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Fic : L'Epopée Iksarienne

Sephirot2fr
Sephirot2fr
Niveau 10
13 septembre 2005 à 22:04:15

Ohlala, je l´avais pas lu =/

J´imprime demain, promis^^

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
13 septembre 2005 à 22:05:36

Magus :d) Bah uais, bravo lol, enfin un connaisseur ^^
Seph :d) Comme tu veux :ok:

Sugy
Sugy
Niveau 10
14 septembre 2005 à 03:21:56

Toujours pas lu, désolé mon chéri ^^
Je vais le faire, promis!

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
14 septembre 2005 à 06:56:03

Sugy :d) Prends ton tps, t´inquiète. J´ai tjrs pas commencé la tienne... -_-

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
19 septembre 2005 à 21:21:54

Chapitre 10 : Jacen.

Le feu crépita tandis qu’il répandait sur les hommes sa chaleur appréciée. Il faisait nuit, une succulente odeur de viande grillée émanait des brochettes de coklys, des oiseaux au goût fin et retapant. Avalant sa première brochette d’une traite, Korialstraz entama la conversation.
- Je penssse que j’ai le droit à des exxxplications, maintenant, expliqua-t-il.
- Je le crois aussi, renchérit Cirion, avant de goûter à sa première brochette. Sa bouchée finit, il reprit. Ifrit, la Chimère de feu, gardien des enfers et de la souffrance… C’est une créature mystique qui ne peut être contrôlée que par un Ombre. Les Ombres sont des hommes mêlés à des elfes noirs, ayant rejoint les forces occultes et celles de la nature. C’est en gros le mélange de deux peuples, de deux races et de deux traditions. Malgré cela, ils se diffèrent des hommes par leur beauté, leur calme, leur savoir et leur force ; et ils sont différents des elfes car ils pratiquent la nécromancie, le samurisme ou le Chimèrisme. La nécromancie est l’art des morts, celui de contrôler un cadavre, de faire revivre un mort, ou de puiser dans les forces démoniaques de l’enfer. Le samurisme est l’art de la furtivité, du camouflage, de la nuit et des attaques dévastatrices et éclair. Le Chimèrisme, quand à lui, est l’art de parler aux Chimères, gardiens ancestraux de la planète et de son savoir. Les Ombres sont un peuple en voie de disparition, et ont surtout des intentions pacifiques. Jamais, depuis la naissance de l’humanité, ils n’avaient fait le mal, quel qu’en soit sa nature.
- Et tu esss un Ombre je sssuppossse…
- Oui. Je suis un Samuraï, un maître de la nuit…
Korialstraz terminait maintenant sa deuxième brochette. Il poussa un long soupir, ferma les yeux quelques instants puis tourna son regard vers les étoiles, gardiennes célestes des âmes défuntes mais raccrochées à ce monde par une quelconque raison. Comme s’il cherchait une réponse parmi la voie lactée.
- Tu sssais qui je sssuis, sssi tu esss en partie un elfe. Mais moi, j’aimerais sssavoir ccce que tu faisssais dans cccette prissson…
- Oui, je sais qui tu es. Ecoute, cela va te paraître sûrement étrange, mais je suis un solitaire. Le Roi, Terenas (Cirion fit une moue dégoûtée en prononçant ce nom ) m’a fait prisonnier car j’étais un ombre, et qu’il pensait pouvoir se servir de moi pour monter sur le trône royal. Je me suis échappé, et ai tenté de me venger… en lui ôtant la vie. (Il poussa un long soupir ) Bien mal m’en prit car je ne sais avec quelle machination il m’a repéré, mais il m’a aussi mit captif dans la prison la plus surveillée de tout le Royaume. Ensuite, tu sais ce qui s’est passé…
Un silence religieux s’installa ensuite, seulement troublé par le crépitement des flammes. Korialstraz jugea qu’il pouvait croire en Cirion. Quelque chose de cet Ombre était rassurant, puissant et ancien. « Un héritage elfique » pensa l’Iksar. Il finit par s’allonger en souriant à la dernière question qu’il s’était posée : « Et si il profitait de la nuit pour me faire la peau ? ». D’abord inquiet, Korial se mit alors à se moquer de lui-même. « La mort ne me fait pas peur, elle n’est pas une fin en soi, juste une porte vers un autre monde… Un monde où je reverrais mes amis… ».
Il s’endormit au rythme du vent qui caressait ses écailles.
Il fut réveillé le lendemain par un éternuement de Cirion. Ce dernier n’avait pas bougé depuis la nuit dernière, on aurait pu croire qu’il n’avait pas dormi. Quelque chose avait changé en lui, son visage semblait plus tendu, ses rides – aussi rares soient-elles – se creusaient un peu plus sur son visage. Il semblait inquiet et frustré…
- Nous allons partir pour Lordaeron, la ville voisine, la ville de ce snaga de Terenas. J’ai besoin de récupérer mes armes, de me trouver une armure, de bonne facture et quelques renseignements. Tu viendras avec moi, seulement vêtu d’une longue tunique noire qui te cachera entièrement. Tu ne parleras pas, et tu écouteras. Je sais, cela te paraît un peu osé, nous ne nous connaissons pas, mais je te fais confiance, et je ne trahirai pas la tienne.
Tout en terminant son « briefing », Cirion ajouta un léger clin d’œil, histoire de bien convaincre son nouvel ami, car pour lui s’en était un : il l’avait sauvé deux fois, mine de rien. Et d’Ifrit, qui plus est.
Korialstraz acquiesça de la tête, puis il suivit Cirion, qui marcha droit vers le levant…

• * * *

- Roaaaaaar ! Laissez-moi sortir, bandes de sales humains. Votre pauvre roi ne pourra rien pour vous dès que je mettrais le museau hors de ces barreaux. Infâmes créatures sans défense ni honneur. Je me vengerais !
Jacen se débattait à l’intérieur de sa cellule. Il poussait de longs feulements rageurs tout en jetant un regard d’améthyste sur ses gardiens, qui se tordaient complètement de rire. Cela n’arrangea rien.
- Tais-toi un peu, sale Lycaon ! Hurla un des deux gardes avant de lui lancer une grosse pierre en direction de sa face de tigre.
La patte bleue partit comme une flèche avant que la pierre n’explose sous les griffes acérées. Ses yeux lançaient des flammes, ses griffes étaient tendues à leur maximum, sa queue ne bougeait pas, ses poils étaient hérissés, ses longs poils bleus et lisses. Cet être, un croisement entre une panthère, un tigre et un homme, mesurait bien deux mètres cinquante, était fait de muscles, de poils et de griffes. En ce moment, il était en état de rage, intense, harassante et malvenue. Il avait la soif du sang et ne pensait plus qu’à une chose : Tuer. Tuer ces hommes qui lui meurtrissaient son honneur, les voir supplier, agoniser, mourir… Pourtant il ne pouvait pas… ses barreaux étaient trop solides, même pour lui, Jacen le Lycaon de Voldnür, la région des glaces.

• * * *

Deux bonnes heures maintenant que Korialstraz et Cirion marchaient sur ce sentier de terre sèche qui les mènerait à Lordaeron. Ils avaient en fait contourné toute la forêt par l’ouest, jugée trop dangereuse. Le ciel, d’un bleu azur parsemé de nuage blancs et opalins, était bercé par un soleil bienfaiteur et rare en cette période de l’année. Ils avaient avancé sans mot dire, durant d’interminables minutes, épuisantes pour les pieds encore endoloris de Cirion. Hormis les quelques volatiles à plumes qui avaient déguerpi au-dessus de leur tête, il n’y avait aucune manifestation de la faune, chose à la fois rassurante et troublante. Enfin, au loin, droit devant eux se dessinait l’ombre d’un rempart entourant un donjon… Le château du « snaga Terenas », comme l’avait appelé l’Ombre plus tôt dans la matinée. Ils traversèrent alors des champs, de céréales probablement. De la terre fraîchement labourée attendait qu’on la cultive, elle était en jachère, un moyen de rendre les récoltes plus fertiles mais qui demandait beaucoup de terres. Peu de paysans étaient à l’œuvre en ce beau jour de fin d’automne. Les greniers semblaient vides de toute vie. Ils arrivèrent alors devant les portes de la ville.
Gardées par deux gardes en armure argentée, recouverte d’une tunique de même couleur arborant l’insigne du roi : Une tête d’aigle royal. Le crâne recouvert d’un heaume toujours argenté « pour cacher le vide de leur cerveau », pensa Korialstraz, ils jetèrent un regard étrange vers Cirion et son ami.
- Ne vous inquiétez pas les gars, c’est un costume pour le bal que fait un ami. Il prévoit une joute amicale, et quoi de plus effrayant qu’un substitut de dragon ?
L’air toujours aussi méfiant, l’un des deux, le plus potelé, poussa un grognement sourd avant d’hurler un « Ouvrez les portes ! » de sa voix trahissant l’alcool.
« Il va falloir faire vite, souffla Cirion à l’oreille de Korial, tu n’es pas le bienvenu ici. » Le désigné répondit par un petit rire forcé, le plus humain possible. Les deux portes de bois massif s’ouvrirent lentement, raclant la terre sur leur passage. La ville semblait bien morte à l’heure qu’il était…
Des maisons, éparpillées un peu partout, concentrés en petits groupes. Des commerces, allant de forgerons à tanneurs, en passant par bars en tous genres. Une petite église, de pierres noires et au clocher sonnant huit coups. Voilà de quoi était composée la ville de Lordaeron, qui était bien semblable à toutes les autres villes, si ce n’était son château, imposant malgré les âges. Le donjon s’élevait au dessus de tout, châtiant quasiment les nuages, le clocher de pierre blanche polie, sur lequel se reflétait maladroitement le soleil… Tout le château état d’ailleurs blanc, un blanc pur de pierres de très bonne facture. Un château immense, avec un jardin aux arbres multiples et aux fleurs diffusant leurs agréables parfums. Mais il n’y avait pas le temps de contempler, il fallait se cacher, une fois de plus.
L’Iksar fut entraîné dans une petite maison à l’écart des autres. La porte s’ouvrit lentement, le jardin n’était plus entretenu. A l’intérieur, une grosse commode, qui devait servir de penderie, une table avec ses deux chaises, un lit et une cheminée qui fut bien vite rallumée.
- Mets ça. Ordonna Cirion tout en tendant une longue tunique noire, d’un noir profond, d’un noir de nuit.
La tunique allait parfaitement à l’Iksar, elle recouvrait tout son corps, sauf ses « pieds ». Toujours fourré dans l’armoire, Cirion dégota une paire de souliers de grande taille.
- Ce ne sera pas le grand luxe, mais ce sera la sécurité. Plaisanta-t-il en tendant également les souliers à l’Iksar.
Ainsi vêtu, Korial ressemblait à un assassin. Il avait la carrure, l’aspect (que lui conférait la tunique ), et enfin il avait opté pour le même caractère, froid, silencieux, repoussant. Ainsi, il n’aurait pas à croiser de regards indiscrets, surtout qu’il avait chaque bout de « Sorrow » relié à une ceinture de cuir noire que lui avait encore fourni l’Ombre.
- Va m’attendre au bar, Korialstraz, s’il te plaît. Je vais aller chercher Angel&Devil, mes deux armes, je sais où elles se trouvent. Ne t’inquiète pas, je serais prudent.
Et c’est ainsi que Cirion sortit de la maison, une cape longue à capuche sur le dos, bleu nuit. Sachant que cela prendrait du temps, l’Iksar sortit pour faire un tour, pour visiter. Il n’avait pas d’argent, et espérait qu’on le laisse en paix. Il ne pouvait pas non plus rester à rien faire…
Ainsi il déambula dans les rues, contempla plusieurs étalages d’armures, plutôt résistantes mais pas autant que la sienne. Il vit toutes sortes d’hommes, des grands, des gros, des petits, des sacs d’os, des estropiés, des handicapés. Il s’étonnait de la variété d’humains qu’il pouvait rencontrer, tous différents et en même temps semblables. Au détour d’une rue, il croisa un grand bâtiment de bois, circulaire, d’où une cohue effarante s’élevait. Ne voyant pas de gardes, il décida d’entrer pour voir. Des centaines de spectateurs était assis dans les tribunes circulaires qui surmontaient un sol de sable fin dans lequel deux humains étrangement vêtus se battaient. A chaque coup porté des voix s’élevaient. Korialstraz comprit bien vite qu’il se trouvait dans une arène… Il en avait entendu parler chez les elfes. Un des combattants mourut, tandis que la foule acclamait le vainqueur, qui sortit de l’arène par une porte gardée par trois hommes en uniforme. Une voix, plus forte que les autres, fit taire tout le monde.
- Ecoutez, chers Lordaeronniens, chères Lordaeronniennes. Aujourd’hui sous vos yeux, vous allez assister à un combat d’anthologie. Dix de nos meilleurs gladiateurs vont affronter une bête. Ouvrez grands vos yeux, encouragez les vôtres et admirez le spectacle !
Lorsque la voix bourrue se tu, toute la foule retenait son souffle et attendait. Les dix gladiateurs entrèrent, plus qu’encouragés par les leurs, tandis que la bête entrait…

• * * *

Les couloirs se multipliaient et Cirion ne trouvait toujours pas. Déguisé en sergent Lordaeronnien –qu’il avait tué un peu plus tôt - il continuait d’arpenter les couloirs à la recherche d’une porte. Il la trouva finalement au tournant d’un de ces fameux couloirs. Il poussa et elle s’ouvrit. Dedans gisaient des centaines d’épées, d’armures, de casques, de lances, de hallebardes, de boucliers… C’était comme une remise pour soldats, mais c’était en fait la salle du trésor de guerre de Terenas. Y étaient entreposés toutes les armes/armures et autres trophées de guerre subtilisés aux ennemis. A en voir par la taille du trésor, Terenas avait mené beaucoup de guerres. L’Ombre resta de longues minutes à tout observer. Il savait que ses katanas y étaient. Il avait raison. Reposant dans un petit renfoncement, les deux armes attendaient. Angel, le manche noir sculpté et la lame blanche. Devil, le manche blanc sculpté et la lame noir. Cirion les prit et fit quelques moulinets avec, avant de récupérer les deux fourreaux de cuir bleu nuit. A côté attendait son armure, bleue de nuit, tirant sur le noir. Il enfila sa cotte de mailles avant de la joncher de son armure. Il trouva ses ceintures qui furent bouclées en un rien de temps, puis s’empara de ses bottes noires et de ses épaulières blanches Il se retourna, et son sang ne fit qu’un tour. Là, devant la sortie, un homme recouvert par une tunique grise se tenait debout, la main sur son épée.
- Bienvenue, Cirion. Je savais que tu reviendrais chercher tes bijoux…
La voix stridente de l’homme fut coupée par le bruit du métal. Cirion avait frappé, l’autre avait paré.
- Tu préfères l’enfer ou le paradis ? Demanda l’Ombre la voix pleine de sarcasme.
En guise de réponse, l’autre frappa, et fut paré instantanément. Cirion reprit alors par une attaque latérale de la main droite, et repartit dans l’autre sens frappant de l’autre. Il rencontra deux fois le fer de l’épée de son adversaire. Il balaya ensuite le sol, ne touchant rien, puis tout en se relevant frappa en croix, déchirant du vide. Décidément, son adversaire allait bien vite. Les deux mains continuèrent de voler, rencontrant et fer et air, ne mettant jamais à mal son adversaire.
- Allons, Cirion, un Samuraï se bat mieux que ça. Lança l’homme en pleine passe d’armes.
Il n’eut qu’un grognement en guise de réponse, puis sentit que l’Ombre augmentait la pression sur son arme. Il flancha, et évita l’acier mortel en se baissant, tandis qu’il remontait en un uppercut du pommeau de son épée. L’Ombre dévia la main juste à temps avant de balancer un coup de genou rageur dans son adversaire, qui le prit en plein dans les côtes.
- Maintenant, on passe aux choses sérieuses ! Hurla l’homme avant de dégainer une autre épée.
Les deux repartirent dans un ballet meurtrier, ponctué de cri d’acier et de sifflement d’air transpercé. Aucun des deux ne réussissait à prendre l’avantage…

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
19 septembre 2005 à 21:22:24

• * * *

La bête fut sifflée par le public en liesse. Korialstraz regardait, une lueur d’intéressement dans les yeux. La bête rugit, et les dix hommes prirent place, armés de lances et filets. Ils optèrent d’abord pour une attaque frontale groupée, mais les hurlement de cet espèce de tigre les fit hésiter une seconde de trop. Les griffes tranchèrent, un corps tomba. Deux groupes furent alors mis en place, un devant, l’autre derrière. Le tigre rugit, faisant trembler les tribunes, et une ombre noire descendit dans l’arène, dégaina deux épées et trancha deux têtes. Deux corps de plus souillèrent le sable de leur sang. Dos à dos, le tigre et l’ombre faisaient face aux deux petits groupes d’hommes. La bête récupéra une lance par terre, puis poussa un long feulement avant d’attaquer. L’homme en noir l’imita.
Les corps tombèrent un à un sous le harcèlement des armes. De grosses flaques sanguines se répandirent sur le sable, et peu à peu la peur montait. Les soldats à la porte se joignirent au combat, ils intégrèrent le groupe face à l’ombre. Trois gladiateurs et trois soldats. Le tigre n’avait plus que deux hommes sur le dos, un seul le temps que sa lance ne tranche l’air, et plus du tout quand sa griffe transperça de la chair. D’autres soldats entraient maintenant.
- Je m’appelle Jacen ! Hurla la bête en rejoignant l’homme.
Il n’y eut en guise de réponse qu’un râle de mort du dernier gladiateur. Un détachement de douze soldats faisait maintenant face aux deux, Korialstraz et Jacen. L’Iksar regroupa ses deux armes pour n’en former qu’une et attaqua d’un moulinet destructeur. Une poitrine fut déchiquetée. Jacen, lui, ramassait une deuxième lance et partit en vrille, coupant une tête. Les boucliers se levèrent, mais deux étaient déjà tombés. Le Tigre effectua un salto avant vrillé, retomba derrière le groupe de soldats et avant que ces derniers ne réagissent, planta ses deux lances qui ressortirent de l’autre côté. Instinctivement, les huit autres soldats se retournèrent, oubliant la menace Iksarienne, et Korialstraz en profita pour en faucher trois autres, d’un large mouvement de « Sorrow ». Les cinq derniers tentèrent de résister. Ils formèrent un cercle très réduit et levèrent leurs boucliers. Jacen ronronnait de plaisir, augmentant ainsi la peur dans le groupe d’hommes. L’un deux commit une erreur, levant un peu trop son bouclier, dévoilant ainsi son entrejambe. Il n’y eut bientôt plus qu’un trou d’où le sang déferla comme un torrent. Il tomba. Korialstraz, qui jusque là avait laissé sa queue contre son dos, pour la dissimuler, faucha le sol avec, faisant tomber la moitié des soldats restants. Les autres, le dos non protégé par leurs boucliers, sentirent aussitôt une profonde douleur, entendirent leur colonne se briser et tombèrent sur le sol. Un voile rouge se dessina devant leurs yeux. Jacen finit les deux au sol, plantant ses griffes avec l’énergie de la vengeance. La porte n’était plus gardée, et les deux s’enfuirent le plus vite qu’ils purent, échappant de peu à la garde royale qui arrivait.
Le soleil se couchait, diffusant ses teintes ocres sur un sol cramoisi, baignant la ville dans la préface d’une nuit de peur. Les deux portiers eurent la gorge tranchée en un rien de temps, et les deux s’enfuirent, direction la forêt.

• * * *

La situation n’avait pas changé pour Cirion, hormis quelques signes de fatigue. Son adversaire avait son niveau, et le combat durerait encore longtemps. Il ne comprit pas très bien ce qui se passa ensuite. Il vit l’homme arrêter de bouger, puis un flash, et sentit une douleur languissante le long de ses deux bras avant de comprendre qu’il venait d’être renversé. Son épaule le faisait atrocement souffrir, et il vit un pieu de glace en travers. Ses katanas avaient volé un peu plus loin. Il tenta de se relever, mais l’homme le plaqua au sol avec son pied.
- C’est fini, tu vas mourir. Tu préfères l’enfer ou le paradis ?
L’homme éclata d’un rire aigu et strident. Cirion se résigna… Ses katanas trop loin, il ne pouvait plus rien. Il ferma les yeux, s’allongea sur le sol, et ses mains touchèrent quelque chose de froid. L’autre leva ses deux mains, regarda une dernière fois l’Ombre avant de l’achever. Il y eut un bruit sourd de chair déchirée, puis un râle d’agonie, de surprise aussi. L’homme tomba à genoux, et vit une lame en travers de son ventre. La pointe ressortait de l’autre côté.
- Tu iras en enfer et au paradis en même temps, ironisa Cirion tout en récupérant ses deux armes.
Et il les planta, sans émotion. L’homme vit un voile rouge se dessiner devant ses yeux, puis sentit qu’il manquait d’air. Il jeta un dernier regard vers l’Ombre, découvrit des yeux vides de toute émotion, presque laiteux, puis mourut dans cette dernière image d’un homme qui voit la mort en face.
Cirion arracha l’épieu de son épaule, en serrant les dents, puis repartit dehors. Il vit une ville en ébullition, ne comprit pas pourquoi, puis tout devint clair et il sortit en courant. Il remarqua les deux corps vides de vie des portiers, et s’enfuit vers la forêt…

• * * *

- Attendons à l’orée, hurla Korial tout en enlevant sa tunique. Il ne nous poursssuivront pas, et je vais tout t’exxxpliquer.
C’est ainsi que les deux s’assirent, que Jacen écouta attentivement, acquiesçant par moment, puis qu’ils virent au loin la silhouette d’un homme. Ils se relevèrent d’un même geste, et lorsque l’Iksar comprit enfin que c’était Cirion, il calma Jacen.
Tous trois repartirent alors vers le cœur de la forêt, tout devenait plus clair dans l’esprit du lycaon. Il leur expliqua alors qui il était : « Je suis Jacen, un lycaon de la région de Voldnür, la région des glaces. » Il leur expliqua aussi ce qui lui était arrivé : « On m’a assommé alors que j’espionnais un groupe de ces humains. Ils m’ont mis dans un bateau, mais je me suis enfui avant d’être re-capturé. Finalement, tu m’as sauvé. » Et après les avoir remerciés, ils établir un petit campement, de fortune. Jacen alla chercher de la nourriture, Korialstraz du bois, et Cirion de longues feuilles pour dormir. Et ce n’est qu’après avoir avalé leur nourriture, discuté quelque peu, s’être remémorés leurs victoires et pansé la blessure de l’Ombre (qui avait expliqué au lycaon qui il était par la même occasion ), qu’ils se couchèrent.
- Je prends le premier tiers, expliqua Jacen.
Il n’y eut pas de protestations, et les deux autres s’endormirent aussitôt, fatigués mais heureux…

MagusCT
MagusCT
Niveau 10
19 septembre 2005 à 21:23:02

C´est du bon Nanaki, un peu lourd... je finirai de lire au lit, pour mieux digérer :ok:

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
20 septembre 2005 à 19:39:20

Merci bien, mais que veux-tu dire par "un peu lourd " ? o_O

Sephirot2fr
Sephirot2fr
Niveau 10
20 septembre 2005 à 20:26:11

Un peu long, je crois^^
T_T
Finalement, je vais plutot commenter ce chapitre là^^
Et encore désolé, je suis surement un des plus mauvais lecteurs de ce forum XD

MagusCT
MagusCT
Niveau 10
21 septembre 2005 à 02:01:15

C´est marrant cmme parle Korial...
Jacen,ça me rappelle quelle chose .. oui, Thorgal !E h,ben, tu as de ces lectures :p)

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
21 septembre 2005 à 20:58:09

Seph :d) Même si tu n´es pas un très bon lecteur, au moins, toi, tu lis ma fic, même si c´est pas très souvent. Merci, donc :ok:
Magus :d) C´est pour mieux accentuer le côté reptilien de mon héros :ok: Sinon, je ne connais pas Thorgal... o_O

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
24 septembre 2005 à 23:11:02

Le chapitre suivant courant de la semaine prochaine :ok:

Aibe974
Aibe974
Niveau 10
26 septembre 2005 à 17:16:38

Bon après les piètres lecteurs (non je rigole bien sûr) voilà le pire de tous, c´est à dire moi ^^

Alors un chapitre long, mais je suis très content, tu as bien pris en compte mes reproches de longueurs sur ton ancienne fic ^^(j´espère que tu finiras celle là)
Enfin un petit point avant de commencer la critique de ce chapitre :rire: tu es toujours aussi pour trouver les prénoms de tes persos et noms de ville.

Bien ce petit point passé , allons y lançons nous gaimenet dans l´ultime chapitre de la première dizaine de ta fic.

Jacen = Encore un nouveau perso
Alors tu fais apparaître un Lycaon que tu mélanges avec une panthère, c´est pas mal pensé , et pis je l´aime bien ce perso, pas autant que Aibe mais bon, tout le monde n´est pas parfait ...
Cirion est un samurai et une ombre à la fois, je croyais que le propre de l´ombre était le ninja et que ces deux castes ne pouvaient pas se voir même en peinture ( casser la voix )
Enfin passons, je ne vais m´étendre plus sur ce chapitre, avec assez de fautes mais pas dérangeantes n´échappant pas cepandant à mon oeil de lynx, je dirais juste que j´apprécie comme d´habitude et que je veux la suite ^^
ton fidèle lecteur Aibe (qui attend que tu lise sa fic ^^^)

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
26 septembre 2005 à 18:38:47

Bébé :d) Tout d´abord, mici ^_^
Bon, alors, pour les noms de villes, je n´invente rien, ce sont de snoms trouvés dans mes lectures ou dans des jeux... Hormis Jacen qui, me dit-on, viendrait de Thorgal. Pour ce qui est de sfautes, figure toi qu´elle restent même après une relecture rapide sur mon document Word, alors vois m´en désolé. Bon, bref. Tu sais, tu te permets de reprocher des choses à mes personnages sans vraiment les connaître, ce qui me déplait un peu, surtout que l´on te voit ensuite "dire " que tu m´aurais "cassé ". Bref. J´ai l´habitude de créer des personnages anormaux dans leurs races et/ou classes, donc, la prochaine fois, essaie de réfléchir à deux fois à ce que tu dis. Jacen te plait ? Moi aussi, mais encore une fois, c´est de l´inventé par rapport à un jeu (hé oui... ). Pour ce qui ets de la longueur, tu vas être ravi, le chapitre 11 fait 4 pages de Word, et j´en suis assez content car on y voit un beau combat :-dAu fait, on dit UN Ombre, et pas UnE ombre car ce n´est pas l´ombre, la silhouette, mais c´est bien une classe d´elfes qui peut être soit Samuraï, soit Chimériste, soit Nécromancien, donc je ne vois pas pourquoi tu parles de Ninjas... Enfin bon :ok:

Mais malgré tous ces petits reproches, je te remercie allégrément pour me soutenir depis le début, et je pense lire ton chapitre avant la fin de la semaine prochaine, si je trouve un peu de temps (qui ets très consacré à Warcraft en ce moment XD ).
Ze t´aimeuh ! :coeur: Et Mici ^____^

Aibe974
Aibe974
Niveau 10
26 septembre 2005 à 19:11:08

Nanaki tout d´abord de rien ^^
Je tiens tout d´abord que je venais de t´écrire une belle longue réponse et que mon ordi a fermé la fenêtre et que je recommence parce que je t´aime :coeur:
Alors ben pour ce que tu m´as dit :
Tu sais, tu te permets de reprocher des choses à mes personnages sans vraiment les connaître, ce qui me déplait un peu, surtout que l´on te voit ensuite "dire " que tu m´aurais "cassé ". Bref. J´ai l´habitude de créer des personnages anormaux dans leurs races et/ou classes, donc, la prochaine fois, essaie de réfléchir à deux fois à ce que tu dis.
:d) Je suis désolé , je suis con mais j´ai pas compris de quoi tu parles :ok: , tu dois sûrement avoir raison car je porte souvent un jugement sans savoir :rire:
Ensuite je sais que mon commentaire est plein de reproches , cela ne signifie pas qu´il ya que des défauts mais tu sais que t´es bon et que j´adore ton style, mais comme tu le fais pour moi, je mets un commentaire qui insiste plus sur les erreurs afin que tu deviennes parfait. Et pis une autre raison pour laquelle, je mets pas que les points positifs, je suis un flemmard et il y en a trop , j´en aurai pour des heures ...
:ok: Bon je dois y aller , sache que c´est un plaisir de te lire et que c´est pour ça que je suis là depuis le début comme tu dis @+++

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
26 septembre 2005 à 21:06:09

:coeur: :coeur:
Merci boucoup !! ! ^_^
Ze t´adoreuh mon p´tit bébé !! !! :-d
Bon ben, encore merci, et puis étant donné que tu es mon meilleur critiqueur (j´en ai pas bcp faut dire lol ) ben je t´en suis encore plus reconnaissant.
Le chapitre 11 sera posté quand relu, donc dans pas longtemps :-d
Bonne soirée, et bonne continuation jusqu´à la prochaine sur msn (nos trips me manquent -_- )
@puluch (incontournable lol )

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
26 septembre 2005 à 22:06:13

Chapitre 11 : Hasard glacé.

La nuit avait été bien courte pour tous, mais pourtant chacun se sentait reposé, avait pu tirer au clair certains doutes, du moins le pensaient-ils. Cirion s’était occupé du deuxième tiers, qu’il avait parfois abandonné pour le pays des songes avant d’être réveillé en sursaut par un animal qui passait non loin. Puis vint le tour de Korial, qui avait profité de ce temps pour se plonger dans son passé, noir, macabre, et c’est avec mélancolie qu’il s’en était extirpé, repensant à Aibe, Sleyvas, Smaug, Aeris… Tiens ! Il l’avait complètement oubliée jusqu’à maintenant, et il se demandait bien s’il pourrait la revoir un jour. Tout revenait au même point, au même être : Smaug. Derrière ses airs supérieur, invincible, immortel… Korialstraz savait que tout cela n’était que pure fabulation, mais il savait Smaug fort, et fourbe aussi, très fourbe… Cherchant à semer le trouble dans son être, à le déstabiliser pour mieux l’asservir. Il y avait pourtant eu un problème, une erreur non calculée, survenue contre toute attente. Derrière toutes ces épreuves, l’Iksar n’avait tiré que force, sagesse, intelligence et magie. Quelque chose en lui était vouée à le rendre grand, fort, mémorable. Mais il y avait également une autre chose qui faisait - et qui était - sa différence, que jamais on ne parlerait de lui et un pressentiment lugubre le hantait, annonçant sa fin quand tout serait décisif et que le retour en arrière ne serait plus possible. Tout cela, il l’avait compris ce soir là, en voyant s’éteindre le brasier comme sa vie s’éteindrait un jour, qui lui semblait de plus en plus proche. Il sentait qu’il devait se hâter mais que derrière la précipitation se cachait l’échec. Il eut un gros soupir d’impuissance avant que ce cri de détresse ne se perde dans les méandres de la voûte céleste et que deux de ses semblables ne l’entendent, immobiles, répandant leur mince lueur d’étoile, de souvenir à jamais perdu. C’est ainsi que la forêt redevînt silencieuse et que le soleil diffusa ses humeurs matinales en teintes rougeâtres sur le voile brumeux masquant l’horizon. Une journée morne mais pleine de souvenirs à garder, d’actions à réaliser et de sentiments pour vibrer. Voilà, le programme qui s’annonçait…
Jacen se réveilla en premier, s’étirant longuement et bâillant à s’en rompre la mâchoire. Ses poils bleus, luisant sous les quelques minces rayons de soleil, frémirent, et il se leva en un bond gracieux, digne d’un chat. En fait, Jacen était la subtile combinaison entre un chat pour la dextérité, un tigre pour la force et un lion pour le caractère. Après un salut amical, le Lycaon partit, s’enfonça dans l’épais rideau végétal et ne revint que quelques longues minutes après, avec deux animaux morts, un dans chaque patte. Il prépara un petit feu, aidé de l’Iksar qui alluma le bois à l’aide de sa magie, qu’il avait de moins en moins de mal à utiliser. Puis le Lycaon réveilla l’Ombre ni trop brutalement, ni pas assez. Ce dernier se leva sans mots dire, s’assit devant le feu tout en remerciant ses deux comparses d’un signe de tête. Tous mangèrent en silence la viande dont l’odeur emplissait subtilement chacune des narines. Ce fut Korialstraz qui rompit le silence, annonçant rapidement ces quelques phrases, de peur que quelqu’un ne l’interrompe ou ne refuse.
- Je sssais que ccce que je vous demande est peut-être abusssé, mais je doisss aller combattre Sssmaug, je sssais qu’il est derrière tout ççça, je le sssens au fond de mon être, de mon cœur. Vous n’êtes passs obligés de m’accompagner, et je vous laissse libres de votre choix.
Il n’eut pas de réponse de suite, et du attendre que Jacen aie finit sa part de viande avant de l’entendre acquiescer lentement, songeur. Cirion, quand à lui, avant un visage encore plus renfrogné qu’à son réveil, et, quelque chose le laissait percevoir, semblait préoccupé par les paroles de l’Iksar, son ami. Jacen savait qui était Smaug, il en avait entendu parler dans son pays en tant que maître nécromancien et manipulateur. Des rumeurs avaient même laissé prétendre qu’il était un dragon.
- Ce Smaug, c’est bien un nécromancien très puissant ? Questionna le Lycaon de sa voix gutturale.
- Oui, et ccc’est même bien plusss. Ccc’est lui qui a façççonné ma vie, qui voulait ssse l’approprier, maisss il a échoué, et maintenant je dois le tuer pour tout ccce qu’il m’a fait.
- Bien.
Les dernières paroles de Jacen laissèrent l’Iksar intrigué, mais il comprit bien vite que plus rien ne serait prononcé. Il se tourna ensuite vers Cirion, qui lui adressa un regard étrange, dans lequel semblait se battre la rage, la peur et le doute. Comme si Korial venait de prononcer des mots qu’il n’aurait pas du connaître, comme si il avait trahi la nuit des temps, blessé l’humanité.
- Jernnün ! Cracha alors l’Ombre avant de franchir le mur végétal.
Stupéfait, l’Iksar ne bougea pas. Il jeta un regard incrédule vers le Lycaon qui se racla la gorge et entama un bref discours :
- Smaug est le père fondateur des Ombres. Même si ces derniers se refusent de l’avouer, c’est Smaug qui a enseigné à certains elfes la nécromancie et le samurisme. Puis, il a tenté de les assouvir dans un dessein purement machiavélique. Jamais les elfes ne se sont laissés usurper, et ils ont alors essayé de tuer leur maître. Tentative catastrophique qui coûta la vie des meilleurs Ombres (ils furent baptisés ainsi pour leur penchant nocturne ). Depuis, les quelques survivants errent en quête de vengeance, mais aussi dans la peur du lendemain et l’incertitude de leur but. Jamais ils n’ont pu se venger, et je pense que jamais ils ne le feront, ils ont trop peur d’échouer et de tuer leur passé. Pourtant, quelque chose dans Cirion est différent, il semble plus se préoccuper du monde actuel, je pense bien qu’au fond de lui il veuille tuer Smaug, mais il n’est pas…
Jacen n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Cirion venait de faire irruption dans le camp de fortune.
- Je t’accompagne mais pas de questions et tout ira bien. Faisons comme si de rien n’était.
C’était à la fois formel mais logique. Korial hocha la tête de haut en bas et il prit alors Sorrow, éteignit le feu en l’étouffant et fut bien vite suivi par ses amis. Ils prirent en direction du Nord, évitant ainsi Lordaeron. Ils ne savaient pas où ils allaient, mais Korialstraz sentait que la hasard le mettrait sur le chemin. Même si ce hasard était tout sauf le destin…

Le soleil se couchait maintenant pour la deuxième fois depuis que le trio était parti, répandant, comme à l’accoutumée, ses teintes ocres sur une herbe rare et couchée par le vent. Ils avaient marché en direction de hautes montagnes qui se dressaient à l’Est, durant trois jours et bientôt trois nuits. Hormis quelques petits animaux, ils n’avaient rien pu voir, si ce n’était une étendue quasi-désertique qui bordait l’horizon bleu tirant sur le gris. Le sol était formé d’un ensemble de collines compactes, qui faisaient penser à un océan désertique tourmenté par le vent, plutôt violent de cette fin de saison. Les mauvais jours s’annonçaient.
- Voilà trois jours que nous marchons, sans repos et la faim au ventre, se lamenta Cirion. Et ce n’est malheuresement pas le peu de nourriture que nous ramène Jacen qui nous permettra de continuer ainsi longtemps.
- Tu n’as qu’à aller la chercher, la nourriture, rétorqua sèchement le Lycaon. Tu pourrais tout aussi bien aller affronter le froid, la solitude et la tension, tu sais, ces choses que j’endure pour nourrir monseigneur Cirion qui n’est pas content. Etant samurai, tu devrais pouvoir attraper des animaux aussi facilement que de te plaindre…
- Suffit !
Cirion se jeta alors sur Jacen, et tous deux roulèrent sur le sol en arrachant un cri d’effort. On en vint très vite aux mains, et on vit même du sang éclabousser. La force de Jacen, bien supérieure à celle de l’Ombre, lui conféra très vite un avantage non négligeable.
« Je vais lui donner une bonne correction à cet Ombre, il va voir s’il peut m’insulter de la sorte. Prends ç… »
Jacen n’eut que le temps d’apercevoir un éclair d’acier avant de sentir une forte pression au niveau de sa gorge. Il avait été bloqué net puis pris en tenaille par l’Iksar. Le Lycaon se releva lentement, puis fut aussitôt relâché. Sous lui gisait le corps ensanglanté de Cirion, le visage lacéré en travers. Ce ne fut que lorsqu’il comprit les maux infligés à l’Ombre que Jacen s’inquiéta. Fort heureusement, Cirion se releva sans grand mal, juste un visage déchiré par trois longues traînées sanguines.
- Je… Je suis désolé. Je n’aurais pas dû m’énerver contre toi, j’ai mal réagi… S’excusa Jacen
- Je suis aussi coupable que toi, je n’aurais pas dû m’énerver alors que tu nous rendais service aussi bien que possible…
Aussi étrange que cela puisse paraître, la plaie de l’Ombre cicatrisa très vite, laissant un nouveau visage portant la marque de l’amitié ; les trois amis, les trois rainures, et les trois nuits. Après leur affrontement stupide, Jacen et Cirion se réconcilièrent, s’excusant du mieux qu’ils purent l’un l’autre, pardonnant volontiers. Les liens qui les unissaient, d’une certaine façon, se resserrent. Puis la nuit tomba, identique à toutes les autres, froide, inquiétante, incertaine. Plus les jours passaient, plus un étrange malaise grandissait dans le cœur de Korialstraz. Il se sentait épié, suivi, poursuivi plutôt. Pourtant il avait beau regarder alentours, il n’y avait rien, seulement l’horizon et quelques touffes d’herbe de-ci, de-là…

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
26 septembre 2005 à 22:06:45

L’odeur du sang, de la chair morte. Le bruit des armes, cri strident glaçant le sang. L’aube rougeâtre, l’horizon cramoisi… La guerre. Et de plus en plus proche d’après l’Iksar. Jacen confirma. L’herbe était maintenant une rare eau d’un désert terreux. Les collines encore et toujours les collines, rondes, mouvantes, telles des vagues d’une mer sans écume. Puis, au loin, la tempête s’annonçait, la pluie, le vent, la peur, le sang.
Les ombres, sinistres et macabres, se profilaient au loin, affinant leurs pourtours à chaque centimètre gravit. Il ne fallût ainsi pas longtemps au trio pour découvrir une étendue de corps sans vie, en quête d’air ou tout simplement se vidant. De beaux visages souillés dans la mort recouverts par d’infâmes corps verts et globuleux ainsi que ceux d’hommes. Un bien étrange combat.
La mêlée principale se composait d’elfes et d’humains à l’armure grise et à l’aigle royal, ici corbeau majestueux. Puis sur le flanc gauche une petite masse verdâtre et piaillante de gobelins attaquaient les elfes. Ces derniers, retranchés derrière leurs boucliers desquels jaillissaient des lances à la lame rouge ou verte contenaient tant bien que mal l’assaut. Pourtant, pas une once de peur ne se profilait sur leurs visages. Ils reculaient, de plus en plus, inexorablement. Quelque uns tombaient mais étaient aussitôt remplacés, contrairement aux assaillants qui s’empalaient contre les lames brillantes assoiffées de mort.
Les trois amis ne se joignirent pas de suite à la bataille, mais pourtant ils sentaient que quelque chose les y forcerait. Soudain, on vit les elfes arrêter de reculer, puis un cor sonna, le son se diffusant entre chaque être, le faisant frissonner de par la clarté du chant, mélodieux et transparent, lequel glissa jusqu’aux oreilles de Cirion, provoquant en lui un déclic inattendu. Il partit, dégainant ses deux katanas dans un entremêlement strident et lumineux. Les deux suivirent, encore béas de stupeur. Bien vite ils entrèrent dans le chaos, pourfendant corps et têtes, tranchant, frappant, se traçant un chemin derrière un Cirion en transe. Pris au dépourvu, le bataillon d’humains mit du temps à réagir, mais bien vite un groupe compact de boucliers se forma entre les trois et leurs vies.
« Comme dans l’arène, sauf que c’est nous qui attaquons cette fois-ci » pensa Jacen.
Les deux katanas voletèrent tandis qu’un corps tombait. Trois flèches surgies de nulle part transpercèrent deux corps qui s’écroulèrent. Un instant de flottement d’attention régna chez les humains, ce qui en laissa deux de plus sur le carreau. Ils n’étaient maintenant plus qu’un groupe de onze, tandis qu’en face d’eux ne se tenaient que trois choses. L’un tenta de frapper mais fut aussitôt contré puis tué en un bref instant. C’était trop simple, étrangement simple d’ailleurs…

*

« On va les tuer, ces saloperies d’elfes. Notre bon roi Terenas a eu raison, ils ne sont pas assez nombreux, et ces petits trucs verts se battent comme des diables. L’honneur est à la clé. »
Tout en réfléchissant, je me dirigeais vers un étrange trio d’où semblaient tomber beaucoup de mes semblables. Un lézard, un Tigre et un autre Elfe, enfin pour le dernier je ne suis pas sûr. Et moi qui croyais avoir tout vu… Mais c’est ahurissant la facilité avec laquelle ils tranchent des têtes. Ils sont trois, nous sommes treize… enfin non, maintenant plus que dix, maudits soient ces archers elfes. Tant pis, j’y vais, ils paieront la mort des nôtres.

*

Il ne restait maintenant plus qu’une demi-douzaine d’hommes, la peur au ventre, la rage au cœur. Un détachement de huit gobelins rejoignit les cinq derniers humains, mené par un seul homme, tandis qu’un autre tombait.

*

Korialstraz ne pensait pas en finir aussi vite, mais voyant les renforts et se sentant las de broyer des os et lacérer de la chair, il se stoppa et se concentra. Son pouls s’accéléra, ses doigts se crispèrent tandis qu’une folle énergie déferlait dans chacun de ses atomes. Pure, parfaite, chaude, languissante et douloureuse ; telle était la Magie. Du moins, c’était ainsi que l’Iksar la percevait. Puis, lorsqu’il ne pu se contenir d’avantage, il poussa un long sifflement et se débarrassa littéralement de cette force mystique. De petits électrons se dessinèrent dans ses mains, de plus en plus, intenses, chauds, mortelle masse compact d’énergie électrique. Il en eut bientôt une boule de la taille de sa paume. Lorsqu’il jugea cette dernière convenable, il la jeta en l’air et lança de son autre patte Sorrow qui vint se figer en plein dans la sphère magique. Un grondement sourd roula sur le sol ensanglanté tandis qu’une formidable explosion condensée retentissait dans le ciel. De puissants éclairs se formèrent et jaillirent de la lance comme des mains attirant à la mort. La plaine fut battue de foudre, électrocutant les humains dans d’affreuses souffrances, les faisant hurler de douleur et d’effroi. Le chaos était né en eux en même temps que l’explosion, et la vie les quittait tandis que Sorrow retombait.

*

C’est… C’est… Epoustouflant. Ce lézard à une boule lumineuse dans la main, et les gobelins ont peur. D’ailleurs, moi aussi. Je me demande ce qu’il va en faire… Tiens, il la lance. Et maintenant il lance son arme qui… transperce la boule… Trop étrange je pense bien. Mais que !. .. Le sol vibre !! Non, c’est inouï, maintenant la boule explose. Ouch ! Mes yeux, ils me brûlent. Au secours ! Aidez moi ! C’est la fin du monde !! !...
J’ai quand même passé de longues minutes ainsi, perdu dans l’ignorance, la peur et la douleur. J’ai bien cru y laisser plus qu’une cécité passagère… Peut-être est-ce parce que je suis tombé et qu’ils m’ont cru mort… Ou bien… Ils voulaient me voir supplier… Je n’en sais rien, et je n’ai pas envie de le savoir. Toujours est-il que je vais ouvrir les yeux… Un tout petit instant… Je dois savoir…
NON ! Impossible !! ! On dirait que la plaine est une catacombe, des corps partout, inertes, sans émotions… Ce n’est quand même pas ce lézard qui a fait ça… Mais je ne vois pas d’autres solutions… Je vais rester là, je ne peux pas bouger, trop peur. Je suis lâche mais quand je vois l’ennemi, je préfère…

*

L’ennemi était nombreux, mais la force d’un en terrassa un bon nombre. Déjà certains détalaient, tandis que d’autres faiblissaient sous la peur. Les archers s’en donnèrent à cœur joie, décochant leurs traits mortels dans la plupart des cibles mouvantes. Pourtant, le malaise persistait en Korial. Il sentait un danger proche, bien que la menace fût enrayée et que les elfes pourchassaient les fuyards. Soudain, un groupe d’elfes s’envola, comme sous l’onde d’une explosion. Intrigué, le trio courut dans leur direction, avant de voir une lumière bleutée et que Cirion ne se fige. Derrière un voile de glace se dressait une femme. Le sol avait été recouvert par une légère couche de neige. La femme, d’une infinie beauté, le corps recouvert d’un voile bleu glace, presque transparent, ne masquant pas ses formes généreuses. Elle avait une sphère de magie dans le creux de sa main, élancée et aux ongles bleu nuit. Elle plongea son regard de glace dans celui de Korial, qui resta figé, paralysé par les sensations, tandis qu’un pieu de glace fonçait droit sur son cœur. Jacen le détourna au dernier moment. La femme se détourna alors, tout en effectuant un coup de pied retourné droit dans le buste du Lycaon qui n’eut pas le temps de réagir.
- Shiva ! La Chimère de la glace et de la beauté, hurla Cirion tout en frappant.
Ses lames ne transpercèrent que du vide. Puis il reçut une baffe en plein visage, qui faillit lui rompre les cervicales. Korialstraz, quand à lui, se concentra. Comme prévu, la magie l’envahit, puis il siffla aussi fort qu’il le pu. Un immense brasier enveloppa alors Shiva, qui disparut sous les flammes. Le silence s’installa tandis que tous regardaient vers le feu, inquiets et légèrement soulagés. Le brasier rapetissait à vue d’œil, tandis que Jacen et Cirion se postaient auprès de Korial. Shiva sortit du mur de flammes telle une furie avant de frapper de ses mains et pieds. Elle rencontra l’acier de la lame de l’Iksar, avant que les trois n’attaquent. Tout en parant, Shiva recula, comme si elle se préparait. Jacen frappa, de ses griffes, lacérant le bras gauche mis en opposition. Surprise, la Chimère relâcha son attention l’espace d’un instant, suffisant pour que Cirion ne lui coupe un bout de son voile. Ce dernier tomba, virevoltant comme une plume, se dandinant de gauche à droite au gré du vent. Mais il n’eut pas le temps de tomber que les assauts reprenaient. Shiva envoya ensuite une onde de glace en direction des elfes qui arrivaient sur sa gauche, les gelant, puis elle asséna un violent coup de pied à Korialstraz qui recula sous le choc. Son armure s’était courbée. Soudain, une idée lui vint. Il se figea, et chercha la Magie, qui lui vint en un éclair, mais semblait réduite, moins intense. Il posa sa patte sur Sorrow, qui fut entourée d’une aura rougeâtre. Puis, des flammes se créèrent, dansant sur l’acier mais ne le touchant pas. Son épée venait de s’embraser ; des flammes magiques et mortelles léchaient Sorrow jusqu’à son pommeau. L’Iksar repartit. Jacen fut surpris de voir les flammes et mit du temps à réaliser qu’elles étaient magiques. Korialstraz frappa le plus fort qu’il pu, et le bras de Shiva qui s’était mis en opposition fut profondément entaillé. La Chimère poussa un léger cri, puis fit un saut en arrière. Reprenant appui sur ses deux jambes au moment où elle retombait, elle s’envola littéralement tout en courbant le corps vers l’arrière. Korialstraz ne bougeait déjà plus. Cirion et Jacen restaient béas de stupeur. De l’énergie se concentra dans les paumes de la Chimère, de plus en plus, bleue tirant sur le blanc. De la Magie de glace, pure et dévastatrice. Korialstraz, lui brillait intensément d’une lueur topaze ; de la Magie de feu pure et douloureuse. Ses mâchoires s’entrouvraient tandis qu’il psalmodiait quelque chose d’incompréhensible. Shiva ferma les yeux, se courba le plus possible, puis se déploya d’un coup sec, balançant ses deux mains vers le sol, et plus précisément vers Korialstraz. Un flot d’énergie se déversa, continu et gelé. Jacen et Cirion s’en étaient allés en voyant Shiva dans les cieux. Korialstraz ne bougeait toujours pas, yeux clos, Sorrow à l’horizontal entre le flot et son corps. Il ouvrit les yeux et la lueur disparut dans son arme. Ses bras tremblèrent, il faillit lâcher prise, puis ce fut l’explosion. Pas un explosion entraînant une déflagration, mais une explosion magique. Les deux énergies entrèrent en contact puis se stoppèrent dans une onde de lumière intense et aveuglante. Shiva restait avec les mains en direction du sol, n’arrêtant pas son flot. Korialstraz maintenait Sorrow devant lui, contre laquelle les deux énergies se battaient. La lumière était blanche, totalement blanche, d’un blanc cristallin, laiteux, parfait. Pas une once de bleu ou de rouge, juste du blanc, identique à celui du vide astral entourant la planète…
La douleur était insupportable, et Korialstraz sentait ses bras fléchir sous l’assaut. Il tenait depuis maintenant plusieurs longues minutes. C’en était trop. Il lâcherait bientôt. Il devait tout donner, pour ne pas mourir et échouer à sa promesse. Soudain, tout devint flou autour de lui. Ce même blanc qui était né de l’explosion. Puis, loin devant lui, il vit une ombre, se détachant parfaitement avec le blanc environnant. Il mit un genou à terre. Il aperçu quelqu’un, qui lui était familier, peut-être trop. Puis il vit une autre personne, toujours aussi familière. Son bras gauche lâcha prise. Il entendit deux mots, prononcés en même temps par les deux êtres, de leurs voix vides de tout son. Puis, il sentit une nouvelle énergie couler en lui. Il se redressa, tendit la patte gauche vers Shiva, et hurla. Il hurla sa douleur, si forte, si languissante. Il sentit la nouvelle force monter en lui, sempiternelle, ancestrale, puis lâcha Sorrow pour placer sa patte gauche contre le flot. Seul rempart contre la mort. Il prononça deux mots, inaudibles sous l’explosion magistrale, puis la lumière si blanche se teinta de rouge. Un rouge d’abord orangé, puis un rouge plus profond. Le rouge des flammes, le rouge de sa flamme, le rouge de sa vie. Un déferlement de sensations s’empara de son être, tandis que le flot magique de Shiva était engloutit par le sien. Finalement, on ne vit plus que du rouge, et la déesse de la glace fut avalée par la Magie de l’Iksar. On la vit très nettement au début, comme si elle n’était pas touchée par l’énergie, puis d’un seul coup, on l’entendit hurler de douleur, d’une voix sinistre et glaciale. On la vit se désintégrer complètement, son corps fut dévoré par les flammes. Puis le flot magique se stoppa d’un coup et l’Iksar chancela. Il s’affala dans la poussière, ne respirant même plus. Son cœur se stoppa, le sourire restait accroché sur ses lèvres. Ses deux amis accoururent, les elfes également, mais il était déjà probablement trop tard, et rien ne changerait plus maintenant. Probablement…
- « Pas maintenant… » Chuchota l’Iksar avant que les ténèbres ne s’emparent de son âme…

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
26 septembre 2005 à 22:07:16

En espérant que quelques uns lisent et que ça plaise :-d

Sephirot2fr
Sephirot2fr
Niveau 10
26 septembre 2005 à 22:08:14

Ahh, c´est donc ca que tu faisais :ok:
J´ai plus de retard que jamais :snif:

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