Mercredi 24 Mai 2006 : Finale de la Ligue des Champions à Lisbonne :
Inter Milan ( Italie)- Floodball Club Jivécom ( France).
“- Ai-je vraiment besoin de vous dire ce que j’attends de vous ce soir ? Je pense que ce speech ne servira de toute façon à rien. Nous sommes tous très jeunes, nous sommes aujourd’hui au sommet de notre carrière. Tout ce qu’il faut pour finir en beauté, c’est qu’à la fin de ces 90 minutes, nous gagnons. C’est simple ce soir il faut gagner. Vous me connaissez et d’habitude je vous dirais, l’important est de participer et de jouer notre jeu. Non ce soir je me fous de comment vous jouerez. On sait très bien que vous êtes de très bons joueurs, nous avons remporté le championnat de France, vous êtes les meilleurs joueurs évoluant en France. On joue le vice champion d’Italie de cette année. Ils ont fini 2ème derrière Parme à un point. Tout ce que je veux c’est que vous les écrasiez, qu’ils ne voient pas le jour. Je me fous également de savoir si le but sera beau, je veux que vous vous démerdez pour marquer. Et je veux que tout le monde défende, ne laisse rien passer, les presse le plus possible.
Cette semaine on a fait des tonnes d’exercices, on a analysé leurs matchs, le jeu de Vieri, de Emre etc. Il faut que cela vous reste en mémoire, mais attention, c’est une finale de Ligue des Champions. Ils savent également comment nous jouons, ils ont vu notre défaite contre le Bayern et le retournement de situation à Munich. De même pour le match contre le Milan AC. Donc ne pas s’affoler. Ils vont nous bloquer, nous empêcher de jouer comme d’habitude. Ils vont serrer au maximum les attaquants. Ils vont se méfier de Boyan qui sera sûrement pris en individuel par Nesta. Donc ce que je vous demande c’est de ne pas vous affoler, cela ne servirait à rien. Jouez et attendez leur baisse de régime, elle arrivera. Et à ce moment là il faudra être réaliste.
Ce sera un match fermé mais nous devrons être au top. Et si nous le sommes, alors qui sait, les grandes oreilles seront pour nous… »
Je crois avoir été le plus clair possible. Il faut avouer je n’ai que seulement 5 ans d’expérience d’entraîneur et je suis loin d’avoir déjà joué une finale de Ligue des Champions ! Alors qu’en face il y a des champions du monde, des joueurs beaucoup plus expérimentés que le mien, c’est indéniable. Il faudra faire avec…
La composition de l’équipe de l’Inter Milan sera la suivante :
Francesco Toldo aux buts.
Carles Puyol, Francesco Coco, Mark Iulanio, Alessandro Nesta en défense.
Carl Valeri, Belozoglu Emre, Zinédine Zidane, Tomas Rosicky au milieu de terrain.
Christian Vieri et Hernan Jorge Crespo en attaque.
Les remplaçants sont : Jonathan Zebina, Mathieu Moreau, Mohamed Kallon, Guly, Mirko Mazzocchi, Ivan Cordoba, Maxim Tsigalko.
Au niveau stars, elle est moins impressionnante que Rome, Milan ou le Bayern mais les résultats de l’Inter sont impressionnants. Très impressionnants même.
J’ai donc choisi mon groupe pour ce match :
GB : Oliver ( Hoffmans)
Dg : Heinze
Dc : Richi
Dc : Robert ( Malcolm)
Dd : Jérémy ( Lelas)
Mg : Himen
Mc : Tana ( cap.)
Md : Oskitz
MOc : Tommy ( Oren)
Ac : Francis ( Jeffers)
Ac : Boyan
Remplaçants : Yuri ( Tsigalko), Saliou ( Lassissi), Vadim, Lamine ( Traoré), Andy ( van der Meyde), Jérémie ( Aliardière), Gaston ( Fernandez).
Les absents sont Landon ( Donovan) et Anthony ( Le Tallec) qui sont blessés. Mikaël Forssell n’est pas indispensable. Enfin Vge est très fatigué. Il revient d’une blessure et n’est pas encore assez en forme pour disputer ce match.
Voilà je crois que tout est dit… je suis seul dans le vestiaire. Les joueurs et le staff sont déjà partis. Il va falloir que je les rejoigne. Vous ne pouvez pas imaginer le stress que je ressens. La finale de la Ligue des Champions. En 5 ans. 5 ans d’existence seulement pour le club, déjà 3 championnats remportés, 1 coupe et peut être une coupe européenne… La plus belle de plus… ce serait un vrai rêve.
Je me rends sur le terrain. Flash des photographes, l’hymne de la Ligue des Champions retentit. Les commentateurs essayent de me poser une question, je leur dit que je répondrait à la fin du match. Le stade est plein, 51 000 spectateurs. Dans la virage sud, 10 000 de nos supporters sont là et entament la Marseillaise. Et des centaines de millions de personnes sont devant leur poste de télévision. Je suis pris d’un petit étourdissement. Heureusement que je peux m’asseoir sur le banc. Je serre la main à tous les joueurs du banc, ils savent que nous pouvons le faire…
Le coup de sifflet de l’arbitre me rappelle à la réalité. C’est parti. Les premières minutes sont plutôt brouillon. Cela prouve que tous les joueurs sont stressés. Les seuls qui ne paniquent pas sont Zidane et Vieri. On sent une sorte de confiance à travers eux. Étonnement chez nous, le plus sur, c’est Oliver ( Hoffmans). Je l’ai titularisé pour cela. Il a toujours réussi à merveille les matchs importants. Yuri a été très déçu mais il sait qu’ils sont au même niveau. Et il sait qu’il aura une autre chance. Après un quart d’heure un peu fade donc, le match commence. Emre combine avec Vieri qui lance Crespo dans la surface! Tête de Crespo dans les 6 mètres d’Oliver! But! Non Oliver réussit un arrêt réflexe extraordinaire! Superbe génialissime! Bravo! Quel arrêt. J’ai bien fait de titulariser Oliver… 6 minutes plus tard, Oskitz se fait faucher sur le coté droit près du poteau de corner! L’arbitre ne dit rien et accorde un six mètres. Oskitz va lui dire ce qu’il en pense et prend une carte jaune. Je l’appelle immédiatement et lui rappelle que nous sommes en finale de la ligue des Champions. Qu’il n’a pas intérêt à recommencer… Il se reprend bien sur une action menée par Himen. Celui ci remonte un ballon et donne à Tommy ( Oren) qui dans son rôle de pivot écarte sur Oskitz! Il frappe de 35 mètres! Très belle frappe surpuissante, Toldo ne peut que renvoyer. Zidane se jette et dégage en touche devant la pression de Boyan. 2 minutes plus tard, Nesta adresse un centre pour Emre dans la surface qui place sa tête. Mais elle passe bien au dessus. On a un problème dans le jeu aérien c’est clair. Á la 39e, Toldo rate son dégagement qui arrive directement sur Tommy, resté aux avant-postes. Il ne se pose pas de question et vise la lucarne! Mais il dévisse complètement sa frappe… Dommage. Dans les arrêts de jeu, les milanais pressent. Rosicky joue pour Emre qui donne à Crespo! Reprise de volée de Crespo! La balle part sur la droite d’Oliver qui se détend et la sort! Superbe! Quel gardien! Corner pour l’Inter. Robert ( Malcolm) dégage de nouveau en corner. Et le suivant c’est Richi qui dégage au loin. La mi temps est sifflée sur ce score de 0-0. Un match très équilibré.
Je ne change rien à cette équipe qui a bien joué lors de cette première période. Nous pouvons faire quelque chose c’est clair.
Le début des 45 dernières minutes est plutôt inintéressant. En fait comme au début du match, les équipes s’observent. Á la 51e, l’entraîneur hollandais de l’Inter décide de procéder à un changement. Tomas Rosicky sort pour Maxim Tsigalko. Yuri a peur. Il connaît son frère et sais de quoi il est capable. Je demande à ce qu’il soit verrouiller par mes 3 milieux. Je ne veux pas un but biélorusse. 2 minutes plus tard, nous obtenons un coup franc. Himen le tire mais Nesta dévie en corner. Himen le tire. Tana saute plus haut que tout le monde mais ne peut que le remettre derrière lui vers Boyan. Mais la balle est trop puissante et va jusqu’à Robert ( Malcolm) qui reprend du droit! La balle passe entre les jambes à ras de terre! Elle va rentrer ! Non Zidane met son pied au ras du poteau et la sort ! Dommage ! Le deuxième corner est complètement raté par Himen ! Zut ! Á la 64e, Crespo joue avec Valeri qui la lui remet rapidement dans la course ! Repris de volée excentrée de Crespo ! Les filets tremblent ! Non c’est le petit filet. Ouf c’était très chaud. Richi avait été largement dépassé par la vitesse de Crespo. Nous avons eu chaud. Je décide de remplacer Francis ( Jeffers) par Gaston ( Fernandez). En effet Francis a l’air vraiment pas en jambes ce soir. Il s’excuse lors de sa sortie d’ailleurs. Je lui assure que ce n’est pas grave. Gaston va réussir quelque chose et va lui réussir à nous sortir de là. La minute suivante Valeri part en position de hors jeu. Robert ( Malcolm) le tire et donne à Himen qui remet en arrière vers Jérémy ( Lelas). Long ballon en avant vers Tana dans la surface! Toldo va à la rencontre du ballon mais Tana va être le premier sur le ballon ! Enfin j’espère! Allez Tana!!! Et il dévie la balle du bout du pied! Toldo est surpris et la balle finit au fond! GOOOOOOOOOOAAAAAAAAAAAAALLL ! !! C’est la folie! Nous exultons! 1-0 ! !! Mais tout d’un coup des sifflets retentissent dans le stade. Je me retourne et voit l’arbitre assistant avec le drapeau levé. Non ce n’est pas possible il y a but là. Tana n’était pas hors jeu! Mais Tommy l’était! Et l’arbitre a considéré que le but n’était donc pas valable. Je ne vous ferais pas l’affront de vous expliquer ce que je ressens mais c’est impossible… quelle erreur… Je suis vert… Nous pressons les milanais. Ils semblent un peu fatigué. En effet ils ont lutté jusqu’à la dernière journée de championnat pour le titre alors que j’ai fait jouer la A’ lors des derniers matchs de championnat et que cela fait déjà 1 semaine et demie que nous sommes au Portugal. Tana lance Himen qui est bousculé à 22 m du but. Coup franc direct. Himen pose le ballon. Je retiens mon souffle… il en a mis 2 au Bayern, s’il pouvait mettre celui là… Mais la balle passe largement au dessus. Zut. Ce sera pour une prochaine fois. Six mètres de Toldo qui dégage au centre du terrain. Oskitz se bat et récupère le ballon. Il passe à Boyan sur la droite à 25m du but. Emre est devant lui… Boyan commence son dribble et fait un double contact! Emre est dans le vent! Il se décale sur la droite et voit Gaston qui attend le ballon dans la surface! Mais il voit Tommy qui arrive en retrait à l’entrée de la surface dans l’axe. Passe en retrait. Reprise du droit. La frappe est enroulée comme il faut. Toldo se détend mais est trop juste. C’est au fond! GoooooooooooooaaaaaaaaaaaaaaaaaaL ! !!! 1-0! Et cette fois il est accordé! Superbe ! Il reste 20 minutes et nous menons! Tommy me tombe dans les bras avec tous les autres joueurs ! Les milanais sont abattus ! La moitié du stade de Lisbonne est en délire comme 20 millions de français ! Nous pouvons gagner ! Immédiatement le coach adverse fait sortir Maxim Tsigalko et fait rentrer Mirko Mazzocchi à sa place. Je ne comprends pas pourquoi mais ce n’est pas grave. Maintenant il faut tenir, tous doivent défendre et balancer devant dès qu’ils ont la balle. Les milanais poussent et Zidane tente un beau tir à la 79e. Mais Oliver est vigilant et capte le ballon. Ouf. Les milanais poussent. Mais Richi est impeccable pour l’instant. Les minutes passent et les longs ballons sont légion de chaque coté. C’est décousu et ce n’est pas plus mal comme ça. Il y aura 4 minutes de temps additionnel. Nous arrivons donc à la fin du match. Emre tente un dernière action. Il essaye de passer Boyan qui fait faute. Zut. C’est un bon coup franc direct. Zidane va le tirer… il pose le ballon. Tous les milanais montent même Toldo. Oliver réclame un mur à 4 joueurs. Zidane prend son élan. Oliver se place. Je ne le sens pas du tout ce tir… Nous rentrons dans la dernière minute du temps additionnel. Le coup de sifflet retentit. Le stade est des plus silencieux. On entend une mouche voler. Même les commentateurs se taisent. Zidane va t’il terrasser les espoirs français… Et il frappe le ballon. Frappe enroulée du droit. Direction la lucarne. Elle est cadrée. Elle passe au dessus du mur. Oliver prend ses appuis et saute! Et touche la balle! Il la dégage sur sa gauche vers le poteau de corner! La frappe était très bien placée mais manquait un poil de puissance. Mais ce n’est pas fini… Richi et Vieri sont à la lutte pour reprendre la balle! C’est Richi qui la récupère et met une mine devant! Zidane est effondré. Oskitz court devant et reprend la balle sous la pression de Nesta. Il la garde. Nesta n’a pas le temps de la lui reprendre. L’arbitre siffle trois fois. C’est fini. Nous sommes champions d’Europe. Nous avons remporté la Ligue des Champions. Que dire de plus… Les joueurs s’écroulent les uns après les autres. Toute l’équipe B ainsi que les blessés nous rejoignent sur le terrain. Je rejoins tout le monde au milieu. Nous avons réussi un truc énorme mais je ne réalise pas encore. Je repense à notre première année en National, la découverte des joueurs, la première montée, la seconde, les débuts difficiles en Ligue 1, la première coupe de l’UEFA, la 5ème place en championnat, les demi finales de l’UEFA contre Parme, la seconde place et enfin cette saison avec la victoire large en championnat. Je suis fou, je n’en reviens pas! Tous les joueurs vont remercier les supporters. Enfin le podium est mis en place. D’abord les joueurs de l’Inter passent et reçoivent leurs médailles puis c’est à nous. Nous montons un par un. Le président de l’UEFA et de la FIFA nous félicite. Enfin la Coupe nous est remise. Voilà les confettis et tout! Le champagne dans le jacuzzi enfin vous connaissez tout ça!
Jeudi 25 Mai 2006.
Nous sommes rentrés il y a peu à Jivé-sur-Gratignolles. L’accueil à l’aéroport fut exceptionnel. Les médias ne parlent que de nous, de cette épopée, depuis 5 ans. Le président avait raison. Cette équipe peut grandir et devenir importante.
Vais-je rester au FCJ ? Rien n’est moins sur. J’ai pourtant de très bons joueurs qui vont arriver. D’autres qui vont partir. Une chose est sure, j’irais en Allemagne avec la république Tchèque. J’aimerais beaucoup devenir sélectionneur de la France, cela me permettrait de donner leur chance aux jeunes du FCJ. Mais ça c’est une autre histoire…
Aujourd’hui je savoure et je réalise que nous avons réalisé de grandes choses. Il y a 5 ans personne ne connaissait ce club, aujourd’hui nous sommes un des meilleurs clubs mondiaux. Je ne peux pas partir maintenant. Je vais faire un truc. Demain il y a un match de la B pour la dernière journée de CFA. S’ils gagnent je reste. S’ils perdent je pars… on verra bien ce que ça donne…