Recrutement et championnat, le FC Nantes fait le point
Nantes, le 3 septembre 2002. Réunis devant la presse, Jean-Luc Gripond, Kléber Bobin et Robert Budzynski ont proposé, devant la presse, de faire le point sur la situation du FC Nantes au terme de la période des recrutements. Dans un marché "bizarre" où peu de propositions et peu d´offres ont été faites, la direction du club ligérien se dit satisfaite des mouvements dans son propre effectif. Elle revient aussi sur le début de saison des Canaris. Pour Jean-Luc Gripond, la prestation des joueurs d´Angel Marcos à Sedan ne doit rester qu´un accident, "non conforme à ce qu´on veut faire".
a période des recrutements s´est achevée quelques heures après la défaite des Canaris lors de leur déplacement à Sedan. Réunis en comité informel, Jean-Luc Gripond, Kléber Bobin et Robert Buidzynski ont fait le point sur la situation des transferts au FC Nantes. Pour la direction du club ligérien, et dans une période sans précédent dans l´ère du football moderne, le bilan est positif. Peu de départs - et surtout pas de départs de joueurs-clé -, et les arrivées correspondaient aux besoins de l´équipe. "Nous avons répondu très tôt aux besoins de la défense avec les recrutements de Mauro Cetto et de Mario Yepes, explique Jean-Luc Gripond. En attaque, nous souhaitions apporter de la jeunesse et de la percution par l´arrivée d´Aziz Makukula. Pour le reste, nous l´avions dit, les éventuelles arrivées correspondraient au remplacement de joueurs partis."
Et il est vrai que tout au long de l´été, les rumeurs sur les départs de certains éléments ont fait couler de l´encre. "Nous avons refusé une offre que nous avons jugée insuffisante pour Sylvain Armand et Pierre-Yves André a refusé la proposition de Sunderland, résume le président. Ensuite, le coach avait posé un véto sur deux ou trois joueurs-clé de l´effectif." Reste que pour le FC Nantes, plusieurs autres paramètres sont à prendre en compte parmi lesquels les aspects des ressources et de la formation. Financièrement d´abord, l´absence de compétition européenne - pour la première fois depuis cinq ans - constitue un vrai manque à gagner dans le budget du club. "Nous ne sommes pas à l´agonie financière, rétorque le président. Il est donc hors de question pour nous de faire le pressing pour vendre. Nous attendons des propositions concrètes et sérieuses. Mais cela n´a pas pu se faire en raison de l´état du marché." La direction du club qui fêtera ses quarante ans dans l´élite nationale - au regard de la situation alarmante de beaucoup de club au plus haut niveau européen - a en effet été prudente dans sa gestion, notamment en prévoyant un revers sportif...
"Nous n´avons pas trouvé notre rythme de croisière"
Ensuite, il y a le volet formation, propre au FC Nantes. "Nous avons laissé la porte ouverte au départ d´un ou deux joueurs cadres, d´abord pour ne pas déséquilibrer l´équipe avec cinq départs simultanés plus tard, explique Jean-Luc Gripond. Ensuite, nous avons pas mal de joueurs au centre qui sont tout près et qui poussent pour jouer au plus haut niveau." Et Robert Budzynski d´insister : "Sur un effectif de vingt-six joueurs professionnels, seize sont issus du centre de formation, ce qui fait une proportion de 73%." Pour compléter le bagage de ces jeunes, il faudra sûrement s´habituer à les voir partir - temporairement - à l´occasion de prêts, à l´image de celui de Wilfried Dalmat (à Marseille), de Pierre Aristouy (à Grenoble) ou encore d´Hassan Ahamada (à Bastia). Pour ce dernier, le directeur sportif du FCNA ne cache pas sa satisfaction. "Depuis son départ à Bastia, Hassan s´est fait buteur et passeur. Il est même en sélection avec les Espoirs. Ce passage en Corse lui permet d´échapper à la pression qu´il pouvait connaître en entrant sur la pelouse de la Beaujoire." C´est tout le mal qu´on lui souhaite...
Mais voilà, après cinq journées de Ligue 1, le bilan de l´équipe ne correspond pas aux ambitions affichées en début de saison, d´ailleurs confirmées par les résultats des deux premiers matches, la prestation face à Sochaux étant par ailleurs à mettre entre parenthèses. "Cela ne correspond pas ce qu´on veut faire, indique Jean-Luc Gripond. Il ne faut pas dramatiser car il n´y a que cinq journées de passées. Mais il ne faut pas minimiser ce résultat non-plus. On ne s´explique pas bien le match à Sedan, si ce n´est un accident. Des manques sont apparus que les entraîneurs évaluent pour y remédier." Le président du FC Nantes résume bien la frustration que la plupart ont ressenti au soir de la cinquième journée. "Il fallait prendre des points à Sedan, une équipe qui n´est pas un leader de Ligue 1, explique-t-il. Ce sera autrement plus difficile en septembre face à Monaco, Lyon ou encore Auxerre. On espère que ce match n´est qu´une parenthèse. Maintenant, l´équipe n´a fait que cinq matches. Elle est en période de rodage. Cela reste cependant instructif." Le paradoxe nantais qui avait tant marqué les esprits la saison passée - alors que le club se débattait dans les tréfonds du classement, il rayonnait lors des joutes continentales - semble persister en ce début de saison. Comment une équipe peut-elle battre Lyon ou encore Marseille, faire un superbe match face à Bastia, et être aussi transparente face à Sedan ? "La réflexion des coaches sur le sujet se poursuit, indique Robert Budzynski. Paradoxalement, la semaine qui précédait le déplacement à Sedan a été excellente." Jean-Luc Gripond, pour sa part, rappelle l´une des bases du "jeu à la Nantaise" : "L´un des fondamentaux du club est de se faire plaisir. A Sedan, il est clair que les joueurs n´ont pas pris de plaisir à jouer. Ce n´est pas acceptable vu l´ambition et les possibilités de cette équipe ! " Le directeur sportif avance un début d´explication : "Nous n´avons pas encore trouvé notre rythme de croisière, notre équilibre..."