La Dernière Heure - La Direction jubile: elle ne s´était pas trompée
Si le Championnat était une grande fable, son lièvre serait habillé de rouche, cette saison. En proie à un désarroi qui avait vite confiné au plus profond des désenchantements, les joueurs du Standard avaient laissé la compétition s´ébranler sans eux. Sur les pelouses ils ont, dans un premier temps, erré comme des âmes en peine, sans envie, sans motivation, en donnant l´impression d´avoir perdu tous leurs repères. Puis, progressivement, ils ont pris conscience du danger qu´ils couraient en se laissant dériver, sans orgueil, vers les abîmes. Dans un premier temps ils ont subi, sans véritable réaction, l´éviction précoce de Robert Waseige, qui n´avait pas eu le temps de poser sa griffe sur un effectif gangrené par la morosité. Ils se sont alors laissé recadrer par Dominique D´Onofrio qui, par son enthousiasme de clubman, une énorme capacité de travail et une sagacité jamais prise en défaut, a administré la preuve qu´il recelait les aptitudes requises pour relancer le Standard dans une marche avant génératrice de succès. Dominique D´Onofrio a réalisé cette prouesse avec le même groupe, sans véritable adjonction de renforts. Certes, Carini n´avait encore disputé qu´une seule rencontre, contre Bruges. Mais aujourd´hui, à mi-championnat, le jeune gardien uruguyaien n´est pas encore parvenu à gagner un match pour sa nouvelle formation. Certes, Sderstrm, qui en avait joué deux, n´avait pas encore, comme il s´y emploie avec bonheur aujourd´hui, tissé sa toile autour de lui dans une ligne médiane plus cohérente et beaucoup plus consistante.
Ce Standard recimenté est encore retombé dans ses travers une fois ou l´autre, comme à Lommel par exemple. Mais, beaucoup plus souvent, il a refusé de subir, de se laisser ballotter par n´importe quel adversaire. Il est redevenu conquérant, avec méthode et discernement, ambitieux bien que sans objectif immédiat et, globalement, bien plus attrayant que naguère. Sur la pelouse, la mentalité a changé également: l´équipe est redevenue joyeuse et solidaire. Comme si elle avait ravivé son envie de jouer. Ce n´est, bien sûr, qu´une indication mais, pour le Standard, elle est porteuse d´espérances: si le championnat avait débuté à l´aube de la sixième journée, qui coïncidait avec la prise de fonctions de Dominique D´Onofrio, le Standard occuperait aujourd´hui la troisième place du classement à égalité avec le Lierse ( 22 points chacun), derrière Bruges ( 31) et Anderlecht ( 25) mais devant Genk ( 19). `N´est-ce pas la preuve que nous ne nous étions pas tellement trompés sur les qualités de nos joueurs?, triomphe Lucien D´Onofrio. C´est leur mentalité seulement qui laissait à désirer. Quand ils sont redevenus de vrais pros, qu´ils ont recommencé à s´amuser tout en se faisant mal, ils ont de nouveau répondu à nos espérances. Nous serions troisièmes? Mais si nous n´avions pas pâti de trop nombreuses erreurs d´arbitrage - elles nous ont coûté deux points contre Saint-Trond, un au Lierse, deux à Lokeren et deux à l´Antwerp au bas mot - nous serions... premiers ou peu s´en faut! Et croyez-moi: ces erreurs ne s´équilibreront pas au second tour. Depuis cinq ans que je suis au Standard en tout cas, je n´ai jamais constaté ce phénomène.´