
pointa du doigt une bâtisse cachée par les arbres avant de prendre la parole.
- La douche, ce sera là-bas. J'imagine qu'après dix jours de vol, même si vous disposez de
certains artifices, ce sera avec plaisir non?
- Effectivement, concéda le nouveau venu encore perplexe. C'est pour m'impressionner ce
comité d'accueil qui semble si peu me gouter?
- Non, ils sont persuadés que vous êtes un danger pour moi. Mais je vous ai cerné, enfin votre
personnalité. Donc vous viendrez discuter avec moi une fois que vous serez présentable.
- Qu'est ce qui vous fait croire que j'ai envie de me jeter dans la gueule du loup aussi vite?
- Vous n'auriez jamais fait ce voyage si ce n'était pas pour me voir, moi le Léviathan. Je vous
connais bien mieux que ce vous pouvez imaginer, monsieur le Chien Chanceux. Et même le
dernier d'entre eux.
- Il est arrivé quelque chose à l'Ange?
- Inquiet? Non, si vous l'étiez, vous seriez resté sur la planète d'où vous venez, sur le caillou
pourri des Valkyries. Mais vous êtes là, en pur égoïste. Enfin d'après les apparences.
- Je crois qu'on commence superbement nos discussions. Espérons que la douche ne
refroidisse pas ma tête, mais la vôtre, sinon, cela pourrait mal se passer.
- Ah? Parce que vous vous pensez en position de me menacer? Au milieu d'une planète
hostile, où seuls ceux qui me sont fidèles vivent? Il est bon d'espérer, mais là, c'est drôle, je
vous le concède. Dégagez, vous finirez par me lasser, alors ne jouez pas avec notre patience.
Laissant l'homme en plan, le Chat retourna tranquillement vers sa demeure. En quelques
mois, à la place de l'ancien palais de la police politique, il avait fait ériger une demeure bien plus
agréable et bien plus ouverte. Lumineuse, populeuse, elle incarnait, selon lui, sa politique
d'ouverture sur les autres, chose qui marchait fort bien pour le moment. Il eut à attendre une bonne
heure avant que Reynard ne soit annoncé comme son prochain interlocuteur. Ayant donné ses
consignes, il savait que son nouvel invité n'avait pas eu à attendre. Ses gardes le firent entrer, et le
Chat sourit en le voyant porter le même long manteau noir que ses hommes. A la seule différence
qu'en lieu et place de la gueule de loup sur l'épaule, une tête de chien, que Reynard trouvait proche
d'un bouledogue, reflétait la lumière avec des éclats argentés. Le Chat se fit servir des jus de fruits,
en proposa un à son aîné avant de savourer le sien. Il n'avait pas l'intention d'entamer le bavardage,
voulant laisser Reynard se livrer, mais au bout d'un bon quart d'heure, seulement animé par le bruit
des verres et les aiguilles de l'immense pendule, il finit par se résoudre à changer ses plans.
- Vous avez décidé d'être aussi bavard que sur l'Einstein?
- Pardon?
- Mis à part l'Ange, avec qui avez-vous échangé plus de cent mots en quelques mois de
voyage avec vos compagnons humains? Personne non? En tout cas, quand j'étais à votre
bord, vous teniez plutôt de votre poisson là...
- La carpe...
- Possible... Ca ou un cachalot, c'est du pareil au même pour moi. Des trucs utiles pour faire le
génie en société, donc qui ne servent strictement à rien. Surtout à une confrérie qui n'a
jamais eu et qui n'aura jamais l'intention de rallier votre système stellaire.
- Oui?
- Non?
- Pardon?
- Rien... J'espérais que vous soyez légèrement plus bavard avec moi que par le passé, c'est ce
que je vous disais. Mais vous démontrez le contraire à peine notre amicale discussion
entamée. C'est frustrant. On dirait que vous avez tous les atouts dans la main et que vous
êtes incapable de conclure.
- Désolé...
- Ne vous excusez pas. D'après les rumeurs qui couraient, c'était visiblement le cas aussi en ce
qui concerne l'Ange non? Ah, enfin vous quittez votre masque, répliqua le Chat amusé
devant le regard noir du Chien Chanceux. On peut passer aux choses sérieuses?
- Si vous voulez... Mais n'attendez pas de moi quelque renseignement que ce soit. Non
seulement je ne suis au courant de rien ou presque depuis huit mois, mais en plus, je n'ai
guère envie de trahir mes anciens amis.
- Et pourtant, vous êtes chez nous. Vous connaissez notre surnom de vermines de l'univers.
Vous connaissez notre réputation. Et vous venez imposer des principes moraux au chef
même de cette organisation...
- Parce qu'il est facile de faire prendre un homme, un groupe d'individus pour des monstres.
Une bonne propagande, de bons intermédiaires et la rumeur fait bien plus de dégâts que la
réalité.
- Intéressant. J'oserais dire qu'on sent le vécu. Après tout, c'est ce qui s'est passé quand votre
groupe de combat, sur Terre, s'est retrouvé en face des résistants de Ljubljana non? Et ceux
de votre chef, le truc de Raguse quand sa police politique a lutté contre le mouvement
Renaissance quelques années après la fin de la guerre? Oui, je sais tout cela. Mais sur nous,
vous vous trompez, notre passé a suffi à alimenter notre réputation.
- Mais ce n'est plus le cas. Vous avez repris les choses en main, redressé la barre en quelque
sorte et redonné un vernis de respectabilité aux vôtres.
- Un vernis seulement. Et uniquement parce que le carnage est devenu la règle du jeu. Votre
pasionaria mène une vraie guerre sainte contre les planétoïdes avoisinant votre colonie
humaine, les troupes de Loki et de Balder, enfin ce qu'il en reste pour ces dernières, se font
un remake de Ragnarök sans qu'aucun dieu ne soit présent, les Valkyries sont... Bah ce
qu'elles auraient dû devenir depuis longtemps.
- Comment ça? Qu'est ce que Brunehilde a enclenché?
- C'est un peu compliqué. Les Valkyries sont normalement les gardiennes de l'Ordre. De tout
un système complètement en déliquescence, mais qu'elles maintenaient en place jusqu'au
Grand Boxon. Que Loki a commencé volontiers. Maintenant, elles ont à jouer leur propre
carte, en attendant la redistribution des rôles, des sphères d'influence, etc... Votre Ange,
d'après mes espions, l'a pas mal aidée dans sa tâche. Deux planètes, tout un banc d'astéroïdes
miniers, des ressources à foison, la plus grosse flotte, la seule armée professionnelle jusqu'au
bout des ongles.
- L'Ange l'a aidée?
- Oui. Je n'en ai pas la preuve, mais visiblement, c'est le cas. Les Valkyries n'ont jamais été
très douées pour l'infiltration. Pour l'assassinat oui, mais c'était plutôt les embuscades. Là,
on a dénombré une cinquantaine de responsables de diverses armées qui sont tombés sous
les coups de tueurs non identifiés. Votre Jessyca fait bande à part de fort belle manière.
- Si vous le dîtes. Mais je présume que vous ne m'avez pas fait venir là uniquement pour me
parler de mes anciens compagnons d'arme et de la géopolitique actuelle.
- Non, j'ai simplement une question à vous poser. Quel personnage important va mourir parmi
mon état-major? Ne regardez pas le tableau des paris, c'est un jeu stupide entre nous, votre
propos n'a rien à voir avec cela.
- Comment voulez-vous que je le sache?
- Et bien, vous êtes Charon non? Inutile de nier, je suis allé au temple souterrain. Enfin sousmarin
maintenant que je l'ai noyé. Une chose bien dangereuse quand on sait comment
l'utiliser. Même moi, j'ai eu du mal à contrôler mon envie de tout savoir, de tout connaître et
donc de devenir un monstre comme Odin, assoiffé de pouvoir et de terreur.
- Quel est le rapport entre Charon et une quelconque préscience de mort? Je ne suis pas
omniscient...
- Vous ne serez qu'un charognard alors, répondit le Chat visiblement déçu. Dommage. A vrai
dire, je connais votre mythe, votre passé. L'Ange est passé par ici peu après votre départ.
Elle était persuadée de déjà vous trouver parmi nous et pensait vous convaincre de revenir.
Vu son passif, elle a gentiment accepté avec nous de partager ses connaissances contre la
permission d'aller librement entre les Valkyries et nous.
- Vous avez signé un traité de paix avec les Valkyries?
- Non, non, pas à ce point. Disons que nous normalisons notre position. Nous nous tapons
tous joyeusement dessus, donc pourquoi ne pas boire tranquillement quelques verres
ensemble de temps à autre, évoquant la mauvaise fortune d'un ennemi commun, un sourire
aux lèvre?
- Et elle a accepté de me trahir? Elle a fait cela?
- Je crois que vous vous emportez. A ses yeux, aux yeux de votre promesse, celle faite avant
le départ, n'est ce pas vous qui avez trahi? « Nous trouverons la solution ensemble, donc
restons en contact le plus possible, quelque soit les circonstances »? Elle a choisi de risquer
sa tête en venant ici parce qu'elle pensait vous trouver, et vous la condamnez. Un peu
simpliste comme raisonnement.
- Elle ne sait pas, elle ne comprendrait pas. Elle n'y était pas...
- Je crois qu'elle en a aussi marre de toute cette logique, coupa Munemori. Après tout, n'êtesvous
pas tous deux membres du même ordre combattant? Lui avez-vous infligé les
tourments qui lui permettent de vivre aussi longtemps, oui ou non?
- Oui... A-t-elle laissé un message?
- Oui, rassurez-vous. « Il est mort, plus rien ne compte. On se retrouvera sur le trèfle sans
doute ». Le trèfle?
- En quelque sorte notre point de rendez-vous secret. Une île nommée Irlande sur notre
planète natale. Elle y a depuis longtemps une grande maison. Assez pour qu'on s'y retrouve
et qu'on fasse très largement chambre à part.

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
04 mars 2010 à 23:57:05

Mat Vestri était penché sur une carte, la mine soucieuse. Quelques rides avaient fait leur
apparition, ici et là, au fur et à mesure que les soucis s'étaient accumulés sur lui. Certes, il avait
toujours l'atout secret, ce que personne ne connaissait sauf lui et Loki, même si pour ce dernier, ce
n'était plus très utile, mais il refusait de s'en servir depuis longtemps. La jumelle survivante, qui
subodorait quelque chose, l'avait longtemps relancé, jusqu'à se prendre un savon monumental, mais
n'avait rien obtenu en ce sens. Ni même appris quelque chose. Elle devinait juste l'ultime joker des
siens, mais qui ne devait pas être utilisé n'importe comment. Mat avait spécifié qu'il s'agissait d'un
coup à double tranchant. Elle imaginait une bombe énorme, dévastatrice. Ou encore un moyen de
ressusciter les morts. Bref, un pouvoir vraiment ambivalent, même si Mat souriait parfois de ses
idées. Et elle se vantait d'être désormais la seule à pouvoir le fait sourire, même Timorn n'arrivait
pas à le décrisper. Cela datait de quelques semaines, de la prise des astéroïdes miniers par les
Valkyries. Elle n'avait pas compris tout de suite pourquoi Mat avait été comme frappé par l'annonce
de la chute de cette bande de cailloux volants en groupe, mais il n'avait fallu que quelques jours
pour qu'elle voie certains des rapports chiffrés, toujours affichés dans la salle de commandement du
palais de Loki, diminuer copieusement. Mat lui avait appris qu'il s'agissait des perspectives de
productions d'armes, de navires et de munitions. Les Valkyries avaient coupé l'accès aux ressources
clés à tout le système. Et les derniers fidèles de Balder avaient pris une sérieuse déculottée en
montant une expédition de piraterie. Déjà affaiblis par la mort de Siegfried et le passage de toute sa
flotte sous la bannière Valkyrie, par le ralliement des différents ordres de moines soldats à
Brunehilde et sa faction, ils avaient perdu les deux tiers de leur flotte dans une embuscade modèle.
Et sur le peu de vaisseaux rentrés sur Hellheim, leur dernier port d'attache, beaucoup n'étaient pas
en état de reprendre le combat sans de sérieuses réparations. Réparations liées aux pièces,
indisponibles car les usines manquaient de matières premières. A cause des Valkyries. Ils s'étaient
en quelque sorte suicidés, avec un certain panache, mais surtout une bonne dose de stupidité,
lançant leur raid tout de suite après l'annonce du changement de seigneurie sur les Mines, avant que
les flottes Valkyries aient commencé à se retirer...
Mat, lui, avait pensé à négocier. Peine perdue, et il s'était fallu de peu qu'un de ses
diplomates ne soit pas étêté avant de lui être rendu. Il devait donc recomposer ses armées pour
trouver l'équilibre entre la défense de ses territoires face aux troupes de Balder, de plus en plus
enclavées, mais aussi désespérées comme le signalaient les nombreux rapports d'attentats suicides,
face aux Valkyries qui n'hésiteraient pas à tenter leur chance sur différents endroits. Il se résolut à
convoquer Timorn. Ce dernier écouta son plan, se rembrunissant de minute en minute. Après avoir
protesté qu'il n'avait aucune envie d'aller sur Rhen Var, il fut réduit au silence par un Vestri excédé,
qui exigeait qu'il accomplisse son rôle. De toute façon, la seule différence qui lui fut signifié, c'était
la possibilité ou non d'un billet retour, ce dernier n'existant que s'il jouait son rôle. Timorn fut mis
dans le vaisseau le lendemain matin, de bonne heure, pour retrouver les siens. Bien qu'il ne sache
jamais vraiment si Mat n'était pas ironique en parlant de la fraternité humaine...
Morgan avait visiblement quelques intérêts à cette discussion, car elle prit la peine de se
déplacer en personne pour accueillir son pseudo ambassadeur à son arrivée. Cette dernière, vêtue
d'une robe hors de prix, avait une grâce et un charme fous. Sauf que Timorn savait que le caractère
de cette dernière l'était aussi complètement. Et que sa grâce et son agilité ne se dévoilaient jamais
mieux qu'une arme à la main. Un peu gêné, il comprit vite toutefois la raison de la sympathie
inattendue de la jeune femme. Elle avait dû avoir une conversation avec Mat, et témoignait une
amitié sans doute forcée pour lui couper toute envie de désertion. L'ami de la dictatrice de plusieurs
mondes ne pouvait pas être un résistant à son pouvoir fiable, mais à tous les coups un inflitré en toc.
Dans la voiture qui les menait vers le complexe palatal de la jeune femme, à mi-chemin entre la cité
administrative, le groupe épiscopal mithraïque, le camp militaire et le palais impérial, il observait le
paysage depuis quelques kilomètres quand il s'aperçut qu'elle ne disait rien, contrairement aux fois
précédentes où elle avait été plutôt loquace. Il finit par se détourner de la suite de villas et
d'immeubles pour faire face à celle qu'il comparait à une mante religieuse. Enfoncée dans les sièges
en cuir, l'air terriblement sérieux, elle le détaillait fixement.
- Toi aussi, Timorn?
- Moi aussi quoi? Trahir comme Reynard? Me condamner à crever dans un trou boueux? C'est
du grand n'importe quoi ce qu'il a fait.
- Non, la nostalgie de notre système solaire. Plusieurs unités ont demandé à être relevées la
prochaine fois. Pas simplement des renforts, mais une vraie rotation. Pourquoi pensais-tu à
la trahison?
- Parce que je pensais que la mise en scène à l'aéroport était destinée à me griller sur ce planlà.
- C'est méchant de dire cela à une charmante jeune fille. Je finirais par croire que tu es un
rustre. La vérité, c'est que j'aime bien te voir, cela change un peu des mêmes têtes
permanentes. Encore plus depuis qu'on nous a expédié quelques scribouillards pour servir de
relais administratifs. Ils sont plus que barbants. Contrairement à eux, je t'apprécie. Tu
m'amuses.
- Ah, merci, répondit poliment Timorn sans trop savoir ce qui se cachait derrière cela. Quelles
nouvelles de la Terre d'ailleurs?
- Tiens, cela fait six mois que tu n'en avais pas fait la demande... Un nouveau Soleil Noir est
apparu. Inutile d'avoir peur, ils n'ont aucun lien avec toi ou ton père. Ils ont repris la base
idéologique, mais ailleurs. Aucun des mentors du premier groupe ne s'y retrouve, donc on
suppose qu'il s'agit d'une copie. Fort ambitieuse, puisqu'elle compte fédérer les ghettos et les
endroits surpeuplés de pauvres pour lancer une révolte « sociale », mais elle n'a pas les reins
assez solides.
- Et si c'était le cas, les leurs de reins seraient brisés assez vite non?
- Tiens, tu connais le sarcasme? Oui, effectivement, les polices et les groupes de milices
pourraient fort bien réussir à les tenir. Mais le problème, ce serait de créer des martyrs par la
violence ou l'emprisonnement. L'implantation durable de la résistance à Raguse a été liée à
ça. Et aux amis de ton père, je sais.
- Vous allez donc vous lancer dans une opération politique, de la communication. Un plan
pauvres, un truc du genre pour laisser un os à ronger et couper leurs bases de recrutement?
- J'aimerais que tu laisses tomber le vous. Je ne suis pas mêlée à tout cette chienlit, j'ai déjà
suffisamment à faire entre les gamins capricieux, les alliés exigeants et les adolescentes
rebelles qui veulent offrir ma tête à leur idole.
- Je ne suis qu'un gamin capricieux à tes yeux? C'est bon à savoir...
- Vexé? Je ne faisais pas référence à toi, lâcha-t-elle en riant. Enfin, pas encore, mais si tu
continues à bouder perpétuellement, tu en feras partie, oui. Non, nos deux vieux ont décidé
de devenir complètement gagas. Enfin dans les formes, vu qu'ils m'ont envoyé leurs lettres
de démission. Mais Reynard et l'Ange sont officiellement retirés des cadres de l'armée et
redeviennent des barbouzes.
- L'Ange? Je la croyais toujours prisonnière là-bas, chez les Valkyries...
- Oui, nous aussi, jusqu'à la lettre. Mais visiblement, elle a trouvé sa cause à défendre. Elle a
même mené personnellement l'assaut contre des officiers et un gouverneur de Mat. Ce
dernier ne t'en a pas parlé, par peur que tu joues les samaritains et que tu cherches à la
convaincre de revenir dans nos rangs. Ce qui n'aurait sans doute pas manqué de piquant, toi
au milieu des Valkyries, cherchant à convaincre une transfuge qu'elle se lie à des truffes.
- Moui...
- Tu repars dès les accords signés d'après ce que j'ai appris. Nous te faisons peur ou... Enfin, je
pense que j'aurais la réponse dès que j'aurais le faire-part non?
- Quoi? Quel faire-part?
- La gamine, la jumelle qui ne sert plus à rien. Celle que tu dois lutiner dans tes moments
d'oublis?
- Jalouse?
- Non, pas du tout la tomate. Oui, ce surnom va bien avec ton teint écarlate, alors inutile de
rouspéter. Je ne comprends pas ce que tu peux trouver de si génial là-bas.
- Des baleines volantes, répondit-il simplement devant la mine incongrue de Morgan

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
06 mars 2010 à 23:53:17

N'empêche, que tous les Anciens soient encore là et qu'ils continuent à exceller et à s'améliorer dans leur art, c'est assez magnifique, je vous tire mon chapeau les Cetras, d'autant plus que ça a l'air stylistiquement remarquable.

Parkko
Parkko
Niveau 38
07 mars 2010 à 11:14:33

Tiens les baleines volantes ça faisait longtemps je les avait oublié.

Sinon un peu de mal au début à tout replacer dans le contexte (surtout l'histoire de l'Ange que j'avais oublié, les autres ça va mieux, vu que de toute façon Le Chat est la star de ces derniers chapitres, quant à la partie sur Mat, Timorn, La Jumelle et Morgan je me souviens plutôt bien aussi).

Par contre faudra faire aperçu la prochaine fois que tu postes car la mise en page est pas top :snif:

Sugy
Sugy
Niveau 10
18 juin 2010 à 19:46:22

Haaan, j'ai tout lu en cinq jours. Ne suis-je pas magnifique ?

Mais, euh... pour le commentaire, ce sera un peu plus tard ! ^__^

Et moi j'ai plein de bonnes nouvelles concernant le prochaine chapitre :coeur:

Sugy
Sugy
Niveau 10
23 juin 2010 à 22:19:45

Et j'écris un commentaire !

J'y vais aller de façon général et un peu plus en pronfondeur pour le dernier chapitre n_n Et, euh... je suis pas L'Indyen t'attends pas non plus à des commentaires aussi longs que les chapitres.

Alors quand j'ai commencé la relecture de la fic, j'y ai pris beaucoup de plaisir. L'histoire est bien tissé et on ne manque pas de rebondissements. Par contre, je trouve que c'est parfois difficile de se retrouver à travers certaines descriptions et je devais relire la phrase pas deux fois.

Les personnages sont biens ! Je m'explique : je ne sais jamais qui considérer comme méchant ou comme gentil. Les deux camps aliens ont leur propre motivation. Pour les humains, c'est une autre paire de manche : Syd (Morgan aussi) semble plutôt assoifé de pouvoir et travaille à leur propre compte. J'aime pas Morgan, gna. Elle aussi détestable que Violine, comme je t'ai déjà dis (bon bien que tu m'ai dit que Morgan était plus complexe. on voit d'ailleurs la pointe de l'iceberg dans le chapitre 53). J'aime bien aussi l'évolution des personnages, notamment Vestri qui gravie de plus en plus les échellons. C'est une bonne chose, car ça rend la fic plus réel. Les personnages changent d'idées, de stratégies, de comportements. Le chat est d'ailleurs un autre bon exemple.

Au niveau du style, on remarque bien que t'es un historien \m/
Tu t'attardes beaucoup sur des détails que moi je ne m'attarde pas suffisament : la topogrpahie d'un lieu, le type habitation, l'arhcitecture de façon générale. Lers personnages sont tous décris au moins une fois, mais on revient ensuite rarement sur leurs caractéristiques, c'est un peu dommage, car ça pourrait nous permettre de faire des liens et de se rappeler d'eux (j'avais un peu de difficulté à mémoriser les personnages secondaire, exemple). J'aime bien les combats, ils sont remplis d'actions et ont un bon rythme. il suffirait juste de faire attention à ne pas mélanger le lecteur. Quand on se relit on se dit que c'est okay, mais on devrait parfois se mettre du point de vue du lecteur pour corriger certains trucs.

Alors voilà pour l'ensemble. J'aime bien, je me laisse facilement prendre dans l'histoire :coeur: Simplement vérifé à ne pas faire dans le trop lourd dans certains pavés afin de ne pas mêlé le lecteur.

Chapitre 53 :
Haaan ! Il est cro bien parce que je suis la vedette ! :coeur:

Sans rire : c'est plutôt un chapitre axé sur les révélations que l'action. C'est le calme avant la tempête : on en apprend davantage sur Morgan qui semble beaucoup plus louche et aussi sur les Réprouvées, bien que Jessie soit plus ou moin chaude à cette idée. On voit qu'elle se rapproche de l'Ange, ayant perdu son homme et Reynard son confident des derniers temps, mais elle ne lui fait pas tout à fait confiance, avec raison, parce que l'Ange elle est imprévisible, mais j'aime bien ce perso !

Le prochain chapitre, il promet avec le combat Mat VS Jessie :coeur: J'espère qu'il va devenir mon esclave, mais j'ai l'impression que ce ne sera que partie remise et que nos deux amis vont devoir s'affronter une autre fois.

Alors voilà, je t'aime continue d'écrire ! Entre pauvres auteurs peu populaire on se tiens les coudes ! :coeur:

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
24 juin 2010 à 15:17:13

Merci :coeur:

Deja, je suis content que tu me confirmes que le rendu des personnages est celui que je voulais: chacun a ses intérêts, pas de gentils ni de méchants au sens manichéen. Ceci étant, plus tu multiplies les factions, plus c'est facile, je l'admets...

Et oui, je suis à la ramasse sur les rappels, j'avoue :rire:

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
27 juin 2010 à 21:13:30

Chapitre LIII: Sic transit gloria mundi...

Son horoscope avait annoncé de fortes perturbations dans la journée, tant physiques qu'émotionnelles, mais il n'y avait guère prêté attention, la faune qui pullulait autour de lui ne lui faisait pas confiance et il leur rendait bien cela, y compris aux augures et autres prophètes de pacotille. Ils se méfiaient de lui, sans trop qu'il sache pourquoi. Le fait qu'il ait eu l'oreille du dieu et que maintenant, il ne puisse plus rien prouver de cela sans doute. La jalousie parce qu'il avait démontré à de nombreuses reprises ses talents de combattant au-dessus de la moyenne... Mais aujourd'hui, il allait enfin faire face à celle dont il avait finalement peur. Peur parce qu'il savait depuis toujours que cette rencontre fatale était programmée à un moment ou à un autre et qu'il n'échapperait pas une nouvelle fois à son sort. Il murmura un faible « Je n'ai pas peur », uniquement pour lui car personne n'aurait pu l'entendre vu le ton, prit son arme et se prépara à faire face. Oh, dans quelques instants, il serait sans doute un cadavre, mais cela ne le gênait même pas. Il avait vécu pour servir des commandants bien trop importants pour qu'il soit autre chose qu'un accessoire, il avait gravi les échelons peu à peu, à mesure des circonstances et était finalement le dernier encore en lice. Non, il y avait la jeune fille, mais elle ne lui servait pas à grand chose, avait toujours refusé quoi que ce soit. Pour lui, elle avait toujours été une gamine sous des dehors de femme, préférant voir le combat comme un jeu plutôt qu'une chose horrible sérieuse. Il prit calmement son arme et s'appliqua à pouvoir donner son meilleur coup, afin de mourir dans la gloire si possible.

    • *******

Jessie avançait aux côtés d'Ester d'un pas rapide. Elle n'avait pas l'intention de gâcher des vies inutilement, quand bien même ce serait des fanatiques dangereuses. Elle estimait trop la vie de ses combattantes pour laisser une brute comme Vestri profiter de la situation. Elle le méprisait cordialement, l'homme était tellement frustre, même si elle savait parfaitement qu'il avait une connaissance tactique hors normes. Sans doute pour compenser son côté benêt et son manque de culture, ses espionnes lui avaient souvent indiquée qu'il se plongeait de longues heures dans les traités militaires, les simulations et autres reconstitutions. Mais il était celui qui avait permis à Stéphane de mourir, celui qui méprisait « l'avorton » comme il appelait l'ancien amant de la Valkyrie. Pour cela, sa mort serait longue, après des années de servitude. Elle se plut à remarquer que pour un bouseux de son espèce, servir les Valkyries serait une promotion sociale évidente. Ester lui indiqua soudainement l'endroit. Elles se savaient repérées depuis longtemps, mais aucun des soudards de Mat n'avait tenté quoi que ce soit. Jessie sut alors qu'elle avait eu tort de sous-estimer l'impact mental des Gardiens. Enfin, des Gardiennes, puisqu'elle avait reconstitué les deux brigades sur une base entièrement féminine. Hugin et Munin étaient donc bien plus terrifiantes qu'elle n'aurait imaginé. Amusant, et ouvrant de nouvelles perspectives stratégiques à moyen terme. Pour le moment, elle devait en sauver le plus possible. Sur le chemin, des cadavres gisaient en pagaille, mais surtout vêtus de l'uniforme des troupes territoriales, les conscrits de Mat. Il avait donc eu la capacité de tenter d'en sauver une partie, l'allant de conserver son autorité avant que ses filles ne les pulvérisent. Un bon point pour elles, surtout qu'elle n'avait vu aucune cape noire. Si elles avaient subi des pertes, c'était contre Mat et sa garde et cela leur vaudrait son estime.

La situation était moins grave que prévue, mais Jessie comprit pourquoi Ester l'avait appelée. Les Valkyries n'avaient laissé que cinq ou six mortes derrière elles, une dizaine semblaient blessées, mais aucune n'était assise. Toutefois, l'avantage stratégique de Mat et de sa centaine de gardes faisait que l'ennemi les poussait vers une superbe nasse. Si cela se produisait, c'était l'anéantissement total des deux brigades improvisées. Elles se mirent à courir, Jessie devançant son adjointe de plus en plus et se jetant comme une furie sur les trois soldats en face d'elle. Six coups d'épée, et c'était fini pour eux. Ragaillardies par la venue de leur idole, les Valkyries se reprirent un peu, défendant chèrement leur peau et faisant tomber quelques gardes. Mat fulminait et Jessie arriva enfin à portée de voix, une fois un chemin frayé jusqu'à ses fidèles.

- Je sais que c'est Brunehilde, je ne suis pas stupide, tempêtait Mat.
- Et pourtant, tu donnes l'impression du contraire, tu restes là.
- Ah, j'oubliais que les Valkyries n'avaient aucun sens de l'éthique de l'honneur, pesta Mat.
- Pardon?, s'empourpra Ester.
- Tiens, la gamine veut participer?
- Calme tes ardeurs vieux bouc, trancha Jessie. Et parle-moi donc de ton honneur, monsieur je suis fier d'avoir mis à sac des planètes civiles et d'avoir participé au plus grand carnage de l'histoire.
- Laïa, répondit simplement Mat. Je sais qu'elle est morte, nos espions valent les vôtres.
- S'ils ont ta tête de satyre, sans doute, parce qu'avec ton allure de veau, ils auraient dû être vite repérés. Mais cela ne répond pas à ma demande.
- Tu l'as tuée. Ta soeur de combat, ton amie. Sans scrupule. Pourquoi? Pour lui offrir des funérailles grandioses derrière? Allons, l'enterrement servait à racheter ta conscience, à purger ton péché d'avoir tué une déesse.
- Possible. Tu ne pourras jamais comprendre cela, parce que tu n'as aucune éducation. Tu n'as aucune éducation parce que tu n'es pas né au bon endroit, lâcha perfidement Jessie. Tu ne peux pas comprendre le code d'honneur des Valkyries parce que tu n'as jamais discuté avec l'une d'entre nous. Tu t'imagines en train de prendre ta revanche parce que tu es à la tête de l'armée de Loki, mais tu ne lui arriveras jamais à la cheville.
- Ce n'est pas la peine de me provoquer, je suis suffisamment chaud pour trancher ta tête sans tes petites insultes.
- Dit le chef d'armée qui se retrouve là parce qu'il était le « mignon » de Loki, ironisa Jessie. C'est assez drôle de voir comme tu étais jaloux des jumelles, tous les trois en train d'essayer de capter son attention pour qu'il vous cède des miettes... Maintenant, bats-toi si tu as du cran, j'ai besoin d'une carpette et d'un esclave.
- Je crois que tu rêves. Par contre, pour reprendre un poncif, je me demande comment je vais devoir calmer les ardeurs de bouc, pour reprendre ton compliment, de mes troupes quand tu seras morte et que ton bastion tombera.

Mat fit le premier pas, se jetant à l'assaut. Avec un sourire aux coins des lèvres, il vit Jessie tenter de parer le coup avec son épée. Il était persuadé que cela allait passer, ce n'était pas la défense la plus efficace, ni celle qu'il avait prévue. Il allait donc pouvoir gagner? Il avait du mal à le réaliser, il n'aurait jamais penser la partie si facile, et pourtant...

    • ****

L'Ange venait de finir son repas. Comme toujours, seule. Parce que les Valkyries refusaient de lui parler, sauf dans leur langue bizarre. Elle avait toutefois aperçu chez certaines une lueur d'estime quand elle avait rossé quatre soeurs, des habituées des combats de rue selon Jessie. Elle ne se pressait pas pour rentrer dans les appartements de Brunehilde. Elle y passait ses journées, ingurgitant des Eddas, d'autres poésies moins épiques, des livres d'Histoire ou encore de simples romans. Elle avait été surprise de découvrir quelques uns d'entre eux, bien cachés derrière des tas de rapports administratifs, comme si Jessie était honteuse de les posséder. Et pourtant, en truquant un peu, elle avait découvert que la Valkyrie en lisait un par semaine au moins. Cela la faisait sourire de démasquer le côté fleur bleue de sa seule amie dans ce coin de l'univers. Mais en même temps, cela la renvoyait à son passé, et elle n'aimait guère se souvenir qu'elle avait des rêves, avant que les Années Noires balaient tout cela et qu'elle se transforme en froide exécutrice. Elle se sentait angoissée, et se dit pour plaisanter que c'était comme cela à chaque fois qu'une mauvaise chose devait se passer, histoire de respecter les clichés que visiblement sa jeune supérieure adorait. Mais elle se doutait que quelque chose semblait louche quand elle entendit des échos de voix masculines. A part le nain vert et ses trois épées, aucun homme ne traînait ici. Ah si, le psychopathe à la faux, mais de plus en plus rarement. Reynard était parti depuis quelques mois maintenant, on approchait de l'anniversaire de son départ à grands pas. Elle sortit donc deux dagues, une dans chaque main, qu'elle soupesa. Elle se déplaçait de plus en plus lentement et s'arrêta à un angle. Cela puait le sang frais. Mais aucun bruit à l'horizon, si ce n'était quelques râles d'agonie. Elle se décida à passer l'angle pour trouver une douzaine de corps, épars. Quatre hommes, le reste était des Valkyries, pour la plupart des novices. La lutte avait dû être courte, mais sans bruit. Des flèches ça et là montraient comment résoudre le problème. Elle accéléra un peu, tout en faisant attention à ne pas faire beaucoup de bruit. Elle se rapprochait peu à peu du bureau de Jessie et comprit qu'il s'agissait d'une mission kamikaze: les hommes étaient entrés sans discrétion parce qu'ils savaient qu'ils ne sortiraient pas. Le seul objectif était de transmettre autant d'informations que possible avant de se faire occire. Elle eut envie de les comparer avec les brigades Hugin et Munin, mais savait que Jessie n'oserait pas aller si loin. Pas pour le moment du moins, mais l'Ange savait que Jessie avait hésité quand on lui avait proposé de maximiser les dégâts en planifier des attaques suicides. Un jour, si la guerre tournait mal, elle en viendrait à la même extrêmité.

L'Ange déboula sur le bureau, devant deux gardes. L'un d'entre eux lui jeta un sort de feu, qui se perdit après avoir fait explosé la baie vitrée derrière la femme qui l'attaquait. Elle riposta en lançant l'une de ses deux dagues qui finit sa course dans la gorge de son adversaire. L'autre sortit une longue épée, donna un coup de taille d'une forte puissance, mais trop ample. L'Ange ne profita pour se glisser sous sa garde et lui ouvrir le ventre d'un geste sec, avant de l'étrangler pour qu'il n'évite de faire trop de bruit. Elle arrêta au bout de quelques secondes, constatant qu'elle avait agi par réflexe. L'explosion du verre avait été suffisamment peu discrète et elle n'avait plus besoin de prendre des gants. Elle prépara un sort dont elle avait le secret et au bout de quelques secondes, un mince ruban de fumée verte passa sous la porte. Elle continua l'incantation avec d'autant plus d'ardeur qu'elle entendait les cris et les râles. D'un geste de la main, elle fit signe aux quelques Valkyries venues la rejoindre qu'elle n'avait pas besoin d'elles. Elle rompit la magie au bout de quelques minutes et les femmes entrèrent dans la pièce, jonchée de cadavres. Certains avaient pris le parti de se suicider, sans doute pour éviter la torture. Mais deux étaient encore vivants, dont un complètement hagard, en train de tousser à pleins poumons, à quatre pattes sur le sol. L'Ange passa alors un filin d'acier autour de son cou, serrant suffisamment pour l'entailler à peine. Mais juste avait-elle fait cela que l'homme commença à forcer, hurlant de douleur, elle n'eut pas le temps de lâcher son emprise qu'il avait déjà tranché ce qu'il fallait de chair pour ne plus être en état de parler et se condamner. Les autres Valkyries avaient lacéré le dernier survivant, laissant l'Ange pester. Il faudrait qu'un jour, elle décide Jessie à modérer ses troupes pour qu'enfin elles utilisent la torture sur les survivants. Parce que des informations précieuses se perdaient ainsi...

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fffanatic
fffanatic
Niveau 10
27 juin 2010 à 21:13:53

Mat laissa passer une foulée de jurons, plus grossiers les uns que les autres. Jessie riait à gorge déployée. Son épée avait tenu, entamant même très légèrement la masse de Vestri. Ce dernier contemplait la fissure, quelques millimètres à peine, avec l'air d'avoir perdu la guerre. Et Jessie avait compris, Mat avait toujours fait grand cas de sa force physique et de son attaque qui brisait les armes. Elle remercia silencieusement le forgeron, Stéphane, et se mit à penser qu'avec un tel cadeau, elle n'avait pas le droit de perdre la guerre. Elle riposta à l'attaque initiale en lançant son poing gauche sur le côté du casque de Mat. Ce dernier roula par terre, se relevant habilement et brisant le bras d'une Valkyrie qui voulait lui porter un coup. Sous sa visière, il grimaçait, sachant qu'elle lui avait cassé une dent, sans doute deux vu la douleur. Il tenta de lancer un sort, mais se fit tacler, à sa grande surprise, par une Valkyrie qui avait visé son genou. Ester avait décidé de tenter sa chance, mais elle sentit une lourde main sur son épaule. Jessie était venue, lui donnant quelques consignes pour maintenir la déroute des gardes de Vestri. Ce dernier s'était relevé, reprenant son souffle et se mit en garde. Il paraît du mieux qu'il pouvait les assauts de son adversaire, mais Jessie commençait à lui infliger quelques taillades ça et là. Il reculait, petit à petit, puis trébucha. Jessie se ruait sur lui, mais fit un soudain saut de côté. Une vingtaine de gardes tenaient bon, criant pour indiquer à leur mentor que la navette était là. Vestri se releva et se mit à courir. Il pestait parce qu'il avait été pulvérisé par Jessie et sans ses gardes qui se faisaient écharper, il serait sans doute mort. Accompagné de quatre survivants indemnes et d'une trentaine de blessés, dont certains n'allaient pas tarder à expirer, il laissa le bout de planète pourrie. Il attendit d'être toutefois retourné dans sa cabine de son croiseur, loin du regard de tous pour commencer à trembler. Il était persuadé d'être mort au moment où l'épée de Jessie avait résisté, et pourtant, il avait survécu. Il mit quelques instants pour se calmer pour ensuite se diriger à l'infirmerie. Il se fit examiner dans le couloir, très vite, une vingtaine d'estafilades, mais aucune profonde, deux dents cassés et son genou de tordu. Il en était surtout quitte pour une grande frayeur...

    • ****

Le Chat faisait les cents pas devant l'immense pièce blanche. Il détestait cet endroit, qui lui rappelait l'autopsie d'Hadès. Et de nouveau, un vieil incapable, selon les ragots qui courraient déjà, le forçait à être présent. La jeune servante l'avait suivi, sans qu'il ne sache trop pourquoi. Reynard n'était pas un coureur de jupons, loin de là, il était plutôt ascétique de ce côté-là. Elle espérait quand même une faveur alors qu'elle n'avait pas encore vingt ans et lui un âge suffisant pour justifier n'importe laquelle des aigreurs, y compris la sienne. Reynard avait du mal à vivre chez les Loups-Garous, apprécié de personne, craint de beaucoup. Il en avait vaincu quelques uns à la lutte, mais sans convaincre, quand bien même ses adversaires étaient de redoutables combattants. Les murmures l'accusaient de tricher, d'utiliser des sorts ou des artifices inconnus. De la médisance, contre laquelle il ne pouvait rien. Les différentes inscriptions sur son corps ou ses vêtements dans des langues inconnues laissaient perplexes et entraînaient ce genre de racontars.

De plus, il ne s'était jamais caché d'être une fine gâchette, mauvais choix dans un camp qu'on schématisait comme des brutes épaisses qui fonçaient dans le tas sans réfléchir. Et le Chat se disait que la réduction n'était pas si fausse que cela, les siens étaient loin de faire preuve d'une grande finesse tactique quand bien même, beaucoup d'entre eux disposaient d'une intelligence remarquable. Mais cela ne collait pas à l'état d'esprit nécessaire selon eux. Le Chat y voyait le carcan d'une éducation figée, mais n'avait partagé avec personne les propos que Reynard avait eu, mentionnant un bled de cambrousse nommé Sparte. Des ruines aujourd'hui, jamais plus d'une vingtaine de milliers d'habitants dans son histoire. Et ce coin là était sensé avoir fait peur au monde entier? Décidément, c'était un univers qui semblait facile à conquérir si besoin était. Surtout que les petites unités surpuissantes, ils aimaient cela les humains: Reynard avait parlé des Chiens Chanceux, s'ouvrant comme jamais, alors que Munemori lui avait simplement demandé ce qu'il pensait de la Brigade Fantôme. Reynard en savait bien plus que ce qu'il laissait paraître, le Chat le soupçonnant simplement d'être à l'origine de ce modèle de compagnie. Mais Reynard préférait partir dans le refrain nostalgique selon lequel tout était mieux avant. Le Chat ne s'en étonnait pas, même dans ses rangs, certains le lançaient parfois, alors qu'ils étaient en sécurité, plus libres, plus riches et plus puissants que jamais et que l'unité morale était cimentée par sa présence, lui le Léviathan. Le Chat se mit à culpabiliser, il avait moqué le fait que Reynard soit nostalgique d'une défunte, nommée Boréale, et qu'il célébrait une petite cérémonie pour l'anniversaire de sa mort. Reynard l'avait mal pris et des mots vifs s'étaient échangés. Le Chat avait bien signifié qu'Hadès mort, cela signifiait que personne ne pouvait annuler le sort d'immortalité. Parce qu'il avait fallu pagailler pour lui faire comprendre qu'Heimdall était le seul à pouvoir lever son sort, une sorte de spécialité de son cru, comme le Chat pouvait commander à l'eau, parfois.

C'était la servante qui avait donné l'alarme, pour la dernière pièce de la tragédie. Reynard avait été emmené de toute urgence au bloc opératoire, seule une photo de Boréale, une autre des Chiens Chanceux et une qui représentait un village ridicule, perdu au milieu des montagnes et sous un soleil de plomb, avec une femme à l'air acariâtre à côté d'un Reynard aussi vieux qu'aujourd'hui, étaient à proximité. Ah si, évidemment, son armure et son fusil. La pièce puait la cordite, et le Chat ne se faisait aucune illusion. Reynard venait de se tirer une balle dans la tête. Le chirurgien sortit, l'air abattu lui aussi, son visage annonçant déjà ce qu'il allait dire. Reynard venait de s'offrir sa dernière danse avec la mort...

Parkko
Parkko
Niveau 38
28 juin 2010 à 23:27:19

Oula que de nouveaux chapitres, je rattrape mon retard des deux derniers dans la semaine (enfin j'essaie^^).

Sugy
Sugy
Niveau 10
30 juin 2010 à 17:29:20

Bon, bon, bon.
Que dire ? Que dire ?
Mathias est toujours aussi lâche. Comme dans n'importe quelle fic où il peut obtenir un rôle (sauf la mienne, ha ha. Là il est juste le perso trop zen). Je crois que ce ne seras que partie remise. En tout cas, l'éhcnage verbal entre les deux guerriers fût plutpot corsé. C'est la première fois qu'on voit Vestri aussi troublé, après un combat. Il a toujours gardé relativement son sang froid, malgré tout les derniers évènements. Mais peut-être que Mathias connaît son futur, grâce au livre de Loki ? Et c'est cela qui l'effraie ?

L'ange reprend enfin du service. Je crois bien que Jessie sera fière d'elle. J'espère d'ailleurs qu'elle soulignera le fait qu'il devrait faire des prisonniers. Autant pour les informations que comme monnaie d'échange.

Sinon on assite au suicide des derniers chiens chanceux (enfin, hormis l'Ange). Il ne semblait pas être très heureux au sein des loups-garous. Devrait-on dire qu'il n'a jamais été heureux dans n'importe quel camp ? Il semblait toujours chercher sa place... Je crois que lorsqu'il apprend que le sort d'immortalité ne sera jamais renversé, Haimdall mort, Reynard voit la 'fin' de sa mission et ne trouve aucun autre moyen que le suicide. Mais il aurait pû attendre l'arrivé d'un nouveau Heimdall :O

J'ai hâte qu'on en apprenne un peu plus sur la Brigade fantôme ! Est-ce que Jessie voudrait aller jusqu'à ressucité Stéphane ?

Vivement le prochain chapitre ! Je t'aime ! :coeur:

Valvados
Valvados
Niveau 2
23 août 2011 à 16:09:57

Une suite en vu? Car j'aimerais lire cette fic du début mais seulement si je sais qu'elle serait fini un jour..