Pédretti : PSG ou OM ?
Benoît Pedretti ne portera plus les couleurs de Sochaux lors de la reprise du championnat, le 2 août. L’international français ( 9 sélections) rejoindra d’ici quelques jours l’un des deux clubs phares du pays : le Paris-Saint-Germain ou l’Olympique de Marseille. Le temps pour lui de peser le pour et le contre.
" Il faut savoir grandir, quitter le cocon familial à un moment donné. Et aujourd’hui, je me sens prêt à relever le défi que me proposent l’OM et le PSG. Mais, attention, partir dans l’un de ces deux clubs n’est pas une solution de facilité pour moi, à un an de l’Euro. C’est la raison pour laquelle je vais me donner quelques jours de réflexion pour faire mon choix." Benoît Pedretti confiait samedi à nos confrères de l’Équipe que sa décision n’était pas encore prise. À 22 ans, il doit choisir le " club-tremplin" de sa carrière. Celui qui doit lui permettre de se faire connaître au niveau européen.
Auteur d’une superbe saison avec les Lionceaux, " Ben" a été élu dans l’équipe-type de la saison par ses pairs lors des Oscars du Football. Juste récompense pour celui qui fut le métronome de l’épatante équipe sochalienne ( 5ème du championnat, invaincue à domicile et finaliste de la Coupe de la Ligue). En 35 matchs, le milieu défensif a marqué trois fois et délivré cinq passes décisives. Mais au-delà des statistiques, il a été le véritable leader de sa formation. L’entraîneur doubiste, Guy Lacombe, en a d’ailleurs fait son capitaine, le plus jeune de la Ligue 1 la saison dernière. Pas étonnant lorsque l’on sait que Pedretti a été formé à Sochaux et a participé aux derniers exploits du club sponsorisé par Peugeot. Il était déjà de la montée des Lionceaux parmi l’élite, lors de la saison 2000-2001. En D2, ses qualités avaient à l’époque séduits le recruteur de l’AS Monaco, Japhet N’Doram, qui le conseilla vivement à ses dirigeants. Formé à Sochaux et très attaché à sa région, il refusa alors de rejoindre la Principauté, préférant poursuivre son apprentissage avec le club de son cœur.
Desailly : " C’est un capitaine comme moi"
Une progression continue qui l’amena à connaître sa première sélection chez les Bleus de Santini en février dernier face à la Yougoslavie ( 3-0). Depuis, il ne rata aucun rendez-vous et participa à quatre rencontres de la Coupe des Confédérations. Lucide, ( " Il y a un an, je disputais l’Euro Espoirs. Je mesure le chemin parcouru ! " ) , il sait néanmoins que son arrivée dans le groupe France tient aux blessures qu’ont connues cette année les titulaires habituels à son poste ( Vieira, Makélélé, Petit). Mais si le doubiste compte aujourd’hui neuf sélections, c’est qu’il n’a pas déçu le sélectionneur français. Associé à Olivier Dacourt en milieu récupérateur durant le " mini-mondial", il fût cependant moins en vue que l’infatigable Romain. Peu importe, il a appris. Et son capitaine Marcel Desailly l’apprécie déjà : " Il a une belle qualité technique, il est capable d’être présent sur l’homme. Il est calme, complet et posé. Je l’aime bien. C’est un capitaine comme moi", déclarait à France Football l’homme aux 108 sélections. Pedretti, un capitaine-né. Reste à savoir s’il portera à l’avenir un brassard parisien ou marseillais…
La semaine dernière c’est le PSG qui tenait la corde pour enrôler l’intelligent sochalien. L’entraîneur parisien, Vahid Halilhodzic, lui a passé un coup de fil pour lui faire part de son envie de l’avoir dans ses rangs. Le joueur apprécie le technicien bosniaque et serait tenté par le défi de la capitale. Entre les présidents Francis Graille ( PSG) et Jean-Claude Plessis ( Sochaux), le courant est aussi très bien passé : " Les premières discussions sont sérieuses. Ça ne se fera pas en vingt-quatre heures, mais j´ai de très bonnes relations avec Francis Graille. Sochaux a fixé un prix, Paris va en proposer un autre, on va couper la poire en deux en essayant de ne pas tomber sur des pépins", déclarait il y a quelques jours le président Plessis dans les colonnes du Parisien. Le prix demandé par Sochaux est de 10 millions d’euros. Afin de le diminuer, les dirigeants du PSG ont proposé Édouard Cissé ( prêté à West Ham la saison dernière) dans la transaction. Le milieu défensif parisien est apprécié par Guy Lacombe, ce qui devrait faciliter l’opération.
" La pression du résultat comme…à Paris."
Entre-temps, jeudi dernier pour être précis, Benoît Pedretti a été contacté par Alain Perrin, le coach marseillais : " Je ne m’y attendais pas vraiment car depuis que l’on m’annonce sur le départ à Marseille ou Paris, je n’avais jamais été contacté directement par un dirigeant de l’OM. Perrin m’a confirmé qu’il me voulait et m’a demandé ce que je souhaitais faire l’an prochain, si le challenge de l’OM me tentait. Il voulait aussi savoir si je m’étais engagé ailleurs", déclarait samedi le Sochalien dans l’Équipe. Un coup de téléphone qui a semé le trouble dans son esprit, partagé aujourd’hui entre deux des clubs les plus excitants de l’hexagone !
Si l’on pesait le pour et le contre à sa place, Marseille aurait sur le papier évidemment l’avantage. Qualifié pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions, le club phocéen se construit une équipe de haut niveau ( arrivées de Drogba et Vachousek, en attendant peut être le talentueux égyptien Mido). À Paris, ce n’est pas vraiment la même histoire : pas de Coupe d’Europe à l’horizon, incertitudes quant à l’avenir de Ronaldinho et à l’arrivée de Pauleta. Le club de la capitale ne fait pas le poids face aux arguments olympiens. Sauf au niveau financier et donc une´avance importantes des négociations qui lui sont favorables. Le généreux actionnaire majoritaire, Canal +, vient de réinjecter 20 millions d’euros dans les caisses du club, ce qui devrait relancer le recrutement du PSG. Sur la Canebière, les préoccupations sont ailleurs pour le moment : " Alain Perrin m’a expliqué qu’actuellement mon transfert à l’OM serait difficile financièrement car le club a encore beaucoup de joueurs sous contrat et qu’il lui faut dégraisser", confiait Pedretti. Bien que le challenge marseillais soit le plus alléchant, le temps tourne donc en faveur du club de " Coach Vahid" et veut être " fixé au plus tard le 15 juillet, par correction et par respect pour Sochaux", assurait-il dans l’Équipe ce samedi.
De son côté, le coach des Lionceaux, Guy Lacombe, ne se fait pas d’illusion mais garde quand même un petit espoir : " Ben est un joueur très sollicité. Mais il n’a pas encore bougé ! S’il reste, je serai très heureux ! " , déclarait-il dans France Football. Difficile d’imaginer que le discret Benoît rejoigne ses coéquipiers en stage dans la station thermale de Niederbronn-les-Bains d’ici quelques jours. Il a fait le tour de la question à Sochaux et rêve aujourd’hui à autre chose : " Alain Perrin n’a pas eu besoin de me vanter les mérites de son club. Je sais ce qu’il y a là-bas. Un public incomparable, la pression du résultat comme…à Paris."
Benoît Pedretti est loin d´être un capitaine abandonné. D´ici quelques jours, il prendra les commandes d´un bateau parisien ( 65%) ou marseillais ( 35%). Avec toutes les responsabilités qui vont avec. Mais à 22 ans, il semble déjà taillé pour ce rôle