Forum inapproprié, hors sujet. Je le sais, je souhaite néanmoins poster la première partie d´une nouvelle toute fraîche, sur ce forum qui a vu naître et mourir ma première fanfiction. C´est ici que j´ai mes plus fidèles lecteurs, si nombreux soient-ils
Donc voilà, on peut pas faire mieux comme conclusion.
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C’était un jour maussade, gris. Le genre de temps qui filerait la migraine à n’importe qui. Mais Marie aimait ce temps, son attitude décalée, sa vision des choses lui donnait une particularité qu’elle s’efforçait de conserver. Cette belle jeune fille aux longs cheveux châtains bouclés avait fêté ses quinze ans la veille, sa famille frisant le seuil de pauvreté, elle n’avait pas reçu de cadeaux, si ce n’est le bonheur d’une soirée en famille, entourée des gens qu’elle aime. Marie était fille unique, ses parents faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour la rendre heureuse et qu’elle se sente comme les autres, car même s’ils lui disaient pour la rassurer, ils savaient que ce n’était pas le cas, Marie n’avait pas de jean à la mode, pas de vestes fluos ni de chaussures derniers cris. Si ce n’est sa beauté et son caractère, Marie était banale. Pour elle, cela n’avait pas grande importance, elle savait tirer des gens le meilleur, et voir au-delà des vêtements ou de la coupe de cheveux. Bien sur, ses notes à l’école, excellentes, lui attiraient la convoitise et la jalousie de certains, mais elle savait que sels comptaient ses véritables amis, bien qu’ils furent peu nombreux, et à certaines périodes inexistants.
Il était huit heures du matin, elle venait de finir de se préparer et, après avoir dit au revoir à ses parents, partit pour l’arrêt de bus, où elle retrouva Carmen, une vieille amie à elle, ainsi que Rachel, une vieille ennemie à elle. Passant la mauvaise humeur habituelle de cette dernière, Marie alla saluer Carmen. Le car arriva, elles y montèrent. Une demi-heure plus tard, elles rentraient dans leur lycée et après avoir profité des dernières minutes de répit qu’on leur accordait avant de subir l’atroce souffrance d’une dure journée d’études, se dirigèrent vers leurs classes respectives. Comme à son habitude, Marie ne retrouvait pas sa classe et avait oublié le nom de la salle ou elle avait cours d’anglais. Après quelques secondes de réflexion durant lesquelles elle demanda un effort intense de mémorisation à sa cervelle, elle se dirigea vers la salle Mitterrand qui, comme elle s’en doutait, se situait à l’autre bout du lycée. Après s’être éclairci la voix, elle entrouvrit timidement la porte de la salle, attirant les regards de toute la classe, ce qui lui donna l’occasion de sentir le sang affluer dans ses joues.
« - Good morning Marie ! You’re late, take place please.
- Oui madame.
- In english, please.
- Yes sir. »
Cette erreur volontaire de Marie fit pouffer la majorité de la classe, ne sachant s’ils riaient de la plaisanterie ou de sa bêtise, la jeune fille esquissa un petit sourire et s’assit au premier rang. Ce qu’elle détestait ça, les gens pouvaient parler derrière le dos, écrire des mots doux sur les chaises, en ce qui concernait les hommes, elles savaient parfaitement que leurs yeux lorgnaient plus ou moins volontairement sur la ficelle de son string, qu’elle s’empressa de remettre en place, sachant que cela n’empêcherait les plus pervers de continuer à regarder dans l’espoir d’un mouvement maladroit de sa part, mais elle n’y pouvait rien, et évidemment, elle n’avait pas de manteau.
Vers le milieu du cours, alors que Marie s’endormait déjà, on frappa à la porte et le directeur de l’établissement entra, accompagné d’un jeune homme de l’âge de Marie, peut-être un peu plus vieux. Tous les élèves se levèrent. Le directeur alla échanger quelques mots avec la prof d’anglais et s’adressa ensuite à l’assemblée.
« - Bien, je vous présente Eric, il vient du nord de la France, de Lilles, plus précisément. Son admission tardive ne lui permet d’arriver que maintenant, mais j’espère que vous saurez lui faire un accueil comme il se convient. Tiens, jeune homme, va t’asseoir à côté de la jeune fille là-bas. »
La jeune fille en question, c’était Marie. Elle rougit à nouveau en dégageant son sac de la chaise, et ne pouvait s’empêcher de fixer Eric. Ni trop grand, ni trop petit, musclé, bien habillé, une chevelure blonde éclatante, magnifique, de grands yeux bleus, aussi insondables que l’océan, une chaîne en or, une montre en argent. Nul doute qu’il serait la proie de dizaines de filles du lycée, et Marie l’avait à côté d’elle, en cours d’anglais, jusqu’à la fin de l’année, du moins l’espérait-elle. Voilà qui ne manquerait de faire claquer les mauvaises langues, comme si elle en avait besoin. Eric lui sourit et s’assit à ses côtés, accompagnant la classe. Après une brève présentation, le cours continua.
Après plusieurs semaines, Marie était devenue une très bonne amie d’Eric, et c’était réciproque. Ils passaient des heures entières au téléphone chaque week-end, étaient souvent à côté en cours, se racontaient tout ce qui leur arrivait. Advint alors le jour qui mit un terme à leur relation d’amitié, pour s’engager dans une relation plus profonde et plus ancrée dans leur cœur. Eric lui demanda si elle acceptait de sortir avec lui. Marie était sans voix, heureusement qu’il lui demandait au téléphone, car son visage arborait une expression dépitée. Elle bredouilla quelques mots, articula qu’il lui fallait réfléchir. Elle n’était sortie qu’avec peu de garçons, et n’avait jamais eu d’aventures sérieuses, la plus grande folie qu’elle eût faite avec un homme fut de lui laisser caresser ses seins, alors que certaines de ses amies étaient allées plus loin, beaucoup plus loin. Elle se sentait inexpérimentée et inapte à sortir avec un garçon comme Eric. Puis elle se décida, et le lundi matin elle l’accueillit avec un baiser, déclenchant une avalanche d’éclairs dans les yeux des filles environnantes, voire même de quelques garçons.