LUTTE ANTIDOPAGE
Je suis optimiste mais je le serai plus en 2006
05 mars 2003 - Le Soir en ligne ( avec AFP)
Jacques Rogge, président du Comité international olympique ( CIO), s´est dit mercredi «optimiste» quant à l´avenir de la lutte antidopage dans le sport à l´issue de la Conférence de Copenhague mais prudent dans l´attente de la mise en oeuvre, d´ici à 2006, de mesures concrètes par les gouvernements.
Jacques Rogge, président du Comité international olympique ( CIO), s´est dit mercredi «optimiste» quant à l´avenir de la lutte antidopage dans le sport à l´issue de la Conférence de Copenhague mais prudent dans l´attente de la mise en oeuvre, d´ici à 2006, de mesures concrètes par les gouvernements.
Dans cette perspective, il s´est dit totalement disposé à approuver, si la nécessité le commande, une transformation des statuts de l´Agence mondiale antidopage ( AMA), de fondation privée en établissement de droit international public.
Q: Quel est votre sentiment à l´issue de cette Conférence ?
R: Elle est très prometteuse même si beaucoup reste à faire. Les intentions sont là mais j´attends maintenant de voir si cela se concrétise dans les faits. Je suis optimiste mais je ne le serai totalement qu´en 2006, à l´horizon fixé pour que la Code mondial antidopage se soit matérialisé. Pour le mouvement sportif, je n´ai pas de doute que les fédérations procéderont aux ajustements nécessaires d´ici à 2004. Pour les gouvernements, j´attends de voir.
Q: Plusieurs gouvernements ont affirmé la nécessité de transformer les statuts de l´AMA pour permettre l´harmonisation de la lutte antidopage. Y seriez-vous favorable ?
R: Je n´y ai aucune objection. Bien au contraire. Si les gouvernements disent qu´il faut le faire, nous disons oui. Nous devrons trouver le moyen d´y procéder. L´important c´est le résultat: il faut que les gouvernements adaptent leur législation aux règles du Code, il faut aussi, c´est l´autre nécessité, qu´ils assument leurs responsabilités en matière de financement de l´AMA, ce qui pour l´heure n´est pas le cas pour tous. S´ils estiment qu´il faut changer les statuts pour qu´il y ait plus de transparence budgétaire, faisons le.
Q: La question de l´uniformité et de l´automaticité des sanctions contre les dopés continue de faire problème. Comment gérer ces divergences ?
R: L´intérêt immédiat du Code est qu´il existe mais c´est un texte qui peut encore être amélioré, qui peut évoluer. Le problème des sanctions en est un exemple. A mon avis, le texte permet aux fédérations de moduler la règle en fonction de «circonstances exceptionnelles». La question est de clarifier ce que recouvre cette notion. S´il s´agit de se montrer plus clément avec un athlète au seul prétexte qu´une suspension lui ferait perdre beaucoup d´argent, je ne suis pas d´accord.
Q: Autre problème non résolu, celui de l´indépendance des ligues professionnelles nord-américaines que rien n´oblige à adhérer au Code ?
R: Ceux de leurs joueurs qui veulent participer aux Jeux ou aux championnats du monde sont obligés de se soumettre aux mêmes contrôles que les autres. Pour le reste, la NBA ( championnat nord-américain de basket-ball) est une réalité contre laquelle nous ne pouvons pas aller. Nous avons des contact avec les ligues. Je crois qu´elles vont dans la bonne direction même si c´est un peu lentement. Et le gouvernement américain a peut-être aussi un rôle à jouer.
Q: Vous avez décidé que, désormais, une ville dont le gouvernement n´aurait pas adopté le Code ne pourrait se voir attribuer l´organisation des Jeux. A partir de quand cette mesure sera-t-elle en vigueur ?
R: Formellement, après 2006. Pour les JO d´hiver 2010, que nous devons attribuer en juillet prochain, c´est trop tard. Pour le JO d´été 2012, qui seront attribués en 2005, un déclaration d´intention de la part des gouvernements concernés suffira. Au-delà, il faudra que le gouvernement des villes candidates ait signé le Code et y ait adapté sa législation.