Les comptes mitigés de Johan Walem
Comme tous les autres professionnels belges, les Standardmen sont en vacances d´hiver. Avant de s´embarquer pour l´Italie, où il passait en famille la Noël, Johan Walem, l´un des principaux artisans du rétablissement rouge et blanc, a confié ses états d´âmes et dressé le bilan, forcément mitigé, d´un premier tour de championnat qui a déjà, selon lui, livré l´un de ses principaux secrets.
Dix-sept unités sur les 7 derniers matchs, mais 9 points de retard sur le troisième classé, n´est-ce pas un handicap qui reste insurmontable dans la course-poursuite à l´UEFA ?
Il faut bien admettre que le défi relève du miracle. Mais quand on regarde dans le rétroviseur et qu´on voit d´où on vient, autant ne pas se poser trop de questions à la rentrée. Il nous faudra jouer au coup par coup, sans plus regarder ni vers le bas ni vers le top. En football, il ne faut jamais dire jamais. De toute manière, il nous reste aussi la Coupe de Belgique qui nous ouvre toutes grandes les portes de l´Europe. Nous devrons être conquérants dans la première manche qui nous opposera, à Sclessin, à La Louvière. La bonne organisation constitue le point fort des Loups. Il sera très important de creuser l´écart avant le retour au Tivoli.
Saint-Trond et le Lierse, eux, ne vous ont pas attendu pour prendre leurs distances. Voilà deux bonnes surprises, assurément ?
Avant de bien terminer l´année, le Lierse avait aussi connu un creux. Quant à Saint-Trond, c´est un peu la fanfare de ce championnat. Chacun sait que, quand il y a le feu au Staaienveld, ça se met à flamber de partout. Son enthousiasme fait plaisir à voir. Mais chapeau, aussi, à Boffin qui, à son âge, porte toute l´équipe sur ses épaules.
Mons, lui aussi, étonne tout son monde !
Sauf moi… L´effet de surprise joue en faveur des Dragons. Personne ne les attendait à pareille fête. Et pourtant, lorsqu´une équipe accède à l´étage supérieur, il est rare qu´elle ne poursuive pas sur sa lancée. D´autant plus quand, comme l´Albert, elle a bien transféré durant l´intersaison. La seconde année, celle de la confirmation, sera bien plus éprouvante pour les Montois.
Genk, en revanche, déçoit ses plus chauds partisans. Champion l´été passé, il compte déjà 17 points de retard sur l´actuel leader. Que se passe-t-il au Fenixstadion ?
C´est simple : les Limbourgeois accusent le contre-coup de leur campagne européenne. Pour l´avoir jouée avant eux, je sais combien est exigeante la Ligue des champions. Lors des premières rencontres, elle vous entraîne dans une espèce d´euphorie qui vous transcende. Mais, en même temps, elle vous pompe une énergie et une concentration folles. Genk devra attendre le deuxième tour pour retrouver ses esprits. Mais il va rappliquer, j´en suis certain.
Bruges, lui, est déjà champion ?
Qui pourrait encore en douter ? Sa stabilité, sa mentalité conquérante et son effectif font de ce groupe une équipe actuellement intouchable. En Belgique, tout au moins.
N´avez-vous pas payé un lourd tribut au dernier Mondial ?
Comme d´autres, j´ai dû digérer les retombées de cette aventure. Pour mon malheur, je n´ai pas pu compter, à ce moment-là, sur mes équipiers pour me rattraper. Nous avons tous perdu pied en même temps.
Quel est votre avenir à Sclessin ?
Après cette saison, je suis encore inscrit au Standard pour 3 ans. J´entends bien honorer jusqu´au bout mon contrat. Je ne me vois pas jouer ailleurs en Belgique qu´à Liège, Bruges ou Anderlecht. Si on ne veut plus de moi, que la direction le dise. On m´a engagé pour marquer de temps en temps l´un ou l´autre buts et surtout pour faire marquer. Je ne crois pas avoir globalement déçu mes employeurs. Mais comme ce sont eux qui décident…·