Désolééééééé du retard ^^
Chapitre III : Il y a dix-sept ans...
La jeune femme s´avance d´un pas décidé dans le couloir, croisant de temps à autre un collègue; un badge argenté est accroché sur sa blouse blanche. A sa vue, la sécurité la laisse passer sans poser de questions et la saluent poliment. Bientôt, elle s´arrête devant la porte d´un bureau, presque au bout du couloir; sur une plaque argentée est gravé le nom du professeur Hojo.
Elle reste immobile quelques secondes, puis prend une profonde inspiration; elle sonne. Après une courte attente, la porte s´ouvre seule, dévoilant aux yeux de la jeune femme une pièce suréclairée, ressemblant plus à une chambre d´hôpital abandonnée qu´à un bureau.
Hojo, voûté au-dessus de sa table, ne la remarque pas tout de suite. Elle rentre donc, et observe l´étrange salle dans laquelle elle venait de pénetrer.
Le mobilier, entièrement metallique, composé de tables et d´armoires, dégage une sensation froide et dure, marquée par le manque de personnalité. Pas de photos, aucun effet personnel; ce bureau aurait pu être abandonné, seule l´incroyable propreté indiquait un entretien régulier. Les divers objets que l´on pouvait voir semblaient directement provenir d´un bloc operatoire, et les documents et rapports éntassés dans les armoires contrastaient avec l´ordre qui regnait dans le reste de la piece. De puissants néons l´éclairaient, diffusant leur lumiere blanche et éblouissant la jeune femme. Elle plisse les yeux, puis s´avance lentement.
- Tiens, tiens. Bonjour, madame.
Hojo avait levé les yeux de son bureau. Il s´approche d´elle. Elle a le temps de remarquer, sur une table, une créature couverte d´une bâche opaque, de forme humaine, avant que le scientifique ne la recouvre completement d´une main nerveuse.
- Bonjour, monsieur.
- Je ne vous attendais pas dans mon bureau, aujourd´hui. Ne devriez-vous pas être au Département de l´armement?
- Oh si, monsieur. Mais je voulais vous parler...
Elle baisse la voix, et une expression soucieuse apparait sur son visage.
- Vraiment... ?
Hojo fait quelques pas dans la salle.
- Très bien, je vous écoute.
- Oh, merci, merci professeur!
Une lueur d´espoir apparaît dans ses yeux.
- Voila... connaissez-vous mon mari?
Hojo eut un imperceptible tic à la lèvre supérieure. Il était nerveux. Pourtant, en une seconde, il retrouva son calme habituel.
- Oui, oui, Artcher me rend souvent des petits services... Lui est-il arrivé quelquechose?
La jeune femme se crispe.
- Il... il est parti en mission pour le SIIEDS, mais... cela va bientôt faire un mois...
Une expression d´inquiétude se peint sur son visage.
- Je vois. Vous voulez que j´aille enquêter à son sujet auprès de Mr. Fox?
La jeune femme acquiesça d´un signe de tête.
- D´accord, je vais aller le voir. Ne vous inquietez pas, il sera bientôt à vos côtés... ainsi qu´aux côtés de votre enfant. D´ailleurs, comment va-t-elle?
- Oh, merci, merci infiniment! Le bébé va bien, seul son père lui manque un peu...
Elle avait retrouvé une voix assurée. Maintenant qu´Hojo lui avait accordé son aide, tout irait bien...
- Bon, eh bien, j´imagine que le problème est réglé.
- Oh, oui, je ne vais pas vous déranger plus longtemps...
Se dirigeant vers la porte, elle se retourne.
- Au revoir, monsieur, et merci beaucoup!
- Mais de rien. Au revoir, madame.
La future mère allait franchir la sortie. Elle regarde derrière elle une dernière fois avant de partir. Deja, Hojo s´est remis au travail.Elle observe la piece, et voit...
Son pendentif. Artcher, le jour de leur mariage, lui avait offert une bague, et elle, un collier; une croix en or, avec son nom gravé derrière. Comment était-il arrivé là? Que faisait le pendentif de son mari sur cette table... ?
Juste à côté se trouvait la créature qu´elle avait vue. Elle s´approche, sans qu´Hojo fasse attention à elle. D´un coup sec, elle enlève la bâche. Il manque une jambe et une main. C´est un homme.
La jeune assistante contemple le corps mutilé. Puis soudainement, avec effroi, elle le reconnaît. Devant elle, son mari, mort, et disséqué.
Tout s´effondre autour d´elle, son travail, son futur enfant... plus rien ne compte. Plus rien n´existe. Seul le corps de son mari importe. Seule cette vision sanglante capte ses yeux. Que se passe-t-il? C´est un cauchemar, elle va bientôt se reveiller... l´être aimé va bientôt réapparaître... non... ce corps mutlié n´est pas Artcher. Ce ne peut être lui. Son mari ne peut s´être transformé en ce tas de viande inanimé...
Derrière elle, Hojo se lève. Il l´observe avec précaution, un pistolet à la main. La jeune femme reprend conscience de la réalité, et ses traits se creusent. Elle éclate en sanglots.
- Que... qu´est ce que vous lui avez fait?
- Voyons, calmez-vous, calmez-vous...
- Espece de monstre! Mon... mon mari... vous l´avez tué... vous l´avez...
Une rage déseséperée monte en elle. Elle se retourne vers Hojo, prête à se lancer sur lui. La tristesse et la haine déforment ses traits. Elle s´élance, puis... plus rien.
Hojo sourit.
- Ah, vous êtes enfin arrivés...
- Excusez notre retard, monsieur.
Les gardes rentrent dans la pièce, et ramassent la jeune femme endormie. Ils sont habillés en uniformes rouges. Deux d´entre eux s´emparent de la jeune assistante, pendant que le troisième s´approche d´ Hojo. Il range son pistolet tranquilisant.
- Je dois faire mon rapport. Qui est-ce?
- L´assistante de Mr. Krechner, du Département de l´armement.
Le garde se rapprocha du corps et prit le badge.
-Mélinda... Mélinda Caravage, employée n°863. Pour la raison de l´arrêt...
-Laissez, laissez, je vais m´en occupper plus tard. Officiellement, elle est partie. N´en parlez pas à son supérieur. Je m´occupe du rapport. Emmenez-la au quartier de la SIIEDS... ils sauront quoi en faire là-bas. Et surtout, gardez-la en vie jusqu´à la naissance de son bébé. Ne l´âbimez pas...
- Bien, professeur.
Ils sortent du bureau avec la jeune femme endormie.
“Bien, bien... toute la famille passera donc sous mes mains. Comme c´est drôle...!” pensa-t-il.
Il ricane doucement, et se remet au travail.
***
Will et Kieran restent silencieux. Ils passent ainsi une dizaine de minutes à attendre dans l´ombre, scrutant l´obscurité. Juste en face, une voiture aux vitres teintées, de la SIIEDS. Entre eux, une vingtaine de mètres vides de toute vie. Tous deux se crispent. Will regarde l´heure.
- Il arrive, dit-il.
En effet, une porte s´ouvre derrière la voiture noire. Trois hommes en sortent. Ils s´arrêtent, observent autour d´eux. Kieran se lève.
- C´est le moment.
Will approuve d´un signe de tête. Il se lève à son tour, et sort son arme. Un des hommes ouvre la portière de la voiture. Soudain, tous deux s´élancent. Leurs ennemis se retournent, alertes. Un d´entre eux les voit et sort son arme. Will l´abat.
- Qu´est ce que... on se fait attaquer!
Le deuxième réagit rapidement, et sort un pistolet de sa veste. Il vise... Will meurt d´une balle en pleine tête. Les deux hommes en noir se mettent à couvert derrière la voiture. Le toisième jette un coup d´oeil, pendant que l´autre recharge son arme.
- Oro est mort?
- On dirait bien.
- Où est l´intrus?
- Je ne le vois plus...
C´est alors que Kieran apparut, courant vers la voiture.
- Il est là.
Celui qui avait parlé ajuste son fusil. Il vise calmement la tête, et appuie sur la gâchette. La balle siffle au-dessus de Kieran, qui avait eu le reflexe de se jeter à terre, le sauvant de peu. Il se relève rapidement, et reprend sa course.
La deuxieme balle part et le touche en plein coeur. Kieran titube, et s´affale par terre, juste à côté de la voiture. Les deux hommes restant se lèvent et s´approchent prudemment.
Dans un dernier souffle, le jeune homme glisse sa main sous sa veste, et enclenche la bombe. Son sac explose alors, déchirant son corps; la voiture explose également. Les deux autres sont projetés à plus de cinq mètres, soufflés par la déflagration. Leurs corps déchiquetés retombent lourdement, comme des poupées, au milieu des flammes. Il n´y avait aucun survivant.
Les hostilités étaient ouvertes.