Un appel au calme
Le Paris-SG et Canal+ ont décidé, mercredi soir, à la veille de PSG-Bordeaux, de maintenir Luis Fernandez à son poste d´entraîneur du club parisien jusqu´à la fin de la saison. « Xavier Couture, le PDG du groupe Canal + et Laurent Perpère, le président du PSG, ont tranché et décidé d´un commun accord de confirmer Luis Fernandez entraîneur-manager du PSG jusqu´à la fin de saison. Quel que soit le résultat contre Bordeaux. Cette décision est prise à titre définitif » peut-on lire dans "Le Parisien" du 19 décembre.
« On a eu une discussion avec Laurent Perpère, détaille Xavier Couture dans "L´Équipe". Il est venu me voir en me disant : "On a besoin de stabilité. On a besoin d´être au calme, de travailler sans pression, sans être en permanence soumis aux incertitudes du lendemain". Et Laurent m´a très officiellement demandé à ce que l´on prenne la décision de garder Luis Fernandez et de le garder au moins jusqu´à la fin de son mandat au terme de cette saison. » Un appel au calme en tous points conforme aux souhaits martelés par l´entraîneur parisien depuis le début de la crise.
Cette première médiatique de Couture sur le sujet "PSG" a cependant tout l´air d´une remontée de bretelles publique. En annonçant le maintien de Fernandez sans condition à 12 heures du coup d´envoi de PSG-Bordeaux, Couture désaisit, de fait, Perpère du dossier. Il court-circuite le calendrier déterminé dimanche par le président-délégué, décidé à agir après PSG-Bordeaux, en fonction du résultat et de l´humeur du Parc, et rend caduques les conditions énumérées après PSG-Lyon ( 2-0), il y a dix jours.
Une responsabilité partagée
« Les résultats du club » auraient pu suffire à exclure Fernandez. Paris est 10e, a été éliminé de deux coupes entre temps ( UEFA et Ligue), a perdu sept de ses onze dernières rencontres, et joue toujours terriblement mal. Sans conséquence, donc. « L´image du club » ? A l´heure où Llacer montre son postérieur aux journalistes présents au Camp des loges, Couture relève « des actes déplorables qui n´ont rien à voir avec l´idée ( qu´il se fait) du respect minimum ( ...) » et annonce des sanctions à défaut de chamboulement. « La valorisation des actifs du club », à savoir une utilisation de Ronaldinho qui ne rendrait pas insupportable, pour le Brésilien, l´idee de rester jusqu´en 2003, relève enfin, selon Couture, d´une responsabilité partagée. « Je pense que c´est à l´entraîneur et, éventuellement, au président, de trouver à Ronaldinho le poste et les éléments de valorisation sur le terrain pour qu´il réponde à ce que l´actionnaire attend ». Que l´entraîneur le mette dans les meilleures dispositions pour que le président négocie la meilleure plus-value possible, et ledit actionnaire y trouvera son compte.
De ce psychodrame automnal, sans conséquence à court terme, Canal + attend surtout que chacun, au PSG, retrouve la place qui est la sienne. Perpère s´était laissé aller à commenter la lisibilité tactique de Fernandez, avant PSG-Lyon, créant les conditions de sa mise à l´écart. Couture lui indique que ses priorités sont ailleurs. En vrac, « de nouvelles recettes issues de la commercialisation de la marque, un nouvel équilibre financier » et la réduction d´un « endettement évalué à 150 millions d´euros ». Du sur mesure pour « un gestionnaire éminent, l´un des meilleurs managers ( du groupe Canal +) ».
Fernandez recentré
Quant à Luis Fernandez, Couture entend surtout lui faire comprendre que l´omniprésence ( et l´omnipotence ? ) à laquelle il aspire depuis son retour en novembre 2000 le dispersent trop. « Luis doit absolument être mis à l´abri de toutes les responsabilités qu´il a par ailleurs au sein du club, comme la formation et d´autres choses qui ne sont pas essentielles, dit-il franchement dans "L´Equipe". Lorsqu´on a un club comme le PSG, son équipe d´élite doit absolument avoir un entraîneur dévolu à temps complet ». Le patron de Canal rappelle justement que s´il n´a « aucune prise » sur les résultats du PSG, ce n´est pas le cas de Luis, « qui dispose sur le papier de l´une des plus belles équipes de France, qui a déjà les moyens d´être une grande équipe européenne », rien de moins. La grande lessive n´aura pas lieu à la trêve. En fixant la barre très haut et en donnant à chacun une feuille de route claire à l´horizon juin 2003, Xavier Couture s´est au moins donné les moyens d´y avoir recours, en toute légitimité, à la fin de la saison.