Chose promise chose dûe.
__________
Chapitre IV : "Pendant ce temps..."
Saemonnosuke observait l´étranger depuis bientôt cinq minutes. Celui-ci semblait errer sans but, marchant lentement, d´un pas traînant. Il avait même fait oublier sa colère au jeune enfant, désormais captivé par sa lente progression. Cet homme était tout compte fait assez banal, vêtu d´une veste à manches longues marron et d´un pantacourt de la même couleur. Cependant, ce qui avait interpellé Saemon, ce n´était pas l´apparence du voyageur, mais son attitude. En effet, celui-ci n´avait toujours pas remarqué l´inconnu qui l´observait, alors qu´il était sur le point de le croiser. De surcroît, les yeux dans le vague, l´étranger semblait plongé dans un profond rêve probablement peu réjouissant, vu son expression abattue et fatiguée.
L´enfant recula de quelques pas. L´homme était désormais à quelques mètres de lui, et maintenant qu´il le voyait de plus près, il lui paraissait vaguement dangereux. Après tout, peut-être était-il ivre ou drogué. A cette pensée, Saemonnosuke eut envie de prendre ses jambes à son cou. Seule sa curiosité le poussa à rester là.
- Mon... Monsieur? risqua-t-il.
La réponse tarda à venir. Néanmoins, l´homme tourna la tête dans sa direction, et l´examina.
- Tiens, salut, toi. Excuse-moi, je ne t´avais pas vu.
- Vous êtes sûr que ça va, monsieur? Vous n´avez pas l´air très bien.
- Ne t´inquiète pas pour moi. Je manque un peu de sommeil, c´est tout. mais c´est gentil, merci.
Saemon pouvait l´examiner plus attentivement, maintenant. L´inconnu avait une queue de cheval retenue par un bandeau blanc noué autour, et qui faisait le tour de sa tête en relevant une mèche tombant sur son front. Ses cheveux étaient chataîn clair et ses yeux bleus. Son visage comportait des traits occidentaux, bien que légers, probablement suite à un métissage. Il arborait une expression aimable et sereine, qui dissipa la méfiance du garçon en un clin d´oeil.
- Où allez-vous? demanda celui-ci.
- Nulle part. Pour l´instant, je cherche juste un endroit pour dormir. D´ailleurs, tu pourrais peut-être m´aider, jeune homme. D´où viens-tu?
- Du village de Kalm. C´est pas loin d´ici. Il faut juste traverser le bosquet qui est devant, et descendre la colline. Si vous voulez, je peux vous y emmener.
- Ah, je vais peut-être enfin dormir sur un vrai lit. Merci beaucoup, mon garçon.
- Suivez-moi, alors.
Ils partirent donc tous deux en direction de Kalm. Au bout d´un certain temps, l´homme s´arrêta, réalisant tout d´un coup que l´enfant avait fait fait tout ce chemin seul. Le rattrappant, il entreprit de le questionner à ce sujet.
- Dis-moi, petit, que faisais-tu seul si loin de ton village?
- Je me suis disputé avec mes grand-parents.
- Mais il y a des monstres en dehors des villes. C´est dangereux, tu sais. Tu aurais pu être bléssé, voire même tué.
- Je sais. Mais je peux me défendre. Maman m´a laissé son sabre, et je m´entraîne pour devenir un grand guerrier, dit-il en exhibant l´arme à son interlocuteur.
Celui-ci ayant fait un geste dans sa direction, l´enfant rangea farouchement l´arme dans son fourreau.
- C´est une belle lame que tu as là. Mais cela ne suffira pas contre un monstre. Tu es bien trop jeune, et trop petit, ajouta-il en riant.
Saemon n´apprécia pas la plaisanterie, et afficha un air refrogné tout en pressant le pas.
- Ho, je plaisante. Ecoute, je pratique moi-même un peu le sabre. Si tu veux, je te donnerai quelques cours une fois arrivés.
- Vrai? s´exclama l´enfant.
- Bien sûr. Je préfère l´épée, mais j´ai tout de même été formé au style occidental.
Le garçon bondit de joie, montrant sa joie de manière simiesque
- Ca alors! je vais devenir un vrai guerrier!
- Du calme, répliqua l´homme sur un ton jovial. Tout d´abord, dis-moi ton nom.
- Saemonnosuke. Mais on m´appelle Samon.
- Enchanté, Saemon. Moi, je m´appelle Nega. Nega Fujimaru.
***
Un an auparavant.
- Monsieur? Le vice-président du SIIEDS voudrait s´entretenir en privé avec vous.
- Faites-le entrer.
- Bien monsieur.
Le président Shin-Ra se laissa aller sur son fauteuil en cuir en croisant les bras. Ainsi, Lins venait lui rendre visite. Probablement au sujet de l´incident de la nuit passée. Si celui-ci venait le trouver de son propre chef, la situation devait être plus grave que prévu.
Les temps devenaient dangereux, pour les dirigeants Shin-Ra. Des mouvements de contestation naissaient un peu partout sur les territoires recemment contrôlés. Et il y avait le continent occidental. L´implantation de l´entreprise à l´Ouest devra se faire plus tard. Pour l´instant, le plus gros problème venait de l´intérieur.
Le président contempla son verre de Gin. Peut-être était-il empoisonné. Peut-être que, malgré la protection de toute sa compagnie, il allait-il mourir dans peu de temps. Peut-être était-il seul pour se défendre. Après tout, la mort pourrait venir de son entourage.
La porte s´ouvrit, l´arrachant à ses pensées.
- Bonjour, Lins. Asseyez-vous.
- Merci, monsieur.
- Et bien, quelle est la raison de votre visite? Serait-ce l´attentat de la nuit dernière?
- En effet. Comme vous le savez, le directeur est mort dans l´explosion causée par deux terroristes, que nous n´avons pas encore identifié.
- Oui, oui, j´ai été informé du décès de M. Fox. Continuez.
- J´ai donc repris la fonction de ce dernier, ma première priorité étant l´enquête sur cet attentat. Je n´ai pas eu à chercher très loin pour en trouver une des causes. Un de nos membres, Rashaun Harper, est porté disparu depuis cette nuit. Tous ses documents ont été détruits, et son appartemment est vide de tout indice. Il a également emporté avec lui nombre d´effets personnels.
- Un espion au sein même du SIEEDS?
- C´était un ancien agent de terrain. Il devait avoir gardé des contacts à l´extérieur. Le fait est qu´il nous a echappé, emportant avec lui des informations cruciales.
- Soyez plus précis.
- Pour être clair, vu son grade, il devait avoir accès aux identités de la majorité des membres de l´organisation. De plus, il connaît parfaitement nos locaux, ainsi que nos différents collaborateurs.
- Je vois. Vous faites donc face à une véritable catastrophe, tout compte fait.
Le président se redressa sur son siège et décroisa les bras. Il posa ses coudes sur la table, joignit ses mains, et posa sa bouche dessus.
- Voilà pourquoi je suis venu vous demander votre aide. Je ne peux m´occuper de cela seul.
- En résumé, la plupart de vos membres sont en danger de mort, vos locaux et vos projets sont connus de tous, et vos collaborateurs vont bientôt couper tout contact avec vous, s´ils ne meurent pas avant.
- Hum... oui, c´est exact.
Lins attendait la décision du président avec nervosité. celui-ci se leva, les mains derrière le dos.
- Lins, je crois que l´existence du SIEEDS touche à sa fin.
L´homme se leva en sursaut. Ce n´était pas bon.
- Calmez-vous, reprit le président. Je ne suis pas en train de vous renvoyer. Mais le SIIEDS est dissout, à partir de maintenant. Nous allons passer à quelque chose de plus concret. Vous et vos officiers serez mutés dans une autre section. Quant aux agents subalternes...
Il marqua une pause.
- Nous ne pouvons nous permettre de perdre la confiance de nos employés, n´est-ce pas? Ils formeront la base de la milice.
- La milice?
- Vous avez bien entendu. Je vous avais bien dit que nous passerions à quelque chose de plus concret.
- Mais... qu´adviendra-t-il précisément des officiers du SIEEDS?
- Ils continueront leur travail. Mais avec un effectif réduit, certes, répondit-il en souriant. Il faudra trouver un autre nom, naturellement. Et vous prendrez vos quartiers à Midgard. Les travaux seront bientôt terminés. Vous avez cependant besoin de recruter quelques nouveaux membres. Fiables, précisa-t-il, insistant.
- Comme vous voudrez.
- Parfait. Vous pouvez disposer. Je convoquerai le Conseil ce soir pour mettre les choses au point. Mettez vos hommes à l´abri, les officiers en priorité.
Il se rassit.
- A ce soir, donc, M. Khram.
- Au revoir, président.
Lins se retourna, et sortit du vaste bureau, la porte se refermant automatiquement derrière lui. Un sentiment de soulagement l´envahit.
"Tout va pour le mieux, dans le meilleur des mondes!" pensa-t-il.
Le jour même, les Turks étaient crées, et la Shin-Ra passa à une politique de répression et d´omniprésence militaire.
Trois mois plus tard, l´un de ses nouveaux membres, Vincent Valentine, fut porté disparu. Le directeur du département scientifique en personne classa l´affaire.
Rashaun Harper restait introuvable.
Eh bien voilà, disons que ce chapitre sert plutot de transition entre ce que je voulais faire, et ce que je veux faire maintenant. J´essaierai de vous présenter quelque chose de plus intéressant et de meilleure qualité mercredi prochain.
Merci à ceux qui lisent.