La Dernière Heure ( FdB) - L´invasion du Viking rouche dans les coeurs liégeois...
Ole-Martin Aarst est un garçon attachant. Son éducation en fait un des joueurs les plus agréables à interroger dans le milieu très hermétique du petit ballon rond. `Je suis né à Bregen´, raconte Ole-Martin Aarst. `Mais je n´y suis pas resté longtemps. Trois semaines tout au plus. Ma mère était une nourrice et mon père militaire de carrière. Son métier nous obligeait régulièrement à déménager. Je crois avoir connu dix ou douze demeures différentes durant mes dix premières années d´existence. Je suis le cadet d´une soeur âgée de deux ans de plus que moi.´ Durant cette période, Ole-Martin Aarst enfilera, pour la première fois, ses souliers à crampons. `Je n´ai pas été éduqué à la dure ´, poursuit le Norvégien. `Mon père est un homme très calme et très posé. Il est juste et honnête. Il aime le dialogue. C´est d´ailleurs lui qui a signé ma première carte d´affiliation pour le compte d´Harstad, mon premier club de football. J´étais alors âgé de six ans. Je me souviendrai toujours de mon premier entraînement. Ce fut un des moments les plus importants de ma vie. Je n´ai d´ailleurs pas voulu me séparer de mon nouveau maillot durant la nuit. Je ne l´ai pas ôté pour dormir.´
Ole-Martin Aarst poursuivra son petit tour de Norvège pendant quelques années encore. `Mon père a abandonné son job à l´armée pour se lancer dans le poisson´, poursuit Ole-Martin Aarst. `En Norvège, ce marché est très développé. J´ai alors rallié les formations de Trondenef puis de Sortland. J´y ai évolué au poste de médian. Ma position était un peu décentrée sur la gauche. Je portais fièrement le n°7. Celui-là même que portait mon idole Glenn Hoddle. Là-bas, mon rôle est devenu plus offensif. C´est en rejoignant la formation de Trömsö, le club où militait un certain Rune Lange, que j´ai découvert le rôle de défenseur. J´y ai milité au poste de stopper mais aussi comme arrière gauche. Contrairement à ce qu´on pourrait croire, j´ai apprécié cette place. J´y ai connu de grandes joies. Avec l´équipe des moins de seize ans, j´ai remporté la finale de la Norway Cup Tornament. Malgré ma position défensive, j´étais parvenu à inscrire le but victorieux. Ce fut un véritable événement dans ma carrière. Pour la première fois, je pouvais voir mon visage en première page des journaux locaux. J´ai été envahi par beaucoup de fierté après ce premier fait d´armes. C´est en étant prêté à Skarp en D 2 norvégienne que j´ai gagné mes galons d´attaquant.´
De retour à Trömsö, les belles prestations d´Ole-Martin Aarst alertèrent rapidement les espions anderlechtois. `J´ai tellement disputé de rencontres face à mon premier club belge que celles-ci ne m´émeuvent plus particulièrement, avoue-t-il. Je ne garde pas d´excellents souvenirs de mon expérience au Parc Astrid. Ma saison à La Gantoise fut nettement plus positive. Je n´oublierai pas tout ce que j´ai vécu à Gentbrugge. Durant le mois d´octobre qui suivi mon passage chez les Buffalos, j´ai appris le décès de ma mère. Elle était atteinte du cancer. A l´époque, j´avais déjà voulu rentrer au pays pour être à son chevet mais elle ne le souhaitait pas. Elle m´a demandé de ne pas se préoccuper de son état de santé. Elle a exigé que je me concentre sur ma carrière. J´ai été très perturbé par cet événement. Mon titre de meilleur buteur, cette saison-là, représentait beaucoup de choses à mes yeux. Surtout dans de telles circonstances...´