Chapitre 4 : la rébellion se relève.
Agenouillé dans la poussière froide et humide, Gin tenait son compagnon, le serrant dans ses bras trempés à présent de sang. Cylia débarqua dans la pièce en courant.
Cylia : Gin ! Qu’est ce qui se passe ?
Son frère se tourna vers elle, dévoilant la scène macabre.
Cylia : oh non ! tray !
Elle porta sa main devant la bouche pour étouffer un sanglot, et baissa les yeux au sol. Après de longues minutes dans la souffrance et dans le silence, Gin se leva, posant le corps de son ami à terre. Il prit un temps d’arrêt et se dirigea d’un pas décidé vers la sortie. Sa sœur lui fit barrage, en s’opposant à lui. De lourdes larmes coulaient également de ses yeux.
Cylia : o.. Où vas-tu cette fois ci ?
Gin : je vais régler mes comptes…
Cylia : n’agit pas de manière inconsidérée !
Gin : je sais bien. Mais je ne peux laisser passer ça.
Il la bouscula de l’épaule et elle s’écroula à terre. Il s’éloignait dans les ténèbres du couloir par lequel il était venu.
Cylia : attends !
Gin : attendre quoi ? D’autres morts ? Jamais… je vais prévenir les autres.
Cylia : je viens avec toi. Mais d’abord, allons chercher Alex, il a reprit conscience.
Gin : … … bien.
Ils sortirent de l’habitation en ruine, traînant les pieds sur le carrelage fissuré. Une fois dehors, le ciel menaçant projetait sur eux des cordes de pluies. Ne portant aucune importance à cela, ils entamèrent leur rout jusqu’à la planque, où les attendait leur chef. Le regard dans le vide, Gin contemplait les enfants sur le coté, endormi sur quelques cartons en morceaux, et entouré de quelques vestes froissées. Ils arrivèrent enfin à destination, Alex les attendait, assis dans un coin, toujours une main sur sa blessure.
Gin : comment te sens tu ?
Alex : ça pourrait aller mieux.
Cylia : tiens prends ça.
Elle lui tendit une veste, qu’il s’empressa d’enfiler, lui attrapa la main et l’aida à se relever. Une fois debout, Gin lui remit son arme dans le dos, et lui appuya la main sur l’épaule.
Gin : nous allons devoir y aller.
Alex : quoi ? Que se passe-t-il ?
Cylia : ils ont eu… tray…
Alex : comment ? ! n..non pas tray…
Gin : nous devons prévenir les autres résistants.
Alex : il y a un moyen de tous les prévenir sans perdre de temps.
Cylia : comment ?
Alex : moi et les chefs d’autres bandes sommes toujours en contacts. Il suffit de les appeler à une réunion massive, pour leur annoncer.
Gin : bien. La grande place du secteur 5 sera un lieu idéal pour ceci.
Quelques jours plus tard, la réunion était planifiée et tous les résistants commençaient à s’amasser sur la place. Environ un millier de personnes étaient présentes, tous armés, ils discutaient entre eux en attendant le début du discours. Certains montraient leurs armes à leurs collègues tandis que d’autres se livraient à des descriptions de combats menés. Ils mimaient leurs gestes pendant la bataille, les autres résistants autour, en admiration.
Gin : tout est prêt.
Cylia : il n’y a pas une minute à perdre, allons y.
Gin, accompagné de sa soeur et d’Alex, grimpa sur la statue au centre de la place.
Gin : ECOUTEZ MOI TOUS !
Toutes les conversations s’estompèrent d’une traite, pour laisser la parole au résistant. Sa voix résonnait dans toute la place.
Gin : si vous êtes réunis ici, c’est pour vous avertir d’un danger qui nous guette tous à présent. La Shinra, a dirait-on, décidé de se débarrasser une bonne fois pour toue de la résistance !
Tous se tournèrent les uns vers les autres, les conversations et les cris d’exclamation reprenant de plus belle.
Alex : ECOUTEZ DONC ! !
La foule se tut brusquement, une nouvelle fois, suite au cri d’Alex.
Gin : je ne sais pas si il y a déjà eu des victimes dans vos groupes, mais je me doute qu’il y en a au moins quelques uns. Ils ont déjà entamé leur œuvre ! Je n’en connais pas la motivation, mais je sais que nous ne pouvons pas rester les bras croisés, attendant de tous nous faire tuer, les uns après les autres. La résistance ne doit pas s’éteindre, sinon, c’est l’avenir de la ville et peut-être même de la planète qui s’évanouira avec. NOUS NE POUVONS PAS LAISSER FAIRE ÇA ! !
Une explosion d’acclamations envahit la place. Des cris de joie mêlés d’applaudissement à rendre sourd, une formidable clameur. Tous brandissaient leurs armes vers le ciel en hurlant du plus qu’ils le pouvaient. Des cris de douleur retentirent aussitôt. Un homme habillé d’un grand manteau vert émeraude se tenait debout au milieu de la foule, les résistants à ses cotés morts, gisant dans leur propre sang. Dans un hurlement de fureur, un rebelle se jeta sur lui, lui assénant divers coup de lame dans tout les sens, que son adversaire contrait aisément à l’aide de ses mains nues. Il frappait dans l’épée pour la faire dévier de trajectoire avant qu’elle ne l’atteigne. Toute la résistance regardait le combat, pétrifiée à la vue d’un tel adversaire. Pour finir, l’homme bloqua la lame du rebelle entre ses deux paumes de main, et enfonça son pied dans les cotes de son opposant. Ce dernier fut éjecté par la force du coup, et s’écrasa contre un mur quelques mètres plus loin. L’homme se tourna aussitôt vers Gin.
Homme : eh bien ? Le discours est terminé ?
Cylia : un officier encore ?
L’agent traversa la foule à grandes enjambés, tous s’écartèrent sur son passage, voyant le sort de celui qui l’avait attaqué. Il arriva enfin au pied de la statue, face à Cylia, son frère et Alex. Le sang bouillonnait dans les veines de Gin, les images de tray repassant dans sa mémoire.
Alex : ENFUYEZ VOUS ! ENFUYEZ VOUS C’EST UN ORDRE ! !
A ces paroles, toute la foule se dispersa, empruntant les ruelles étroites fourmillants dans la ville.
Gin : que veux tu ?
Officier : allons… tu le sais bien sinon tu ne serais pas ici n’est ce pas ?
Cylia : pourquoi la shinra nous traque-t-elle ? De simples résistants l’intéresserait à ce point ?
Officier : mais vous n’êtes pas de simples résistants. Votre importance est capitale. Nous sommes chargés de récupérer les enfants strife.
Une lueur de folie illumina son visage. De grands yeux bleu clair, légèrement cachés sous de longues mèches châtain tombantes.
Gin : tray est mort…
Officier : qui ça ? Bah, rien qu’une vermine de plus, une perte peu importante.
Gin releva la tête, le regard rempli de hargne et de rage.
Gin : u..une vermine ? UNE VERMINE ? !
Il donna un puissant coup de poing dans la statue derrière lui, dessinant ainsi une large fissure montante sur la sculpture haute d’une dizaine de mètres. Celle-ci bascula et se brisa en tombant sur le pavé de la place dans un vacarme sourd et puissant.
Officier : ooh… je vois hé hé hé.
Cylia : non tu n’as encore rien vu.