Comme chacun fait sa story, je vais m´y mettre aussi
.
Mais plutôt que de me lancer dans une story sans fin
, j´ai choisi de vous raconter une compétition assez courte dans une de mes parties.
Ca se passe en 2025.
Il y a près de 20 ans, en novembre 2005, Javier Aguirre se faisait éjecter de son poste d´entraîneur de l´équipe nationale mexicaine pour avoir quelque peu bâclé les derniers matchs de qualification pour la Coupe du Monde 2006. Le Mexique s´était pourtant qualifié, mais c´est à moi que la fédération avait demandé de diriger l´équipe durant cette épreuve phare
.
Et on en a surpris plus d´un là-bas, en Allemagne
. Après avoir notamment battu les Pays-Bas dans notre groupe, on s´est ensuite défaits de l´Angleterre au 2ème tour
, avant d´être ramenés à la dure réalité par... l´Argentine
. C´est bien la peine de franchir l´Atlantique pour se farcir des adversaires qu´on côtoie régulièrement
. Notre petite consolation c´est d´avoir été éliminés par le futur vainqueur du tournoi (qui a battu l´Allemagne en finale... on verra si ça se vérifie dans la réalité).
Vu comment l´équipe s´était comportée durant cette sacrée épopée (20 ans après, ce quart de finale reste le meilleure performance mexicaine en Coupe du Monde), j´ai décidé de continuer l´aventure.
Par la suite, on n´a rien eu à se mettre sous la dent pendant un bon moment, jusqu´en 2011 précisément, année durant laquelle je disputais ma 3ème Copa America, qui se déroulait au Paraguay. Le hasard faisant bien les choses, on a bien sûr hérité du Paraguay dans notre groupe
, et en match d´ouverture pour couronner le tout. Comme prévu, on s´est fait démonter d´entrée de jeu (0-2), alors que dans l´autre match du groupe, l´Argentine écrasait le Canada 4-0.
On devait absolument prendre les 3 points face au Canada au 2ème match, chose qu´on a faite assez facilement (3-0)
. Et une bonne nouvelle ne venant jamais seule, l´Argentine avait eu le bon goût de battre le Paraguay sur son terrain. Ce qui nous laissait un mince espoir de qualification.
Cependant, les gauchos nous ont servi un 3-0 bien tassé lors du 3ème match
. Le Paraguay ayant fait match nul avec le Canada, on était donc 3èmes du groupe. Mais comme il n´y a que 3 groupes, les 2 meilleurs 3èmes étaient repêchés. Et on en était, ouf
.
En quarts, on se coltinait la Bolivie. Du pain béni
. 90 minutes et 2 buts plus tard, la voie des demi-finales nous était ouverte.
C´était à nouveau l´Argentine de ce de Saviola qui nous barrait la route. Mais des circonstances incroyables ont joué en notre faveur. Des expulsions dans le camp argentin, des penaltys pour nous et une réussite affolante devant le but alors qu´on était archi-domninés nous ont permis de passer par le chas de l´aiguille: 3-2. Que d´émotions !
Mais il fallait revenir sur terre car la bande à Ronaldinho nous attendait en finale. Heureusement pour nous, la chance nous souriait encore . Le scénario du match précédent se présentait à nouveau. Pratiquement transparents durant la majeure partie de la rencontre, nous n´avons émergé qu´à de rares occasions pour rester dans le match. Malgré une domination outrageuse du Brésil, le tableau marquoir indiquait 2-2 après les 90 minutes. Et là, il faut croire que les Brésiliens en avaient marre de se battre contre le sort, mais mes joueurs ont commencé à renverser quelque peu la vapeur. Et ce but que personne n´osait imaginer est finalement venu nous apporter la délivrance tant attendue. Pas besoin de s´en remettre à la loterie des penaltys: on s´est imposés sur le terrain, face à la meilleure équipe du tournoi (et peut-être du monde), alors que personne n´aurait parié un peso sur nous au soir de notre défaite face au Paraguay. Un exploit historique puisque c´est la première Copa America gagnée par le Mexique !
Les années qui ont suivi furent un peu moins glorieuses . Il faut attendre 2017 pour voir à nouveau le Mexique à la fête. Et c´est à nouveau dans la Copa America qu´on a fait des étincelles .
Le tirage nous avait étrangement placés dans le même groupe que 6 ans auparavant. Mais cette fois, la compétition ne se déroulait plus au Paraguay, mais au Vénézuela, dont l´équipe s´est d´ailleurs qualifiée pour les quarts de finale, ce qui lui arrive rarement. Nous avons une nouvelle fois battu le Canada (difficilement, mais quand même) et on a même réussi à arracher le nul face au Paraguay et à l´Argentine. En quarts de finale, le Pérou n´a opposé que peu de résistance, mais en demis, on s´est retrouvés sur le chemin de l´Argentine.
Et au terme d´une longue lutte qui est allée jusqu´aux prolongations, on s´est finalement fait éliminer. Mais le Brésil nous a vengés en finale . Quant à nous, on est montés sur la 3ème marche du podium en battant l´Equateur aux penaltys.
Ce parcours très positif laissait entrevoir de belles possibilités pour la Coupe du Monde qui allait avoir lieu en 2018, pas loin de chez nous, en Uruguay. On n´avait pas un groupe facile avec les Pays-Bas, la France et la Grèce. Seule cette dernière était vraiment prenable. Contre les autres, il fallait espérer un petit miracle . Mais ça s´était déjà produit en 2006. Alors pourquoi pas ?
On s´est fait cueillir à froid dès le premier match par les Pays-Bas. Cette défaite de justesse (1-2) nous a laissés un peu sur notre faim . Il fallait tout de suite réagir pour engranger impérativement les 3 points face aux Grecs. Mais on a été incapables de s´imposer . Nouvelle défaite par le plus petit écart (0-1). La messe était dite.
Il ne nous restait que notre honneur à sauver face à la France. Mais notre moral était tellement bas qu´on s´est pris une grande claque dans la figure : 0-3 . Merci d´être venus. A la prochaine fois...
C´en était trop. Dès le retour au pays, j´ai immédiatement adressé ma démission à la fédération. Malgré 12 années globalement positives et agrémentées d´une victoire finale en Copa America, j´avais l´impression que je ne pouvais plus rien retirer du groupe que j´avais à ma disposition . Et je voulais privilégier ma carrière en club qui absorbait une grande partie de mon énergie. J´ai donc fait mes adieux définitifs à la Selección .
3 ans plus tard, en 2021, après avoir mené le Mexique à la troisième place de la Copa America et avoir décroché un n-ième ticket pour la Coupe du Monde, mon remplaçant se faisait quand même lourder juste après la fin des qualifications . Ses employeurs n´ont pas dû apprécier la déroute (0-4) subie à Los Angeles, ni le nul concédé à domicile face au Canada. C´est que ça rigole pas à la fédération mexicaine. Les résultats ne suffisent pas : il faut aussi y mettre la manière. J´en ai moi-même fait l´expérience par le passé. Chaque fois que les qualifications pour la Coupe du Monde étaient terminées, il y avait une période d´angoisse durant laquelle mon poste était clairement menacé pour n´avoir pas effectué un parcours irréprochable, et spécialement dans les rencontres face aux Etats-Unis et au Canada, qui sont traditionnellement nos deux plus sérieux adversaires à ce niveau. Mais j´ai toujours échappé au couperet, ce qui n´a été le cas pour aucun autre sélectionneur national mexicain aussi loin que je me souvienne.
Je m´étais promis de ne pas revenir sur ma décision, mais une participation à la Coupe du Monde offerte comme ça, sur un plateau, ça ne se refuse pas. J´ai donc accepté de reprendre les rennes de l´équipe en main en avertissant la fédération que j´allais probablement arrêter juste après la fin de l´épreuve.
Cette fois, elle avait lieu en Angleterre, que je connaissais assez bien pour y avoir entraîné plusieurs clubs, à tous les niveaux. Avec notre bol habituel, on est évidemment tombés dans le même groupe qu´elle . Un groupe pas évident du tout , où se retrouvaient aussi le Japon, le meilleur représentant asiatique, toujours délicat à affronter, et la Roumanie, qui avait gagné tous ses matchs de qualification , contre des adversaires tels que la Turquie, Israël ou la Finlande.
Mes craintes se sont avérées fondées puisqu´on s´est directement cassé les dents sur le Japon, à qui il a suffi d´une seule occasion pour nous voler les 3 points (0-1) . Dans l´autre match, l´Angleterre s´est évidemment imposée face à la Roumanie (1-0). Une Roumanie qu´on allait ensuite rencontrer lors de notre 2ème match. Et là, un déclic s´est produit. On leur a carrément mis la pâtée : 4-0 . On n´avait pas mérité de perdre le premier match, et la réussite qui nous avait boudés jusqu´alors, était enfin au rendez-vous .
On était donc regonflés à bloc pour défier l´Angleterre, d´autant que celle-ci s´était aussi fait piéger par la Japon à Wembley : à nouveau, une occasion, un but pour les Japonais. Et malgré les vociférations de tout un stade acquis à la cause de l´équipe à la rose, on a largement dominé ce match décisif remporté méritoirement 1-0 . L´Angleterre, organisatrice de l´événement, était donc éliminée dès la phase de groupes suite à son flop face au Japon. Quant à nous, malgré des débuts laborieux, on était cependant en quarts de finale, impatients d´en découdre avec notre prochain adversaire.
Mais le tirage au sort ne nous a pas épargnés puisqu´on héritait de... l´Argentine. Quelle bonne nouvelle... 3 victoires en 3 matchs, 9 buts marqués et aucun encaissé suffisent à situer sa forme du moment. Elle venait d´ailleurs tout juste de balayer l´Afrique du Sud 5-0.
On savait que ça allait être difficile, mais on y croyait quand même un peu. C´est d´ailleurs mon équipe qui marquait le but d´ouverture après seulement 10 minutes . Mais l´Argentine est rapidement revenue au score avant de prendre l´avantage . Le match était pratiquement à sens unique, en faveur des Argentins bien sûr. Pour ne rien arranger, une expulsion nous forçait à poursuivre à 10 après une demi-heure de jeu. Même si elle n´avait qu´un but d´avance, l´Argentine semblait tout à fait capable de le conserver.
Mais à 10 minutes de la fin, j´opère mon 3ème changement en faisant rentrer un attaquant frais. Je ne m´attendais pas à ce qu´il change grand chose à la situation, mais il l´a fait. 3 minutes après son entrée au jeu, il provoquait un penalty en notre faveur et l´expulsion d´un joueur argentin. Le penaty était convreti et l´équilibre était quelque peu rétabli .
On était partis pour la prolongation. Hélas, l´euphorie fut de courte durée. A la 92ème minute, mon gardien laissait échapper le ballon de ses mains suite à un centre adverse et un joueur était à l´affût pour le propulser dans les filets. C´est donc ce but en or qui nous crucifiait . Et à nouveau l´Argentine qui gagnait le duel. Mais au final, c´est le Brésil qui ramené la coupe à la maison .
Mais notre histoire commune avec l´Argentine ne s´est pas arrêtée là. Au vu de nos prestations en Coupe du Monde, j´avais choisi de poursuivre à la tête de l´équipe nationale. Et le rendez-vous suivant, c´était la Copa America 2023, qui était presque une copie conforme de celle de 2011, du moins au début. Elle se déroulait une nouvelle fois au Paraguay et nos adversaires du premier tour n´avaient pas changé : Canada, Paraguay et Argentine.
Après des débuts convaincants face au Canada (4-2) et une démonstration qui a laissé sans voix le public paraguayen (4-0), on espérait faire de même face à l´Argentine . Mais elle ne nous a laissé pratiquement aucune occasion et notre défaite ne souffrait aucune dicussion (0-2) . En quarts et en demis, on a déroulé face à l´Equateur (3-1) et à la Colombie (3-0), et on a donc eu le droit de disputer la finale, contre... l´Argentine.
La volonté d´en finir avec cet adversaire qui nous avait tellement souvent pourri la vie était très présente et mes joueurs se sont surpassés, au point de faire jeu égal avec nos adversaires. Mais c´est seulement après 7 minutes de jeu et 2 buts encaissés que mes joueurs ont commencé à réagir. Au quart d´heure, on avait réussi à réduire le score (1-2), mais à la demi-heure, les Argentins reprenaient le large (1-3). Un penalty nous permettait toutefois de revenir dans la course à la 35ème minute (2-3). Après avoir changé de gardien à la mi-temps (mon gardien titulaire, celui-là même à qui on doit la bourde en Coupe du Monde un an plus tôt, allait terminer la match avec une note de 4/10 ), on est repartis à l´assaut. Et à la 56ème minute, on réalisait la jonction (3-3).
On sentait que l´Argentine était paniquée . Les meilleures occasions étaient pour nous et elle ne s´en sortait qu´en provoquant des fautes. Mais le temps réglementaire n´a pas suffi pour désigner un vainqueur. En prolongation on a repris notre pressing et on s´est montrés les plus dangereux devant le but adverse . Mais vers la 108ème minute, un bref moment d´inattention était mis à profit par les Argentins pour contre-attaquer et inscrire un but capital . Ce qui nous a vraiment coupé bras et jambes . Se contentant désormais de défendre et misant sur notre fatigue, notre adversaire n´a ensuite eu aucun mal à conserver son avantage et remporter la victoire. La déception était à son comble dans notre camp . Pour une fois qu´on avait les cartes en main pour s´imposer face à cette équipe, on avait laissé passer notre chance .
Ce jour-là, on s´est juré de prendre notre revanche dès qu´une nouvelle occasion se présenterait.
Ce qui nous amène, 2 ans plus tard, à la Copa America 2025, durant laquelle on espère faire mordre la poussière à l´Argentine , et accessoirement aller le plus loin possible dans le tournoi.
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Avant de disputer cette Copa America 2025, l´année a commencé pour nous par la phase aller du tour final des qualifications pour la Coupe du Monde dans la zone CONCACAF. Une formalité en somme, étant donné l´absence des Etats-Unis, qualifiés d´office en tant que pays organisateur. En contrepartie, le nombre de places qualificatives a donc été réduit à 2. Mais pour nous, c´est pas plus mal. Les Etats-Unis se qualifient à chaque fois et en plus causent bien du souci aux autres équipes, et le Mexique ne déroge pas à la règle. Leur absence réduira donc pour mon équipe les occasions de réaliser un mauvais résultat, et pour moi de me faire taper sur les doigts par la fédération, voire me faire carrément virer en cas de contre-performances répétées.
C´est donc avec optimisme que nous avons débuté ce tour final au mois de mars, qui me permettait d´obtenir des indices récents sur l´état de forme de mes joueurs en vue des choses plus sérieuses prévues pour le mois de juillet.
Je n´ai pas eu de souci pour composer ma sélection. La perspective de jouer enfin des matchs officiels dignes de ce nom ne m´empêchait pas de dormir et j´ai reconduit la quasi intégralité de l´effectif qui avait pris part au premier tour de qualification en 2024, à l´exception d´un de mes gardiens remplaçants, parti à la retraite entre-temps, et de quelques autre joueurs tombés dans l´oubli suite à une blessure ou dont je jugeais que le niveau n´était plus suffisant.
Pas besoin non plus de revoir le dispositif tactique, qui a fait ses preuves et auquel je n´ai jamais touché en 24 ans de carrière. Il se présente comme ceci:
---------AC----------AC---------
---MG---------MC---------MD---
--------MDC--------MDC--------
---DG---------DC---------DD---
----------------GB----------------
Ce système n´en a peut-être pas l´air, mais il est à vocation offensive, puisque je demande à mes deux médians défensifs de monter régulièrement et de jouer pratiquement au même niveau que les 3 autres. Quant à ces trois-là, je leur demande également d´évoluer un peu plus haut, et spécialement mon meneur de jeu, qui est LE pion essentiel de mon dispositif, à qui je donne carte blanche pour laisser libre cours à sa créativité et à son intuition.
Je n´oublie bien sûr pas la défense, où le marquage individuel est de rigueur, excepté en ce qui concerne mon défenseur central, dont le rôle est surtout de faire le ménage devant le but, mais qui peut aussi tenir son homme si l´équipe adverse évolue avec 3 joueurs en pointe.
Je ne suis pas du genre à adapter mon schéma tactique en fonction de l´adversaire, ni en fonction des joueurs dont je dispose. En club, il est relativement aisé de se construire une équipe qui convienne à ce schéma. Par contre, en équipe nationale, on a parfois quelques soucis pour trouver les joueurs adéquats, surtout lorsqu´on entraîne des équipes de seconde zone comme le Mexique. Le championnat national n´est pas des plus relevés et ne recèle pas énormément de joueurs de qualité. Quand à ceux qui obtiennent un contrat à l´étranger, une partie d´entre eux se morfondent sur le banc des clubs européens, parfois même dans des divisions inférieures.
Vu le niveau de la zone CONCACAF, on n´a pas à s´en faire: depuis 2001, le Mexique s´est toujours qualifié pour la Coupe du Monde, et ce n´est pas près de changer. Mais quand on participe aux phases finales ou à la Copa America, on mesure directement le fossé qui nous sépare des grandes équipes.
Avec le temps, j´ai appris à relativiser, et je me dis que, si on arrive à faire bonne figure dans ce genre de compétition, pour nous c´est déjà une victoire. Puisqu´on ne peut pas se donner les moyens de nos ambitions, alors ayons les ambitions que nous permettent nos moyens. Tout en gardant bien sûr au fond de nous l´espoir de pouvoir terrasser un maximum de Goliaths avant de subir le même sort.
Aucun Goliath à combattre en ce début d´année 2025 puisqu´on affrontait une majorité d´équipes qui n´iront pas à la Coupe du Monde. J´en ai donc profité pour travailler nos automatismes sur le terrain en alignant pratiquement le même 11 départ à chaque match, sans tenir compte de l´état de forme ou du moral de mes joueurs. En jouant des matchs faciles, si leur moral n´était pas au mieux, il ne pouvait que remonter.
Après ces quelques matchs "d´échauffement", j´en ai conclu que mon équipe tenait assez bien la route et, au moment d´officialiser la liste des participants à la Copa America 2025, je n´ai fait aucun changement dans ma sélection. Voici d´ailleurs la composition de mon équipe, secteur par secteur, quelques jours avant le début de cette épreuve :
GARDIENS
- Alejandro Vázquez - 35 ans - Milan AC (ITA) - 60 sél.
Le fameux gardien dont les bourdes nous ont coûté cher face à l´Argentine ces dernières années, c´est lui. Titulaire par défaut en équipe nationale vu que la relève tarde à sortir du bois, ce n´est que grâce à ces matchs internationaux qu´il arrive à rester relativement en forme, parce que sinon, il n´a joué que 4 matchs en 2 ans pour le Milan AC.
- Arturo Ruiz - 32 ans - Adiayamanspor (TUR) - 1 sél.
Le départ à la retraite de l´ancien remplaçant de Vázquez lui a permis de faire ses premiers pas en équipe nationale... à 32 ans ! C´est pas trop tôt. Il est en revanche titulaire dans son club... en D2 turque.
DEFENSEURS LATERAUX
- José Luis Reyes - 26 ans - River (ARG) - 30 sél./ 1 but
Voilà un joueur qui s´est imposé à la fois en club (River Plate c´est pas n´importe quoi) et en équipe nationale. Comme il évolue aussi bien à gauche qu´à droite, je l´utilise selon mes besoins, tantôt à gauche, tantôt à droite.
- Jorge Castro - 26 ans - Sakaryaspor (TUR) - 26 sél.
Lui aussi est très polyvalent, mais je l´utilise plus souvent là où le manque est le plus criant, c´est-à-dire sur le flanc gauche. Il est titulaire indiscutable dans son club, pour lequel il joue depuis 7 saisons (il a d´ailleurs la double nationalité turque) et avec lequel il est devenu champion de Turquie en 2024.
- Víctor Ortíz - 32 ans - Tecos (MEX) - 15 sél./ 1 but
Un peu limite pour évoluer dans l´axe, où la concurrence fait rage, il s´est épanoui sur le flanc droit, où j´ai vraiment besoin de lui.
DEFENSEURS CENTRAUX
(-) Carlos Flores - 31 ans - Las Palmas (ESP) - 22 sél./ 1 but - NON REPRIS
Il avait bien mal débuté sa carrière internationale par une note de 5/10 face au Japon en match d´ouverture de le Coupe du Monde 2022 (défaite 0-1 pour nous). Il faut dire que je l´avais fait jouer sur le côté droit, c´est peut-être pour ça. Mais il a fini par donner satisfaction au poste de défenseur central, où les solutions de rechange sont pourtant légion. Hélas pour lui, une blessure encourue au mois de mars l´a fait retomber dans l´oubli et lui a coûté sa sélection pour la Copa America.
- Omar Ortíz - 26 ans - Tecos (MEX) - 3 sél./ 1 but
Je ne l´ai remarqué que très récemment en cherchant un remplaçant suite à la blessure de Flores. Et j´ai décidé de lui accorder sa chance, malgré la présence d´autres défenseurs centraux de gros calibre dans mon effectif.
- Ricardo Sánchez - 26 ans - Tigres (MEX) - 20 sél./ 2 buts
Comme Carlos Flores, il a, lui aussi, débuté sa carrière internationale face au Japon en 2022, mais par une performance diamétralement opposée à son équipier : une note de 8/10 (la meilleure de mon équipe ce jour-là). Depuis lors, ces deux-là sont en compétition constante pour la place de défenseur central titulaire. Son grand atout, c´est l´influence qu´il exerce sur le groupe. Quand je l´aligne, je le nomme souvent capitaine.
- Ricardo Lozano - 28 ans - Morelia (MEX) - 6 sél./ 1 but
Il est capable de tenir sa place dans l´axe de la défense, mais ses qualités physiques légèrement inférieures à celles de ses concurrents directs lui valent d´être relégué sur le banc.
MILIEUX DEFENSIFS
- Fernando Martínez - 31 ans - Tigres (MEX) - 24 sél./ 4 buts
L´absence de relève à ce poste m´inquiète beaucoup. Mais tant que Martínez est là, tout va bien. Un peu moins tranchant depuis qu´il a atteint la trentaine, il reste cependant très régulier et efficace, à la fois offensivement et défensivement.
- Raúl Castro - 33 ans - León (MEX) - 70 sél./ 8 buts
Ce sera sans doute la dernière Copa America pour ce vétéran qui a rendu d´énormes services à la Selección. On est limite moisissure, là.
- Marco Antonio Espinoza - 30 ans - León (MEX) - 17 sél./ 6 buts
Remplaçant jusqu´il y a peu, il sera sans doute bientôt appelé à devenir titulaire. Aussi bon que Martínez d´un point de vue défensif, il surclasse même ce dernier lorsqu´il s´agit de porter le danger devant le but adverse. Il aurait fait un très bon milieu offensif.
MILIEUX DROITS
- Juan Pablo Patiño - 28 ans - Karlsruhe (ALL) - 30 sél./ 5 buts
Jouer milieu droit pour l´équipe du Mexique est une responsabilité lourde à porter. Le pays tout entier se remémore encore les exploits de David Goméz lors de cette Copa America 2011 durant laquelle il a porté l´équipe vers les sommets. Difficile donc de succéder à cet ailier droit légendaire. Les débuts de Patiño (face au Japon en 2022...) ont d´ailleurs été assez chaotiques. Mais aujourd´hui il est devenu le maître à jouer de cette équipe, dont il est également souvent le capitaine. Son transfert en Bundesliga n´est certainement pas volé. Cependant, il ne fait que de rares apparitions pour son club, ce qui n´est pas l´idéal pour garder le rythme. Le bon côté de la médaille, outre son salaire mirobolant, c´est qu´il est le seul joueur mexicain en activité à avoir remporté la Coupe UEFA (en 2024).
- Francisco Javier Espinoza - 28 ans - Puebla (MEX) - 1 sél.
Ce joueur assez technique manque cependant de caractère pour s´imposer en équipe nationale.
- Luis Jiménez - 30 ans - León (MEX) - 1 sél.
Même problème que pour Espinoza, et en plus, physiquement, il est très limite.
- Jorge Cervantes - 24 ans - Monterrey (MEX) - jamais sélectionné
Un jeune prometteur qui pointe le bout du nez et qui va sans doute devenir l´option n°2 à ce poste dans un avenir très proche.
MILIEUX GAUCHES
- David Aguirre - 30 ans - La Piedad (MEX) - 17 sél./ 1 but
N´ayant pas trouvé un joueur qui conviendrait parfaitement pour occuper ce flanc gauche, j´expérimente tout à tour plusieurs solutions. Celle du moment se nomme David Aguirre. Un peu léger physiquement, c´est en revanche un joueur instinctif et doué techniquement.
- José Luis Morales - 29 ans - Real Saragosse (ESP) - 27 sél./ 2 buts
Pas non plus très impressionnant d´un point de vue physique, Morales évolue depuis longtemps en équipe nationale, sans pourtant avoir apporté grand chose. Grâce à ses sélections, il a surtout obtenu son transfert en Espagne, dans un club qui prend régulièrement l´ascenseur entre la D1 et la D2. Je le trouve un peu trop personnel, mais je le garde quand même, faute de mieux.
- Carlos Trejo - 28 ans - Cruz Azul (MEX) - 38 sél./ 2 buts
A l´image de Morales, Trejo est un joueur très moyen, qui peut rendre des services, mais qui ne percera jamais.
- Gerardo Calvillo - 28 ans - León (MEX) - jamais sélectionné
Malgré son âge, il fait figure de novice au niveau international. Mais c´est un joueur qui n´a commencé à jouer en club qu´à l´âge de 26 ans et il ne cesse de progresser. Si les tests avec Aguirre ne s´avèrent pas concluants, il se pourrait que je fasse appel à lui.
MENEURS DE JEU
- Carlos Alberto Muñoz - 30 ans - FC Séville (ESP) - 31 sél./ 17 buts
Encore un joueur qui a commencé sa carrière sur le tard (à 26 ans). Au moment de sélectionner mon équipe pour la Coupe du Monde 2022, il avait à peine une saison pro dans les jambes. Mais je lui ai fait confiance (parce que je n´avais pas d´autre choix) et il me l´a bien rendu. Les recruteurs européens l´ont tout de suite repéré également. Ce n´est pas un meneur dans l´âme, mais il est très fort techniquement et est doté d´un réalisme étonnant en zone de conclusion, une qualité dont personne (moi y compris) ne soupçonnait la présence chez lui.
- Marco Antonio Vega - 30 ans - Pachuca (MEX) - 20 sél./ 1 but
Hyper-créatif, Vega sent le jeu comme personne. Sa technique et sa vitesse d´exécution le rendent intenable pour l´adversaire. Cependant, il a trop tendance à privilégier le beau geste au détriment de l´efficacité. Et il ne faut pas espérer le voir aller au contact. Dans ces conditions, je me vois mal lui confier les clés de l´équipe.
ATTAQUANTS
- Ricardo Pérez - 27 ans - Monterrey (MEX) - 11 sél./ 11 buts
Autrefois pléthorique, la division offensive de notre équipe nationale s´est étiolée au fil du temps. J´en suis aujourd´hui amené à demander à des ailiers latéraux d´occuper le poste d´attaquant spécifique. C´est exactement le cas de Pérez. L´éclosion de Patiño sur le flanc droit a progressivement réduit son temps de jeu. Et ça me faisait mal de laisser sur le banc un si bon joueur. Non seulement il avait les qualités nécessaires pour évoluer en pointe, mais il était aussi un peu personnel, ce qui, pour un attaquant n´est pas forcément un défaut. La suite des événements m´a donné raison. Son efficacité devant le but est sidérante.
- Salvador Suárez - 29 ans - Tigres (MEX) - 25 sél./ 8 buts
Un des meilleurs attaquants axiaux du pays. Mais je ne peux pas dire que sa présence à l´avant est rassurante. Sa relative fragilité physique et mentale, ainsi que sa mobilité réduite, ne sont pas des gages de réussite.
- Eduardo Sosa - 32 ans - Le Mans (FRA) - 66 sél./ 24 buts
Sosa, il en a vu défiler des joueurs dans cette équipe nationale. Présent en Selección depuis 2016, il a obtenu, suite à une bonne Copa America 2017, son transfert dans le championnat de France, où il évolue toujours aujourd´hui. Joueur intuitif, c´est surtout grâce à son dribble qu´il trouve la faille dans les défenses adverses. Avec l´âge, son dribble et son flair sont d´ailleurs pratiquement tout ce qui lui reste.
- Alberto Flores - 21 ans - Académica Coimbra (POR) - 15 sél./ 7 buts
Rares sont les joueurs mexicains qui franchissent l´Atlantique aussi jeunes. Ce genre de signe ne trompe pas. Grâce à lui, son club vient d´accéder à la D1 portugaise. Sa très grande lenteur est compensée par sa puissance physique et un jeu de tête redoutable. De plus, il est parfaitement au point techniquement et a une très bonne lecture du jeu. C´est sans conteste le plus grand espoir national.
- Mario Peña - 29 ans - Atlas (MEX) - 9 sél./ 3 buts
La volonté ne suffit pas toujours pour arriver à réaliser ses objectifs. Mais Peña, c´est tout ce qu´il a. Sa présence en équipe nationale exprime à elle seule le malaise du football mexicain.
Seuls 26 joueurs pouvaient être inscrits pour la Copa America et je me suis rendu compte un peu tard que j´avais oublié Carlos Flores, mon défenseur central qui était titulaire jusqu´au mois de mars avant une blessure qui a duré plusieurs semaines. Etant donné que c´est un élément important de mon équipe, je n´allais pas lui faire l´affront de l´oublier à nouveau. C´est pourquoi il se retrouve dans cette liste, sans pourtant faire partie des 26 élus.
Mon équipe-type durant ces quelques matchs de qualification qui ont précédé la Copa America était la suivante (avec parfois des légères variations) :
GB A. Vázquez
DD J. Reyes
DG J. Castro
DC O. Ortíz
MDC M. Espinoza
MDC R. Castro
MD J. Patiño
MG D. Aguirre
MC C. Muñoz
AC R. Pérez
AC S. Suárez
Nous avions commencé ces qualifs en mode mineur par un succès difficilement acquis sur le terrain du Honduras, qui a cru pouvoir accrocher le partage en fermant complètement le match et en procédant par contre-attaques. Ca a bien failli marcher, mais comme on a l´habitude de faire le jeu, on a gardé notre sang froid, pour finalement nous détacher au score à un quart d´heure du terme (2-1). L´air de rien, cette petite équipe qui a bien failli nous surprendre est aujourd´hui placée en 29ème position au classement de la FIFA. Je ne sais pas ce que vaut ce classement (je me souviens même avoir vu le Mexique trôner en tête un moment alors qu´il ne le méritait pas forcément), mais ça veut quand même dire quelque chose.
Heureusement, mes joueurs n´ont pas gambergé longtemps et on a repris notre rythme de croisière dès le 2ème match, en étrillant Panama : 6-0.
Le 3ème match ne s´annonçait pas évident puisqu´on se rendait en Jamaïque, mais j´ai été agréablement étonné de la facilité déconcertante avec laquelle nous sommes venus à bout de notre adversaire. Muñoz a été impérial ce jour-là en distribuant 3 passes décisives. Score final: 4-0. En déplacement, c´est un excellent résultat. On était sur notre petit nuage.
Et ça a continué ensuite. Il pouvait difficilement en être autrement car on recevait le Bélize à Mexico. On a rapidement mis fin aux espoirs béliziens en plantant 3 bus durant la première demi-heure. Ensuite, on a un peu levé le pied et on a terminé la rencontre sur le score raisonnable de 4-0.
Le 5ème et dernier match aller de ces qualifications pour la Coupe du Monde avait été prévu à peine 3 jours avant nos débuts en Copa America. Par-dessus le marché, c´était les Canadiens qu´il fallait aller défier dans leur propre stade. Leur petite enceinte de 6000 places était remplie à ras bord et on sentait que notre adversaire n´avait pas du tout l´intention de capituler sans combattre.
Les Canadiens avaient mis le verrou, et avant qu´on ait trouvé le moyen de le crocheter, ils avaient déjà lancé quelques contre-attaques fulgurantes. A la mi-temps, on n´avait pas encore trouvé l´ouverture, mais on affichait déjà un déficit de 3 buts, tous marqués par un certain Fletcher, évoluant à Newcastle. Le comble c´est que ce Fletcher n´avait marqué que 3 buts en 35 matchs avec son club durant la saison écoulée et qu´il venait de nous en mettre le même nombre en 45 minutes. Je veux bien que ma défense n´a pas tout à fait le niveau de la Première Ligue, mais ce ne sont pas des charlots quand même.
L´un des responsables de cette débâcle était une nouvelle fois Vázquez, notre cher gardien, qui n´avait pas touché un seul ballon en première mi-temps. J´ai donc demandé à Arturo Ruiz, son remplaçant, d´enfiler ses gants au sortir des vestiaires.
Muñoz n´étant pas trop dans son assiette non plus, c´est Vega qui j´ai appelé pour le suppléer.
En deuxième mi-temps, on a réussi à gommer les quelques imperfections qui nous avaient coûté cher jusque là et on n´a plus encaissé de but. L´entrée au jeu de Vega a même porté ses fruits puisqu´il est parvenu à trouver le chemin des filets et à marquer son premier but international peu après l´heure de jeu. Mais les Canadiens ne se sont pas laissés avoir et ont conservé le résultat jusqu´au bout (1-3 donc).
Ce piètre résultat est venu tout remettre en cause. Pas vraiment en ce qui concerne notre qualification pour la Coupe du Monde car même si on n´a plus que 2 points d´avance sur le Canada et la Jamaïque, on va les recevoir tous deux à Mexico au deuxième tour. C´est surtout la perspective de débuter la Copa America avec une équipe en proie au doute qui m´inquiète. Il faut trouver une solution pour éviter que ce genre de déroute ne se reproduise. Et vite. Il ne nous reste que 3 jours avant le match d´ouverture.
J´ai été informé de la composition des groupes il y a déjà quelque temps, mais là, elle prend toute son importance. Les 12 équipes participantes sont réparties comme suit :
Groupe A : Bolivie - Brésil - Equateur - MEXIQUE
Groupe B : Argentine - Canada - Colombie - Paraguay
Groupe C : Chili - Pérou - Uruguay - Vénézuela
Le sort a été plutôt clément avec nous puisque, à part le Brésil, les autres équipes de notre groupe sont à notre portée. Je suis content qu´on ait évité le groupe B. Non seulement, il y a l´Argentine, notre ennemi juré, qui trône en tête du classement de la FIFA (où nous sommes 2èmes... cocorico !! ), mais la Colombie aurait été vraiment difficile à manoeuvrer sur son terrain, puisque cette épreuve se déroule en effet en Colombie. Le Canada vient tout juste de nous mettre une raclée et il aurait été dangereux de se frotter à lui tant que la cicatrice n´était pas encore refermée. Quant au Paraguay, il faut toujours s´en méfier.
Je suis donc plus serein avec le groupe qu´on a tiré, même si on ne vise a priori que la 2ème place. Le duel avec l´Argentine attendra. De toute façon, je ne pense que nous soyons capables de rivaliser dans l´état actuel des choses, après la correction reçue à Edmonton. On doit d´abord revoir notre copie et reprendre confiance en nos possibilités.
Cette confiance pourrait revenir à l´occasion de notre premier match, face à la Bolivie. Si on avait dû commencer par le Brésil, on se serait sans doute enfoncés un peu plus. Mais on a la chance de l´affronter en dernier lieu. Tant mieux.
Quelques remaniements de l´effectif seront utiles pour bien démarrer face à la Bolivie. Vázquez a commis la bourde de trop face au Canada. Il ne mérite plus sa place de titulaire. Je vais accorder ma confiance à Ruiz pour défendre nos cages. Il n´a pas encaissé durant les 45 minutes disputées face au Canada. C´est bon signe.
Jorge Castro n´a pas été transcendant non plus lors du dernier match. Reyes va donc passer sur le flanc gauche, à charge pour Victor Ortíz de reprendre le flanc droit. Omar Ortíz est confirmé dans l´axe.
L´expérience avec Marco Espinoza au lieu de Martínez au poste de milieu récupérateur s´était avérée concluante... jusqu´au match face au Canada. Martínez va donc retrouver sa place aux côtés de Raúl Castro.
Sur les ailes, Aguirre et surtout Patiño semblent très en forme alors que la plupart de leurs coéquipiers sont à la peine. Je ne vois aucune de raison de me passer d´eux en ce moment. Muñoz ayant perdu un peu de son crédit lors du dernier match, c´est à Vega que je confie le poste de meneur.
Enfin, devant, comme Flores et Sosa sont loin d´être à 100 % de leurs capacités, je n´ai d´autre choix que de maintenir Pérez et Suarez. Même s´ils ont été relativement discrets face au Canada, ils ne sont pas non plus passés au travers de leur match.
Voilà, je pense que dans cette configuration, on devrait pouvoir donner le meilleur de nous-mêmes. On est prêts à se lancer dans le bain.