« Bienvenue dans mon domaine petit inconscient. Sache que tu ne pourras jamais ressortir, sauf si tu venais à me vaincre, ce qui est impossible. Tu as fait preuve de courage, de beaucoup de courage, peut-être même de trop. Mais puisque tu es là, je te rends tes armes, tu en auras besoin pour m’affronter » La voix grinçante du squelette se tus. Il tendit la main en avant, et un bâton arriva promptement dans celle-ci. C’était une faux, son arme de prédilection. Un long manche en bois avec une lame de la taille d’un homme, recourbée, en son bout. Elle devait peser un poids monumental, mais Hadès la faisait virevolter avec une agilité déconcertante. Illidan quand a lui se concentrait, récupérant ses esprits, examinant la situation avec soin. Le seigneur des enfers se rua le premier vers son adversaire, mettant la faux à l’horizontale, dans son dos. Puis, lorsqu’il fut à portée, il déplia son bras, en faisant craqueler quelques os, et fit tournoyer son arme. La puissance du coup eût été mortelle, mais le jeune homme, qui avait repris son corps normal, et craignait donc de nouveau la mort, esquiva le coup en effectuant un petit bond en arrière. Puis, Hadès entreprit un combo meurtrier. Deux tours sur lui-même, puis deux coups en croix en finissant par une coupe verticale. Bien que difficile à réaliser, le seigneur des ombres l’exécutait avec une aisance déconcertante. Mêlant esquives et parades, Illidan ne fléchissait pas, mais contrairement à son adversaire, la fatigue lui ôta peu à peu ses facultés défensives. Il fut donc dans l’obligation de contre-attaquer. Un coup d’estoc, furtif, déstabilisa son opposant, mais qui, reprenant très rapidement ses esprits, reprit son combo infernal. Soudainement, Illidan effectua deux saltos arrière, puis, grâce à la vitesse accumulée, décolla en arrière et lança un glacier gigantesque. Hadès ne pu l’esquiver, et il fut projeté à quelques mètres en retrait. Ne se laissant pas abattre, il entreprit une course folle, emplie de rage, vers le jeune homme. Cependant, Illidan ne bougea pas. Il restait immobile, les deux mains sur le pommeau de son épée. Il la mit lentement à la verticale, tout en restant concentré, il préparait quelque chose, Hadès le savait, ce fut pour cela qu’il augmenta la cadence de sa course, dans l’espoir d’arriver à temps. Mais Illidan avait tout calculé, il savait que le temps dont il disposait était amplement suffisant.
Soudain, une aura rouge l’entoura. Ses muscles se décuplèrent, déchirant ses habits par la même occasion. Il se retrouvait torse nu, mais l’aura ne cessa d’amplifier de luminosité et de taille. Puis, un vent venu de nulle part, glacial, se mit à souffler, accompagné par de violentes secousses sismiques. Illidan ouvrit les yeux, il n’avait plus d’iris. Des yeux vides et blancs.
« Subis la colère de la PLANÈTE ! !!!!!!!! » Hurla-t-il tout en plantant violemment son épée dans le sol.
D’énormes fissures apparurent alors, parsemées de lave. Tout allait en direction d’Hadès. Le vent souffla de plus belle, accompagné d’un froid encore plus rude, un blizzard épouvantable. Les ténèbres furent déchirées par des halos de lumière. Tous les éléments se dessinaient, se rejoignaient, en direction du seigneur de l’épouvante. La peur l’envahit, une sensation qu’il n’avait pas connue depuis un temps indéfinissable. Puis, ce fut le choc. La puissance de la magie lui arracha complètement son armure, puis ce fut au tour de ses os, lentement ces derniers s’arrachèrent, lui infligeant d’atroces souffrances. Il allait mourir, lui qui tuait quiconque le gênait, mais aujourd’hui, les rôles étaient inversés. Illidan souffrait également, suant à grosse gouttes, il donnait tout ce qu’il pouvait, dans l’espoir de tuer, et donc de sauver, son adversaire. Puis, ce fut le coup de grâce. Toute l’énergie se regroupa, dans une boule minuscule, mesurant 1 cm de diamètre. Hadès croyait à l’échec du jeune homme, mais en fait, la sphère explosa promptement. Tout fut soufflé. Illidan projeté à plus d’un Km, tandis qu’à l’endroit de l’impact, un cratère gigantesque gisait. Enfin, en son centre, un trou béant, une plaie dans la planète, se trouvait une bague, avec une tête de mort dorée.
Le corps d’Illidan gisait, inerte, l’attaque lui avait probablement été fatale. Son cœur ne battait plus, ses poumons ne se gonflaient plus, ni ne se vidaient. Il était mort, l’attaque lui avait été aussi mortelle qu’à Hadès, le roi des morts…
Lumina reparut mais cette fois-ci, son armure n’existait plus, ses ailes étaient à moitié déchirées, une plaie béante, dont s’écoulait du sang normal, se trouvait en plein milieu de son abdomen. Il se posa lentement, à bout de forces, le sacrifice de Shiva n’était pas vain. Prenant appuis sur son bâton, il tendit sa main vers Ixion. Du vide se concentra dans sa main, mais cela n’emplit pas plus de volume que sa paume. La boule s’envola…
Ifrit n’attendit pas, il venait de voir son amie mourir, et il ne voulait pas laisser ce sacrifice vain. Aussi commença-t-il à dépecer littéralement l’ange, qui ne broncha pas. Puis, Ixion accourut, et lui planta sa corne en plein cœur. La Chimère se vida de tout son sang, puis tomba sur le sol, soulevant un petit nuage poussiéreux. Une légère flaque de sang se répandit, colorant tendrement le petit chemin terreux. Pourquoi avoir survécu si ce n’était que pour mourir dans les instants qui suivaient. Ixion fut soudain frappée par un fragment de la boule de vide, puis s’en fut d’autres, encore et encore, comme des piqûres d’insectes, sauf que là chaque coup ouvrait mortellement la Chimère. Son corps en lambeaux gisait maintenant sur le sol, lorsqu’une étoile descendit, lentement, et pénétra dans le corps d’Ixion, toujours à la même vitesse, infligeant des souffrance incommensurables à la pauvre Chimère, incapable de toute retraite. L’étoile s’enfouit jusqu´au cœur, mais elle se retira subitement.
« Pas la peine de devoir vous infliger l’Ultime châtiment, lorsque je comprends que vous n’êtes pas mauvais. Normalement Ixion devrait agoniser à l’heure qu’il est, mais Agamemnon m’a menti… Vous n’êtes pas des criminels, car vous défendez ce monde, et sans cela, Lumina vous aurait littéralement démolis. Il protége notre planète de toute menace, mais comme vous n’en êtes pas une… Je vous dois des tonnes d’excuses, mais je pense que la meilleure façon de me faire pardonner et de vous offrir ceci. » Le vieil homme, qui venait de prononcer un discours qui laissa stupéfaits les amis, tendit un bracelet vers Indis.
« Je vous remets le pouvoir d’invoquer Lumina, je n’ai pas été digne de lui, j’espère qu’il vous sera utile… » Tout en finissant de parler, le maire se prit la tête entre les deux mains, et d’un geste brusque, se tua…
Son corps s’effondra sur le sol terreux, et de son sang naquit une rose blanche.
Ceci avait laissé perplexe tout le petit groupe, mais, ils restaient quand même satisfaits de ce qu’ils venaient d’accomplir.
« Bon, puisque l’heure est aux adieux, je vais aussi vous laisser. Ma femme me manque, et je dois faire payer ces sals traîtres, mais vous m’avez déjà bien assez aidés, je vous dois beaucoup, mais je ne sais comment vous remercier… » Aibe versa une petite larme, ses paroles l’attendrissaient. Il fit ses adieux à ses nouveaux amis, et partit en direction du soleil, son ombre se mêla aux cendres de la ville, et ainsi il disparut…
Personne ne broncha, ils s’étaient sentis si frêles tout au long de cette journée. Toute leur force avait reposée sur leur amitié, et sur leurs Chimères.
Ils venaient de comprendre qu’ils n’étaient rien dans l’immensité de ce monde, et ce choc les troubla, puis, muets et pensifs, tous se mirent à marcher en direction de la forêt, dans l’attente de la nuit, d’un nouveau jour…