CHAP 9 : Rencontre.
Le soleil vint éclairer un jour nouveau. Un jour calme, sur une ville en reconstitution. Les habitants avaient oublié ce jour, ou plutôt voulaient-ils ne pas y penser car c’était un jour noir, empli de souffrance, de tristesse, de colère, d’envie de vengeance… Bref, un mauvais jour, qui pourtant n’affecta pas le moral des habitants, enfin n’affecta presque pas, car dans une chambre d’hôtel, un jeune homme se remémorait ce moment, et pensait aux autres épreuves de sa vie. S’en fut trop pour qu’il puisse continuer à cacher ses émotions. De fines larmes vinrent mouiller ses joues, tremblotantes. Puis il les ôta d’un geste vif de la main, et se redressa. Ce jeune homme n’était autre qu’Illidan. Il reprit son chemin habituel, en espérant un jour de bonheur, où rien n’arriverait. Un jour qu’il n’avait pas vécu depuis longtemps, et qu’il espérait vivre pleinement, comme si cela lui redonnerait vie. Il savait que la ville ne lui apporterait rien de nouveau, rien de ce qu’il espérait, c’est pour cela qu’il retourna à Iva-lice…
Il y arriva finalement…
L’air qu’il respirait le rendait heureux, il s’ébahissait devant le paysage, et le chant des oiseaux le faisait sourire. Voilà très longtemps qu’il n’avait ressenti autant de joie, et cela lui redonna une nouvelle force, mais pas celle qu’il attendait. Il s’assit, comme à son habitude, et se mit à explorer l’étendue qui s’offrait à ses yeux, il cherchait à détailler tout ce qu’il pouvait, scrutant l’horizon, et chercha à déterminer le moindre son qui entrait en contact avec ses tympans. Bref, il était comme un enfant à qui on offre un nouveau jouet, mais ici ce jouet était un monde entier…
Cependant, l’importance que ce jouet grandeur nature pouvait avoir aux yeux d’Illidan était bien plus supérieure à celle qu’un enfant pouvait accorder à son jouet. Car ce jouet, l’enfant s’en lassera, et il finira comme les précédents, tandis qu’aux yeux d’Illidan, ce monde était encore une source d’épanouissement gigantesque, avec des découvertes à faire partout, des expériences à vivre, et des quêtes à accomplir. Pourtant, il ne savait pas encore tout, en tout cas pas précisément, mais il l’apprendra, et peut-être bien avant d’y penser, enfin, tout dépendra de ses actes, car ceux-ci auront tous des conséquences…
Il était heureux, de plus en plus, mais il se rendit compte qu’il était tout petit, qu’un lourd devoir le hantait, comme une épée de Damoclès, mais il ne voulut pas y penser…
« Amadouer, pour ensuite achever, voilà tes ordres, maintenant va et fait ce que tu dois, pour le bien de… » Mais la voix se stoppa car la personne qui écoutait était déjà partie.
« Pouvez-vous m’aider, je suis perdue ».
Illidan se retourna, et il aperçut une silhouette humaine, celle d’une jeune femme.
Elle était grande, avoisinant les 1 m 70. Très peu vêtue, entre autres d’une jupe fendue sur le côté droit, rouge, de jambières en cuir et de quelque chose qui ressemblait à une armure en cuir, mais cela n’en était pas une. Ceci n’en possédait que la forme, et était d’un blanc pur. De longs cheveux blonds lui descendaient jusqu’au bas du dos, et son visage avait un charme bien particulier.
La jeune fille ôta la mèche qui venait cacher son visage, puis elle regarda Illidan, tout en reformulant sa question.
Le jeune homme était désemparé, il savait quoi dire, mais quelque chose l’en empêchait. Il prononçait les mots mais ceux-ci restaient enfouis au fond de sa gorge. La timidité prit finalement place, et Illidan se mit à rougir. La jeune fille le remarqua, et se mit à rire tout en essayant de le rassurer.
« Ou… oui, je vais vous guider, mais tout d’abord, puis-je savoir votre prénom ? Prononça difficilement Illidan. »
- Je me prénomme Indis.
- Que voulez vous savoir ?
- Et bien…*Elle réfléchit* Je voudrais que vous m’escortiez jusqu’à Delentor. Je sais que je vais vous paraître directe, mais avec les monstres qui rôdent en ce moment… et puis… j’ai remarqué que vous possédiez une arme.
- Bien, je vais vous escorter, mais Delentor se situe à plusieurs jours de marche.
- Oui, je le sais…
[Delentor. L’ancien refuge des elfes de la nuit. Ces derniers, guidés par Fregar s’y rendirent en quête de paix et de prospérité. Mais ils ne trouvèrent que des bandes de monstres, aussi redoutables les unes que les autres. De nombreux assauts eurent lieu, mais les elfes résistèrent. Jusqu’au jour où d’autres monstres arrivèrent en renfort. Les pauvres elfes se battirent, mais en vain. On raconte aujourd’hui que certains ont survécu, mais personne n’a jamais pu le prouver.]
Illidan connaissait la ville, son histoire, ainsi que celle des elfes de la nuit, mais il ne savait pas où elle se trouvait géographiquement. Il se laissa donc conduire, suivant Indis de près…
Cela faisait maintenant plusieurs heures qu’ils avançaient en direction du Nord-ouest, traversant de longues étendues vertes, tout en voyant l’horizon, toujours éloigné, sans jamais pouvoir s’en rapprocher…
Ils continuèrent à marcher, sans échanger le moindre mot, tendus, redoutant le moindre bruit, craignant le moindre cri. Puis, la nuit arriva enfin, soulageant les deux compagnons d’une tension qui n’avait que croître au fur et à mesure. Le problème se posait, où dormir ? ...
Restant toujours aussi silencieux l’un que l’autre, ils se mirent à réfléchir dans leur coin. Ce fut Indis qui trouva une idée en premier, elle proposa de construire un petit refuge dans un arbre, pour avoir un endroit où dormir en paix. Illidan acquiesça, et se mit à l’oeuvre, il n’était pas question qu’Indis se fatigue à la tache.
Ramassant des branches robustes pour les bases, puis des brindilles pour les petits détails ; des feuilles en office de toiture, et reliant tout ceci grâce à des tiges de plantes, Illidan construisit la petite cabane pour qu’Indis puisse dormir.
« Mais ceci est bien trop petit pour que l’on puisse dormir tous les deux !
- Je ne dormirais pas ce soir. Je me considère comme ton garde du corps, et je ne veux pas qu’il t’arrive quoi que ce soit.
- M… Merci. »
Ce fut sur ces paroles qu’Illidan et Indis se séparèrent jusqu’au lendemain. Rien ne se passa, aucun monstre, aucune menace, une nuit calme, mais étrange. Illidan s’était senti observé toute la nuit, mais ne voulant quitter son poste, il ne chercha pas à vérifier ses soupçons.
Le lendemain apparut fébrilement, craignant la nuit, n’osant pas réveiller le monde endormi. C’était pourtant son devoir, et il l’accomplit. Il étendit son long manteau de calme sur un monde inquiétant, chassant à la fois les ombres et les peurs d’enfants. Puis les habitants se réveillèrent peu à peu, en silence. Indis fit de même, et la première chose qu’elle fit ce fut de chercher Illidan, comme si elle avait eu peur qu’il ne la quitte. Ce qu’elle vit la rassura car il était bien là, éveillé et aux aguets. Elle descendit doucement de son arbre, pour finalement le rejoindre.
Les deux adolescents repartirent, prenant la direction du Sud. Ils avançaient, franchissant inlassablement de longues étendues d’herbe verte. Puis ils arrivèrent dans des contrées un peu plus désertiques, tout en découvrant une flore changée et une faune quasiment identique à celle qu’ils côtoyaient tous les jours. Trois jours passèrent sans aucunes paroles, trois jours de tension maximale, avec très peu de repos. Pourtant rien n’arriva, pas un monstre, pas un seul voyageur, personne à part des animaux et des plantes. Puis quelque chose arriva « enfin ».
Ceci se produisit à l’aube du cinquième jour. Un jour de pluie et de froid, un jour qui faisait naître des remords au plus profond d’Illidan. Mais cela ne s’arrêta pas là. Au détour d’un koukalipé ( un arbre qui donne des koukis, des fruits sucrés et qui ont un effet narcotique quand on en prend de grandes quantités.) un Pampa apparut. C’était un cactus qui vivait et se nourrissait de petits insectes. Ces animaux de nature inoffensive et craintive étaient réputés pour leurs épines qui pouvaient infliger d’importantes blessures. Un Pampa est vert, ou jaune pâle en fonction de sa nourriture, cependant, le Pampa qui faisait face aux deux amis était noir nuit. Le Pampa avait cependant disparu, jusqu’à aujourd’hui. Illidan resta sur ses gardes, tout en faisant comprendre à Indis de s’éloigner par un geste de la main. Il s’avança, lentement, tendu au maximum. Le Pampa quand à lui se mit à tourner autour de sa « proie », tout en plongeant son regard dans celui d’Illidan. Soudain, il se stoppa, tout en se recroquevillant et se figea. Illidan resta aux aguets, il savait que quelque chose allait se passer. Ses craintes furent vite fondées car le Pampa se détendit violemment, projetant des centaines d’épine dans la direction du jeune homme. Indis qui observait la scène poussa un petit cri tout en fermant les yeux. Lorsqu’elle les rouvrit, elle vit Illidan entouré d’une aura de feu. Elle comprit tout de suite que ceci avait empêché les épines de l’atteindre. Le jeune homme n’attendit pas. Il se figea à son tour, une main en l’air, la paume vers les nuages. Puis, il rouvrit les yeux subitement. Le Pampa ne pu qu’apercevoir une malice immense, le faisant frissonner, avant que ce soit le vide complet. Une plaie béante était apparue sous ses « pieds », accompagnée d’une colonne de flamme qui en aurait fait frémir plus d’un. La carcasse fumante du Pampa tomba dans le trou, qui se referma juste après. Un lourd silence s’installa, et un léger vent vint caresser les cheveux d’Illidan. Cependant il semblait inquiet, mais il cacha très vite ce sentiment. Il venait de prendre du plaisir à tuer. Ce qui l’effraya, mais il se rendit vite à la réalité.
« Tu vas bien ? Lui demanda Indis doucement
- Oui mais ne nous attardons pas, Delentor n’est plus très loin.
- Bien dans ce cas reprenons la route. »
Encore une fois, ils ne s’échangèrent aucunes paroles, mais Illidan apercevait Indis souriante, ce qui suffisait à le rendre heureux.
Ils arrivèrent enfin devant Delentor. Son portail en bois, mesurant plus de trois mètres de haut les fit se stopper, en leur rappelant leur taille insignifiante. Puis ils se mirent à lire les inscriptions gravées en or. « Chance, Amour, Bonheur ».
Indis sourit, et Illidan l’accompagna. Tout était joyeux, enfin pour certains car quelqu´un souffre en ce moment…
Une douleur intense parcourant tout le long de son corps, Seto réussit difficilement à se redresser. Puis il revit le médecin, et tout à coup tout lui revint. Les bruits d’os brisés, le sang giclant sur les murs blancs, le médecin riant sinistrement. Il n’en éprouva que plus de haine envers cet être qui le faisait souffrir. Soudain, il entendit un cri, puis un violet claquement, accompagné d’un silence. Il tira en des conclusions, quelques peu hâtives. Il vit le médecin quitter la salle en courant, puis la fatigue reprit le dessus et il se rendormit…