Luis Fernandez, comment abordez-vous ce match retour contre Ujpest ?
Nous sommes dans les meilleures conditions après notre victoire au match aller (3-0). Ujpest va tenter d´emballer le match. Il faudra être patient et bien en place. Si c’est le cas, il y aura toujours une solution pour marquer un but.
Vous aviez annoncé après le match contre Bastia (1-1) que vous aligneriez une équipe Bis en Coupe d´Europe. Est-ce toujours votre position ?
Dans mon esprit, il n’y a pas d’équipe A et d’équipe B. J´ai un groupe de 25 titulaires et je considère tous mes joueurs comme de grands professionnels. Ils s’entraînent d’ailleurs tous les jours avec beaucoup de sérieux pour jouer. A partir de là, tout est possible et j´ouvre effectivement la porte aux jeunes et aux joueurs qui n´ont pas eu beaucoup de temps de jeu depuis le début de la saison. Certains ont réalisé des bons matchs en CFA et méritent d´avoir leur chance. Quoi qu’il en soit et quelle que soit l’équipe alignée, nous nous rendrons en Hongrie pour l’emporter, comme d’habitude.
Mais vous aviez annoncé 100% de changements hormis Letizi. C’est vraiment ce que vous allez faire ?
Tout ce que je sais, c’est qu’il va y avoir du changement. Après combien et comment, je ne l’ai pas encore décidé. Il peut y avoir 6 ou 7 nouveaux joueurs accompagnés par deux ou trois titulaires de samedi dernier. Des garçons comme El Karkouri, Domi, Potillon, Llacer, Benachour, Teixeira, Rocchi, Laurent Leroy ou Ogbeche peuvent rentrer. Je ne suis pas très content du match à Montpellier (1-1) et j´ai envie de voir d´autres joueurs à l’œuvre. A eux de prendre leurs responsabilités et de jouer leur chance à fond pour gagner leur place contre Guingamp dimanche.
« Il faudra se méfier de Ujpest »
Après le match aller, vous vous étiez plaint contre Bastia du manque de fraîcheur physique de vos joueurs. Cela va forcément vous inciter à faire tourner votre effectif ?
Oui, c’est vrai que contre Bastia, nous avions les jambes lourdes. Il ne faudra pas que cela se renouvelle contre Guingamp dimanche. A moi donc de choisir le onze qui sera le plus affûté.
Les joueurs de Ujpest s’étaient montrés assez dangereux en début de rencontre au Parc des Princes. Cela vous incite-t-il à la prudence ?
Bien sûr mais nous sommes cette fois-ci prévenus. Il faudra se méfier et essayer de placer des contres en début de match en profitant des espaces libres, histoire de se mettre définitivement à l’abri.
Le manque d’expérience de certains des joueurs que vous pourriez être amené à titulariser jeudi ne vous effraie pas ?
Pas du tout. L’an passé, j’ai lancé Ogbeche, tout le monde me demandait qui était ce Ogbeche et six mois plus tard, il disputait la Coupe du Monde. Tous les autres clubs lancent des jeunes, je ne vois pas pourquoi le Paris Saint-Germain n’en ferait pas autant. Il faut arrêter de penser que le PSG n’est pas un club formateur. Et puis, il faut prendre des risques parfois. Si on est éliminé ? Et bien, on sera éliminé, c´est le football. Notre objectif reste le championnat et une qualification en Ligue des Champions.
« Ronnie est un garçon très intelligent »
Un mot sur Ronaldinho. Nous l’avons senti très remonté à Montpellier. Vous avez donc eu une discussion avec lui ?
Je le dis et je le répète, il n´y a aucun problème avec Ronnie. Si je me prive d´un joueur comme lui, c´est que je suis le dernier des fous. Je ne peux pas me priver de Ronnie. Je le protège, je suis son grand frère. Il a le potentiel pour devenir le meilleur joueur du monde d’ici deux à trois ans. Après Montpellier, je suis allé lui parler parce que j´aimerais qu´il ne s´énerve pas aussi facilement sur un terrain. Je sais que ce n´est pas facile pour lui mais il doit rester calme. Même s’il prend des coups, il doit juste se relever et rester concentrer sur son jeu. D’ailleurs, s’il agit ainsi, ce sont ses adversaires qui vont s’énerver. Parce que sinon, après José Aloisio, c´est lui qui va être dans le collimateur des arbitres. Il faut qu´il apprenne à se contrôler, comme le font les plus grands joueurs du monde comme Zidane, Figo ou Beckham qui sont ainsi protégés par les arbitres.
La seule teneur de votre discussion a donc porté sur son comportement vis-à-vis des arbitres ?
Oui ! Moi, j’ai pris six mois pour ça, je sais de quoi je parle. A un moment donné, il faut bien lui expliquer, non ? C’est mon rôle de lui dire de faire attention, de ne pas lever les bras, de ne pas contester même si on lui tire dix fois le maillot. Comme je l’ai dit au quatrième arbitre à Montpellier, si ça continue comme ça, on va leur offrir le maillot de Ronnie s’ils le veulent tant que ça ! Mais, il ne faut pas qu’il s’énerve !
Et vous pensez que le message est bien passé ?
Oui. Vous savez, Ronnie est un garçon très intelligent et contrairement à ce que l’on peut parfois laisser croire, tout se passe très bien entre nous. C’est un gosse que j’aime beaucoup et qu’il faut respecter comme un champion du monde.