Chapitre 9 : au dehors…
Le soleil faisait quelques timides percées entres les épais nuages, qui avaient terminé de déverser en contre bas, leurs pluies torrentielles. Nos trois amis avaient entamé leur marche vers la porte ouest de midgar, celle donnant un accès direct au dehors, percée d’un énorme trou. Elle témoignait de la violence des affrontements entre l’état et les rebelles. Cylia et Selenn marchaient au devant, sur leur garde, malgré leurs nombreuses blessures. Gin fermait la marche l’arme à la main, scrutant les environs. La terre se faisait abrupte, déformée par les tirs de mortiers et d’obus qui martelaient le sol chaque jour. Il régnait une odeur de fuel et de poudre, mélangée de corps putréfiés. Le tout était suspendu dans une fumée constante, qui planait par-dessus les taudis. Dans ces conditions, le monde du dessus semblait si loin, et Gin et Cylia avaient une bien funeste vision du départ de leur aventure. elle entama une conversation avec Selenn, poussée par le silence pesant du lieu.
- euh dit moi, tu étais dans la résistance avant n’est ce pas ?
- oui oui… c’est bien ça. Pourquoi ?
- je me demandais simplement pourquoi l’agent te connaissait, dit elle hésitante.
Le jeune homme soupira un sourire aux lèvres.
- je suis tout simplement le chef de la résistance dans mon secteur.
Elle se retourna brusquement sur lui, les yeux écarquillés.
- le chef de la résistance du bloc E ?
- c’est bien ça.
Gin les écoutait en silence. Quand il entendit ces paroles, un frisson le traversa de bout en bout. Mais, le dirigeant des troupes rebelles du bloc E a été tué il y a peu, pensa-t-il. Il était perdu dans ses pensées, et ne prêtait dès lors plus aucune attention à ce qui l’entourait. Il fut tiré hors de sa conscience, lorsque sa sœur reprit la parole.
- mais… le bloc E…
- oui je sais, l’information de ma mort a circulé très vite. Mais cette presse n’est pas fiable. C’est vrai que j’ai mené un dur combat, mais je m’en suis sortit.
- donc ces blessures que tu portes… osa-t-elle.
- … tu as compris oui. Ce sont eux qui me les ont infligées. Tous mes hommes se sont fait exterminés… je n’ai rien pu faire malheureusement. Des dizaines d’agents nous sont tombés dessus et…
Sa voix prenait un ton dramatique de plus en plus prononcé au fur et à mesure qu’il s’expliquait.
- je… ils sont tous morts. Je suis le seul à m’en être sortit. Je ne peux pas me pardonner de n’avoir rien pu faire. La faiblesse est un tort, je dois y remédier. C’est pourquoi j’ai décidé de lutter à vos cotés, de toute façon… je n’ai plus rien à perdre, finit-il d’un ton décidé.
Il tomba au sol, ses forces le quittaient. L’effusion de sang était trop importante, et il ne parvenait même plus à se tenir debout. Cylia le saisit par le bras et le remit sur pieds.
- tu es à bout de force, tu as déjà beaucoup fait. Nous allons quitter midgar et nous reposer à la ville voisine… je n’ai jamais quitté cet endroit, espérons qu’il y a bien des habitations non loin de nous.
Gin vint l’aider et ils le portèrent chacun par une épaule. Ils marchaient depuis bientôt deux heures, et la route s’étendait encore jusqu’à l’horizon. A la tombée du jour, ils atteignirent finalement les monstrueuses portes qui cernaient la ville. Un gigantesque trou les perçait, et montrait aux trois jeunes rebelles, le monde extérieur pour la première fois. Après une courte hésitation, ils traversèrent l’embouchure. Les voila enfin au dehors. Les misères de cette guérilla semblaient à présent si loin, et étaient pourtant si proches d’eux, qu’on pouvait encore entendre le sifflement des missiles et les cris atroces de douleur. Ils ne perdirent pas une secondes, et s’avancèrent vers ses étendues infinies à leurs yeux, et encore inconnues à leurs esprits.
La nuit commençait déjà à s’étendre sur les vallées. L’ombre submergeait déjà toutes les plaines, et l’endroit prenait un certain aspect sinistre. Gin observait Cylia depuis un moment déjà, et observait sur son visage des élans d’inquiétude, qui rejaillissaient de temps à autres. Il vint poser sa main sur son épaule.
-ne t’en fait pas ça ira, lui susurra-t-il.
Elle le regarda droit dans les yeux, et ne pu s’empêcher de sourire, en laissant échapper un soupir. Elle ne savait plus où elle en était avec tous ces évènements, c’est sûr. De même, elle s’en voulait de s’inquiéter pour si peu, et voulait faire honneur à sa mère, cette fière femme qui avait sacrifié sa vie dans les taudis, sous les feux ennemis. Faiblir à un instant pareil serait comme une trahison s’était-elle dit. Selenn suivait la marche, en boitant quelques peu. Il ne voulait pas ralentir ses deux compagnons et se faire considérer en boulet pour le groupe. Il forçait sur ses jambes pour parcourir le moindre mètre, et la douleur relançait dans ses plaies déjà largement ouvertes. Un petit gémissement lui échappa, et il s’écroula au sol en tremblant. Cylia et son frère accoururent à ses cotés.
- je … suis vraiment désolé, leur dit-il
- c’est nous qui sommes désolés, nous continuons sans nous soucier de toi… ajouta la jeune femme
- nous allons nous arrêter ici. -- il porta son regard au loin – là bas ! à l’horizon, il y a de la lumière. Sûrement un village, dit-il en se mordillant le doigt.
- à vue de nez je dirais qu’il est à… une dizaines de kilomètres.
Ils se tournèrent vers Selenn, toujours allongé à même le sol. Gin allait entamer une phrase, mais il s’arrêta, en voyant qu’il était déjà plongé dans le sommeil. La fatigue l’avait submergé, et n’en pouvant plus, il avait sombré dans le royaume des rêves. Gin le contempla. Il le couvrit de sa veste, et alla s’allonger juste à coté de lui, Cylia vint lui tenir compagnie. Dans cette nuit fraiche, un ciel bien dégagé montrait les points lumineux qui composaient le ciel. Ils n’avaient pas vu un tel spectacle depuis des années. Une vague d’espoir vint réchauffer leur cœur alors que Gin sentit sa sœur se blottir contre son épaule. Il tenta de rester éveillé encore quelques minutes pour profiter de la vision que lui offraient les astres, mais plus le temps passaient, ses membres s’engourdissaient, les contours lumineux des astres se cachaient derrière un voile trouble, et il bascula dans l’herbe verte qui recouvrait les contrées de la région.
La nuit se fit éphémère, elle passa extrêmement vite, et Gin ouvrait déjà les yeux sur un ciel d’un bleu éclatant. Le soleil perçait au travers des nuages cotonneux. La fatigue trop présente la veille les avait plongés dans un sommeil sans rêve, et à la vue de leurs précédents, ce n’en était pas plus mal. Chacun espérait oublier son passé, qui meurtrissait trop, beaucoup trop leur âme.
- eh bien ? ne perdons pas de temps, lui lança une voix pleine d’entrain
Selenn apparu devant lui complètement revigoré, et très enthousiaste. Il avait raccommodé de nouveaux bandages sur son torse et sur ses bras. Gin le regarda d’un air absent. De toute façon, il était sûr qu’il essayait de se rattraper par rapport à hier. Ne plus être considéré comme un poids en trop pour le groupe. Il fut tiré de ses pensées par sa sœur qui l’embrassa sur la joue en lui dévoilant un sourire radieux. Une beauté angélique.
- allez debout ! On a encore de la route à faire, lui lança-t-elle
Il se leva à son tour, et remballèrent le quelques peu d’affaires qu’ils avaient sur eux. A savoir quelques fins draps sales. Gin prit la parole.
- la ville. On va y faire une escale, et trouver un endroit où loger, pour passer quelques temps. En même temps, nous déciderons là bas, de nos projets pour la suite.
Gin ne cessait d’avoir en tête ce rêve étrange, qui le tourmentait depuis quelques jours. Tout en ayant conscience de sa nature irréelle, il ne pouvait s’empêcher d’y attacher une certaine importance. La ville de Kalm se profilait à l’horizon, avec quelques colonnes de fumées, sortants des cheminées.
PS : ne me blamez pas pour la taille, je suis vraiment très occupé en ce moment et c´est un miracle que j´ai réussit à poster ceci, d´autant plus que l´envie de me venait pas