Chapitre 6 : Renouveau.
Par Capelle.
Une forte douleur à l’arrière de a tête poussa la jeune fille à ouvrir les yeux. Un terrible bourdonnement lui emplissait le crâne. La jeune Utaïte voyait trouble et était obnubilée par cette douleur. Elle finit néanmoins par reprendre complètement ses esprits et faire abstraction de la migraine qui lui donnait l’impression d’une explosion imminente de son crâne. Redressant la tête, elle finit par poser le regard sur l’environnement où elle se trouvait.
Elle était adossée à un mur de métal, d’où le léger froid qui lui parcourait le dos. Premier élément, ses mains y étaient liées. Solidement d’ailleurs. Une cale, elle était dans une cale. Devant cette situation assez compromettante pou sa mission, elle essaya de se remémorer ce qui s’était passé et pourquoi elle se trouvait là. En vain, tout ce dont elle se rappelait était l’apparition de cet homme, habillé de bleu, fondant sur elle. Puis plaquée au sol, on lui asséna un coup aussi lâche que violent. Puis cette cale. Une cale d’avion même, à en juger par les voyants rouges qui brillaient sur le mur en face d’elle. Peu importe, elle était bel et bien en mauvaise posture, et même si elle ignorait l’identité de ses agresseurs, elle devait se sortir de là.
Seulement, elle était solidement attachée à ce fichu mur. Des menottes en plus. Rien à faire, tous ses efforts étaient voués à l’échec. Elle réfléchit un moment, et tirant une dernière fois, sans trop de convictions, sur ses liens métalliques, elle sentit la canalisation à laquelle elle était attachée, bouger. Elle comprit rapidement que cette canalisation n’était plus fixée au mur de cette cale. Tout du moins, plus comme elle devait l’être. Pris alors d’un espoir qu’elle n’attendait pas de la sorte, elle tira violemment sur ce tuyau en métal. Ce dernier lâchait prise à chaque accoud, semant vis et boulons sur le sol de la cale. Asuke se traînait alors en direction du fond, glissant ses menottes le long de la canalisation. Tant et si bien qu’elle finit par atteindre le coude du cylindre, là où cette canalisation entrait la cloison, formant alors un coude. Se relaxant quelques secondes il tira alors avec une violence telle que ce coude éclata, laissant,t échapper le liquide qui coulait en son sein, et libérant la jeune femme de son emprise. Cette dernière se retrouva étalée sur le sol en acier de la cale, libre, mais les mains toujours attachées dans le dos. Qu’importe plus rien ne la retenait ici, elle se décida alors à s’extirper de cet avion.
Doucement, elle longea le mur pour se retrouver prêt de ce qui servait de porte. Il n’y en avait pas une ouverture donnait sur une espèce d’avant cockpit, Là où donnait la porte de la cabine de pilotage. A l’intérieur semblait y avoir un bruit d’informatique, ainsi qu’une radio délivrant des messages que personne ne semblait écouter. Discrètement, elle se dirigea vers une autre ouverture, sur la côté, donnant sur l’extérieur, les mains toujours liées par ces menottes qu’il lui tardait de retirer. S’approchant de cette porte ouverte sur sa fuite, elle perçut des bruits, une discussion semblait avoir lieu juste au niveau du nez de l’appareil. Elle passa la tête par l’ouverture et aperçut quatre individus en plein dialogue. Il était pour elle difficile de percevoir ce qui se disait, elle était trop loin et le vent commençait à se lever et à s’engouffrer dans l’avion, provoquant sifflements et autres bruits. Alors qu’elle se concentrait de plus en plus sur la discussion que livraient ceux qu’elle avait bien identifié comme ses agresseurs, une violente démangeaison lui parcourut les cloisons nasales. Ironie du sort, elle qui se devait d’être la plus discrète possible si elle voulait arriver à échapper à ses ravisseurs, se voyait frappée par ce qui allait donné sur un éternuement, comble de la discrétion, et des plus mauvais s=gags de ce genre de situation.
Réflexe obligeant elle tenta de diriger ses mains vers son nez pour camoufler le bruit, mais ces maudites menottes se rappelèrent à son bon souvenir. Impossible d’y échapper, le fourmillement redouté allait prendre forme bruyante . ..
*
Un long filet de sang se traçait sur le sol. Evitant tous les obstacles qui se dressait sur sa route, pans de montagne, témoin de ruine ou autres, le sang venait souiller un sol déjà témoignage d’un massacre symbole de la barbarie humaine. Tenshi respirait. Et marchait. Lui fier guerrier vaincu et mort. Le revoilà parmi les vivants. Alors qu’il descendait ce qui restait du pan de la montagne, il assaillait son esprit de questions. Pourquoi n’est-il pas mort ? Il sentait encore le froid métal qui lui parcourait la gorge lors de ce fatidique moment, où ce général, plus puissant que tous les guerriers Utaïtes dont il s’aimait à entendre l’histoire étant enfant.
Encore une fois il se passa la main sur cette gorge ouverte à l’air libre, dans laquelle il sentait entrer l’air à chaque inspiration. Terreur ou miracle ? Le jeune guerrier ne savait plus quoi penser de ce qu’il lui arrivait. Il s’arrêta alors sur cette pente, menant au camp Shinra en contrebas. Se tournant vers la colline d’où il venait, il aperçut les ruines du Mont Dao Chao, avec lesquelles la logique aurait du le condamner. Qu’importe, le voilà vivant, et il était finalement décidé à exterminer cette vermine Shnira. Voyant les nuages de poussière s’enfuir dans les cieux, il se rendit compte que la grande majorité de son peuple avait réussi à sortir du mont avant sa chute. Il savait son village en route vers la vallée Utaïte, où se réfugiaient ses ancêtres dans de telles heures sombres, lieu inconnu des services de renseignements même de la Shinra. Maintenant qu’il savait son peuple en sécurité, il se sentit investi d’une mission unique. Il savait que ce refuge était inconnu de ses ennemis. Mais le Mont Dao Chao détruit, il savait également que le prochain objectif de la Shinra était de parcourir ces plaines inconnues à la recherche d’éventuels survivants. Là voilà sa mission, réduire ce camp de base à néant et rejoindre les siens.
Serrant la poignée de son épée aussi fort qu’il le pouvait, il sentait une force inconnue lui parcourir le corps. Tremblant de tous ses membres, il sentit une faiblesse telle l’envahir qu’il s’écroula et mis les deux genoux à terre. Suffoquant, une gerbe de sang jaillit de sa gorge, une douleur innommable lui donnait l’impression que cette dernière lui était retiré avec violence. Hurler lui était impossible, non pas que le désir manquait mais sa nouvelle anatomie le lui empêchait. Au bord de l’inconscience, il lui apparut. Devant ses yeux mouillés par la douleur, le légendaire dragon se montrait. Léviathan, ou plutôt un esprit qui en avait la forme se présentait à Tenshi. Pendant quelques secondes, son esprit quitta ce monde dévasté. Pour Tenshi, son corps n’était plus, il était un esprit, face à la divinité de son village. Léviathan le regardait droit dans les yeux. Une communication s’établit entre les deux êtres, comme si ce dieu lui transmettait une pensée, un désir. Ce désir, Tenshi le connaissait déjà mais pas cette sensation, cette force, nouvelle pour lui. Ses yeux se perdirent alors avec l’esprit de Leviathan, et l’environnement serti d’étoiles autour de lui se dissipa peu à peu. Doucement, il sentit ses blessures se guérir, ses muscles se raffermir, son esprit s’endurcir. Un éclat l’aveugla et il se retrouva exactement à l’endroit d’où il fut emporté quelques instants auparavant. Mais il avait changé, il avait retrouvé ses vêtements de guerrier, partout où son corps avait été entaillé se traçait à présent des cicatrices esthétiquement parfaites. Partout sauf sur sa gorge, qu’il senti, se confirmant par le passage de sa paume dessus, intacte, comme si cette lame n’y avait jamais laissé sa marque létale.
Il revint à la réalité en entendant les cris en contrebas. Il ne s’était même pas rendu compte qu’il avait été repéré par les gardes du camp, et une dizaine de soldats se dirigeaient alors vers lui, courant et gravissant le flanc de la montagne vers lui. Derrière ce bataillon se dressait l’homme qu’il voulait retrouver. Séphiroth et sa lame étincelante le fixaient, lui et sa morphologie régénérée.
Le soldat qui lui avait donné la mort quelques heures auparavant se tenait droit et immobile derrière ses hommes, avides de sang utaïte. Probablement frustré de n’avoir pu fait couler celui des habitants du village qui avait pris la fuite, et encore plus, celui de ceux qui leur tenait encore tête dans le village que les forces de la Shinra ne parvenait toujours pas à faire tomber, malgré le blocus qui y était tenu.
En effet, malgré la destruction de la statue du Dieu Dragon, les soldats de la Shnira n’avait pas réussit à faire tombe les derniers résistants Utaïtes, qui restaient ici dans un seul but, accueillir la venue salvatrice de leurs alliés de Fort - Condor.
Même si l’espoir de voir ce jour vivant était le plus mince qui soit, les guerriers d’Utaï tenaient fermement tête à leurs ennemis venus du continent extérieur. Si bien que même le grand Séphiroth, malgré une arrogance affichée ne se tentait pas à vouloir éliminer ce bastion forcé de résistance, conscient que même lui pouvait être vaincu par une telle détermination.
Seulement, la réapparition de Tenshi venait de lui offrir une nouvelle perspective. Le fait que le jeune guerrier était comme un héros pour ses frères ne lui avait pas échappé, et offrir à ses résistants la tête de leur chef de file était sans doute le meilleur moyen de mettre un terme à l’opposition. La cruauté de la chose plaisait au jeune général, qui bouillait déjà d’impatience à l’idée de se frotter à cet adversaire qu’il avait déjà vaincu et achevé dans les entrailles du Mont Dao Chao. Mais il perçut également le changement profond qui avait frappé Tenshi lors de son retour de l’Au - Delà, et quel meilleur moyen de le vérifier que de laisser ses homme aller se faire massacrer par une force qu’il savait déjà imposante . ..