Ho, ho, ho, Joyeux Nowel!
Chapitre XXX : Débuts.
Samael avait été appelé d’urgence par le centre nerveux de sa forteresse, la pièce qui condensait toutes les informations des quatre coins de son système stellaire. L’alerte devait être importante pour qu’on le réveille au milieu de la nuit, avec une alerte d’un niveau jamais connu depuis le raid de Loki sur Midgar. Il pénétra dans la vaste salle ronde, jetant un coup d’œil sur l’ensemble de la pièce. Chaque poste était occupé, et l’immense écran holographique au centre affichait des vecteurs inconnus, orange vif. En tout cas, ils semblaient témoigner d’une flotte de taille considérable qui se promenait dans l’univers. Ce qui était suffisant pour qu’on le tire du lit sans vraiment de justifications supplémentaires. Il devinait déjà que cette nuée de triangles était l’armada de Loki, qui ne sortait presque jamais. Une réputation d’invincibilité spatiale pouvait s’entretenir de cette façon… Il trouva Stéphane en train de condenser les informations. Commandant le meilleur navire et l’escadre la plus importante parmi les troupes de Samael, il était forcément présent. Il allait peut-être devoir tenter une interception, ou une folie de ce genre. Quoi que Samael en doutât. Il sentait une tension inhabituelle dans les rangs. Les hommes et les femmes en train de consulter leurs écrans étaient plus tendus que d’habitude, et certains assez pour ne même pas se rendre compte qu’un dieu déambulait dans la salle. Il n’en prit pas la mouche, voyant en cela un indice supplémentaire d’une situation de crise inhabituelle. Il posa la main sur l’épaule de l’homme assis qui l’avait convoqué. Ce dernier se tourna et le dévisagea avec un air de gratitude. Samael savait pourquoi : maintenant qu’il était là, on espérait qu’il règle la situation en vitesse, et qu’il accomplisse un miracle, comme souvent.
- Seigneur, la situation est atroce. On a repéré l’armada de Loki en vadrouille.
- J’ai vu, j’ai vu. Une idée de sa destination ? Parce que si l’on peut faire quelque chose pour l’égratigner ne nous gênons pas.
- J’en doute. Il n’aligne pas seulement son escadre, mais huit autres avec. Soit deux de plus que pour Midgar.
- Bien, bien. Il a donc décidé de frapper fort. Mais chez qui ? Une idée, un vecteur de direction fiable ?
- Oui, il va rejoindre l’escadre de Vestri. Vu qu’il tient la planète, il ne fait aucun doute qu’il ne le rejoint que pour récupérer des forces d’attaque. Et le souci est que l’une de nos sources à bord d’un des vaisseaux de Loki nous a donné une cible fiable.
- Nous ? Vu le suspense que vous y mettez, cela sent bien le coup foireux contre notre forteresse. Et puis Loki a tendance à s’engager personnellement uniquement contre des dieux. C’était le cas à Midgar, c’est le cas ici. Pourtant, il aurait meilleur compte politiquement à laisser Vestri agir seul avec toute cette armée…
- Politiquement seigneur ?
- Oui, reprit Samael. Il aurait bien plus à gagner à me faire battre personnellement par quelqu’un qui n’est pas un dieu après tout. Il y gagnerait une sorte de prestige supplémentaire alors que le mien s’effacerait considérablement. Mais il y a quelque chose qui fait qu’il veut absolument être celui qui me vaincra…
- L’orgueil, intervint Stéphane, muet jusque là. Il veut absolument le prestige de la victoire contre toi, seigneur. Il tient plus particulièrement à être celui qui deviendra le seul dieu régnant. Toi mort, Laïa asservie à son service, il n’a plus aucun obstacle pour forcer le passage au culte d’un dieu unique.
- Possible. Je pensais aussi au fait qu’il ne voulait pas que Vestri prenne trop d’importances aux yeux des gens. Pourtant l’homme ferait un successeur militaire plus que potable. Il en aurait trois de plus de ce calibre à son service, la guerre serait déjà pliée. Mais Vestri est sans doute déjà trop populaire non ?
- Sans doute…
Stéphane fut interrompu par une mise à jour de l’écran holographique. La flotte de Loki avait bougé assez rapidement. Visiblement, la manœuvre était prévue de longue date puisque les vaisseaux de Vestri avaient intégré le sillage du groupe assez rapidement. Trop pour quelque chose de fait sur le coup. Les triangles oranges suivaient désormais une sinusoïde. Rouge vif pour indiquer que la cible était toute désignée. Eux évidemment.
- Comment sait-on déjà la trajectoire qu’ils vont déjà suivre si l’on voit cette courbe ?, demanda Samael complètement perplexe.
- Loki ne cherche même pas à se cacher. On s’est servi des balises radars qu’il a semées ainsi que des sondes d’espionnages qu’il a envoyé dans des secteurs bien précis. Toutefois, je dois signaler que cette courbe est étrange. Il aurait pu tirer tout droit. Aucune tempête, aucun débris n’est à noter dans la zone qu’il évite…
- Quelque chose de particulier peut-être dans le détour qu’il fait ? Il a des hommes, des vaisseaux, des dépôts là-bas ?
- Il ne semblerait pas. Peut-être des partisans sur deux planètes, mais je doute que Loki prenne la peine de les récupérer, jugea le technicien.
- Surtout qu’ils pourraient lui être utiles sur place, ajouta Stéphane. Après tout, si nous sommes assiégés, c’est à ce moment qu’il pourra tenter le coup de force pour prendre le plus de planètes possibles. Et donc utiliser au maximum ses forces disponibles. Les membres de ces groupes lui sont précieux dans ce cas de figure.
- Je suis d’accord, ce n’est pas pour cette raison, admit Samael. Mais il en existe bien une. Est-ce possible de savoir ce que nos rapports indiquent sur les vaisseaux en présence dans ce secteur ?
- Six sondes d’espionnages eddas, un cargo neutre et un vaisseau non identifiable. Avec un visuel si vous le voulez, ajouta le technicien en désignant l’un de ses écrans.
Samael ne jeta qu’un rapide coup d’œil sur ce qu’il vit. Le navire qui avait été filmé était bien trop reconnaissable pour qu’il puisse se tromper. Une telle construction était inconnue dans sa galaxie. Le film affichait l’arrivée d’un nouveau vaisseau, venu de nulle part. Bien plus petit, il affichait clairement son statut de chasseur, et Samael admirait les courbes taillées pour la vitesse et le combat. Si l’Einstein fourmillait d’escadres semblables, alors cela s’avérerait plus que sportif pour pouvoir en venir à bout. Surtout que le chasseur semblait capable de faire de longues traversées… Il croisa le regard interrogatif de Stéphane. Là se posait la question : ami ou ennemi. Il avait bien les deux prisonniers dans leurs geôles, mais il se doutait que ces derniers ne parleraient pas. On n’envoyait pas les pires marins d’un système stellaire pour explorer des mondes inconnus. Et si les intentions initiales de l’Einstein étaient hostiles alors les deux détenus n’avaient aucune possibilité de parler. En comptant sur le fait qu’ils soient au courant, ce qui était encore douteux.
Il resta de longues minutes à regarder l’écran holographique donner l’avancée de Loki. Dehors retentissaient les sirènes annonçant l’évacuation. D’après les rapports qu’il avait, des kilomètres autour de sa forteresse étaient vides, tandis que des soldats, des vivres et des volontaires affluaient en masse. On avait même annoncé que les Valkyries avaient récupéré des hommes dans leur temple, un évènement assez notable pour être marquant. La dernière fois qu’elles l’avaient fait de leur plein gré et pour un tel nombre, le grand-père de Samael n’était pas encore né… Il vit la jonction entre les triangles oranges de Loki et le rond bleu qui indiquait le vaisseau humain. Il avait été assez difficile à calibrer sur les radars, et s’il se déplaçait, personne ne se pensait capable de le retrouver aussi facilement. L’un des opérateurs blêmit puis annonça d’une voix blanche son estimation.
- Tirs multiples sur l’Einstein. Nos sondes ont été touchées par l’onde de choc. On peut penser que l’Einstein peut être comptabilisé comme une perte sèche. Aucune onde radio ni aucun message vidéo de transmis. Ils se croyaient sans doute en sûreté. Un seul message par canal impossible à intercepter a été émis. Vers un autre système stellaire.
- Bien. Merci lieutenant, répliqua froidement Samael. Au moins, les intentions de Loki sont claires, avertissez toutes les unités combattantes qu’il n’y aura sans doute pas de quartier de la part de nos adversaires.
Il se sentait un peu perdu. Depuis le début, il avait parié sur une alliance entre Loki et les humains. Les deux avaient tout à y gagner, et Loki les laisserait sans doute diriger une planète en cas de victoire. Surtout après avoir écrasé les Hommes-Poissons, les humains avaient prouvé qu’ils étaient une force à prendre en compte dans les nouveaux paramètres de ce conflit. Loki venait sans doute de s’offrir un répit. Car il ne doutait pas que le fameux ultime message avait été envoyé vers leur système d’origine pour avertir de l’attaque contre eux. Et si l’Einstein était puissant seul, une armada entière ravagerait bientôt Yggdrasil. Peu importe qui gagnerait, Loki ou Samael serait bientôt dans une situation impossible, à faire face à une vendetta qu’ils n’avaient sans doute aucune chance de gagner même en s’alliant.
- Cela m’étonne de Loki, affirma Stéphane. Il n’est pas assez fou pour se risquer à une riposte qu’il ne pourrait pas contenir. Alors pourquoi ferait-il cela ?
- Les tirs ne venaient pas de l’escadre principale. Sans doute n’a-t-il rien fait pour empêcher les tirs, mais il pourrait prétendre qu’il n’a pas donné l’ordre et qu’il y a eu une mauvaise réaction de ses hommes, proposa le technicien.
- Je doute que cela marche, mais Loki a sûrement un atout pour agir aussi stupidement, réagit Samael. L’essentiel est maintenant de nous préparer. Nous allons avoir de sérieux soucis, et je voudrais pouvoir compter sur les Valkyries. Stéphane, aucune interception, planque la flotte, nous tenterons de forcer le blocus si la situation devient désespérée. Je dois aller voir Jessie.
Samael parcourut rapidement les quelques centaines de mètres qui le séparaient du couvent des Valkyries. Il croisait bien trop de combattants trop jeunes ou trop vieux à son goût. Cela lui donnait l’impression que la situation était déjà désespérée et qu’il aurait meilleur compte à fuir le plus vite possible. Sauf que Loki ne se priverait pas pour récupérer l’immense forteresse presque imprenable et que son image serait définitivement ternie. S’il redressait la situation, il lui faudrait faire face à la contestation et la critique, et au premier avatar de retour, il serait vite déchu de sa place, sans que personne n’y trouve à redire. Il lui fallait donc combattre, sans enthousiasme. Et sans doute perdre.
Il pénétra dans l’enceinte, passant par la porte gardée par deux Valkyries qui avaient revêtues d’ors et déjà leur tenue de combat complète. L’armure blanche, immaculée, était complétée par un heaume qui masquait entièrement le visage, assez étroit et haut. Elles le laissèrent passer sans rien dire. Comme toujours. Ce qui vexait un peu Samael de ne jamais voir son statut divin reconnu par ces alliées. Car il savait parfaitement que cette manœuvre permettait à cet ordre d’affirmer son indépendance vis-à-vis de lui. Mais les atrocités commises en début de conflit par les troupes de Loki qui contenait mal ses soudards avaient jeté les Valkyries dans le camp de Samael. Ce dernier fut toutefois largement surpris de découvrir à l’intérieur une masse d’hommes, en train de revêtir des armures de combat presque identiques à celles des femmes. A un détail près, les hommes étaient en noir. Il observa attentivement les armes qu’on leur distribuait. Il s’aperçut qu’ils n’avaient aucune arme à feu, arc, arbalète ou n’importe quoi d’autre qui servirait au combat à distance. Certains recevaient un lourd et massif bouclier rectangulaire ainsi qu’une très longue lance, qui semblait pourtant bien difficile à tenir à une main. Les autres avaient un équipement plus hétéroclite, plus diversifié, et étaient réunis autour de l’aide de camp de Jessie, Ziegfried, un nom comme ça. Samael alla à sa rencontre et vu ravi de voir le moine de Tyr lui faire une révérence.
- Je voudrais voir ta maîtresse, novice. Peux-tu me dire où elle est ?
- Elle ne va pas tarder à inspecter les troupes. Vous pourriez sans doute attendre ici vous aussi. La situation est-elle si grave ?
- Oui, Loki fait sortir la plus forte armée du conflit. On va avoir du mal à tenir, du mal à résister. Mais on tiendra au moral surtout. As-tu l’explication de toute cette population mâle dans cette enceinte ?
- Je ne suis guère étonné que vous soyez surpris. Mais en fait, il s’agit des débris de tous les monastères qui ont été attaqués par Loki. Dame Brunehilde a fait un travail de fourmi ces dernières semaines. Elle a contacté chaque poche de survivants, a négocié avec eux pour les convaincre de reprendre le combat et se soumettre aux Valkyries. Ceci est l’armée qu’elle a réunie. Impressionnant non ?
- En effet, des moines guerriers en aussi grand nombre… Cela fait depuis mon accession au pouvoir que je n’avais pas contemplé un spectacle aussi effrayant. Espérons que vous nous resterez fidèles…
- Ne plaisantez pas là-dessus, se rembrunit le petit moine. Nous ne sommes pas Keinengel, nous ne changeons pas d’allégeance comme de chemise. Encore que, dans son cas, je peux douter qu’il change souvent de chemise. Mais de toute façon, je vois mal des ordres se lier d’amitié avec celui qui les a massacrés.
- Exact, exact. Pourquoi aucune arme de combat à distance ?
- Parce que ce n’est pas la philosophie de quiconque. Et parce que nous trouvons plus honorables de mourir au corps à corps, ou du moins en le tentant. Je vous laisse voila celle que vous voulez rencontrer.
Samael vit effectivement Jessie avancer vers lui. Mais elle prenait son temps, rectifiant parfois la tenue d’un de ces hommes venus la rejoindre, discutant avec d’autres. Elle affichait un grand sourire, ravissant la plupart de ses interlocuteurs. Elle semblait détendue, sereine. Elle ne se rembrunit même pas en le voyant au milieu de son couvent, sans avoir chercher à se faire annoncer. Elle se contenta de l’embrasser sur les deux joues, amicalement. Puis elle le conduisit à l’écart. La petite table était isolée du reste de l’agitation. Elle fit surgir deux verres, ainsi qu’une liqueur bleu pâle. Samael n’avait jamais su ce qu’était réellement cette boisson, mais se contentait de la savourer, sa douceur fruitée était réconfortante. Brunehilde se casa confortablement dans son fauteuil avant de lui faire signe qu’il devait prendre la parole. Samael ravala sa fierté. Il ne pouvait pas se brouiller avec les Valkyries et accepta donc de passer pour le sollicitant.
- J’ai besoin de savoir si je peux compter sur toi et sur les tiennes pendant cette bataille. Enfin, et sur tes hommes aussi, vu que visiblement tu as réussi un tour de force admirable.
- Je serais à tes côtés, évidemment. Je ne compte pas rallier Loki et Laïa n’est qu’une déserteuse isolée. Personne chez nous n’ira rejoindre ceux qui ont laissé les brutes violenter puis tuer nos novices sur plusieurs mondes. Et je dois dire que je suis surprise.
- Parce que cette fois j’ai accepté de parler en sollicitant sans renâcler, ni chercher à faire admettre que je suis de nature divine ? Je ne peux pas perdre du temps en disputes stériles. Nous sommes deux fortes têtes, mais j’ai trop besoin de ton aide pour cela.
- La situation est aussi critique ?, s’étonna Jessie. Je sais que tu comptes tenir le siège, ce qui laisse supposer une force aérienne importante pour que tu n’engages pas tes escadres. Mais de là à avoir désespérément besoin de moi…
- Loki nous envoie le gros de ses troupes. Même Midgar n’aurait pas survécu plus de deux heures, en sachant autant à l’avance que nous, face à ce que nous allons prendre. Il n’y a guère de chances de victoire, je tenais à te le dire. Les dernières évacuations se font, alors si tu veux que quelques unes partent, fais le maintenant.
- Ne plaisante pas. Les Valkyries se battront ici jusqu’à la dernière, ou jusqu’à ce que je donne l’ordre. Tu en auras le droit si je suis hors de combat évidemment. Toi ou Stéphane. Mais personne ne partira. Qui voudrais-tu que je fasse partir ? Tu as besoin de toutes les forces vives ici.
- Oui, mais tes novices, tes blessées, tes médecins… Elles seront plus utiles dans quelques temps qu’ici. D’ailleurs, Stéphane aura l’ordre de forcer le blocus avant la chute totale. Nous perdrons sans doute ici, mais la guerre continuera ailleurs.
- Je m’en doute. Mais cela n’a jamais fait partie du code d’honneur des guerriers qui ont rejoint la vie religieuse. Les femmes et les hommes qui vont combattre sous ma bannière te le prouveront. Ce seront les premières lignes. Et nous mettrons en déroute autant de fois qu’il le faudra les avancées de Loki. Mais toi, pourquoi te battre ici, ne pas faire un repli avant de frapper plus fort ailleurs ?
- Je pourrais certes partir faire brûler la capitale de Loki, mais vu que la mienne brûlera aussi, nous passerons pour deux crétins, rien de plus. Je sais qu’ici, j’ai assez de monde pour saigner prodigieusement les troupes de Loki. Inverser l’effet de Midgar, ce ne sera possible qu’ici. Nous ferons assez de dégâts dans son armée pour pouvoir le discréditer un peu. C’est pour cela que je dis que tes forces vives seront utiles ailleurs aussi.
- Je verrais qui partira. Les blessées les plus graves et les combattantes inutiles sans doute. Les plus jeunes novices, les autres me suivront. Mais n’espère pas que mon ordre survivra en entier, et avec autant de force à cette bataille. Nous nous sacrifierons, sans doute pas en vain si ton plan marche. Alors tâche de survivre.
Chapitre XXXI : Etat de siège.
Syd déambulait dans les coursives assez tranquillement. Cela fait une heure qu’il avait croisé la flotte de Loki. Comme convenu, elle avait ouvert le feu sur un caisson chargé d’explosifs humains. Les sondes repérées par l’Einstein avaient été disloquées peu après, sous l’effet de l’onde de choc. Personne ne savait ce qu’ils étaient devenus, et personne ne se doutait qu’ils avaient survécu. Le plan avait été simple à concevoir, depuis que Timorn leur avait communiqué l’impossibilité de les repérer de manière fiable quand ils se déplaçaient. Un avantage considérable. S’arrêtant peu après, il contempla par un hublot les centaines de coques grises, de toutes tailles et presque de toutes formes, qui volaient autour d’eux. Au cœur de la meute, ils seraient un loup comme les autres. Mais frapperaient bien plus fort que ce que Loki pensait. Simplement pour lui faire comprendre qu’ils n’étaient pas du genre à se laisser faire ou se laisser escroquer. Loki avait promis Rhen Var, ils la gouverneraient.
Perdu dans ses pensées, il fut rappelé à la réalité par un raclement de gorge intempestif à son égard. Sans doute pas le premier réalisa-t-il. Il se tourna pour admonester la personne qui venait de lui faire preuve de peu d’égard, mais prit une mine déconfite quand il s’aperçut qu’il s’agissait de Morgan. Sanglée dans sa Warlock, elle avait toujours un visage séduisant, mais affichait clairement moins de charme que dans la chambre. Il fit un salut impeccable, malgré le temps de retard tandis qu’elle lui jetait un regard noir.
- Quelle réactivité. Cela fait trois fois que j’essaie d’attirer votre attention. Heureusement que ce n’est pas pour vous prévenir de l’assaut de l’ennemi. Sans quoi l’Einstein aurait pu subir des dégâts très lourds avant que vous ne soyez revenu parmi nous monsieur Britain.
- Désolé madame. Cela ne se reproduira plus. Je peux vous être utile en quelque chose ?
- Mademoiselle. Et inutile de faire de la lèche pour tenter de rattraper votre performance minable. En tout cas, je doute de plus en plus de vos capacités à commander et je me demande si je ne devrais pas vous retirer votre poste.
- Mon poste ?, blêmit Syd. Si vous le jugez nécessaire, je me retirerais, n’en doutez pas.
- Oh, je n’en doute pas, sourit Morgan. Du moins, je doute que vous soyez vraiment partisan de l’idée de vous prendre une balle entre les deux yeux pour une cabine et un galon.
- Effectivement Inquisitrice. Nous allons sous quelques heures procéder à l’assaut contre la forteresse ennemie. Je voudrais savoir d’où vous comptiez assister au combat.
- De ma cabine, répondit-elle en souriant devant l’incrédulité de Syd. Je ne compte pas me battre pour vous. Vous avez déclenché cette offensive de votre propre initiative. Si vous pensez que vous n’êtes pas à la hauteur, démissionnez.
- Ce n’est pas cela. Mais je pensais que vous voudriez commencer votre évaluation dans un moment aussi propice. Après tout, vous pourriez voir l’efficacité de ma chaîne de commandement, mes capacités décisionnaires, ma vision stratégique, …
- Inutile, coupa encore Morgan. Je me fiche éperdument de tout cela. Mais votre combat me fera un bon programme télévisé je pense. Je ne participerais ni au combat, ni à votre réunion stratégique. Sauf si nous sommes abordés, je me défendrais, puis vous transformerais en tas de bouts de viande.
- Très bien alors, répondit Syd en se détendant un peu.
- Très bien ? Tenteriez-vous de vous sentir soulagé parce que vous pourriez faire toutes les bêtises stratégiques que vous voudrez ? Ne me prenez pas pour une cruche, j’aurais toutes les capacités pour vous juger sur ce que je verrais. Notamment dans l’utilisation de vos hommes et la gestion des pertes.
- Si je peux me permettre, ce n’est pas un très bien qui signifiait que j’étais content de me débarrasser de vous. Simplement, je prenais en compte vos ordres, c’est tout.
- Maintenant, soyez gentil, dégagez vous occuper de votre vaisseau au lieu d’espérer que d’autres fassent votre boulot !
Syd ne se le fit pas dire deux fois. Il enrageait de se faire autant rabaisser par cette femme, mais rien ne lui permettait de tenter d’obtenir une position de force. Elle s’était amusée à le laisser croire à des avances quand elle avait révélé beaucoup de son anatomie. Mais ce n’était qu’un piège de plus. Il ne regarda même pas en arrière pour voir la jeune fille sortir une canette de soda d’une de ses poches de son plastron. Son armure avait cet avantage là. En savourant le goût du liquide sucré, elle se disait qu’elle s’amusait bien à torturer ce pauvre Syd. Et fila vers la cantine pour prendre du rab de cake aux noix et aux carottes notamment.
Timorn avait écouté Syd se plaindre de l’Inquisitrice. Cela l’amusait de voir son ami incapable de se débrouiller avec une demoiselle alors qu’il utilisait en général son charme pour les faire fondre. Il était visiblement tombé sur un os de bonne taille et allait devoir se débrouiller avec un bon moment. Il n’était revenu sur le vaisseau que depuis deux heures, et déjà, il se demandait bien ce qui arrivait à son supérieur. Ce dernier semblait de nouveau totalement amical avec lui. Timorn avait découvert qu’il était surtout très isolé. Seul Neiluj restait parmi les officiers de bord. Ce dernier l’avait d’ailleurs salué chaleureusement. Comme tout le monde. La présence de Morgan avait crispé beaucoup d’entre eux, et en quelque sorte ils compatissaient au départ de Timorn. Ce dernier avait un père qui avait eu des soucis avec le Magistère, et vu comme elle était dure, sans doute Morgan aurait-elle pu être tentée de faire payer cette déviance à Dostinn.
Pour le moment, il se tenait dans la salle de réunion privée de l’Einstein. Une pièce insonorisée et aussi agréable qu’un cachot, avec ses parois froides et grises et l’absence de toute vitre. Pour éviter qu’on puisse lire sur les lèvres. Depuis longtemps, Timorn se demandait pourquoi autant de précautions sur un navire qui partait théoriquement faire de l’exploration spatiale. Pourquoi autant de choses contre une possible présence hostile, et même des espions ? Il n’avait pas spécialement le temps de se creuser la tête, trop occupé à s’absorber dans la discussion entre Loki et Syd. De temps à autre, il jetait un coup d’œil vers Laïa. Cette dernière avait été reçue en grande pompe par Syd, trop content de faire bonne impression. Mais elle semblait plus empruntée qu’à l’accoutumée. Timorn en savait la raison, elle s’était tout simplement excusée de son comportement lors de la fête auprès de lui. Elle avait trop bu et cela avait magnifié son arrogance. Elle en avait semblée perturbée. Timorn avait réussi à lui faire avouer que ce soir-là, elle avait sentie le même esprit qui l’avait habitée contre Edmund tenter de sortir. Freyja était plutôt semblable à une tempête pour les rares fois où l’humain avait vu les effets. Inutile de chercher plus loin ce qui choquait la jeune femme. Elle était presque carnassière dans ces moments-là, et c’était bien contradictoire avec Laïa, du moins son comportement habituel. Mais il ne prenait pas trop la peine de regarder la jeune femme. Elle fuyait obstinément son regard, contemplant la carte qu’étalait Loki sur la table devant eux et représentant divers points de vue représentant la forteresse de Samael. Il était évidemment question de l’assaut qui allait bientôt avoir lieu. Loki avait proposé un emplacement à Syd, qui en pesait le pour et le contre.
- En plein axe de la porte principale ? Je dois avouer que je suis surpris de me voir confier une telle position. C’est de la confiance en moi ?
- Pas du tout. Je ne suis pas assez fou pour faire confiance à des inconnus qui ne comprennent même pas la moitié des règles d’Yggdrasil. Simplement, j’ai pu voir votre armement en action et je sais que le bouclier de la forteresse que nous allons prendre est plus puissant encore. J’aurais besoin de vous pour l’éventrer.
- S’il est réellement si puissant que ce que vous m’indiquez, alors j’aurais du mal à l’éventrer. Nos obus passeront, mais leurs effets seront sérieusement atténués.
- Pas de soucis. Chaque petit impact finira par fragiliser la structure. Il faudra tenter de détruire la porte le plus tôt possible. Pour obliger Samael à affecter le maximum de troupes à sa protection. Il ne peut pas nous laisser maîtres de cette porte. D’où votre utilité.
- Mais cela aura une contrepartie très coûteuse. Je n’ai pas beaucoup d’hommes et vous comptez m’affecter à un secteur qui sera le plus visé par nos ennemis…
- Je sais. Et alors ? Vous voudriez que j’offre les miens en pâture pour que vos artilleurs fassent leur boulot ? Nous allons établir une série de fortins pour faire ce siège. Tenez le votre, c’est tout, et votre mission sera très facile. Qui comptez-vous affecter à cette mission ?
- Neiluj, le chef de mon infanterie. Je coordonnerais les opérations aériennes vu qu’il faut un ordre du commandant de bord pour lever le silence radio imposé. J’ai demandé à Timorn qui étaient les chefs de fortin. Et vous n’y êtes pas, ce qui m’a surpris.
- Effectivement. Vous voyez ce long chemin en gris sur ce plan ?, demanda Loki en désignant la dite représentation. C’est un aqueduc enterré. Il part de derrière le périmètre de siège et finit sous la cour secondaire de l’ensemble. Là où certains de vos hommes ont pu voir la statue de Heimdall. Je sais comment m’ouvrir le passage.
- Et vous aurez donc besoin de toutes les forces possibles je suppose ?
- Oui. Parce que si nous réussissons, nous anéantirons les Valkyries, nous bloquerons Samael. Et j’aurais le plaisir de lui ôter sa tête. Elle fera un chouette trophée je pense…
- Et Timorn, et mes prisonniers ?
- Vous pourrez pilonner cette section. Deux étages au-dessus de la prison. L’onde de choc devrait faire écrouler en partie les murs. Ne commencez pas par là, on comprendrait que c’est votre troupe Syd. Pour le moment, vous êtes sensé être mort, alors profitez-en. Tandis que vous vous focalisez sur la porte, vous pouvez pilonner un peu de partout. Histoire de faire croire que ce qui est visé est l’ensemble du mur, pas la prison.
- C’est gentil, mais cela ne me répond pas pour Timorn. Je veux savoir ce qu’il compte faire, et pourquoi.
- J’irais avec Loki, répliqua l’intéressé. C’est sans doute plus dangereux que dans le fortin, mais au moins, avec mon équipement, je pourrais te contacter dès qu’on aura besoin de toi. Cela permettra de mieux synchroniser nos actions, mais aussi de pouvoir vous utiliser en cas de besoin.
- Très bien… Je suppose que le plan est bien rôdé, admit Syd. Mais je me demande ce que veux dire cette dernière ligne, continua-t-il en désignant une ligne de runes.
- Ceci veut dire « j’ai besoin d’une idiosyncrasie de l’être humain », répondit Timorn. Une idiosyncrasie, c’est…
- Je sais ce que c’est, je te rassure, coupa Syd. Mais je suppose que cette question peut attendre un peu non ? Je vous propose d’aller manger un morceau.
Ils sortirent peu après. Syd et Loki étaient conscients que l’autre avait tenté de le rouler. Après tout, Syd se trouvait aux avant-postes, prêt à faire souffrir ses troupes pour Loki. Tandis que ce dernier savait parfaitement qu’il dépendait du bon vouloir de Syd. Si celui-ci se montrait réticent, alors Loki échouerait. Le seul qui se montrait un peu souriant en cet instant était Timorn, conscient d’avoir échappé au pire en restant auprès de Loki. Il évitait ainsi les coups foireux de son ex-ami, mais aussi de devoir se battre sous le regard de l’Inquisitrice. Il aperçut au détour d’un couloir une armure blanche d’un modèle à peine plus récent que le leur. Une Warlock. Le temps de réagir, ils se trouvaient face à l’Inquisitrice. Timorn ne témoigna pas de surprise, il était au courant de sa jeune apparence. Mais il ne pouvait cacher un peu de gêne face à quelqu’un qui pourrait avoir envie de se faire un collier avec ses tripes. Loki se montra galant. S’inclinant, même un peu raidement, il déposa un baise-main parfait sur la main droite de la femme qui avait retiré le gant de sa lourde armure pour cela. Elle semblait satisfaite et amusée. Puis son regard tomba sur Timorn, sur sa tenue, et se fit plus dur.
- Je n’ai pas l’honneur de vous connaître jeune homme. J’ai passé en revue les visages présents à bord, et je suis certaine que c’est la première fois que je vous vois sur ce vaisseau. Vous en portez pourtant les plaques d’identification.
- Je suis Timorn Dostinn, madame. Je suis pour le moment envoyé auprès d’Aibe Loki ici présent pour servir d’intermédiaire et permettre une meilleure coordination de nos mouvements.
- Mademoiselle s’il vous plaît, corrigea-t-elle en souriant, avec une certaine douceur. Je me disais bien qu’il manquait du monde à bord. Surtout dans la cellule diplomatique. Je suis satisfaite de voir que vous semblez prendre votre tâche à cœur.
- Merci. J’essaie de faire de mon mieux. Une seule erreur de ma part pourrait coûter la disparition du vaisseau. Donc je n’ai pas le droit à l’échec…
- Bonne mentalité. Etrange que vous sembliez tenir aussi peu de votre père. Mais c’est beaucoup plus satisfaisant ainsi. Après tout vous n’êtes pas un imbécile prêt à foncer dans le tas parce qu’il résiste un peu mieux que les autres aux balles.
- Possible… Je n’ai jamais été fou pour charger sous le feu ennemi. Mais il me semblait que le Magistère portait les Chiens Chanceux un peu plus haut dans leur cœur. Surtout après la bataille de Khartoum. Et le sauvetage du Chancelier Dazvok à Rotterdam pendant la révolte civile de la Hollande. Puis la répression de cette région suite à son passage à la rébellion avec le trésor de guerre du Magistère.
- Je vois que vous connaissez bien l’histoire des Chiens Chanceux. Toutefois, ces partisans de la liberté, y compris de culte, ont trop favorisé le Haut Conseil. Il faut dire qu’avec un duc de Raguse à la tête d’un gouvernement, il fallait s’y attendre. Mais ils sont surtout des personnes auxquelles on ne peut pas faire confiance vous savez. Nous aurons d’ailleurs une discussion à ce sujet après la bataille.
- Je vous remercie de votre bénédiction. Vous me voyez déjà vivant après le dur combat qui vient…
Tout le monde avait saisi l’ironie dans la phrase de Timorn. Et Syd se doutait que Timorn ferait en sorte de disparaître ou d’être récupéré avec les troupes de Loki. Morgan ne devait pas être dupe, mais pour le moment, elle n’en montrait rien. Elle se contenta de bailler ouvertement, puis de quitter la pièce pour rejoindre sa cabine. L’officier qui lui apporterait le repas dans dix minutes trouverait porte close, la jeune femme s’étant endormie…
Mais ce qui préoccupaient plus le reste des troupes, c’était la proximité de Rhen Var. Ils croisèrent beaucoup de gros porteurs. Tous affichaient des codes d’identification civils. Personne n’aurait pris le risque de tromper l’ennemi en camouflant une flotte de combat là-dessous. Sinon, les civils auraient été vite massacrés lors de chaque siège. Les ordres pleuvaient. Les barges de débarquement se remplissaient sous les cris des sous-officiers, les chasseurs prenaient les airs pour découvrir des cieux vides de flotte de combat. Le rapport ne troubla même pas Loki. Ce dernier laissa stationner le gros de sa flotte en-dehors de l’atmosphère et commença le pilonnage de la forteresse. La riposte était concentrée sur les gros vaisseaux, pour tenter d’affaiblir les boucliers. Cela laissa le temps aux troupes de débarquer.
Sous le feu de l’ennemi, les troupes du génie faisaient leur possible. Comme toujours dans ce type de siège, elles connaîtraient une saignée cruelle de leurs effectifs. Mais après, les hommes pourraient souffler, se reposer. Avant le dernier choc, où ils contribueraient au surnombre pour anéantir l’ennemi. Les hommes vêtus d’armures légères, dotées de nombreux petits moteurs pour porter les charges les plus lourdes, virent descendre le reste des fantassins. Les fortins étaient prêts et les artilleurs mettaient en place leurs pièces. Les premiers ayant terminés, quelques canons crachotèrent en direction de l’immense forteresse, qui ne semblait même pas broncher sous le choc. Neiluj contemplait cela de sa fenêtre. Il savait qu’il aurait à prendre le plus possible de terrain, pour permettre à Syd d’être celui qui tuerait Samael…
C´est Noël et je suis le premier à répondre
Ce sont deux choses qui n´arrivent qu´une fois par an !
Bons chapitres, je commenterai à tête reposée quand mon ordinateur sera formaté.
Joyeux Noël à tous !
Aaaaaaah deux chapitres
Je vais lire ça dans la journée ![]()
Joyeux Boxing Day!
Wahou, deux chapitres, papa Noël a été généreux!
- Ceci veut dire « j’ai besoin d’une idiosyncrasie de l’être humain », répondit Timorn. Une idiosyncrasie, c’est…
=> Tiens ça tombe bien, j´ai découvert ce mot récemment, mais je me rappelle plus où... un documentaire sur les hérissons je crois, ou quelquechose comme ça...
pour permettre à Syd d’être celui qui tuerait Samael…
=> Décidément, il a des drôles d´idées derrière la caboche le Syd...
Bonne fin d´années à tous!
Chapitre (33 – 42/3 + 1) x 3/2 = 30, le compte est rond, Jean-Thierry
Ca pète. En même temps, on attendait un peu que ça depuis un moment. Evidemment il faut nous comprendre, on est un poil plus jouasse que Samael qui, soit dit en passant, tire beaucoup la gueule ces derniers temps. Il devrait se trouver une gonzesse rapido parce qu’à ce train là il va finir cinglé. Bien que le remède pourrait être pire que le mal en fait…
« spatiale »
==> merci de ne pas écrire « spaciale », c’est rare de nos jours les gens qui orthographient bien le mot
On a ensuite droit à une petite digression politique sur « qui doit tuer le chef ». C’est concis, c’est clair, c’est logique, je ne vois pas trop quoi commenter.
« Laïa asservie à son service »
==> y’a rien qui choque ? (Sur la forme évidemment, pas sur le fond)
Ca devient plus intéressant à la fin du paragraphe. Non seulement l’Einstein se fait bien mettre sur la gueule comme il faut, mais en sus Samael a une pensée que je trouve plutôt intéressante. « Et si l’Einstein était puissant seul, une armada entière ravagerait bientôt Yggdrasil. Peu importe qui gagnerait, Loki ou Samael serait bientôt dans une situation impossible, à faire face à une vendetta qu’ils n’avaient sans doute aucune chance de gagner même en s’alliant. » Ah tu flippes, hein connard ! Ne s’est-il pas demandé pourquoi Loki n’avait pas pensé à ça ?
Dommage qu’il y ait autant de personnages importants sur le vaisseau des terriens, on ne croit pas un seul instant qu’il a été détruit. Enfin moi non en tous cas. Ah mince, en lisant la suite, je m’aperçois que j’ai parlé trop vite. N’empêche que ça ne l’étonne pas plus que ça, Samael. A sa décharge, il faut rappeler qu’il est dux bellorum et qu’il a une nuée de vaisseaux qui foncent sur lui. Donc bon, il a d’autres priorités que de disserter sur la peignée qu’il prendra plus tard, il a plutôt intérêt à se concentrer sur celle qu’il va ramasser tout de suite.
En gros, je n’ai pas commenté grand-chose, mais je ne sais pas trop quoi dire en vérité.
« - Je voudrais voir ta maîtresse, novice. Peux-tu me dire où elle est ? »
- Chut ! Ma femme pourrait entendre !
« Elle se contenta de l’embrasser sur les deux joues, amicalement. Puis elle le conduisit à l’écart. La petite table était isolée du reste de l’agitation. Elle fit surgir deux verres, ainsi qu’une liqueur bleu pâle. »
==> je retire ce que j’ai dit à propos du dux bellorum…
Non mais c’est quoi ces chefs de guerre qui se font la bise ! Hey ! Ho ! On est des brutes ou des midinettes ?
« Je pourrais certes partir faire brûler la capitale de Loki, mais vu que la mienne brûlera aussi, nous passerons pour deux crétins, rien de plus. »
==> Alors que s’il n’y a que ta capitale à toi qui crame, il n’y a que toi qui passe pour un crétin. C’est mieux, effectivement.
Donc voilà, la morale de ce chapitre c’est qu’il y a un camp qui s’apprête à prendre cher et que… Et que… Et que zut ! Qu’est-ce que tu veux que je commente ? On attend la baston, on veut voir de l’étripette, on veut qu’ça gicle et pis c’est tout. Allez, faites péter les matraques, ça va saigner et tant mieux parce qu’on aime ça.
"Ce ne sont pas que des brutes et puis il y a un long passé commun entre eux. Après tout, Samael est en quelque sorte le beau-père de la jeune fille puisqu´il est le père spirituel de Stéphane."
==> *voix de Darth Vador* "Je suis... Ton... Beau-père spirituel !"
Désolé, c´était trop tentant.
"« Perdu dans ses pensées, il fut rappelé à la réalité par un raclement de gorge intempestif à son égard. Sans doute pas le premier réalisa-t-il. Il se tourna pour admonester la personne qui venait de lui faire preuve de peu d’égard, mais prit une mine déconfite quand il s’aperçut qu’il s’agissait de Morgan. »
==> On s’égard beaucoup, je crois.
=> Ouais, on peut voir ca comme ca. Mais en même temps, vous aimez tous Morgan. "
==> Je soulignais surtout la répétition du mot "égard" (oui, je faisais du remplissage et non, Ryle est toujours en possession de mon esprit)
"Intéressant de voir que tu t´attaches plus au fait qu´elle préfère mademoiselle à Madame plutôt qu´à son caractère cassant... Bizarre même. Serais-tu craintif envers les femmes à caractère? (Parce qu´elles sont plus réticentes à être attachées et frappées avant de te voir?) "
==> Beuh ! J´essaye de trouver des détails que les autres ne verraient peut-être pas, c´est tout.
"Là, je crois que tu viens de décevoir Kimie à tout jamais... Et Sugy aussi, et la forumeuse derrière le personnage de Morgan. *frappe l´Indyen* "
==> Je suis au regret de t´apprendre que tes personnages m´inspirent ces réactions comme s´ils étaient réels. Et puis, honnêtement, c´est ce qu´on pense tous (et toutes)
"T´es une plaie quand tu t´y mets..."
==> on me le dit souvent d´ailleurs
"Pourquoi crois-tu que j´ai fait partir l´Ange? Il est evidemment plus savoureux de repousser à plus tard ce grand moment de poésie et de caractère. "
==> Crêpage de chignon dans les règles ? On veut tous voir ça !
"Y a rien à comprendre là-dessus. Mon esprit tordu avait envie de s´amuser
"
==> et après on dit de moi...
J´ai lu les chapitres mais comme je suis parti j´ai pas eu le temps de poster un commentaire dans les cyber etc.^^
Bref, en tout cas j´ai beaucoup aimé parce que là j´ai déjà la pression suite à la bataille qui arrive
il va y´avoir des morts, et même si certains semblent plus menacés que d´autres (genre Neiluj il fait plus rien depuis un certain temps j´ai peur pour lui
) on se demande qui peut y passer.
Le second chapitre est particulierement excellent vu que ca se passe dans l´Einstein
! Avec les humains en plus (bon ok il en manque un peu).
J´aimerais bien qu´une confrontation Morgan-Timorn ait lieu, mais pas sous forme de combat, que leur relation devienne bonne et amicale, à la surprise générale de tout le monde ^^ ! Vu que Timorn pourrait même en profiter pour casser un peu Syd (
)
Sinon vivement la suite ![]()
Ps : C´est Parkko hein^^
suite
![]()
suite
:iloveufff:

Oui ca commence à être long ![]()
fallait bien que je laisse les gens rattraper un peu de leur retard. Et puis j´ai mes partiels aussi... Hein, si vous voulez disserter sur l´artisanat protohistorique, faites^^
Chapitre XXXII : Ruptures.
Trois jours avant que l’immense forteresse, telle un monstre marin, ne bronche. Neiluj admirait les capacités de résistances du bouclier. Et du générateur. Les tirs de lasers lourds ne faisaient même pas broncher les défenseurs. Pour un peu, on pourrait même croire que les assaillants verraient leurs batteries tomber en panne avant celles des assiégés. Ces derniers ne ripostaient même pas, semblant attendre simplement que les choses se passent. Ce qui ne mettait pas les hommes de Loki à l’aise. Ils aimaient l’action, les combats épiques au corps à corps. Là, on s’orientait vers un siége classique, ce qui n’était pas arrivé depuis des lustres. C’était même la première fois que la guerre prenait cette tournure. Neiluj sentait parfois l’impatience, parfois la peur des hommes qui partageaient son fortin. Syd l’avait expédié dans l’avant-poste le plus exposé avec pour mission d’aider les hommes de Loki à ne pas céder.
Il avait donc débarqué chez eux quelques jours plus tôt. Accompagné d’une escouade composée de trente vétérans qu’il avait choisis. Certains avaient déjà servi sous les ordres du Boucher, il savait qu’ils suivraient aveuglément son fils. Un avantage certain pour lui, il se doutait bien qu’à un moment ou un autre, les troupes ennemies tenteraient une sortie. Et les bleus que Loki avait affectés ici ne tiendraient sans doute pas. Trop peu expérimentés. Certains n’étaient que des gamins à peine en âge de combattre. Enfin sur Terre, il en aurait été ainsi, on aurait accusé Loki d’employer des enfants soldats ou quelque chose dans le genre. Il ne voyait pas au début l’intérêt d’une telle manœuvre. Le cœur de la force de frappe des armées personnelles du tyran manquait à l’appel. Personne n’était capable de lui dire où il pouvait escompter trouver ces troupes en cas de coup dur. Il y avait bien l’élite que constituaient les régiments de la Garde Divine que commandait habituellement Vestri, mais ce dernier était aussi bavard qu’une mouche morte. Il semblait regretter le fait d’être présent, bien qu’il avait admis à de nombreuses reprises qu’il n’existait pas de perspectives plus excitantes pour lui que de faire ses preuves contre Samael, contre un dieu. Sans doute y avait-il aussi une part de calcul de la part du jeune homme, pas aussi bête qu’on aurait pu le croire à voir son air béat en permanence, mais il n’en disait pas plus.
Revenant dans l’arrière du fortin, une sorte de citadelle au cœur du petit édifice, il y croisa ses hommes. Les seuls sur lesquels il pouvait réellement compter, et dont il savait les pensées, les envies. Peu d’entre eux bavardaient. Certains fumaient une cigarette, appréciant le fait de pouvoir s’adonner aux affres du tabagisme après les restrictions à bord du vaisseau. Seul son lieutenant, un colosse d’une trentaine d’années, au visage barré par une cicatrice blanchâtre qui tranchait largement sur son teint très mat, semblait d’humeur à échanger quelques mots. En fait, le sous-officier s’inquiétait des directives. Il se sentait mal à l’aise dans ce rôle particulièrement exposé. Et il venait de nouveau parler à Neiluj.
- Patron, certains des gars me demandent ce que sera notre rôle dans la bataille. Ce n’est pas que je ne veux pas répondre, mais je me dis qu’il serait plus correct d’en parler avec vous avant. Alors si vous pouviez me tuyauter un peu…
- Pas de soucis lieutenant. Loki a demandé à Syd une escouade d’élite. Il semblerait qu’il ait du mal à rapatrier ses meilleures troupes et qu’elles ne seront donc pas engagées tout de suite.
- On a des bleus avec nous ? Loki est encore plus pourri que ce qu’on pensait. Mais c’est un stratège qui en a, si vous me permettez.
- Ne vous gênez pas pour moi. Vous avez visiblement une idée sur la chose, le fait qu’on nous ait affectés que des débutants pour un poste-clé. Je veux l’entendre. Parce que je compte sur vous tous pour tenir le moment venu. Autant savoir ce que chacun pense. Vous pourriez même penser à quelque chose que je n’ai pas imaginé.
- Et bien, en gardant ses troupes d’élite au chaud, il se permet de les garder intactes et en pleine forme. Les troupes de Vestri sont habituées aux combats à répétition. Pas celles de Loki pour ce que l’on sait. Donc même d’élite, ses régiments personnels sont sans doute plus sujets à la fatigue. Autant garder une telle force pour des moments-clés.
- Et faire des autres de la chair à canon… Bon raisonnement. Et ça me plaît encore moins d’être ici. Non seulement on va faire les nounous, mais en plus on va tenir le choc très vite, pour faire plaisir à un type avec lequel on n’a aucun rapport. C’est pas beau tout ça ?
Le lieutenant ne put pas répondre. Une des vigies se mit à brailler qu’une troupe d’assaillants tentait une sortie. Quelques centaines d’hommes qui allaient sans doute prendre leur direction. Calfeutrant la porte qui séparait les deux parties de la petite forteresse, l’homme alla rejoindre Neiluj qui donnait ses consignes : ne pas intervenir avant le signal, ensuite massacrer tout ce qui bougerait et qui ne portait pas des tenues déjà vues entre ces murs. Les prisonniers allaient être inutiles durant un long siège, Loki ne comptant rien apprendre d’eux. Et il faudrait mettre hors de combat le plus de monde possible. Chaque camp allait sans doute tenter de rogner un peu les forces de son adversaire.
Le petit moine aux cheveux verts regardait avec appréhension le demi millier de soldats s’aligner derrière lui. Titillant sa boucle d’oreille qui ornait le lobe droit, il ne savait pas trop quoi faire. Il regrettait le temps où il n’était qu’un simple novice, qu’on envoyait au feu avec des consignes précises, qu’il fallait suivre. Au moins, quand les consignes étaient mauvaises, il n’avait aucune part de responsabilités. Désormais, il était à la tête de la coalition de moines qui avaient rejoint Samael. Jessie et Balder avaient œuvré en ce sens et son combat contre Vestri avait joué en sa faveur. L’invincible manieur de masse d’armes avait failli échouer. Ce qui donnait du prestige au quasi-inconnu, qui aurait toutefois préféré qu’on évite de trop le remarquer. Se battre, c’était tout ce qu’il voulait. Quant aux consignes, il avait choisi le plus simple : foncer dans le tas, tuer tout ce qui bouge et libérer la route de la sortie. Après seulement, la bataille prendrait un tour plus amusant.
Devant lui, quelques centaines de mètres avant d’atteindre le but. Il avait longuement discuté avec les Valkyries et avait fini par faire emporter son idée. Les hommes utiliseraient les turbines qui propulsaient leurs lourdes armures de combat à pleine puissance, pour parcourir l’espace découvert le plus vite possible. Une fois là-bas, faire sauter la porte ne serait l’affaire que de quelques secondes, puis ce serait la mêlée. Il savait que les autres combattants qui le suivraient étaient comme lui. Ils avaient voué leurs vies à un dieu qu’ils servaient sur les champs de bataille. Il était l’heure de le prouver. Entendant les rugissements des moteurs impatients, il fit signe d’ouvrir la porte. Une voix féminine inconnue lui faisait le décompte avant l’ouverture du champ de force. Un timing précis car la rupture de cette protection occasionnerait quelques dégâts. Il faudrait donc être rapide.
Il cligna un peu des yeux en voyant la lumière du soleil heurter sa visière, sous la peau d’ours qui recouvrait son casque. Puis il prit son envol, suivi par ceux qui avaient été assignés à la même mission. Il entendit vaguement les cris d’encouragements des hommes près des portes, mais il n’y prêtait pas attention. Il sentait lentement son sang bouillir, tandis qu’il filait entre les tirs et les cratères qui se formaient autour de son groupe. Il vit vaguement deux des siens tomber, touchés par des rafales. Mais il fallait qu’il continue. Il entendit les clameurs ennemies alors qu’ils approchaient. Suivant le plan, deux hommes se détachèrent de la formation, continuant à foncer alors que les autres ralentissaient un peu. Ils déposèrent un gros disque, épais qui adhérait à la porte. Ce dernier se mit à rougir avant d’éructer dans un bruit peu ragoûtant. Les deux battants tombèrent, à moitié liquéfiés tandis qu’une masse d’hommes se tenaient derrière, prêts à en découdre.
Souriant, Zieg dégaina ses deux sabres avant de se ruer dans le tas. Il ne prenait même pas la peine de vérifier quel grade portaient ses victimes. Ce qui importait, c’était d’en tuer le plus possible. Les premiers n’avaient même pas le temps de parer et il s’aperçut assez vite, pendant un court instant de répit, que ses hommes étaient en train d’enfoncer les lignes ennemies. Même s’il était étonné de la présence d’une seconde porte, d’un mur barrant l’accès à la moitié arrière de la forteresse, le plan se déroulait mieux que prévu. Il aperçut quelques silhouettes sur les murs. Il n’eut que le temps de beugler dans son micro, rendant sourd sans doute certains des siens que les dix archers commencèrent à arroser les soldats en contrebas, ne prenant même pas la peine, ou du moins ils ne le montraient pas, de viser. Visiblement, il n’y avait pas d’importance que la victime soit dans leur camp ou dans celui des assiégés. Indiquant à cinq des hommes les plus proches de lui de le suivre, il se rua vers l’escalier, quasiment pas défendu mis à part deux gamins qui ne portaient même pas une armure complète. Au moins, ils ne sentirent rien avant d’expirer. Se ruant dans les escaliers, le quintet perdit un membre, celui qui déboucha en premier, laminé par la salve de flèches. Les autres se lancèrent dans un carnage rapide, n’hésitant pas à en jeter un ou deux du haut du rempart, peu importait le côté où ils tombaient.
De là où il était, il pouvait voir la situation évoluer doucement en sa faveur. Même en surnombre, ses adversaires manquaient de pratique, d’expérience et de volonté pour vaincre. Certes, certains des siens étaient tués, mais la plupart se promenaient presque. Une bonne quinzaine commençait même à achever les blessés qui gisaient sur le sol. Un lourd grincement vint faire cesser un instant le boucan du combat. Une trentaine de combattants entraient dans la danse à leur tour, vêtus d’armures luisantes, impressionnantes même. Zieg se demandait bien qui ils étaient. Il n’avait jamais vu des soldats dans de telles tenues, aussi puissantes sur le plan de l’impact visuel. Il estimait qu’il s’agissait des troupes de Loki. Et resta un instant bouche bée devant la manière de mener leur combat. En effet, à peine entrer en lice, une dizaine d’entre eux avaient déjà fait des victimes. Il restait choqué par la vision d’un des survivants de son monastère, un homme capable de combattre des monstres aux machoires surpuissantes à mains nues et qui venait d’être mis KO par un simple coup de poing. L’homme qui venait de signer cet acte, avec son armure bleue nuit, s’affaira à décapiter le vaincu hors de combat. Zieg sauta du haut du mur, utilisant les capacités du modèle qu’il portait pour atténuer sa chute. Deux l’avaient encore suivi. L’un d’entre eux dégaina et se rua à l’assaut. L’homme asséna un nouveau coup de poing, faisant exploser une partie de la visière et du casque. Le moine, blessé, ne se démonta pas et repartit à l’assaut. Son adversaire intercepta la lame d’une main tandis que le gant se colla au visage de l’homme au casque cassé. Le compagnon d’armes du moinillon se mit à hurler de douleur avant que son bourreau ne le laisse choir sur le sol. Le visage était marqué par une trace noire, carbonisée, là où le gant avait été appliqué. Il n’aurait eu aucune chance de survivre.
Zieg dégaina son second sabre, et fit signe à l’homme qu’il le défiait en combat singulier. Instinctivement, un cercle s’était créé autour d’eux. Personne ne les approchait, par peur de gêner son allié et de prendre un mauvais coup. Zieg contemplait l’épée de bonne dimension de son ennemi. Il se disait qu’il faudrait faire attention, mais qu’avec un peu de souplesse, il parviendrait à une distance létale aisément. Il se baissa et se propulsa en avant. Son adversaire n’avait pas semblé réagir avant qu’un de ses pieds viennent atteindre Zieg à l’épaule. Visiblement, il n’avait pas cherché à le tuer, simplement à le faire dévier. Faisant un bon en arrière, le moine évita la claymore qui s’abattait en vrombissant. Là où il était. Neiluj poursuivit son assaut en lançant un sort de glace, qui frappa l’armure de Zieg à l’épaule. Les dommages étaient aussi importants que s’il l’avait égratignée. Le Berserker ne chercha même pas à rentrer dans un duel à base de magie. Il se considérait comme trop faible sur ce plan, et avait pu voir que l’ennemi avait plus de ressources que ce faible sort.
Ses dents n’étaient pas encore prêtes à supporter le poids de son sabre. Dommage, il aurait été prêt à parier qu’avec sa technique complète, il aurait triomphé. Il se contentait pour le moment de parer tranquillement, même si parfois le poids mis dans les attaques l’obligeait à utiliser ses deux armes. Il cherchait l’ouverture, mais souvent, le poing ou un pied de son adversaire l’obligeait à rebrousser chemin. Cela ne faisait que quelques minutes qu’il combattait, mais il sentait l’atmosphère changer. Il recula avant qu’un sort de foudre ne le percute et pivota pour frapper l’homme en armure bleue. Neiluj sentit le fer de l’arme pénétrer et toucher l’os de son bras gauche. Il perdait donc un moyen de défense contre les infiltrations de l’agile singe qui lui faisait face. Il para in extremis une seconde attaque, son gantelet se faisant un peu entamer. Un bras en moins, il frappa quand même du pied, fauchant l’homme et enchaîna avec un coup de taille. L’épée qui tenta de parer le coup eut sa lame qui sembla exploser sous l’impact. Zieg fit une roulade arrière et se redressa pour encaisser un coup de pied dans les côtes. Se mordant les lèvres pour ne pas hurler de douleur, sachant qu’il en avait au moins deux de cassées, il eut le réflexe de se balancer en arrière pour éviter la claymore. Celle-ci raya la visière de son casque et déchiqueta la peau d’ours. Zieg se redressa et sauta en arrière avant d’enclencher la marche arrière.
La situation avait tourné à son très large désavantage. Ses hommes avaient effectivement taillé en pièces une bonne partie de la garnison, sauf que les nouveaux venus avaient remis les choses à plat, et causé beaucoup de dommages. Ils avaient les moyens de mettre aux abois un des moines guerriers, tandis que les bleus qui combattaient depuis le début pouvaient largement passer dans les angles morts et causer un coup mortel. Il les estimait à une trentaine environ. Pas de quoi peser lourdement en théorie, mais le surnombre des gardiens de la forteresse prenait tout son sens à ce moment. Il ordonna le retrait, d’une voie morne et terne. C’était la seconde fois qu’il devait se replier, mais la seconde fois qu’il perdait et survivait. Drôle d’impression. En partant en marche arrière, il compta les survivants. Environ deux cents cinquante. Il avait perdu la moitié de son effectif, mais était certain d’avoir quasiment anéanti près de quatre milles hommes. Un bon rapport de force théorique.
Une exclamation de stupeur attira son regard sur son flanc gauche. Un groupe d’hommes, au moins aussi nombreux que les siens tentait de les poursuivre. Vu ce qu’il pouvait voir, c’était simplement quelques caporaux qui tentaient d’obtenir leur part de gloire de leur propre chef, emmenant leurs troupes inféodées derrière eux. Ils avaient déjà laissé plusieurs dizaines d’hommes sur le carreau, frappés à mort par les défenses de la forteresse. Une initiative inutile selon le moinillon qui demanda par radio l’application du plan Bouclier. Il vit les portes de son bastion s’ouvrir, et ses hommes commencer à se ruer dedans. Ils n’avaient qu’une vingtaine de mètres d’avance, mais malgré la mêlée chaotique, il distinguait ceux qui étaient sensés les couvrir. Pénétrant à son tour, il laissa la place à des hommes en armures noires. Ceux-ci mirent en place un mur de bouclier. Les poursuivants commençaient à dégainer leurs armes blanches, faisant luire l’acier dans le soleil vespéral. Zieg vit les archères des Valkyries se mettre en place, derrière le groupe de moines en armures noires. Un genou à terre, elles étaient invisibles à leurs ennemis.
Les hommes de Loki crurent sans doute pouvoir forcer le passage sans réelle difficulté. En tout cas, beaucoup de cadavres gardaient une expression de surprise quand les longues lances des moines, formant une phalange complètement hermétique, annihilant quasiment l’assaut du premier coup. Ceux qui étaient encore vivants tentèrent de se glisser entre l’unique rangée de lances. Ce fut le signal d’intervention pour les Valkyries qui faisaient mouche à chaque fois, tirant à bout portant. Aucun n’eut sans doute l’idée de fuir. Au bout de dix minutes, cinq cents hommes supplémentaires jonchaient le sol. La bleusaille avait passé une sale journée, définitivement. Zieg pouvait souffler, enfin. Il quitta son casque et frissonna devant la fissure qui l’ornait. A quelques millimètres près, il y perdait un œil. Perdre la peau d’ours qu’il portait traditionnellement lui faisait mal au cœur, mais il préférait encore être en vie. Somme toute, il restait content, il était de toute façon certain de le recroiser une prochaine fois dans la bataille. Il fut surpris quand Jessie posa la main sur son épaule. Un sourire inquiet avait remplacé son habituelle attitude amusée et taquine.
- Comment c’était ?
- De la bleusaille. En très grand nombre. Ce qui explique qu’ils n’ont pas encore tenté de donner l’assaut. On aurait fait un carnage rapide. Mais ils sont accrocheurs, et disposent d’unités d’élite superbes en soutien. Enfin, en petit soutien, ils ne sont pas nombreux, mais sont très efficaces.
- Tu as perdu combien d’hommes ? La moitié à peu près non ? Tu as visiblement bien géré les choses d’après ce que j’ai entendu. Quand tu as vu l’affaire mal engagée, tu t’es replié. Bonne vision des choses. A quel moment tu as compris d’ailleurs ?
- J’étais engagé dans un duel contre l’un de ces hommes. Je pense qu’il s’agit des troupes d’élite de Loki. D’ailleurs, s’ils attaquent à un moment où la bataille ne nous sera pas favorable, nous risquons d’avoir de gros soucis. Bref, j’ai perdu ma tête d’ours, et c’est là que j’ai senti que c’était quelque chose comme un signe, un avertissement.
- Intéressant… Tu sembles avoir toi aussi trouvé l’adversaire qu’il te fallait non ?
- Oui, sans doute. Mais, Dame Brunehilde, puis-je demander pourquoi « toi aussi » ? Vous avez votre cible favorite dans ce combat ?
- Evidemment, se mit à rire Jessie. Tu sais parfaitement que Laïa et moi sommes désormais des ennemies mortelles. Nous devrons sans doute combattre le moment venu.
- Et vous pensez gagner ?
- Ne sois pas inquiet. Si je meurs, alors tout est perdu et tu mourras après, si tu n’es pas déjà mort au moment de mon trépas. Mais si le duel est purement magique, j’aurais du mal. A l’épée, nous sommes presque à égalité, j’ai quand même un peu l’avantage. Enfin, nous verrons, je sens qu’elle ne va pas tarder à arriver….
C'était bien la peine que je fasse un trou dans mon emploi du temps en période de partiels, si les deux qui râlent pour pouvoir commenter ne sont même pas là ![]()
Mais je suis là =)
Mais il faut nous laisser le temps de digérer cet excellent chapitre ^^
J'avais une semaine de partiels, j'ai même pas pu venir sur le net tous les jours Fff
alors hein.
Parkko Posté le 25 janvier 2008 à 15:46:50 J'avais une semaine de partiels, j'ai même pas pu venir sur le net tous les jours Fff alors hein.
tu t'empechais pas de râler quand c'était mon tour ![]()